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Un instrument de musique ? Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer de prime abord, si l’on qualifiait le MARTENOT d’appareil électronique, il faudrait appeler le piano un appareil mécanique et l’orgue un appareil pneumatique. Encore ces derniers sont-ils mécaniquement plus compliqués que le MARTENOT. Le terme instrument évoque bien pour nous l’absence de tout fonctionnement automatique et tel est précisément le cas. Le Martenot est un instrument électronique parce que les électrons y jouent le rôle de l’anche dans l’instrument à vent ou de la corde dans l’instrument à archet. Eléments vitaux des circuits, les électrons « obéissent » à l’éxécutant. Si les organes qui s’interposent entre les mains et la partie électronique sont particulièrement sensibles et spécialement conçus pour permettre une grande simplicité de mouvements, ceux-ci transmettent au son les moindres intentions expressives avec la plus grande facilité. Hors la tessiture et le timbre qui
lui sont propres, un instrument de musique se définit par
ses capacités expressives.
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Plus le désir d’expression de la pensée musicale s’affine, plus la maîtrise de l’instrument doit se préciser : la justesse devient expressive, les variations de nuances et d’attaques s’intégrent à la phrase musicale, le caractère de la composition est mis en valeur. Ce sont ces paramètres éminemment sensibles qui ont guidé Maurice MARTENOT, véritable pionnier de la Lutherie Electronique, pour créer et améliorer son instrument. Il fallait des points de repères
pour le jeu à la bague (primitivement joué à distance),
d’où l’idée de simuler un clavier, puis, pour faciliter la
virtuosité, pourquoi pas un vrai clavier, mais un clavier léger,
mobile, pour ne pas perdre la maîtrise de la justesse, élément
essentiel de la vie du son.
Ces deux formes de jeu ont des possibilités expressives complémentaires : le jeu au clavier s’apparente au jeu instrumental, celui à la bague à l’expression vocale.
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