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  Les actualités de L' Union des Enseignements Martenot
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Actualités de la formation musicale - (tous les articles)

Stages du Centre Martenot Kléber

Les stages 2008-2009

Les Principes Fondamentaux de la Pédagogie Martenot

du 25 octobre au 28 octobre 2008 à Paris

"En Vie de Rythme"

du 14 au 17 février 2009 à Paris

"l’Oreille et la Voix"

du 11 au 14 avril 2009 à Paris


Le choeur PASSADOR propose...

... avec Jean-Paul BAGET des ateliers de travail sur le corps, la voix et le CHŒUR


Les stages 2008 - 2009 à Paris

Les stages 2008-2009 de musique

au Centre MARTENOT-KLEBER

"Les Principes Fondamentaux de la Pédagogie Martenot"

du 25 octobre au 28 octobre 2008 à Paris

"En Vie de Rythme"

du 14 au 17 février 2009 à Paris

"l’Oreille et la Voix"

du 11 au 14 avril 2009 à Paris


Formation des Professeurs de Musique

LES ORIGINES de la pédagogie MARTENOT

Dès 1912, Madeleine Martenot ouvre un cours privé de piano et commence ses recherches pédagogiques avec son jeune frère Maurice (le futur inventeur des Ondes Martenot) et sa sœur Ginette. La recherche du plaisir de la qualité sonore conduit, tout naturellement, l’équipe familiale (les deux soeurs, Madeleine, Ginette, Maurice, et sa femme, Renée) à s’intéresser à la qualité du geste. Or, au congrès d’Education Nouvelle de Villebon en 1924, ils rencontrent le Violoncelliste Concertiste Youry Bilstin qui leur fait découvrir des états psychiques différents, en les initiant à la pratique de la relaxation active. Depuis, grâce au travail d’initiation et de formation réalisé jusqu’à sa mort, en 1980, par Maurice MARTENOT pour la Relaxation et les bases du Développement Musical, et par Ginette MARTENOT pour le Piano et les Arts Plastiques jusqu’en 1996, de nombreux enseignants ont pu être formés.

Ces enseignants continuent la recherche et transmettent ce qu’ils ont reçu de ces grands pédagogues français.

Les CENTRES MARTENOT

Les Centres Martenot de Paris et de Rennes ont été créés afin de promouvoir l’enseignement artistique selon la pédagogie Martenot

Cette pédagogie s’appuie sur plusieurs points essentiels :

Les arts font partie intégrante de l’éducation. Nos enseignements s’adressent à l’être dans sa totalité : sensibilité et intelligence. L’esprit ludique participe à la qualité de l’effort. Le développement des capacités d’écoute et d’attention est essentiel.

Paris : CMK ; 100 av Kléber 75116 Paris 01 47 55 03 57 www.centremartenotkleber.net

Rennes : 92 rue Eugène Pottier 35000 Rennes 02 99 67 66 13 www.martenot-rennes.com

Par le ludique et le sensoriel, aborder le langage musical.

Rien n’est plus naturel que de chanter, marcher, frapper dans ses mains...

Comment garder ce naturel, cette joie, cette vie, lorsque nous abordons les complexités du langage musical ?

Comment acquérir les techniques en continuant l’affinement des sensibilités de chacun ?

Comment susciter, et entretenir la curiosité, la joie d’apprendre, dès les débuts de l’éducation musicale ?

Comment préserver la priorité de ce qui fait la richesse de l’Art musical : le plaisir d’écouter, chanter, jouer, tout en facilitant l’accès à la partition ?

Comment respecter les processus naturels d’apprentissages pour limiter au maximum les risques de tensions ou de blocages qui risquent de mener l’élève à la difficulté ou à l’échec ?

Comment cultiver en même temps que notre discipline, la confiance et la spontanéité ?

Ces idées, inspirées par la pensée humaniste Martenot, guident notre enseignement.

Les centres de recherche et de formation pédagogique Martenot de Rennes et Paris vous invitent à des rencontres autour de la pédagogie sensorielle et ludique. Lors de ces rencontres, nous vous présenterons notre nouveau cursus de formation continue.

Ces formations sont l’opportunité pour vos enseignants d’enrichir leur pratique dans le cadre d’un échange ouvert et évolutif.

Ces journées d’information gratuites auront lieu,

à Rennes, à Paris, pour la Formation Musicale

et de 14 h 30 à 16 h pour le Piano.

BULLETIN D’INSCRIPTION

Nom : Prénom :

Adresse :

Téléphone :

Mail :

Je souhaite m’inscrire à la formation :

Stage « principes fondamentaux » Rennes

Stage « principes fondamentaux » Paris

Stage « en vie de rythme » Rennes

Stage « en vie de rythme » Paris

Stage « l’oreille et la voix » Rennes

Stage « l’oreille et la voix » Paris

Formation continue à l’année Paris

Formation continue à l’année Rennes

Frais pédagogiques des stages :

Un stage seul : 180€ (formation individuelle) 20 heures

250€ (formation prise en charge) 20 heures

Les trois stages : 500€ / 700€

Formation continue : 1470 € / 2100 €

Pour le règlement, s’adresser au centre concerné.

Mon parcours musical actuel :----------------------------------------------------


J’ai connu ces formations grâce à : --------------------------------------------


Le tarif « formation continue » est celui des personnes pour lesquelles le stage est pris en charge par un employeur ou un comité d’entreprise.

Adressez votre inscription au centre choisi.


Grande portée

MÉTHODE MARTENOT

 

 

LA GRANDE PORTÉE

 

RÉALISATION

 

Il est facile de réaliser une grande portée à partir d'une pochette perforée transparente A3 (vendue généralement par 10) :
Marquez, avec un feutre noir moyen à partir de 6 cm du bas (côté large opposé à l'ouverture) 7 repères de 2 en 2 centimètres de chaque côté de votre feuille transparente.
Tracez la première et la dernière ligne en pointillés (elles serviront de lignes supplémentaires) puis les cinq du milieu en trait plein.
Il vous suffira de fixer à votre tableau, avec un scotch transparent, la feuille arrière de votre pochette sur toute sa longueur. Vous glisserez aisément les différents « cartons ». Pour maintenir les notes sur la ligne choisie vous pouvez utiliser deux trombones pour fixer la feuille (un grammage standard de 80 gr est suffisant) mais si vous avez un tableau magnétique la mise en place est encore plus rapide avec deux plots magnétiques.

Il est parfois pratique d'avoir une portée plus proche de la partie supérieure. Utilisez alors soit la même pochette retournée soit une autre pochette pour tracer les 7 lignes de portée depuis le haut de 2 en 2 cm.

Les cartes « Mots mélodiques - Série 1 & 2 » peuvent être scannées ou photocopiées agrandies 5 fois sur papier A3 ou éventuellement en deux moitiés en A4 à coller et être présentées dans une pochette perforée sans portée.

 

 

 

 

LES CARTONS DU MAÎTRE

1ère série

34 cartons

Quelques exemples d'utilisation
de ''La Grande Portée''

 

I.- Les Formules Rythmiques

 

PRÉPARATION ORALE (voir livre du maître, page 27 à 33 et 129 à 134)

RÉPÉTITION d'une formule rythmique :

a)       très précise

b)       avec crescendo et diminuendo.

c)       Avec accelerando et rallentendo.

d)       Avec des expressions de différents caractères.

PULSATION FRAPPÉE pendant la répétition continuelle de la formule.

RECONNAISSANCE AUDITIVE parmi d'autres formules.

LECTURE (voir livre du maître, pages 41 à 44).

PRÉSENTATION VISUELLE du carton N°1 (voir livre du maître, pages 135 à 140).

ADJONCTION D'AUTRES FORMULES (cartons 2, 3, 4).

RECONNAISSANCE VISUELLE d'une formule parmi les autres.

LECTURE en modifiant l'ordre des formules.

En cas d'erreur, la formule est reprise, précédée et suivie d'autres formules.

LECTURE RAPIDE en faisant apparaître la formule un très court instant.

NOM DES VALEURS (voir dans le cahier des élèves 1A)

RÉPÉTITION des formules avec la prononciation du NOM DES VALEURS.

2° LECTURE des formules avec la prononciation du NOM DES VALEURS.

AUDITION de la formule donné par le maître sur la syllabe « la » et répétée instantanément par les élèves avec le nom des valeurs.

ENCHAÎNEMENTS.

1° Une LONGUE SUCCESSION de FORMULES RYTHMIQUES est exposée par le maître.

Les élèves la lisent (voir livre du maître, page 138).

ENCHAÎNEMENT INATTENDUS.

Le maître montre dans un ordre quelconque au fur et à mesure les formules rythmiques
exposées.

 

II.- Les Notes Isolées.

 

Lorsque les JEUX d'INTONATION (livre du maître page 39) sont bien réalisés, le maître reproduit sur la « grande portée » avec les « notes isolées » des « ONDULATIONS » sur deux ou trois sons, puis des « MOTS MUSICAUX », suivant les indications données (livre du maître, pages 180 à 193).

Les cahiers des élèves permettent de nombreux exercices d'INTONATION, d'AUDITION, de LECTURE CHANTÉE, d'IMPROVISATION.

 

 

III.- Les Mots Musicaux -
Les Questions et les Réponses.

 

Les CARTONS AYANT SERVI à la présentation des « Formules rythmiques » sont glissés sous les lignes de la « grande portée » en observant la progression (chaque cartons est numéroté, les n° impairs « questions » sont placés à gauche de la portée, les n° pairs « réponses » à droite).

La place de la TONIQUE est indiquée par « t », ce « t » sera d'abord placé dans le 1er interligne.

PRÉPARATION ORALE.

Le « Mot musical » est chanté par le maître, puis par les élèves.

Les Questions et les Réponses d'abord données par le maître, sont reproduites par deux camps se répondant.

LECTURE, AUDITION, RECONNAISSANCE, IMPROVISATION.

Les mots sont lus en chantant.

Les mots sont reconnus auditivement par d'autres.

Les mots sont reconnus visuellement par d'autres.

Ils servent de thème à de nombreuses improvisations vocales (livre du maître, pages 73 à 76 et 199 à 206).

 

 

IV. - Transposition

 

1° Lors de l'étude des tonalités, le maître pose une armure quelconque devant la « grande portée » les élèves indiquent à quel endroit se trouve la TONIQUE, et chantent les « mots musicaux » disposés par le maître ou par un élève à la placevoulusur la portée.

2° Un même « mot » glissé d'une place à l'autre est immédiatement transposé vocalement en supposant l'armure à la clé.

 

 

 

LES CARTONS DU MAÎTRE

2ème série

class=MsoNormalalign=centerstyle='text-align:center'>38 cartons

Quelques exemples d'utilisation
de ''La Grande Portée''

 

I. - Les Intervalles

PREPARATION ORALE
Le maître fait entendre un intervalle consonnant doucement émis, soit au piano, soit par deux élèves ou deux groupes d'élèves, puis un intervalle dissonant.

Les élèves énoncent les impressions ressenties à l'audition prolongée de ces deux intervalles, ils les comparent entre eux en leur appliquant différents qualificatifs. (Voir livre du maître, page 227)

Ils les reconnaissent au passage parmi d'autres intervalles.

Partagés en deux camps, ils les chantent en changeant de partie au signal du maître.

Les élèves écoutent l'un de ces intervalles soutenu et, à « l'extinction » de la sonorité ils vocalisent mélodiquement les deux sons, soit de haut en bas, soit de bas en haut.

 

LECTURE DES INTERVALLES HARMONIQUES. (Voir livre du maître, page 218)

Le maître plaçant tour à tour « les cartons intervalles » sous les lignes de la portée, fait remarquer que les deux notes des intervalles se trouvent, soit placées pareillement : toutes deux sur les lignes ou toutes deux dans les interlignes, soit placées différemment : l'une sur la ligne l'autre dans l'interligne.

Dés que les élèves savent à la présentation d'un intervalle quelconque, énoncer spontanément « pareils » ou « pas pareils », la maître leur apprend que les intervalles correspondants aux nombres impairs ont une disposition semblable et leur présente des tierces, des quintes et des septièmes que les élèves nomment spontanément.

Le même processus est repris pour la lecture immédiate des intervalles correspondants aux nombres pairs soit les secondes, quartes, sixtes, octaves en remarquant que la position, des deux notes composants ces intervalles, est différente.

 

LECTURE DES INTERVALLES MÉLODIQUES (au verso des cartons).

1° Reprendre les exercices ci-dessus en les appliquant aux intervalles mélodiques.

2° Solfier et mémoriser des marches de secondes mélodiques suivant le déplacement de cet intervalle sous les signes de la portée.

3° Même étude pour les autres intervalles.

 

NATURE DES INTERVALLES (voir livre du maître, pages 227 à 230)

A l'aide du « carton diésé » et du « carton bémolisé » le maître modifiant la nature des intervalles demande aux élèves :

1° De reconnaître auditivement l'écartement ou le rapprochement des sons composant l'intervalle, puis la nature de l'intervalle donné.

2° D'enchaîner en chantant les différentes modifications d'intonation résultant du changement d'altération.

3° D'énoncer les différentes natures au fur et à mesure des modifications entendues ou chantées.

 

_______________________________________

 

II. - Les Accords

(Voir les règles du jeu des accords)

 

MÉMORISATION.

Afin de permettre aux élèves de trouver immédiatement les noms d'un accord parfait, il sera bon de leur faire mémoriser l'enchaînement des tierces : do mi sol, si ré fa, la do mi, et de les habituer à énoncer cette suite de notes en partant de n'importe quel nom.

 

 

PRÉSENTATION ET LECTURE.

Le maître place sous les signes de la portée le carton représentant les trois notes de l'accord à l'état fondamental. Les élèves chantent doucement les notes, soit mélodiquement, soit à trois voix.

 

POSITIONS.

Trois élèves, face aux autres, chantent chacun un son de l'accord à l'état fondamental : do mi sol, l'élève placé à gauche vient se mettre à la place de « l'élève sol » chantant chacun leur note soit
mi sol do représentent ainsi la première position de l'accord.

Avec le déplacement de « l'élève mi » on obtient la deuxième position.

 

LECTURE DES ACCORDS A LA 1er POSITION.

Après avoir fait remarquer que la note supérieure de la quarte (note éloignée des autres) correspond à la fondamentale de l'accord, le maître glisse les accords aux différentes positions sous les lignes de la portée.

Les élèves :

1° Enoncent la position ;

2° Nomment en chantant soit la fondamentale soit les trois notes de l'accord ;

3° Reprennent les exercices ci-dessus en lisant les accords écrits mélodiquement. (Voir les cartons)

 

EXERCICES D'INTONATION (cartons intervalles et cartons accords du côté « mélodique ».

Les élèves chantent un intervalle ou un accord à la 1re position sous forme de marche tonale. Le maître, ayant placé au début de la portée une armure quelconque leur demande de reprendre les mêmes notes mais en modifiant leur intonation d'après les altérations de l'armure.

Cet exercice oblige les élèves à une grande concentration et les entraîne à maîtriser leur intonation. Il sera ensuite appliqué aux tons mineurs où l'adjonction de la sensible demandera un renouveau d'attention.

____________________________________

 

III. - Les Altérations.

 

TONS DIÈSES

1° Favoriser la mémorisation de l'ordre des dièses en le disant rythmiquement dans un tempo animé (ex : deux croches, noire, triolet noires : fa do sol -ré la mi si).

2° Enchaîner rapidement chaque série : fa, fa do, fa do sol, etc., comme une série de petites notes.

3° Suivant le carton montré par le maître les élèves énoncent rapidement d'abord la série des dièses puis seulement le nom du dièse terminant cette série.

4° Afin que les élèves pensent immédiatement les deux tons (majeur et mineur) corresponds à une armure dièse, le maître, prenant le « carton tierce » le pose à côté du premier dièse de façon à ce que la note supérieure de la tierce se trouve à la place de la tonique du ton majeur et la note inférieur à la place de la tonique du ton mineur.

Les élèves énoncent, pour trois dièses par exemple : « avec trois dièses on est en la majeur ou en fa dièse mineur ».

Procéder ainsi pour tous les tons dièses.

5° Sans poser la tierce que les élèves se représentent mentalement.

6° Exercice inverse sans poser l'armure (ex. : la tierce étant posé sur si ré les élèves disent en si mineur, ou dans son relatif majeur ré, il y a deux dièses fa do).

7° Reprise des trois derniers exercices en demandant aux élèves d'énoncer également la sensible du ton mineur.

 

TONS BÉMOLS

1° Mémorisation de l'ordre des bémols énoncé rythmiquement.

2° Enoncer rapidement chaque série de bémols.

3° Suivant le carton montré par le maître les élèves énoncent rapidement la série des bémols.

4° Afin que les élèves pensent immédiatement les deux tons (majeur et mineur) correspondant en partant du dernier bémol de chaque armure présentée (sans oublier d'indiquer les notes bémolisées).

 

 

Rappelons que les 72 fichiers des Cartons du Maître seront adressés,
GRATUITEMENT à son adresse électronique, «à tout acheteur des
Cinq Jeux de Cartes» sur justificatif photocopié de son achat envoyé à
omm@martenot.com


Réédition des Jeux Musicaux Martenot

Réédition des Jeux Musicaux Martenot

Janvier 2003 : "Dominos des Valeurs et Loto Rythmique" Juin 2003 : Les Cinq "Jeux de Cartes" sont à leur tour disponibles.

loto (PNG)
(PNG)

Vous pouvez vous procurer les jeux musicaux Martenot chez votre marchand de musique ou en envoyant pour les Dominos et le Loto un chèque de 26 € (20+6) (port économique compris pour union européenne et suisse)
-  pour les Cinq Jeux de Cartes un chèque de 33 € (27+6) (port économique compris pour union européenne et suisse)
-  ou 53,80 € pour l’ensemble à

OMM 52, rue de Longchamp 92200 Neuilly sur Seine.

Les 72 fichiers des Cartons du Maître seront adressés, GRATUITEMENT, à son adresse électronique, à tout acheteur des Cinq Jeux de Cartes (sur justificatif photocopié de son achat envoyé à) omm@martenot.com


La course aux notes

édition

(JPEG)


CD MAURICE MARTENOT " en direct "

Réalisation de 10 CD des Stages de Formation Musicale par Maurice Martenot

MAURICE MARTENOT  " en direct "

disque 1 M.Martenot cliquer ici pour visualiser l'image du cd cliquer ici pour visualiser l'image du cd cliquer ici pour visualiser l'image du cd cliquer ici pour visualiser l'image du cd

CD 1

   "CD 2

  CD 3

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  CD 6  

   CD 7

  CD 8  

   CD 9

  CD 10


Réalisation de 10 CD des Stages de Formation Musicale par Maurice Martenot
pour connaitre le contenu de chaque disque cliquez sur CD puis refermez la fenêtre ouverte pour revenir!

Ces disques ont été réalisés à partir d'enregistrements sur cassettes audio amateur,
pris " sur le vif " par l'auteur, au cours du stage de formation de professeurs
de l'année universitaire 1979-1980.

Chaque disque respecte au mieux l'équilibre d'un cours dans son rythme et sa diversité, chacun est autonome, tout en s'inscrivant dans la progression de l'ensemble du cycle de formation.

Dans ses cours Maurice Martenot suit " point par point "les exercices décrits dans son ouvrage* :

" PRINCIPES FONDAMENTAUX DE FORMATION MUSICALE ET LEUR APPLICATION "
Editions Magnard

tout en " insufflant la vie " comme il aime à en rappeler
l'importance aux stagiaires.

 

Possibilité d'acquérir l'ensemble des CD auprès de l'UEM pour 79 €  port inclus pour la France. 
52, rue de Longchamp F92200 Neuilly sur Seine 

Contactez-nous     contact email: fm@martenot.fr




Actualités des Arts Plastiques - (tous les articles)

Stage d’été en Franche Comté

du 19 au 22 juillet 2010 et du 9 au 12 août 2010

Stage d’été, pour tous renseignements contacter : Bénédicte Watteau 28 rue du Stade, 25800 Valdahon, tel : 03 81 56 25 26


STAGE avec Isabelle PATISSIER

Stage de Dessin-Peinture-Aquarelle ou Modelage

Du Lundi 5 au Jeudi 8 juillet 2010

de 11 h à 18 h

Au choix : une ou plusieurs journées pour Adultes, Adolescents (tous niveaux)

Renseignements/Inscriptions :

Isabelle PATISSIER

60 rue d’Ernemont

76000 ROUEN

Tél : 02 35 89 32 61


Stage du 3ème trimestre


Stage d’été en Bretagne

Juillet 2010

Lieu : Port Haliguen (extrémité de la presqu’île de Quiberon) A 5 mn de la plage et du port

Hébergement : Chambre individuelle dans une grande maison

Prix : 570 € enseignement et pension complète 450 € enseignement et déjeuner Ces prix comprennent les fournitures

Enseignement : Adapté au niveau de chacun, assuré par Marie Deloume,peintre et professeur d’arts plastiques croquis et peintures sur le motif modes d’expression variés : crayon, fusain, encre,pastel, gouache, aquarelle, huile temps réparti entre la théorie, la pratique libre, la correction et la découverte de la région

Renseignements : 01 45 44 79 38 et 06 70 29 70 66 marie.deloume@noos.fr


Stages d’été en Drôme provençale

STAGES

Atelier Martenot de la Paillette

Annie Joullié

La Paillette 26220 Montjoux

téléphone : 0475463497- 0954274690- 0684112208

adresses mail : anniejoullie@free.fr ou 26martenot@free.fr

Stages en Drôme provençale

enfants, adolescents, adultes

Eté :

Stage 1 : du 5 au 9 juillet 2010

Stage 2 : du 19 au 23 juillet 2010

Stage 3 : du 26 au 30 juillet 2010

Stage 4 : du 9 au 13 août 2010

Stage 5 : du 16 au 20 août 2010

Stage 1 et stage 5 : aquarelle adultes Stage 2 : "début Martenot", fusain, peinture à l’huile Stage 3 : dessin et peinture à l’huile, stage réservé aux adolescents Stage 4 : stage réservé aux enfants.

STAGE 89520 RATILLY

Depuis 30 ans Claudie Chardin (diplomée Martenot) enseigne à l’atelier du Lunain, Paris 14è

Plusieurs professeurs Martenot collaborent avec elle depuis plus de 20 ans, Agnès PEZEU, Stéphanie LEPOUTRE, Marianne GALEY....... Des stagiaires de l’école sont régulièrement accueillis à l’atelier.

Nous proposons régulièrement des stages à nos élèves pendant l’année scolaire et pendant les vacances d’été. Cette année, Claudie et Stéphanie organisent un stage de modèle vivant du samedi 22 mai au lundi 24 mai, au château de Ratilly.

TOUT NU à RATILLY !

Coup de vache à Echou.... De la ferme au château.... Du samedi 22 mai au lundi 24 mai 3 jours de dessin non-stop..... fusain, crayons, feutres, encres, etc... pas d’huile ! 2 jours avec modèle vivant, 1 jour de recherche personnelle. Notre petit château du moyen-âge en Bourgogne ( n’hésitez pas à aller rêver sur le site : www.chateauderatilly.fr), et nos hôtes si chaleureux, nous accueilleront encore une fois pour une nouvelle expérience ! Sous les poutres centenaires du grenier, nous prendrons place pour construire, composer, dessiner les axes, les courbes, les vides, les pleins.....mémoriser, sentir, capter l’essentiel, se laisser envahir, caresser la feuille bref, apprendre à voir....Toute la richesse et la volupté d’un nu !! puis, extrapoler et chercher une expression personnelle. Flaubert disait : « C’est comme le corps et l’âme, la forme et l’idée pour moi c’est tout un, et je ne sais pas ce qu’est l’un sans l’autre « 

QUAND : Du samedi 22 mai 9h15 au lundi 24 mai 17h00 OU : Au Château de Ratilly 89520 Treigny tel : 03 86 74 79 54

AVEC QUI : Claudie : 01 43 27 13 24 Stéphanie : 06 70 86 06 80

Conditions : 310 € stage et pension complète

A votre charge, le transport, le matériel, et la pose du modèle à diviser par le nombre de participants (compter plus ou moins 20€ par personne)

Arrhes : 100€ à verser dès l’inscription à l’atelier sur le panneau

Solde : 210€ à verser impérativement avant le jeudi 6 mai Jusqu’à cette date en cas de désistement, les arrhes resteraient acquises à l’atelier, après celle-ci, il vous serait retenu aussi des arrhes la somme de 110€ ( 100 + 110) sauf si vous trouvez un autre élève pour vous remplacer.

P.S : faire le chèque à l’ordre de l’association des amis de Ratilly.


FORMATION PROFESSIONNELLE

FORMATION PEDAGOGIQUE MARTENOT

La formation Martenot est une formation privée s’adressant à des candidats désirant devenir professeurs d’arts plastiques.

CONDITIONS D’ADMISSION

Le niveau du Baccalauréat est demandé. L’admission se fait après un entretien.

ETUDES

Elles s’organisent sur 5 années, la première est probatoire. Les cours ont lieu une journée par semaine, sauf pendant les vacances scolaires (Zone C) Développement artistique et technique Perspective Anatomie dynamique Initiation à l’aquarelle et à l’acrylique Application de la relaxation Pédagogie de la méthode Histoire des Arts De petits effectifs (8 à 12 personnes) permettent un suivi personnel de chaque étudiant.

LIEU DE FORMATION

Atelier d’Arts Europe, 5 avenue de l’Europe 92300 Levallois

DIPLOME

Le jury composé du Conseil d’Administration de l’Association, des professeurs français et étrangers de formation à la pédagogie Martenot, d’artistes, examine l’ensemble des travaux réalisés. Après les trois premières années de formation et l’évaluation artistique et pédagogique, le jury délivre une première attestation, valable pendant trois ans, permettant l’enseignement des premières années de la pédagogie.

DEBOUCHES PROFESSIONNELS

Cette formation prépare les étudiants à devenir professeurs d’arts plastiques Martenot soit dans des centres culturels, soit dans des ateliers privés.

ORGANISATION DES COURS

Le rythme de la formation Martenot est établi à raison d’une journée de cours par semaine (hors vacances scolaires) pendant 5 années.

Il existe la possibilité de faire en 3 ans la formation complète à raison de 2 jours de cours par semaine.

Pour les candidats habitant loin, leur formation peut être aménagée en groupant les heures de cours sur 2 journées tous les 15 jours, selon la demande et en fonction des places disponibles.


Publication du livre de G.Martenot

Le livre de Ginette Martenot, sur sa pédagogie des Arts Plastiques, voit enfin le jour grâce au travail de Jeanine Falk-Vairant d’après les notes de Ginette Martenot.

Madeleine, Maurice et Ginette Martenot sont les créateurs d’une approche de l’enseignement artistique très spécifique, comprenant :

-  la formation musicale,
-  le piano
-  les ondes Martenot (instrument inventé par Maurice Martenot),
-  la relaxation,
-  les arts plastiques.

Seuls les arts plastiques n’avaient pas fait l’objet d’une publication jusqu’à ce jour, lacune heureusement comblées par le présent ouvrage.

Ce livre peut inspirer de nombreuses personnes. On se rend compte à sa lecture que nous avons beaucoup à apprendre, et qu’on ne finit jamais d’apprendre. Il offre une ouverture non seulement vers l’art, mais aussi, dans la vie quotidienne, vers le geste naturel, le rythme, la lumière et l’inspiration.

Jeanine Falk-Vairant, formée par Ginette Martenot, est, de plus, ancienne élève de l’école des Beaux Arts de Paris. Elle enseigne selon la pédagogie de Ginette Martenot, arts plastiques, à Genève depuis 1955.

vous pouvez vous procurer ce livre pour la somme de 19 € (+ 3 € de port) en appellant le :
-  01 46 24 34 08, ou 06 32 30 31 12 ou encore par courrier
-  Association G. Martenot Maison des Associations 2 bis rue du Château 92200 Neuilly sur seine.

(Si vous adressez un chèque faites le à l’ordre de "g.martenot arts plastiques". Merci.)

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Actualités des Ondes Martenot - (tous les articles)

Hommage à Messiaen à la Maison de la Culture du Japon

Musique Hommage à Messiaen Vendredi 23 à 20h

Grande salle (niveau -3) Tarif 15 € / Réduit 12 € / Adhérent MCJP 9 € Réservation au 01 44 37 95 95 du mardi au samedi de 12h à 18h30 Avec le soutien de Yamaha Musique France, Yamaha Artist Services Europe Photos DR(JPEG)

La MCJP rend hommage à Olivier Messiaen, dont nous venons de célébrer le centenaire de la naissance, avec deux concerts et une table ronde. VOIR AUSSI > table ronde "A propos d’Olivier Messiaen"

Ensemble Vecteur Ondes Vendredi 23 janvier à 20h Inventées en 1908, les ondes Martenot sont un instrument électronique aux sonorités extraordinaires et à l’incomparable expressivité. Il n’est donc pas étonnant que les plus grands compositeurs du XXe siècle, à commencer par Messiaen, leur aient consacré des œuvres majeures. L’ensemble Vecteur Ondes, unique en Europe, réunit des ondistes interprètes de la musique d’aujourd’hui. Il perpétue un répertoire d’une richesse étonnante et interprète pour ce concert des œuvres de compositeurs français et japonais, formés ou influencés par Messiaen.

Ensemble Vecteur Ondes

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Philippe Arrieus, Dominique Kim, Fabienne Martin-Besnard, Nadia Ratsimandresy, Pascale Rousse-Lacordaire, Augustin Viard

Programme Akira Tamba > Accalmies pour 6 ondes Roger Tessier > Electric Dream Fantaisy pour 3 ondes Olivier Messiaen > Fête des Belles Eaux pour 6 ondes Susumu Yoshida > Toki-no-hibiki pour 4 ondes Roland Creuze > Vitrail sonore pour 3 ondes et piano


Le 14 décembre 2008 HUITIEMES RENCONTRES MARTENOT

Le Conservatoire Henri Dutilleux se trouve à 7 minutes à pied du Métro Juilliottes (ligne 8) au 85 de la rue Pasteur

A 10 h Atelier de relaxation

A 11 h Conférence-projections de l’évolution du "Martenot"

L’Eglise Saint Rémi est au n°8 de la rue Pasteur

A 15 h Concert rétrospectif du 3 mai 1928 et Hommage à Olivier Messiaen

Cliquez sur les vignettes pour les agrandir.


Pura Jamet-Penichet avec l’Orchestre de chambre Régional d’Ile de France Jean-Walter Audoli

Les concerts avec Ondes Martenot et Pura Jamet-Pénichet

Dimanche 17 février à 17h Eglise Notre-Dame de Saint-Mandé 84 avenue du Général de Gaulle. Programme : O Messiaen, G. Fauré, J. Catérède, WA Mozart

Vendredi 23 mai à 20h30 , Auditorium du CRR de Saint-Maur. Même programme

Dimanche 25 mai à 17h Eglise de Marines Val d’Oise. Même programme

Dimanche 15 juin à 17h Eglise Sacrée Chœur à Eaubonne, Val d’Oise. Même programme

Ensemble instrumental Jean-Walter Audoli, Collectif vocal Chronos. Voir site internet Orchestre Audoli

Dimanche 30 mars à 17h à Fresnes Grange Dimière de la Ferme de Cottinville 41, rue Maurice Ténine

Programme : R. Strauss Concerto pour Cor, O. Respighi il tramonto pour cordes et mezzo-soprano, A.Weber Paraphrases dialoguées pour Ondes Martenot et ensemble instrumental (création), M de Falla l’Amour Sorcier. Orchestre Léon Barzin, direction Jean-Jacques Werner


Historique des Ondes Martenot - Concert

PROGRAMME

Présentation par Jean-Louis Martenot "Les Ondes Martenot et leur créateur"

Concert d’Ondes Martenot par le trio 3D

(- Virginie Colette, soprano, - Sophie Maréchal, guitariste, - Nadia Ratsimandresy, ondiste)

"2ème mouvement de la Suite Karnatique" de Jacques Charpentier

"Apothéose de Couperin" de Régis Campo

"3 Donne" d’Ivan Bellocq

"Story" de John Cage

"Lonc Tens Usé" de Frédérick Martin


Institut Océanographique

195 rue Saint-Jacques, 5ème arrdt

samedi 2 juin, 20 h.

gratuit


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PROGRAMME


vidéo de Radiohead pour 6 ondes Martenot

How to disappear

Différentes vidéos sur youtube permettant d’entendre et de voir le groupe radiohead avec le quatuor d’ondes martenot

Voir la vidéo

Et une autre version du même morceau


Rencontres Trimestrielles avec SPIRALE

L’Association Spirale qui assure la pérennité de la Relaxation Active Martenot

propose aux adhérents de l’UEM qui le désireraient de se joindre

à leurs rencontres trimestrielles à partir de 11 heures 30

à l’Ecole Sainte Jeanne Elisabeth 49 rue Duquesne - 75007 PARIS

(pour entrer appuyer sur la touche Danse de l’interphone).

les Dimanches,

3 Février 2008

et 6 Avril 2008.

Il sera préférable de prévenir auparavant au 01 30 54 43 51.


8ème Festival MESSIAEN AU PAYS DE LA MEIJE 2005

du 21 juillet au 30 juillet 2005

Voyez le site www.festival-messiaen.com

MARDI 26 juillet

Dans le cadre des Journées d’études Jeune France
Salle polyvalente de La Grave.
14h : Histoire des Ondes Martenot avec projections
par Jean-Louis Martenot

21h : Concert à l’église de La Grave par le sextuor "ONDES DE CHOC" : Valérie Hartmann-Claverie, Philippe Arrieus, Nathalie Forget, Fabienne Martin-Besnard, Nadia Ratsimandresy, Pascale Rousse-Lacordaire (ondes Martenot) et Géraldine Dutroncy (piano)

Messiaen : Fête des Belles Eaux pour six ondes
Jolivet : Trois Poèmes pour ondes et piano
Baudrier : Eleonora pour six ondes et piano
Daniel-Lesur : Cinq Interludes pour quatre ondes




Actualités de la relaxation active - (tous les articles)

UN COURRIEL ENCOURAGEANT

Depuis un collège de Dreux

Bonjour Michel, voici des nouvelles des 4 C je ne les ai revu que vendredi c’est pour cela que les nouvelles tardaient à venir !!!

Ils sont emballés !!!

Je n’ai pas pu encore voir Mr ... pour négocier tes interventions et le nombre auxquelles j’ai droit, mais j’aimerais faire une séance par mois en classe entière. Eux ils en voudraient toutes les semaines !! mais il y a aussi l’orientation et la préparation des conseils..

Qu’en penses tu, j’essaye de voir Mr ... demain.

La plupart m’ont dit qu’ils s’étaient sentis différents (léger, vide, étrange...) on a pu partager car moi aussi le dernier cours je l’ai pas fait de la même façon, enfin cela à été un super moment que tous veulent à nouveau (même Jalila qui a eu du mal à renter dans l’activité à ressenti des choses et veut que tu reviennes !!

Enfin pour moi quel bonheur de les voir comme ça, merci !!!

Bonne soirée et à très bientôt

Aurélie

http://www.classerelaisdreux.eu/


Les classes-relais et Michel Suroy

La Presse relate le travail fait par la Relaxation Active avec Michel Suroy

Dans Paris - Mantes le 04.07.00

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Dans Le Parisien le 27.01.00

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Dans Paris - Mantes - Poissy le 15.06.98

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Dans l’Express le 19.02.98

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Article dans la SELECTION du Reader’s Digest

Article dans la SELECTION du Reader’s Digest

Dans le SELECTION du Reader’s Digest

se trouve un reportage à Mantes la Jolie sur les classes-relais

comme solution à la violence et à l’échec scolaire.

Stéphane Calmeyn y relate le remarquable travail de

Michel SUROY avec "la relaxation active".


LE CORPS EXPRESSION DE L’ETRE

CENTRE D’ART MARTENOT - FLORIANT 90 Boulevard Heurteloup 37000 TOURS Tél : 02 47 66 06 97

LE CORPS EXPRESSION DE L’ETRE Relaxation par la kinésophie (sagesse, constance du mouvement)

Tout être aspire à être heureux, et pourtant l’homme reste souvent insatisfait. Ce bonheur, cette plénitude auxquels chacun de nous a droit, se trouve en nous et non dans la recherche d’un contexte extérieur.
Nous désirons être.........

Nous craignons d’être........

Mais voyons-nous ce que nous sommes ?

Notre corps a de la difficulté à accepter un quelconque changement.
S’entraîner à discerner, à modifier notre état musculaire et nerveux par la relaxation va amener une meilleure connaissance de nos facultés mentales et physiques, et une maîtrise globale de nous-même.
Se sentir en accord avec soi-même, pour l’être avec les autres.
Savoir éliminer toutes les tensions inutiles pour permettre une acuité plus grande à respecter les autres, soi-même, et la Vie.

"Le mental est le maître des sens, mais c’est la respiration qui gouverne le mental".
Maurice Martenot

La maîtrise de la respiration amène un meilleur équilibre général, d’où une plus grande confiance en soi.
Arriver à détendre, en l’isolant, n’importe quel point précis de son corps apporte une libération dans l’action.

Indépendance musculaire = économie d’effort.

Présence en soi dans la sensation d’un geste, avec attention sans tension.
Etre dans la sensation de ce geste : "Ne pas vouloir y être" = car c’est un acte de pensée.
Mais le ressentir va être à l’origine d’une transformation sur soi et un apport de :

Qualité dans le vécu

Tout ce travail sur soi-même nous pouvons le faire en pensant aux autres.
Dans un monde agité, chacun de nous ayant le désir d’améliorer son état écoute, de clairvoyance, de calme, peut le réaliser à l’aide de quelques exercices appropriés.
Un cours de kinésophie d’une heure est enseigné au centre d’Art Martenot - 90 Bd Heurteloup à Tours le mardi à 19h30.

Commentaire extrait du livre "LA RELAXATION ACTIVE" de Maurice Martenot édité chez "Le Courrier du Livre".

Magali Floriant Fondatrice du Centre Martenot de Tours




Actualités de l’étude vivante du piano - (tous les articles)

Nouvel article

Journées piano au Centre Martenot-Kléber

Pour se retrouver et partager la musique

Pour découvrir la pédagogie du piano Martenot

SAMEDI 21 mars

14h : L’improvisation, atelier animé par Sophie CIEREN

Votre participation illustrera les propos de Sophie Cieren sur la pédagogie....Pas une « démonstration », mais de riches moments d’expérimentation

16h-18h : Partage musical

Plusieurs moments de partage musical sont prévus au cours de ces journées. Ils sont ouverts aux « anciens » comme aux « nouveaux ». Inscrivez vous dès maintenant pour jouer.... donnez nous une fourchette horaire et nous vous inscrivons....

Les inscriptions seront régulièrement actualisées sur le site du CMK : www.centremartenotkleber.net

18h-19h : un temps pour se retrouver

Echanger sur nos expériences pédagogiques....et aussi pour le plaisir de bavarder un peu si on s’était perdus de vue

19h-20h30 : Concert piano flûte traversière et chant

Colette Vigoureux (piano), Corinne Lemler (flûte) et Françoise Ragu (chant) vous proposent

un programme autour de quelques compositeurs du XXème siècle (Roussel, Gaubert, Debussy, Ravel...)

DIMANCHE 22 mars

10h- 12h30 : Partage musical

Même principe que samedi 16h-18h

12h30- 14h : Pique nique

Après avoir partagé nos spécialités pianistiques, nous pourrons partager nos spécialités gastronomiques !

14h- 16h : Le piano Martenot

Présentation des techniques de piano Martenot par les élèves de la Formation et leurs professeurs.

L’occasion pour ceux qui n’ont pas encore suivi la formation de découvrir la pédagogie du piano Martenot.

16h-18h : Partage musical

Même principe que samedi 16h18h....et l’occasion de se dire « Au-revoir » en musique


Centre Martenot-Kleber

formation pianistique

Le Centre Martenot-Kléber propose

en dehors de la Formation Musicale la

Formation Pianistique

 

Il s’agit d’une formation personnelle et pédagogique comprenant trois niveaux d’étude.

Elle se fait en trois ou cinq ans avec une pratique de l’improvisation dès la première année, un travail par centres d’intérêts sur les oeuvres de tous niveaux, une approche de l’harmonisation au clavier, une initiation à la musique contemporaine.
Toutes ces matières sont enseignées par des professeurs diplômés (CNSM, ENM, MARTENOT).

Bases de la Méthode Martenot Piano : Deux jeudis par mois.

 Matin - 4 heures (9 h - 13 h)

  • Connaissance et pratique des Techniques par centre d’intérêt (qualité sonore, rapidité, énergie, etc..)
    Ce travail a lieu à partir d’oeuvres de tous niveaux.
  • Application pédagogique au niveau débutant.
  • rerlaxation active : 1 heure en demi-groupe.

Application au niveau II - Martenot : Deux jeudi par mois.

 Après-Midi - 3 heures (14 h - 17 h)

  • Etude détaillée des oeuvres des volumes II A et II B de la méthode Martenot.
  • Travail pédagogique des exercices inclus dans ces volumes.

Application au niveau III - Martenot  : Un jeudi par mois.

 Matin - 4 heures (9 h - 13 h)

  • Travail personnel et pédagogioque sur des oeuvres de niveaux moyen et supérieur tiréezs de la mthode Martenot.
  • Création d’unh répertoire à partir d’oeuvres au choix.
  • Relaxation active adaptée aux musiciens.
  • Musique de chambre.

Application au niveau IV - Martenot  : Un jeudi par mois.

 Matin - 4 heures (9 h - 13 h)

  • Etude d’oeuvres de niveau supérieur.
  • Préparation au diplôme Martenot.
  • Préparation de concerts.
  • Relaxation active.
  • Musique de chambre.

Les élèves peuvent obtenir le Certificat de piano Martenot quand ils sont aptes à enseigner la méthode aux niveaux II et III,
et le Diplôme de Piano Martenot quand ils sont aptes à enseigner la méthode à tous les niveaux.

   Les cours sont collectifs (4 à 8 participants maximum) et incluent relaxation active, improvisation et harmonie au clavier.

Tarifs annuels de la formation pianistique

  Individuel Rémunéré
Adhésion annuelle (incluant l’adhésion à l’Union des Enseignements Martenot) 35 € 35 €
 Bases de la Méthode Martenot ( 60 h/an)  780 € 1200 €
  Application au niveau II Martenot ( 45 h/an) 585 € 900 €
  Application au niveau III Martenot (36 h/an) 468 € 720 €

  Application au niveau IV Martenot ( 36 h/an)

468 € 720 €

Les cours suivent l’année scolaire (trois trimestres). Ils commencent le premier octobre et se termine le 30 juin.
Ils ont lieu de 10 h à 13 h ou de 14 h à 17 h. Toute année commencée est due entièrement.
L’adhésion annuelle de 35 € comprend l’inscription à l’Union des Enseignements Martenot.


Réédition des Jeux Musicaux Martenot

loto (PNG)
(PNG)

Vous pouvez vous procurer les jeux musicaux Martenot chez votre marchand de musique ou en envoyant
-  pour les Dominos et le Loto un chèque de 25 € (20+5) (port économique compris pour union européenne et suisse)
-  pour les Cinq Jeux de Cartes un chèque de 32 € (27+5) (port économique compris pour union européenne et suisse)
-  ou 53,80 € pour l’ensemble à

OMM 52, rue de Longchamp 92200 Neuilly sur Seine.

Les 72 fichiers des Cartons du Maître seront adressés, GRATUITEMENT, à son adresse électronique, à tout acheteur des Cinq Jeux de Cartes (sur justificatif photocopié de son achat envoyé à) omm@martenot.com


Grande portée

MÉTHODE MARTENOT

 

 

LA GRANDE PORTÉE

 

RÉALISATION

 

Il est facile de réaliser une grande portée à partir d'une pochette perforée transparente A3 (vendue généralement par 10) :
Marquez, avec un feutre noir moyen à partir de 6 cm du bas (côté large opposé à l'ouverture) 7 repères de 2 en 2 centimètres de chaque côté de votre feuille transparente.
Tracez la première et la dernière ligne en pointillés (elles serviront de lignes supplémentaires) puis les cinq du milieu en trait plein.
Il vous suffira de fixer à votre tableau, avec un scotch transparent, la feuille arrière de votre pochette sur toute sa longueur. Vous glisserez aisément les différents « cartons ». Pour maintenir les notes sur la ligne choisie vous pouvez utiliser deux trombones pour fixer la feuille (un grammage standard de 80 gr est suffisant) mais si vous avez un tableau magnétique la mise en place est encore plus rapide avec deux plots magnétiques.

Il est parfois pratique d'avoir une portée plus proche de la partie supérieure. Utilisez alors soit la même pochette retournée soit une autre pochette pour tracer les 7 lignes de portée depuis le haut de 2 en 2 cm.

Les cartes « Mots mélodiques - Série 1 & 2 » peuvent être scannées ou photocopiées agrandies 5 fois sur papier A3 ou éventuellement en deux moitiés en A4 à coller et être présentées dans une pochette perforée sans portée.

 

 

 

 

LES CARTONS DU MAÎTRE

1ère série

34 cartons

Quelques exemples d'utilisation
de ''La Grande Portée''

 

I.- Les Formules Rythmiques

 

PRÉPARATION ORALE (voir livre du maître, page 27 à 33 et 129 à 134)

RÉPÉTITION d'une formule rythmique :

a)       très précise

b)       avec crescendo et diminuendo.

c)       Avec accelerando et rallentendo.

d)       Avec des expressions de différents caractères.

PULSATION FRAPPÉE pendant la répétition continuelle de la formule.

RECONNAISSANCE AUDITIVE parmi d'autres formules.

LECTURE (voir livre du maître, pages 41 à 44).

PRÉSENTATION VISUELLE du carton N°1 (voir livre du maître, pages 135 à 140).

ADJONCTION D'AUTRES FORMULES (cartons 2, 3, 4).

RECONNAISSANCE VISUELLE d'une formule parmi les autres.

LECTURE en modifiant l'ordre des formules.

En cas d'erreur, la formule est reprise, précédée et suivie d'autres formules.

LECTURE RAPIDE en faisant apparaître la formule un très court instant.

NOM DES VALEURS (voir dans le cahier des élèves 1A)

RÉPÉTITION des formules avec la prononciation du NOM DES VALEURS.

2° LECTURE des formules avec la prononciation du NOM DES VALEURS.

AUDITION de la formule donné par le maître sur la syllabe « la » et répétée instantanément par les élèves avec le nom des valeurs.

ENCHAÎNEMENTS.

1° Une LONGUE SUCCESSION de FORMULES RYTHMIQUES est exposée par le maître.

Les élèves la lisent (voir livre du maître, page 138).

ENCHAÎNEMENT INATTENDUS.

Le maître montre dans un ordre quelconque au fur et à mesure les formules rythmiques
exposées.

 

II.- Les Notes Isolées.

 

Lorsque les JEUX d'INTONATION (livre du maître page 39) sont bien réalisés, le maître reproduit sur la « grande portée » avec les « notes isolées » des « ONDULATIONS » sur deux ou trois sons, puis des « MOTS MUSICAUX », suivant les indications données (livre du maître, pages 180 à 193).

Les cahiers des élèves permettent de nombreux exercices d'INTONATION, d'AUDITION, de LECTURE CHANTÉE, d'IMPROVISATION.

 

 

III.- Les Mots Musicaux -
Les Questions et les Réponses.

 

Les CARTONS AYANT SERVI à la présentation des « Formules rythmiques » sont glissés sous les lignes de la « grande portée » en observant la progression (chaque cartons est numéroté, les n° impairs « questions » sont placés à gauche de la portée, les n° pairs « réponses » à droite).

La place de la TONIQUE est indiquée par « t », ce « t » sera d'abord placé dans le 1er interligne.

PRÉPARATION ORALE.

Le « Mot musical » est chanté par le maître, puis par les élèves.

Les Questions et les Réponses d'abord données par le maître, sont reproduites par deux camps se répondant.

LECTURE, AUDITION, RECONNAISSANCE, IMPROVISATION.

Les mots sont lus en chantant.

Les mots sont reconnus auditivement par d'autres.

Les mots sont reconnus visuellement par d'autres.

Ils servent de thème à de nombreuses improvisations vocales (livre du maître, pages 73 à 76 et 199 à 206).

 

 

IV. - Transposition

 

1° Lors de l'étude des tonalités, le maître pose une armure quelconque devant la « grande portée » les élèves indiquent à quel endroit se trouve la TONIQUE, et chantent les « mots musicaux » disposés par le maître ou par un élève à la placevoulusur la portée.

2° Un même « mot » glissé d'une place à l'autre est immédiatement transposé vocalement en supposant l'armure à la clé.

 

 

 

LES CARTONS DU MAÎTRE

2ème série

38 cartons

Quelques exemples d'utilisation
de ''La Grande Portée''

 

I. - Les Intervalles

PREPARATION ORALE
Le maître fait entendre un intervalle consonnant doucement émis, soit au piano, soit par deux élèves ou deux groupes d'élèves, puis un intervalle dissonant.

Les élèves énoncent les impressions ressenties à l'audition prolongée de ces deux intervalles, ils les comparent entre eux en leur appliquant différents qualificatifs. (Voir livre du maître, page 227)

Ils les reconnaissent au passage parmi d'autres intervalles.

Partagés en deux camps, ils les chantent en changeant de partie au signal du maître.

Les élèves écoutent l'un de ces intervalles soutenu et, à « l'extinction » de la sonorité ils vocalisent mélodiquement les deux sons, soit de haut en bas, soit de bas en haut.

 

LECTURE DES INTERVALLES HARMONIQUES. (Voir livre du maître, page 218)

Le maître plaçant tour à tour « les cartons intervalles » sous les lignes de la portée, fait remarquer que les deux notes des intervalles se trouvent, soit placées pareillement : toutes deux sur les lignes ou toutes deux dans les interlignes, soit placées différemment : l'une sur la ligne l'autre dans l'interligne.

Dés que les élèves savent à la présentation d'un intervalle quelconque, énoncer spontanément « pareils » ou « pas pareils », la maître leur apprend que les intervalles correspondants aux nombres impairs ont une disposition semblable et leur présente des tierces, des quintes et des septièmes que les élèves nomment spontanément.

Le même processus est repris pour la lecture immédiate des intervalles correspondants aux nombres pairs soit les secondes, quartes, sixtes, octaves en remarquant que la position, des deux notes composants ces intervalles, est différente.

 

LECTURE DES INTERVALLES MÉLODIQUES (au verso des cartons).

1° Reprendre les exercices ci-dessus en les appliquant aux intervalles mélodiques.

2° Solfier et mémoriser des marches de secondes mélodiques suivant le déplacement de cet intervalle sous les signes de la portée.

3° Même étude pour les autres intervalles.

 

NATURE DES INTERVALLES (voir livre du maître, pages 227 à 230)

A l'aide du « carton diésé » et du « carton bémolisé » le maître modifiant la nature des intervalles demande aux élèves :

1° De reconnaître auditivement l'écartement ou le rapprochement des sons composant l'intervalle, puis la nature de l'intervalle donné.

2° D'enchaîner en chantant les différentes modifications d'intonation résultant du changement d'altération.

3° D'énoncer les différentes natures au fur et à mesure des modifications entendues ou chantées.

 

_______________________________________

 

II. - Les Accords

(Voir les règles du jeu des accords)

 

MÉMORISATION.

Afin de permettre aux élèves de trouver immédiatement les noms d'un accord parfait, il sera bon de leur faire mémoriser l'enchaînement des tierces : do mi sol, si ré fa, la do mi, et de les habituer à énoncer cette suite de notes en partant de n'importe quel nom.

 

 

PRÉSENTATION ET LECTURE.

Le maître place sous les signes de la portée le carton représentant les trois notes de l'accord à l'état fondamental. Les élèves chantent doucement les notes, soit mélodiquement, soit à trois voix.

 

POSITIONS.

Trois élèves, face aux autres, chantent chacun un son de l'accord à l'état fondamental : do mi sol, l'élève placé à gauche vient se mettre à la place de « l'élève sol » chantant chacun leur note soit
mi sol do représentent ainsi la première position de l'accord.

Avec le déplacement de « l'élève mi » on obtient la deuxième position.

 

LECTURE DES ACCORDS A LA 1er POSITION.

Après avoir fait remarquer que la note supérieure de la quarte (note éloignée des autres) correspond à la fondamentale de l'accord, le maître glisse les accords aux différentes positions sous les lignes de la portée.

Les élèves :

1° Enoncent la position ;

2° Nomment en chantant soit la fondamentale soit les trois notes de l'accord ;

3° Reprennent les exercices ci-dessus en lisant les accords écrits mélodiquement. (Voir les cartons)

 

EXERCICES D'INTONATION (cartons intervalles et cartons accords du côté « mélodique ».

Les élèves chantent un intervalle ou un accord à la 1re position sous forme de marche tonale. Le maître, ayant placé au début de la portée une armure quelconque leur demande de reprendre les mêmes notes mais en modifiant leur intonation d'après les altérations de l'armure.

Cet exercice oblige les élèves à une grande concentration et les entraîne à maîtriser leur intonation. Il sera ensuite appliqué aux tons mineurs où l'adjonction de la sensible demandera un renouveau d'attention.

____________________________________

 

III. - Les Altérations.

 

TONS DIÈSES

1° Favoriser la mémorisation de l'ordre des dièses en le disant rythmiquement dans un tempo animé (ex : deux croches, noire, triolet noires : fa do sol -ré la mi si).

2° Enchaîner rapidement chaque série : fa, fa do, fa do sol, etc., comme une série de petites notes.

3° Suivant le carton montré par le maître les élèves énoncent rapidement d'abord la série des dièses puis seulement le nom du dièse terminant cette série.

4° Afin que les élèves pensent immédiatement les deux tons (majeur et mineur) corresponds à une armure dièse, le maître, prenant le « carton tierce » le pose à côté du premier dièse de façon à ce que la note supérieure de la tierce se trouve à la place de la tonique du ton majeur et la note inférieur à la place de la tonique du ton mineur.

Les élèves énoncent, pour trois dièses par exemple : « avec trois dièses on est en la majeur ou en fa dièse mineur ».

Procéder ainsi pour tous les tons dièses.

5° Sans poser la tierce que les élèves se représentent mentalement.

6° Exercice inverse sans poser l'armure (ex. : la tierce étant posé sur si ré les élèves disent en si mineur, ou dans son relatif majeur ré, il y a deux dièses fa do).

7° Reprise des trois derniers exercices en demandant aux élèves d'énoncer également la sensible du ton mineur.

 

TONS BÉMOLS

1° Mémorisation de l'ordre des bémols énoncé rythmiquement.

2° Enoncer rapidement chaque série de bémols.

3° Suivant le carton montré par le maître les élèves énoncent rapidement la série des bémols.

4° Afin que les élèves pensent immédiatement les deux tons (majeur et mineur) correspondant en partant du dernier bémol de chaque armure présentée (sans oublier d'indiquer les notes bémolisées).

 

 

Rappelons que les 72 fichiers des Cartons du Maître seront adressés,
GRATUITEMENT à son adresse électronique, à tout acheteur des
Cinq Jeux de Cartes (sur justificatif photocopié de son achat envoyé à)
omm@martenot.com


Programme pédagogique du Centre Martenot Kléber

Le Centre Martenot-Kléber propose :

­ Un cours pédagogique de formation musicale incluant la relaxation active*.
­ Six cours collectifs de piano, de la formation initiale pédagogique au diplôme d’interprète*.
­ Un cours d’éveil pour les 3 à 5 ans*.
­ Des stages ponctuels à thème, et un stage d’été.
­ Des "Schubertiades" où stagiaires, élèves, amis de musique de chambre peuvent participer librement.
­ Une bibliothèque ouverte à tous les membres.
* Tous les professeurs qui enseignent sont (en plus de leur formation personnelle) diplômés Martenot.

Cliquez ici pour plus de détails sur le Centre Martenot kléber




Martenot au fil du net... - (tous les articles)

Lokua Kanza d’amour et de sanza RD Congo, Culture : Jeuneafrique.com

Lokua Kanza d’amour et de sanza RD Congo, Culture : Jeuneafrique.com

N°2566

Du 14 au 20 mars 2010 Découvrez le sommaire Mis à jour le 17/03/2010 à 19h:11 RSS Twitter Facebook Widget

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2566p072-073.xml0/bresil-rd-congo-musique-richard-bonalokua-kanza-d-amour-et-de-sanza.html

Après cinq ans d’absence, l’artiste congolais revient avec Nkolo. Un album dans lequel il chante encore et toujours l’amour sur les douces notes de la sanza, instrument traditionnel d’Afrique centrale.

« Ma musique, c’est d’abord une musique pour l’humain, pour l’émotion, ce dénominateur commun qui nous rassemble tous », confiait Lokua Kanza, lors de la sortie de son premier album en 1993. « Même si on refuse de le croire, au plus profond de chaque être humain il existe un besoin vital d’aimer et d’être aimé », précisait-il. Avec Nkolo, son nouvel album qui sort dans quinze pays et qu’il espère lancer à Kinshasa au cours d’un concert à la fin de mai (ce sera pour lui une première), Lokua Kanza continue de cultiver sa différence.

Au risque de paraître naïf et trop empêtré dans les bons sentiments, il a l’audace de parler encore d’amour, rêvant toujours d’un monde sans chaos ni désarroi. C’est chez lui quasiment une obsession  : chanter des valeurs humaines essentielles, évoquer des éclaircies plutôt que des ciels chargés. De « Mapendo » (« l’amour », en swahili) à « Famille » (« il ne faut pas attendre que les gens nous quittent pour leur témoigner tout l’amour que nous leur portons », ­commente-t-il) ou « Soki » (qui raconte là encore une histoire d’amour), Lokua Kanza continue de chanter un monde de douceur. Sans pour autant se noyer dans une douce béatitude, comme en témoigne le titre « Nakozonga » (« je reviendrai »), évoquant « l’histoire des émigrés qui rêvent de rentrer chez eux un jour », mais dont peu parmi eux le pourront.

Doux baladin

« L’amour, je pense que c’est ce dont nous avons le plus besoin. Il y a tellement de violence dans ce monde… J’essaie à ma manière et à travers mes chansons d’apporter un peu de légèreté, de faire du bien », insiste le doux baladin. Pour passer ses messages apaisants ou rassurants, il compose des ballades sobres et aériennes, une mosaïque de moments bruissants de liberté, de timbres doux et de mélodies enveloppantes. Dans ses univers chantent les notes aquatiques de la sanza, mais également un harmonica, les sons rares des ondes Martenot (clavier électronique) et du cristal Baschet (orgue de cristal). Lokua Kanza revendique sans état d’âme le caractère hybride de sa musique.

« Dès le départ, le métissage est inscrit dans mes veines », souligne le chanteur, né en avril 1958 à Bukavu, dans la province du Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. « Mon père est mongo, ma mère tutsie. J’ai donc en moi deux cultures qui se croisent et se parlent. »

Et s’il a appris à chanter dans les chorales des églises, joué de la rumba, accompagné la chanteuse Abeti, il a aussi étudié le classique, le jazz, fréquenté le Conservatoire de Kinshasa. À Kinshasa justement, il rencontre Ray Lema, qui lui donnera sa première vraie guitare. Plus tard, à Paris, où il s’installe en 1984, il restera plusieurs années au sein du groupe de ce dernier. Il fréquentera également Manu Dibango, Papa Wemba, Sixun… avant de se lancer en solo.

Pourquoi a-t-il une affection particulière pour un vocabulaire musical épuré, les climats rêveurs et mélancoliques, lui qui a commencé sa carrière au pays en interprétant de la musique pour faire danser  ? « C’est là où je me sens le mieux, je crois. La musique qui me fait le plus vibrer, c’est la musique douce et mélancolique. D’ailleurs, j’ai remarqué qu’avec cet album je n’ai pas eu à faire d’efforts. Presque toutes les chansons ont été enregistrées en une prise. Je chante dans ma langue, le lingala, puis en swahili, en français, en portugais (là, je rame encore un peu) et dans une langue inventée. »

Du yaourt

Une langue inventée  ? Quelle drôle d’idée  ! « Quand j’arrive au studio, c’est du yaourt que je chante parfois, juste des sons. Après, en réécoutant, j’y entends tellement d’émotion, que je me dis, à quoi bon y mettre des mots, pourquoi changer quoi que ce soit au risque de perdre cette émotion-là. Si je ne précise pas que c’est une langue qui n’existe pas, personne ne s’en aperçoit. Même des Congolais parfois me posent la question  : “Dans quelle langue tu chantes, là  ?” »

Quant au portugais, c’est la langue de son nouveau pays d’adoption. Lokua Kanza vit au Brésil depuis un an et demi. « La première personne qui m’y a amené, c’est Djavan. Après avoir écouté mon disque Wapi Yo, sorti en 1995, il m’a invité. Et c’est ainsi que je me suis retrouvé à chanter là-bas avec lui et Al Jarreau. Le concert a été magnifique. Après, j’ai commencé à faire des allers-retours entre la France et le Brésil. Cela faisait des années que je songeais à m’y poser. » Ce nouveau disque (le septième en comptant le projet en trio Toto, Bona, Lokua, où il s’associait à Richard Bona et Gérald Toto, en 2004) arrive cinq ans après le précédent, Plus vivant.

Le Brésil est-il synonyme de farniente pour Lokua Kanza  ? « Cet album, je suis dessus depuis trois ans. Je suis un peu lent. Mais je me suis retrouvé à écrire pour plusieurs artistes au Brésil après que Gal Costa a repris en portugais trois titres de mon album en français Plus Vivant. Par exemple, Ney Matogrosso m’a demandé de lui écrire quelque chose, ou bien encore Vanessa da Mata. » Un des titres de Lokua Kanza, interprété par Gal Costa, est repris dans la b.o. de la nouvelle telenovela (feuilleton télévisé quotidien) de 20 heures, depuis septembre. « Un morceau qui passe dans la telenovela de 20 heures, c’est le rêve de tous les compositeurs, paraît-il », souligne Lokua Kanza. Un rêve sans doute rémunérateur (versement de droits oblige) qui devrait aider le chanteur à mener à bien son projet, l’ouverture d’une école de musique à Kinshasa, où il ferait venir des copains au talent sûr (Richard Bona, Sylvain Luc…) pour animer workshops et ateliers.


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Partitions pour ondes martenot

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Jean-Jacques Werner Antiphonaire

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Jean-Jacques Werner Page d’Ecriture

Instrumentation : Ondes Martenot, Piano

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Francine Tremblot de la Croix Ainsi qu’aux plus beaux jours

Instrumentation : Ondes Martenot, Piano

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Antoine Tisné Cyclades

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Antoine Tisné Magnitude

Instrumentation : 3 Ondes Martenot

Matériel : Partition

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Nicole Philiba Recit

Instrumentation : Ondes Martenot, Piano

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Tristan Murail Les Miroirs Etendus

Instrumentation : Ondes Martenot, Piano

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Edward Michael Chant Arabe

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Bohuslav Martinù Fantaisie Martenot

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Vos sorties à Strasbourg - Les DNA Archives

Molsheim

Vos sorties à Strasbourg

Opéra « Platée » de Jean-Philippe Rameau, direction musicale Christophe Rousset, mise en scène Mariame Clément, à l’Opéra, place Broglie, à 20h, tarifs : de 12 à 85€, jusqu’au 22 mars, Tél : 0825 84 14 84. Classique Diplômes de perfectionnement : de 11h30 à 13h, orgue, piano, ondes Martenot, à la Cité de la musique et de la danse, place Dauphine, entrée libre, Tél : 03 88 43 68 21. Airs d’Opéra avec le département voix du Conservatoire de Strasbourg, salle d’Orchestre, à la Cité de la musique ...

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Ondes & Theremin #1

Ondes & Theremin #1

THE THEREMIN

AND

THE ONDES MARTENOT

http://www.peterpringle.com/ondes.html

The theremin has a "sister instrument" whose construction was based on the same electronic, "heterodyne" principles as those used by Leon Theremin. Conceived and designed by the French cellist and inventor, Maurice Martenot 1898 - 1980 (shown in the photo above around 1929), he built his first instrument at roughly the same time as Leon Theremin was working on his own prototypes. He called his invention the "ondes Martenot" (pronounced like the English "owned Martin O." - which means the "Martenot waves" in French). There was no contact whatever between Maurice Martenot and Leon Theremin until they were introduced in New York City in 1930. Their inventions were totally independent of one another and, by 1930, both men had already introduced their respective instruments to the world.

I am indebted to Maurice Martenot’s biographer, Jean Laurendeau, for many of the photos on this page. Mr. Laurendeau’s excellent book MAURICE MARTENOT, LUTHIER DE L’ELECTRONIQUE (published by Dervy Livres) has unfortunately not been translated into English but it remains, nonetheless, an important and beautifully written work on the life and times of a true pioneer in electronic music. Mr. Laurendeau is not only a remarkable writer but he also happens to be an equally gifted ondes Martenot virtuoso. He has allowed me to include a short mp3 of his playing. It can be accessed at the end of this section.

*************

This is the poster that announced the introduction of the theremin to the Paris public in 1927. You will notice that the instrument is referred to as "les ondes éthérées" or "ether waves". At this time, Leon Theremin had not yet gone to America and no commercialization of the instrument (which would eventually be called the "theremin") had been undertaken. A few months following the presentation of the theremin at the Paris Opera, Maurice Martenot introduced his ondes Martenot on the very same stage.

*************

Here is Maurice Martenot, accompanied by his sister Ginette, on the stage of the Paris Opera, May 3, 1928 - only five months after the introduction of the theremin. At that time, he played the instrument "à distance" which means that he actually attached himself to it by means of a "ring" and a wire (which can clearly be seen in the above photo) and then stood back about 5 feet from the device. The wire or "ruban" is kept taught by a pulley mechanism that reels it in, and lets it out, as the ondiste moves his hand back and forth. Volume and tone are controlled by the left hand which rests on a small box of switches. The ondes Martenot, although its function is based on the same heterodyne principle as the theremin, is touched by the ondiste. The thereminist, on the other hand, never touches the theremin.

*************

Maurice Martenot was a cellist first, and an inventor second. Here he is pictured with some of the soldiers in his unit during World War One (around 1918). He can be seen at the right with his cello. At the time, young Martenot was a radio operator in the French military and was quite celebrated for playing tunes electronically on his radio equipment. Although it seems rather silly today, at the time nothing like it had ever been heard and it caused quite a stir. Because the sound he made on his radio resembled the human-like whining of a Chihuahua (a type of miniature Mexican dog), Maurice Martenot was nicknamed "le chien mexicain" (French for "the Mexican dog") by his fellow soldiers. To Martenot’s own amusement, this name followed him for years after the war.

*************

Leon Theremin (above right) was an inventor first and a musician (cellist) second. He also served in the army during World War One as a uniformed member of the Red Army’s Military Radiotechnical Division (photo 1918). It was the involvement of both Theremin and Martenot with radio technology that led each of these men to their amazing musical inventions.

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Jeunes Services

Lessoil-Daelman, Marcelle, 1939-

Maurice Martenot et l’amitié : confidences d’une ondiste méconnue / Marcelle Lessoil-Daelman. — [Montréal] : Je publie, ©2009. — 198 p. : ill. (certaines en coul.), fac-sim., portr. ; 24 cm.

ISBN : 978-2-9811512-0-9. — Distributeur : Numilog, la Librairie numérique, 113, rue Jean-Martin, Naudin - 92220, Bagneux, France.

1. Lessoil-Daelman, Marcelle, 1939- 2. Lessoil-Daelman, Marcelle, 1939- — Correspondance 3. Martenot, Maurice, 1898-1980 4. Musiciennes — Québec (Province) — Correspondance 5. Professeurs de musique — France 6. Ondes Martenot I. Titre.

786.73092ML419*3818060


Tristan Murail - eNotes.com Référence

Les oeuvres de Tristan Murail sur :

http://www.enotes.com/topic/Tristan_Murail

Tristan Murail (born March 11, 1947 in Le Havre, France) is a French composer. His father, Gérard Murail, is a poet and his mother, Marie-Thérèse Barrois, a journalist. One of his brothers, Lorris Murail, and his younger sister Elvire Murail, aka Moka, also write, and his younger sister Marie-Aude Murail is a French children’s writer. Murail is associated with the "spectral" technique of composition, which involves the use of the fundamental properties of sound as a basis for harmony, as well as the use of spectral analysis, FM, RM, and AM synthesis as a method of deriving polyphony.[1]

Works

1969, Couleur de Mer, 1970, Altitude 8000, for orchestra, 1970, Où Tremblent les Contours, for 2 violas, 1971, Les Miroirs étendus, for ondes Martenot and piano, 1971, Ligne de non-retour, for seven instruments, 1971, Mach 2,5, for deux ondes Martenot, 1972, Au-delà du Mur du son, for large orchestra, 1972, Estuaire, 2 pieces for piano, 1972 (rév. 1992), L’attente, for seven instruments, 1973, Cosmos privé, for orchestra, 1973, La Dérive des continents, for viola and string orchestra, 1973, Les Nuages de Magellan, 1974, Tigre de verre, for ondes Martenot and piano, 1974, Transsahara express, for bassoon and piano, 1974-1975, Sables, for orchestra, 1976, C’est un jardin secret, ma sœur, ma fiancée, une fontaine close, une source scellée for viola solo, 1976, Mémoire / Erosion, for french horn and nine instruments, 1977, Tellur, for guitar, 1977, Territoires de l’oubli, for piano, 1978, Ethers, for flute and ensemble, 1978, Treize couleurs du soleil couchant, 1979, Les Courants de l’espace, for ondes Martenot and small orchestra, 1980, Gondwana, for orchestra, 1982, La Conquête de l’Antarctique, for ondes Martenot, 1982, Désintégrations, for 17 instruments and electronic sounds, 1984, Vampyr !, for electric guitar, from Random Access Memory, 1985, Sillages, for orchestra, 1985, Time and again, for orchestra, 1986, Atlantys, for 2 DX7 Yamaha synthesizers , from Random Access Memory, 1986, Vision de la Cité Interdite, for 2 DX7 Yamaha synthesizers, from Random Access Memory, 1984-1987, Random Access Memory, 1988, Vues aériennes, for french horn, violin, cello and piano, 1989, Allégories, for 6 instruments and electronic sounds, 1986-1988, Les Sept Paroles du Christ en Croix, for orchestra and chorus, 1990, Le Fou à pattes bleues, for flute and piano, 1990-1991, La Dynamique des fluides, for orchestra, 1992, Attracteurs étranges, for cello, 1992, Cloches d’adieu, et un sourire... in memoriam Olivier Messiaen, for piano, 1992, Serendib, for 22 musicians, 1993, La Barque mystique, for five instruments, 1993, La Mandragore, for piano, 1993-1994, L’Esprit des dunes, for ensemble, 1995, ...amaris et dulcibus aquis..., for chorus and electronic sounds, 1995, Unanswered questions, for flute, 1996, Bois flotté, for piano, trombone, string trio, synthetic sounds and synthesized sounds, 1996, Le partage des eaux, for large orchestra, 1998, Comme un oeil suspendu et poli par le songe..., for piano, 1998, Feuilles à travers les cloches, extrait de « Portulan », for flute, violin, cello and piano, 2000, Winter fragments, for flute, clarinet, piano, violin, MIDI keyboard and computer, 2001, Le lac, for orchestra, 2002, Les Travaux et les Jours for piano, 2003-2004, Terre d’ombre, for large orchestra and electronic sounds, 2005, Pour adoucir le cours du temps, for 18 instruments, MIDI keyboard and computer, 2006, Les Ruines circulaires, extrait de « Portulan », for clarinet and violin, 2006, Seven Lakes Drive, extrait de « Portulan », for flute, clarinet, french horn, piano, violin and cello, 2006, Légendes urbaines, for 22 instruments, 2007, Contes cruels, for 2 electric guitars and orchestra, 2008, Liber Fulguralis, for ensemble, electronics and video, 2008, Garrigue, for bass flute (or alto flute), viola, cello and percussions, 2009, En moyenne et extrême raison, for ensemble and synthetic sounds, 2010, Les Sept Paroles, for orchestra and chorus.

References

^ http://www.compositiontoday.com/articles/tristan_murail.asp


Ondes martenot - Nice - Antibes - Cannes - Grasse - ALPES MARITIMES

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The Canadian Press : Le prolifique compositeur Jacques Hétu se serait éteint à l’âge de 71 ans

http://www.google.com/hostednews/canadianpress/article/ALeqM5gl0NSp4FDBvatUrMM4ja_g3h8LPQ

MONTRÉAL — Le prolifique compositeur québécois Jacques Hétu se serait éteint à l’âge de 71 ans, d’après ce que rapportent plusieurs médias mercredi.

Jacques Hétu a composé plus de soixante-quinze oeuvres. Il est possiblement le compositeur canadien le plus joué à l’étranger, en plus d’avoir participé à la formation de nombreux musiciens.

L’ensemble de son oeuvre inclut quatre symphonies, des concertos pour piano, basson, clarinette, trompette, ondes Martenot, flûte, guitare, alto, trombone, marimba et vibraphone, cor, orgue, hautbois et cor anglais, un triple concerto pour violon, violoncelle et piano, et des oeuvres pour orchestre.

Il est aussi l’auteur de compositions pour voix et orchestre, tels Les Abîmes du Rêve et la Missa pro Trecentesimo anno, ainsi qu’un opéra et plusieurs pièces de musique de chambre.

Jacques Hétu a par ailleurs enseigné à l’Université Laval, de 1963 à 1977, et à l’Université du Québec à Montréal, de 1979 à 2000. Son fonds musical est conservé à Bibliothèque et Archives Canada.

Jacques Hétu est membre de la Société royale du Canada depuis 1989 et il a été nommé officier de l’Ordre du Canada en 2001. La Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique lui a décerné le prix Jan-V.-Matejek pour la musique de concert à sept reprises.


Yael Naim revisite ses chansons : 4 concerts exceptionnels

 Yael Naim revisite ses chansons : 4 concerts exceptionnels

http://www.infoconcert.com/news/yael-naim-revisite-ses-chansons—4-concerts-exceptionnels-1337.html

Yael Naim revisite ses chansons : 4 concerts exceptionnels 19-02-2010

(JPEG) La chanteuse Yael Naim donnera en février quatre concerts exceptionnels (Marne la Vallée, Lens, Compiègne et Paris dans le cadre feutré de la Salle Pleyel) durant lesquels elle revisitera les chansons de sont premier album. Les arrangements seront inédits. Elle et David Donatien seront accompagnée d’un orchestre classique et d’instruments originaux tels que les ondes Martenot, le waterphone, la scie musicale ou le cristal Baschet. Yael Naim profitera sans doute de ces concerts pour dévoiler quelques titres de son prochain album.


extrait d’un interview de Maurice Martenot par Jacques Cha... - | Blog MySpace de Aude

extrait d’un interview de Maurice Martenot par Jacques Chancel

Dernière mise à jour : 27/01/2010

Extrait d’interview : Maurice Martenot du 29/12/1977 par Jacques Chancel (R.T.F.)

La première partie de l’interview est consacrée aux ondes Martenot. Je me suis intéressée à la deuxième partie : Maurice Martenot parle de la musique, de l’enseignement musical, de lui-même, de la vie...

.. ..

(...)

« Maurice Martenot, vous avez quatre vingt ans, et semblez être dans une forme exceptionnelle.

-Je n’ai pas à me plaindre.

-  Parce que vous l’avez souhaité, vous l’avez voulu- vous avez voulu être ce que vous êtes ?

-  Non, absolument pas. Les circonstances m’ont amenées à trouver un certain équilibre qui me permet de vivre avec une grande joie, avec une certaine harmonie intérieure.

-  C’est-à-dire, vous avez d’abord appris à vous connaître.

-  Absolument. Je ne crois pas qu’il y’ait de progrès possibles sans cela.

-  Tout à l’heure, vous me parliez de votre jeunesse et je crois que cela a du avoir de l’importance...

Vos sœurs vous ont accompagnées dés le départ ? Je pense à l’une d’entre elle, qui doit avoir près de 90 ans...

-  Oui oui, nous avons fêté son anniversaire tout récemment. J’ai été la surprendre pas plus tard qu’hier, et elle donnait une leçon... C’est sa joie, c’est sa vie... Je tiens à dire combien mon enfance a été heureuse, auprès de mes deux sœurs, d’un père plein de bonté et d’une mère très fine, sensible...

Ma sœur, Madeleine, a été pour moi une mère sur le plan artistique, musical. Je dois dire que très jeune, elle avait quitté les sentiers traditionnels, et travaillait avec un professeur qui enseignait à l’institut national des jeunes aveugles, et qui, déjà, favorisait chez l’élève, la transposition, à l’instrument et vocalement, mais surtout à l’instrument. J’ai été élevé avec ce mode de travail et je sais maintenant pourquoi cela nous a rendu d’immenses services, et c’est pourquoi je préconise ce dernier dans notre méthode d’éducation musicale.

-  Mais, vos parents vous entraînaient à aimer, à travailler la musique ?

-  Ils n’étaient pas musiciens, ils étaient mélomanes, mais sans plus.

-  C’est déjà beaucoup !

-  Oui !

-  C’est un début important...

-  Oui, c’est très important, ils ont beaucoup facilité notre travail dans ce sens.

-  Lorsque que vous vous amusez à faire le compte, à faire le point, est ce que vous pouvez répondre à la question : à quoi ai-je servi, à quoi ai-je consacré ma vie ?

-  Je vous dirais que... C’est l’un de mes défauts, mais je retourne très rarement en arrière.

-  Vous êtes déjà à demain.

-  Oui, et je m’efforce maintenant, d’être à l’instant présent. Et cela, c’est une valeur tout à fait inestimable. C’est un peu difficile à saisir quand on en parle comme cela...

-  Vous êtes arrivé à définir ce qu’est l’essentiel ?

-  Je crois pouvoir le définir, oui. L’essentiel, c’est de laisser faire. Laisser faire à ce qui est capable de nous diriger beaucoup mieux que nous pouvons nous nous diriger nous-mêmes.

-  Oui, mais c’est lorsque l’on a votre sérénité, que l’on est arrivé à ce point de réflexion, que l’on peut faire ce que vous souhaitez. Car autrement, la vie vous prend, et ne vous laisse pas faire.

-  Vous savez, il faut à un certain moment donné, se rendre compte, que nous sommes des serviteurs. Et voilà, on est disponible. Il faut être disponible. Et si nous nous sommes disponibles, alors les choses se passent, mais, miraculeusement, je dirais. C’est quelque chose d’extraordinaire, quand on y croit, bien sûr, que les choses se passent ainsi, à travers vous.

Il faut réussir à éliminer tout ce qui s’oppose à ce cheminement de ce que Durkheim appelle l’être essentiel, en opposition à l’être existentiel. Et c’est alors qu’on fait des découvertes.

-  Je n’ai pas très bien compris quelles relations vous aviez avec l’instrument, ou avec la musique ?

-  Quelles relations ? Sur quel plan vous placez vous ?

-  Je veux dire, comment travaillez-vous la musique, comment travaillez-vous la créativité, avec quelle méthode ?

-  Oh, je dois dire que cette créativité spontanée m’a été donnée, comme tout le reste. Je dis parfois que j’ai « le microbe de l’invention » et c’est difficile de s’en défaire...

-  Cela ne s’apprend pas, c’est un don ?

-  Oui, je crois. Partant de là, toutes sortes de choses arrivent, et c’est ainsi que sur le plan musical il m’a été donné de créer, et quand je dis il je parle toujours au pluriel, parce que tout le travail qui a été fait dans ce sens, a été un travail d’équipe, équipe constituée de quatre personnes, autrement dit ma femme, mes deux sœurs et moi-même.

-  C’est une entreprise familiale ?

-  Entreprise, oui, si l’on veut.

-  Alors vous avez établi des principes d’éducation musicale, mais quel est l’essentiel de cette éducation ? Puisqu’elle est enseignée.

-  Oui... Ah, vous voudriez en deux mots que je vous décrive toutes ces choses. L’essentiel, c’est, en deux mots, ce que Schweitzer appelle le respect de la vie. Et le respect de la vie, dans l’éducation musicale, comme dans l’éducation générale, c’est de permettre à l’enfant, puisque l’éducation musicale commence au niveau de l’enfant, de lui apporter la nourriture du psychisme. C’est une chose dont nous n’avons pas encore suffisamment conscience. La première des nourritures, avant même le premier cri, c’est l’air, bien entendu. C’est cette nourriture qui nous sera essentielle jusqu’au dernier souffle. Puis, le sein maternel, nourriture avec les aliments, nourriture de l’intellect’, et nourriture, ensuite, du psychisme. Je veux dire par là que toutes les impressions, que nous recevons, aussi bien des choses que des êtres ; ces impressions nourrissent notre psychisme.

Et l’enfant est précisément doué d’une faculté de réception exceptionnelle, qui peut l’aider à nourrir son psychisme.

Il m’arrive de dire qu’il est bien dommage que parmi les éléments de sélectivité des professeurs, de tous ceux qui doivent aborder l’enfant, on ne mette pas en premier lieu, « la joie ». La personne qui est née triste ne devrait jamais débuter une carrière d’enseignant, car les enfants abhorrent la tristesse, et cherchent au contraire celui qui rigole. Ce rayonnement que la science contemporaine nous fait découvrir, d’une façon formelle, à travers tout, aussi bien les minéraux, les végétaux, et à fortiori, les êtres vivants ; ce rayonnement, nous l’avons, nous le possédons, et c’est cela qu’attend l’enfant.

Or, vous allez dire, mais enfin, quel rapport avec l’enseignement musical ? Eh bien, il se passe ceci : il existe un très grave malentendu : on croit enseigner la musique, mais les notes, ce n’est pas de la musique. Qu’elles soient parlées, dessinées, tout cela c’est le côté extérieur, matériel, de la musique. La musique c’est le son. Mais le son n’est pas forcément musique. Ce son doit être animé par un afflux vital. Et cet afflux vital va passer d’un être à un autre à travers l’élément sonore et apporter cette nourriture du psychisme.

-  J’ai cru comprendre que vous seriez tenté d’obliger l’enseignant au bonheur. Je pense que c’est une méthode tout à fait particulière. Vous les obligez à la joie. C’est une nécessité d’après ce que vous venez de dire ?

-  Je dois dire que c’est comme le comédien qui entre sur scène, qui même si il a perdu un être qui lui est cher quelques heures auparavant, doit prendre sur lui-même, pour jouer le rôle qui pourrait être tout à fait à l’opposé de son état intérieur. Eh bien, celui qui enseigne à des enfants, s’il a à supporter des épreuves douloureuses, doit savoir comment écarter sa tristesse, lorsqu’il est en train d’enseigner. Car il devrait reconnaître que les enfants ne peuvent pas souffrir quelqu’un qui est triste.

-  Dans le fond, Maurice Martenot, vous n’avez pas tellement changé depuis le commencement de cette vie qui est la vôtre ? Vous avez inventé les ondes Martenot, vous m’avez dit tout à l’heure que c’était des vibrations, ensuite vous êtes allé du côté de la danse pour connaître votre corps et pour vous obliger à savoir le faire fonctionner, ensuite vous allez du côté des enfants, et ce que vous faites, c’est encore une vibration entre l’homme et l’enfant, de la même manière que vous êtes allés vous confronter aux problèmes de l’éducation populaire pour bien connaître les masses ?

-  Mais voulez vous dire, cher monsieur, ce qui n’est pas vibration ?

-  Tout est vibration.

-  Absolument.

-  Donc vous êtes dans votre propre continuité.

-  Sans doute. C’est aussi pour cela que je me trouve bien.

-  Oui mais c’est aussi une manière de se bien connaître. On ne peut pas bien s’intéresser aux autres si l’on ne se connaît pas bien soi-même.

-  On ne peut pas être suffisamment disponible aux autres si on ne se connaît pas soi-même.

Je suis né solitaire. Et j’aime la solitude. Je recherche la solitude. On peut se dire : mais enfin pourquoi vous êtes vous mariés ? Pourquoi... Oui, je me suis marié, j’ai eu cinq enfants, et je dois dire que je me fais le reproche de n’avoir pas toujours su vaincre ce désir d’indépendance, de solitude.

-  Mais vous dites quelque part, et vous rappelez la phrase de Saint-Exupéry : « le silence, est la plus belle des qualités ». Je crois que c’est à peu près la phrase...

-  Oui, c’est à travers le silence que l’on se retrouve...

-  Mais c’est aussi égoïste, puisque vous dites « j’ai besoin de solitude, j’ai besoin de silence » ? On fini par être seul avec soi-même, et par négliger un peu les autres ?

-  Oui, mais si l’on arrive, en passant à travers des moments de silence à une meilleure connaissance de soi, on arrive aussi à avoir une nouvelle disponibilité aux autres. C’est dans ce sens-là que je le ressens.

-  Ah, voilà la phrase : « le silence est seul signe de la qualité ».

-  Oui, elle est très belle.

-  Vous... Vous confirmez ?

-  Oh, absolument. En participant à cette émission, il m’est venu à l’esprit, qu’il ‘est important de discerner qu’il y’a deux sortes d’imagination : il y a vraiment « la folle du logis », que nous voyons constamment en action, enfin, c’est elle qui est le plus proche de notre moi superficiel, et c’est elle qui constamment, déforme tout ce qu’il se passe en nous. Elle les déforme dans un sens positif, en exagérant le côté positif, ou aussi bien dans le sens négatif. C’est ce qui fait espérer à notre moi superficiel des châteaux en Espagne, et ce qui nous induit en erreur sur le plan spirituel. Car la « folle du logis » nous fait croire que l’on voit les choses telles qu’elles sont, ce qui n’est pas vrai, puisqu’on les voit à travers notre émotion. A l’inverse, la deuxième forme d’imagination, pourquoi pas « la fée du logis », n’est pas ; contrairement à la précédente, constamment sous l’empire de ce tourbillon de pensées, de ce petit moulin à parole, qui tourne sans cesse dans notre mental. Cette « fée du logis » a besoin du silence, de la méditation, et c’est à travers ce calme intérieur, que l’intuition apparait. Et cette fois il s’agit d’une imagination créatrice. Voyez l’importance du silence.

-  Mais je sais l’importance du silence...

-  Et toutes les possibilités apparaissent à travers cela.

-  Maurice Martenot, je reviens tout de même à ce que vous disiez tout à l’heure, et qui est important, puisque cela concerne les enfants et leur éducation. Comment faut-il apprendre la musique aux enfants, je veux dire, non pas enseigner, mais leur donner le goût de la musique ? D’ailleurs, je crois que ce qui est important, c’est de savoir donner un goût aux êtres... Et est-ce seulement, en leur faisant écouter dés qu’ils sont bébés, enfin, dans les premiers mois, de la musique ? Une musique choisie ? Habitue t on l’oreille, à ce moment-là ?

-  Eh bien, je pense que l’éducation musicale commence avant la naissance. Des études biologiques prouvent que nous trouvons aussi bien cela chez les animaux qui savent reconnaître le cri de la mère, par exemple chez les canards, juste après leur naissance, parce qu’ils l’ont entendu dans l’œuf. Alors pourquoi est ce que l’enfant n’entendrait t-il pas, de manière plus ou moins déformée, ce que la mère écoute ?

-  Vous voulez dire, que la mère devrait écouter de la musique dès qu’elle est enceinte ?

-  Absolument. Il y’ a d’ailleurs un exemple dans ma famille... Une mère qui souhaitait que son enfant soit musicien, est allée écouter des concerts durant toute sa grossesse. Et son fils est devenu professeur de harpe au conservatoire de Paris. Il s’agit de Raphaël Martenot.

-  Mais à quel moment faut-il commencer ? Pas dans les premiers mois, quand même ?

-  Oh, en réalité, vous savez bien que la mère apporte déjà tout ce qu’elle a pu acquérir, alors c’est difficile de situer un point dans le temps... Mais revenons à votre question de tout à l’heure... Quand j’ai parlé de la lettre et de l’esprit, c’est que voyez-vous, le son n’est pas forcément musique. On croit apporter de la musique à l’enfant, en lui faisant solfier des notes, en lui faisant chanter du son, mais du son qui ne vit pas. Or le son ne peut être vivant, que si il forme des cellules, des cellules qui ont tout à fait la même apparence, que les cellules biologiques. Il y’ a un noyau, qu’on appelle en musique l’accent, et autour de ce noyau, le flux et le reflux, qui donne la poussée vitale au son.

Et si il n’y a pas cela, si il n’y a pas cette interprétation de cellule sonore musicale, alors il n’y a pas ce transfert de la vie, ce respect de la vie, et cette nourriture du psychisme que l’enfant attend.

-  Maurice Martenot, vous êtes passionné par tout ? Parce que bien évidemment, il y’a cet instrument que vous avez inventé, il y’ a toutes ces disciplines, que vous avez su conduire, et en 1942, avec Pierre Scheffer, vous collaboriez déjà avec la maison RTF... Enfin, vous connaissez bien cette maison, et à un moment, vous étiez chargé, ici, de la sélection des artistes... Mais il y’ a encore, et c’est comme un nouveau ballon d’oxygène que vous inventez, un livre « Se relaxer », et c’est l’aboutissement d’une autre discipline ; le corps, expression de l’être, et une fois encore, vous inventez une méthode... C’est-à-dire, tout doit commencer par soi-même, vous voulez véritablement que les gens connaissent bien leur corps.

-  Absolument.

-  Ne le méprise pas...

-  Ce livre, qui vient de paraître chez Albin Michel, est pour moi l’aboutissement, enfin du moins, j’aurais certainement eu des regrets à disparaître avant de pouvoir mettre noir sur blanc les idées que contient cet ouvrage. Nous n’allons pas pour cela en exagérer l’importance, mais ceux qui peuvent, à travers les lignes, en discerner le contenu... C’est vraiment là l’essentiel.

-  Pour le bonheur de l’homme ?

-  Oui, volontiers, très volontiers... Ceux-là pourront faire un travail sur eux-mêmes, qui leur permettra, vraiment, de se découvrir.

-  Alors, là, il y’ a un mot, et je voudrais que vous m’expliquiez ce mot, « Kinésophie » ? Un mot qui a de l’importance sur la vie quotidienne... Mais ce n’est pas seulement le mot qui a de l’importance, c’est ce qu’il représente. Alors, « kinésophie », c’est quoi ?

-  Eh bien oui, j’ai dû, aussi surprenant que cela puisse paraître, « forger » ce mot... J’ai cherché assez longuement, voyant aussi les réactions de mon entourage et de ceux qui, en particulier, ont collaboré à cet ouvrage et dont je vous parlerais dans un instant... Je dois dire que j’ai tenu à établir une différence assez tangible, entre la relaxation vue par le corps médical, qui a conçu des méthodes très diverses, avec Schultz en Allemagne, Jacobsen aux Etats-Unis, mais qui ont toutes l’optique de la guérison... J’ai voulu m’en écarter, car notre travail se place sur un plan tout à fait différent... Sur une optique positive, alors que le médecin est dans un contexte presque toujours négatif : il faut lutter contre la maladie... En réalité, nous n’avons pas d’être malade devant nous, nous avons juste des êtres qui cherchent à voir un peu plus clair en eux, et nous voulons les aider à cela... Il fallait trouver un terme qui s’éloigne de la relaxation. Alors vous demandez, que veut dire « kinésophie » ? Le terme « kiné » pour mouvement, et « sophie » que j’ai beaucoup hésité à ajouter... On peut dire « mouvement vers la sagesse »... Cela paraît prétentieux, et pourtant, croyez moi, notre optique est de combler, de créer quelques barreaux au bas de l’échelle, cette échelle sur laquelle se trouvent encore, tout en haut, quelques êtres supérieurs, tout à fait remarquables... Je pense à Durkheim en Allemagne, Arnaud Desjardins en France... Ce sont des êtres qu’il est difficile d’aborder, car ils se situent tout en haut de cette échelle...

-  Cela veut dire qu’ils ont déjà fait un chemin, qu’ils sont en marche vers quelque part...

-  Exactement...

-  Ils sont à un moment de réflexion...

-  Bien sûr que les êtres très évolués sont capables de les suivre là ou ils se trouvent, mais ce n’est pas le cas de la plupart d’entre nous. Or, j’estime qu’il manque quelque chose, sur le plan d’une éducation partant du mouvement, pour ceux qui ont en eux, cette soif d’une évolution dans ce sens.

Et tout le monde l’a. C’est une chose extraordinaire de voir comme les êtres au bout d’un certain temps, même ceux qui viennent dans un but purement utilitaire, en se disant « oh oui, la relaxation, c’est pratique, ça permet de se défatiguer vite, ça permet de récupérer, ça nous permet de faire moins d’effort... Tout cela est exact, mais le but est tout à fait utilitaire... Et qui découvrent qu’il y’ a en eux quelque chose, qui réclame plus que cela.

-  D’ailleurs, vous avez voulu faire la différence avec les mots « se relaxer » dans le langage courant, c’est-à-dire se détendre, prendre du repos, s’arrêter un moment... Mais vous n’avez pas osé quand même, sur la couverture de votre livre, mettre « kinésophie », qui est un mot qui n’existe pas, et que vous avez inventé... Mais vous auriez pu mettre par exemple, je crois « un meilleur art de vivre » ?

-  Oh, c’est une formule un peu « tout venant »...

-  Mais pourtant, vous en parlez ?

-  Oh oui, comme ça, en cours de route... Mais c’est vrai, c’est un meilleur art de vivre, vous avez tout à fait raison.

-  Mais qu’est-ce que vivre, en fait, maintenant que vous y’ avez réfléchi durant quatre vingt ans de votre vie ?

-  Qu’est-ce que vivre ? C’est être disponible à ce qui nous est dicté.

-  On le sait à quel moment ?

-  Ca... Comment dire que chacun le trouvera à tel ou tel moment...

-  Vous l’avez trouvé à quel moment, vous, Maurice Martenot ?

-  Ah... Voilà une question bien délicate ! Comment vous dire ça ? Faut-il vous dire que... Elevé dans une école religieuse, j’ai perdu la foi au moment de ma première communion. Cela peut paraître étrange... Je l’ai perdu parce que j’avais une communion avec le Tout, dans l’enfance... Cette communion qui fait que l’enfant, fait un avec tout ce qui l’entoure... Il comprend ce que c’est que le un... Cette communion qui fait que l’on parle, sans mot... Il y’ a un contact, entre la nature et vous, entre les êtres et vous, qui se passe absolument comme je vous le dis, hors d’un vocabulaire... Et cela, c’était pour moi, la communion. Alors, quand on m’a apporté autre chose, j’ai été effroyablement déçu. Et peut-être, de là, de cette déception, a pu germer -oh, bien plus tard- parce que je suis passé par la phase de l’adolescence et par ces idées que l’on a à l’époque, enfin, du suicide, même... Il me semble qu’à partir d’un certain âge, l’enfant continue un chemin d’intégration dans la matière, où il perd tout ce qu’il avait en arrivant. Et il lui faut retrouver le chemin, il lui faut refaire le chemin inverse, et c’est à ce moment-là, alors, qu’on commence à comprendre.

-  Vous avez retrouvé la foi ?

-  Je l’ai retrouvé précisément, oui.

-  Par un chemin intérieur que vous vous étiez tracé vous-même ?

-  Oh, que j’ai tracé, non... Qui m’a été amené par la force des choses...

-  Vous avez été aidé, alors ?

-  Oui je l’ai été... Mais dire comment, c’est très difficile...

-  Je voudrais savoir quelle importance vous accordez au mot « temps », qu’est-ce que le temps pour vous ? Maintenant vous prenez le temps de vivre, c’est-à-dire que vous faites beaucoup de choses... Et lorsque vous perdez du temps, vous en gagner ? Surtout, vous avez le temps de faire cela.

-  Oui, j’ai rarement le temps, pratiquement.. Mais le temps, vous savez, cela ne peut se discerner qu’à l’échelle humaine. On sait bien qu’une fois quitté ce monde, le temps n’existe plus... C’est vraiment à notre petite échelle...

-  Mais c’est notre échelle ?

-  Oui, c’est notre échelle, ... Mais c’est une évaluation du temps, par occurrence... Enfin, comment l’exprimer... Je sais que vous attendez une réponse, mais elle est trop délicate.

-  Mais lorsque l’on regarde un peu la vie de chacun d’entre nous, on s’aperçoit qu’elle est brisée par des obstacles, du moins qu’elle est arrêtée... Alors quels sont les obstacles qu’il faut supprimer, dans une vie ? Vous, je crois, vous avez fait le point, vous avez appris quelque chose de nouveau... Enfin, vous avez appris ce qu’est une vie vraie, une vie profonde ?

-  Eh bien, voyez-vous, les obstacles, pour les bien comprendre, il faut discerner qu’ils sont d’abord dans notre état musculaire et nerveux, et lorsque l’on a compris cela, lorsque l’on a discerné la différence -cela paraît tout à fait terre à terre, mais c’est de là qu’il faut partir- la différence entre un muscle plus ou moins crispé, et un muscle parfaitement relâché... Eh bien, lorsque l’on commence à visiter son corps, suffisamment pour obtenir cette libération de la musculature, on a fait un seul premier petit pas. Il faut ensuite transposer cela sur l’autre plan. Sur le plan mental, ou il faut aussi apprendre à laisser le petit moulin à parole, que j’ai évoqué tout à l’heure, tourner un peu moins vite... Arriver à ce que le rythme du mental s’apaise, arriver à transposer -laisser tomber le poids de la musculature- ce « laisser-faire » sur le plan du mental.

-  Vous revenez souvent sur le fait de « laisser faire » ? C’est-à-dire, laisser faire les choses, laisser faire le temps, laisser faire la vie

-  C’est parce que notre moi tout extérieur, notre moi superficiel, celui enfin, qui est essentiellement égoïste, nous fait voir les choses sous un angle absolument faux, et nous devons nous dégager de cela, et arriver à ouvrir les voies. En réalité, quand je dis « laisser-faire », de même qu’on a laissé tomber la musculature, on va laisser tomber toute ambition personnelle de ce petit moi. Toute cette recherche de vanité, toute recherche d’un résultat... Rien n’est plus nocif que la recherche d’un résultat. Parce que on est obnubilé par le résultat, et on ne va pas aux causes qui permettront ce résultat qui est en train d’éclore. Il y a là un point important, et je pense à un ouvrage qui vient de sortir, tout récemment, d’Arnaud Desjardins, qui est intitulé, « A la recherche du soi ». Je peux dire, vraiment, que c’est un ouvrage extraordinaire, et j’en ai lu beaucoup, mais réellement, celui-là est une confirmation, je dirais même, une confirmation du travail que nous avons fait madame Selto qui a collaboré étroitement à la confection de cet ouvrage (« Se relaxer ») -c’est une de mes élèves, et qui a collaboré à cela... Eh bien je peux dire que cet ouvrage est une préparation à la lecture du livre d’Arnaud Desjardins.

-  Oui, Arnaud Desjardins était là hier, et bous parlait de cet itinéraire, de cette rencontre avec lui-même... Vous le croyez « arrivé » ?

-  Oh, est-on jamais arrivé... Il ne sait pas lui-même.

-  Il a déjà tout quitté...

-  Oh non, il n’a pas tout quitté... Au contraire... En parlant de ce livre, parce que j’ai parlé de l’équipe tout à l’heure, je tiens justement à souligner, ceux qui ont participé... Pas seulement madame Christine Selto... Il y’ a aussi monsieur et madame Yves Sandre, et le dessinateur, qui a illustré ce livre...

-  Oui, ça c’est un autre travail...

-  Oh non...

-  D’ailleurs ce ne sont pas des illustrations, mais des figures, qui montrent comment tenir son corps...

-  Voyez combien elles sont expressives. Sigfried, le dessinateur, a fait un travail très remarquable, parce qu’à travers chaque dessin on sait l’état intérieur, de ce qu’il a voulu exprimer... Et c’est très important pour aider la personne qui veut appliquer ce travail.

-  Alors, par exemple, j’ai là devant moi une figure, la personne est debout, les bras un peu ballant, la tête penchée à gauche... Est-ce une expression très particulière ?

-  C’est la suite d’un mouvement, qui commence sur la page de droite, et où vous voyez le corps qui va se pencher progressivement vers l’avant, puis tourner vers la droite, vers l’arrière, puis vers la gauche... Et si vous suivez les quatre figures, vous trouverez en effet cette évolution.

-  Mais ce mouvement, il faut le faire souvent dans la journée, combien de temps dans une journée ?

-  L’idéal est de travailler deux fois dix minutes. Mais il y’ a tout ce travail des exercices eux-mêmes, tout ce travail extérieur qu’à tort, on considère souvent comme une gymnastique, ce n’est pas du tout cela. Tout implique la présence dans le geste. Etre là. Car autrement ces gestes n’auraient aucun sens.

-  Dites moi un peu comment procéder pour suivre cette méthode ? Je voudrais savoir comment ça se passe... Si on peut le faire tout seul... S’il faut suivre un cours, ou si l’on peut, en vous écoutant, faire un commencement d’exercice ?

-  Vous pouvez, demain matin, avec cet ouvrage, commencer un exercice. Il se peut qu’au bout d’un certain temps, vous vous disiez, tiens ce serait plus pratique, peut-être, de travailler avec quelqu’un, qui est très expérimenté, qui va m’apporter des conseils de vive voix, et qui permettra, évidemment, des progrès plus rapide.

-  Enfin, j’ai cru comprendre, Maurice Martenot, qu’il faut s’occuper de son corps, qu’il ne faut pas se laisser aller, qu’i ne faut pas dans ce cas-là, « laisser faire »... Alors, si je fais les exercices, deux fois dix minutes par jour, est ce que je dois penser à quelque chose, ou en oubliant tout ?

-  Oh, il y’a toutes sortes d’autres choses... Vous pouvez aussi être dans votre corps, placer votre pensée dans votre corps...

-  C’est s’oublier, alors ?

-  Non, ce n’est pas s’oublier, au contraire. C’est être là, être présent, dans, notamment, la sensation de votre respiration. Respiration que vous apprenez à diversifier... A la faire ou purement thoracique, ou bien purement abdominale. Et là on découvre encore des choses précieuses.

-  Trouver son propre rythme ?

-  Justement, cela contribue à trouver son propre rythme.

-  Mais en fait, pour faire tout cela, il faut s’aimer ?

-  Oh, il n’y a pas de raison de se refuser... S’aimer, je crois que cela peut aider à aimer les autres. Il ne faut pas croire que le travail sur soi, et c’est souvent ce que l’on craint, nous incite à l’égocentrisme forcené. Non, car autant nous serons facilement disponible, par justement ce travail sur nous même, autant il nous sera possible d’aider les autres...

-  Et la recherche du bonheur, elle se fait en soi-même ou hors de soi-même ?

-  Elle se fait en soi-même... Il n’y a pas à rechercher le bonheur, il y’ a à établir, à réaliser, sur tous les plans de l’être, un sentiment d’unité. Quand vous harmonisez l’être sur les divers plans de l’être, alors, il est prêt... Je me souviens de deux filles qui étaient venues me trouver, alors qu’elles avaient tenté de se suicider... Eh bien six ou huit mois après, je les aies vues arriver un jour chez moi, me disant : « Oh monsieur, je sais ce qu’est la joie de vivre, maintenant. ». Voilà... Ca, c’est une autre récompense.

-  Notre corps ne peut pas être une prison ?

-  Non. Mais il l’est, la plupart du temps.

-  A cause de quoi ? Parce qu’on ne sait pas ?

-  Parce que lorsque nous sommes enfermés dans nos tensions musculaires excessives, dans nos contractures, nous y’ enfermons aussi le mental. Sans nous en rendre compte. Et la libération de la musculature amène cette libération du mental. Vous savez, nous n’avons qu’un ennemi sur terre, c’est la peur, la crainte... Depuis la timidité de l’enfance jusqu’à l’angoisse, vous avez tous les degrés de la peur... Eh bien c’est notre ennemi... Et au fur et à mesure que la connaissance de soi nous permet d’obtenir l’unité dont je vous parlais il y’ a un instant, ces éléments-là, disparaissent. Je ne dis pas que cela disparaît à jamais totalement, mais cela disparaît à un tel point que l’on éprouve un soulagement extraordinaire.

-  Il est vrai, Maurice Martenot, que notre corps, que notre être, attire les évènements... Donc, il faut s’en occuper ? Il faut prendre un peu de temps, chaque jour, pour s’occuper de soit ? C’est-à-dire même dans les pires moments d’énervement, de surexcitation... Il faut savoir s’installer quelque part, se détendre, s’arrêter... Se laisser aller à son propre rythme, et peut-être qu’à ce moment-là, on invente complètement ?

-  Aller même jusqu’à ce moment de méditation, de silence intérieur... Je ne parle pas de la méditation sur un sujet donné, mais simplement de tâcher de calmer le mental, afin d’avoir, ne serait-ce que pour une fraction de secondes, que cela ne bouge plus.

-  Mais ce n’est pas du yoga, tout cela ?

-  Si vous voulez... Le yoga est aussi un travail sur soi-même, mais aborder le yoga dans l’état dans lequel se trouve la plupart du temps, est chose extrêmement difficile. Le yoga a été conçu pour des êtres qui vivaient dans un rythme de vie complètement différent du nôtre. Or les tentatives d’adaptation à notre époque, sont devenues extrêmement difficiles. Ce que j’ai voulu faire avec cet ouvrage (« Se relaxer »), c’est préparer à une ouverture des techniques orientales, le zen, le taïchi...

-  Vous avez encore le sens du mystère ?

-  Oh, j’espère bien que cela ne me quittera pas.

-  C’est important de l’avoir.

-  Certainement.

-  Et vous faites appel, très souvent, à la sensation... Mais qu’est-ce que la sensation ?

-  Qu’est-ce que la sensation... C’est la possibilité de centrer son attention, centrer son mental, sur des perceptions venant soit des organes sensorielles, par les canaux sensoriels, soit de certaines parties de notre corps, soit de ce qu’il se passe dans le mental. Or, on est très rarement présent à soi-même. Nous sommes constamment, et c’est ce que je voulais dire à propose de la folle du logis... Elle nous attire sans arrêt vers le passé pour déplorer des actions quelconques, regretter ceci ou cela... Ou vers le futur, pour former toutes sortes de projets... Et, nous tenir dans le présent, c’est le but de cet ouvrage.

-  Alors, j’ai bien compris, Maurice Martenot, il faut développer le goût de l’enfant, il faut également que l’adulte se connaisse bien et sache ne plus mépriser son corps... Donc il faut savoir se conduire dans la vie... Et puis j’ai vu qu’il fallait avoir de la patience, qu’il fallait faire confiance, et être tolérant... Je crois que ce sont des nécessités ?

-  Oh, bien sûr...

-  Alors, vous avez dit souvent « il faut laisser faire », mais il ne faut quand même pas aller jusqu’au « je m’en fichisme » ? Cela n’a rien à voir ?

-  Absolument.. Parce que si « laisser faire » nous menait au farniente, que se passerait-il ?

-  D’ailleurs, vous résumez tout cela très bien avec cette phrase : « L’esprit avant la lettre, et le cœur avant l’intellect »

-  Oui, bien sûr...

-  Merci Maurice Martenot, et puis, j’espère que demain, on dira, « Je joue du Martenot », et non plus « Je joue des ondes Martenot ».

-  Oui, c’est ce qui arrive déjà...

-  Merci. » 10:12 0 Commentaires 0 Compliment(s) Traduire Optimisé parAnglaisAlbanaisArabeBulgareCatalanChinoisCroateTchèqueDanoisNéerlandaisEstonienPhilippinFinnoisFrançaisGalicienAllemandGrecHébreuHindiHongroisIndonésienItalienJaponaisCoréenLettonLituanienMaltaisNorvégienPolonaisPortugaisRoumainRusseSerbeSlovaqueSlovèneEspagnolSuédoisThaïTurcUkrainienVietnamien Imprimer Article précédent : Jeanne | Retour à la liste des blogs

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Richard Hawley, la classe anglaise - le blog de POPNEWS

Richard Hawley, la classe anglaise - le blog de POPNEWS

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http://www.popnews.com/blog/477/richard-hawley-la-classe-anglaise/

C’est devant un Alhambra bien plein (les fauteuils avaient été retirés de la fosse pour pouvoir faire tenir plus de monde) que Richard Hawley et ses musiciens se présentent sur scène sur le coup des 21 heures, en ce mercredi soir glacial de février. L’homme de Sheffield affiche un look impeccable de teddy boy, comme tout droit sorti d’une photo des Beatles à Hambourg. Mais chez lui, le style ne prend jamais le pas sur la substance, comme va nous le prouver une heure trois quarts de concert tutoyant à de nombreuses reprises le sublime. Si les nombreux instruments rares (ondes Martenot, etc.) utilisés sur le dernier album "Truelove’s Gutter" n’ont évidemment pas fait le voyage, le groupe est suffisamment fin et précis pour rendre l’atmosphère si particulière de ces morceaux. La référence à David Lynch peut sembler rebattue, mais on a pensé plus d’une fois à "Blue Velvet" (le film et la chanson) en écoutant ces ballades semblant descendues des limbes. Entre les extraits aux allures de classiques de "Truelove’s Gutter" (joué dans sa quasi-intégralité) s’intercalent quelques perles tirées des albums précédents : "Lady Solitude", "Coles Corner", "Oh My Love", "Run for Me" (superbe version commencée et terminée à l’orgue)... L’ambiance est au recueillement, mais quelques passages instrumentaux presque noisy viennent rappeler que Hawley n’a jamais renié son passé indie-rock. "Open Up Your Door" est accueilli par une très longue et émouvante ovation à laquelle il répond par une pirouette pudique - les habitants du Yorkshire ne sont pas vraiment connus pour leur propension à l’épanchement. Le rappel commence par deux reprises (le majestueux "Hushabye Mountain" et le plus anecdotique mais savoureux "Crawfish" que chantait Elvis dans "King Creole"), avant le finale "The Ocean" et son "Here comes the wave" abyssal qui nous submerge d’émotion. On ressort dans le froid, le coeur au chaud, avec l’impression que ce soir, les rues sont à nous, et qu’on vient de vivre un moment magique.


Les ondes Martenot de Marcel Landowski - Musique classique - Actu.C4.fr

Les ondes Martenot de Marcel Landowski - Musique classique - Actu.C4.fr

Les ondes Martenot de Marcel Landowski

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Ne jamais se fier aux apparences. C’est la leçon à retenir de l’incroyable Concerto pour ondes Martenot et orchestre à cordes de Marcel Landowski interprété hier soir par Pascale Rousse-Lacordaire et l’Orchestre du CRR de Boulogne-Billancourt.

Lorsqu’elle entre en scène, qui aurait pu prévoir que cette dame élégante et d’un âge respectable se transformerait quelques minutes plus tard en véritable génie du son électronique. Derrière ses ondes Martenot, la musicienne a interprété cette oeuvre classique de 1954 avec maestria.

Cet instrument de musique électronique présenté pour la première fois en 1928 est un ancêtre des synthétiseurs. Avec un son proche de la scie musicale, produit par un ruban parallèle au clavier, les ondes Martenot savent aussi façonner des fréquences analogiques assez incroyables via son clavier.

Le résultat est des plus surprenants. L’ondiste et la bonne vingtaine de musiciens, tous dirigés par le chef Alain Louvier, ont livré une prestation mélangeant musique classique moderne et tonale avec des sons électroniques sortis d’une autre dimension. Un peu comme si un orchestre jouait avec une grosse GameBoy.

Lire la suite sur http://www.goodkarma.fr/2010/02/11/ ... rcel-landowski/


Christine Ott aux Rencontres Landowski | Valle de la culture

Christine Ott aux Rencontres Landowski | Vallée de la culture

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Christine Ott, joueuse d’ondes Martenot

Les ondes Martenot, instrument rare et envoûtant, est la passion de Christine Ott, une soliste qui se produit à travers le monde. Les Rencontres Landowski lui donnent carte blanche au Grand Théâtre de Neuilly-sur-Seine. C’est le 11 février, c’est à 20 h et c’est incontournable.

Professeur au CNR de Strasbourg, Christine Ott multiplie les expériences musicales et les collaborations jouant avec Radiohead, Yann Tiersen ou encore Syd Matters, tout en collaborant à des musiques de film ou des opéras. Un parcours riche et éclectique pour cette Alsacienne qui toucha son premier clavier à 8 ans. Rencontre avec une ondiste passionnée et passionnante.

Vallée-Culture : Comment avez-vous découvert les ondes Martenot ?

Christine Ott : J’ai découvert les ondes Martenot un peu par hasard : je devais avoir 18-20 ans, et je faisais la messagère entre ma prof de piano que je détestais et une prof d’ondes que j’aimais beaucoup. Un jour j’ai découvert une partition pour ondes Martenot intitulée « 2 pièces en son-relief » de Jean-Marc Morin : la partition m’a plus interpellée que l’instrument ! Son graphisme, ses petites notes microscopiques, ses lignes ondulées m’ont fascinée.

Et quand vous avez commencé à jouer de l’instrument, cela a-t-il été une révélation ?

Je n’ai pas eu de coup de foudre immédiat car cet instrument est difficile à maîtriser : j’ai mis 6 ans à le faire chanter comme j’en avais envie. Je ne suis pas quelqu’un de doué, j’ai dû travailler des heures et des heures.

Comment décririez-vous les ondes Martenot à un néophyte ?

Pour moi, c’est un instrument qui permet la sculpture sonore. Il propose une palette sonore démentielle. Pour décrire les ondes Martenot j’emploierais du vocabulaire emprunté à l’art plastique car il est comme une palette pour un peintre. Et puis ses sons sont très aériens, très vocaux aussi, proches de la voix humaine. Ils ont aussi un côté industriel fascinant.

Et vous, comment vous décririez-vous ?

Je dirais que je suis quelqu’un de sans frontière... surtout au niveau des styles musicaux. Mon parcours est éclaté : je peux faire 5 semaines d’opéras puis jouer avec un groupe de rock, et ensuite enregistrer une musique de film. J’aime avoir un univers ouvert. J’ai besoin de la diversité sinon je m’épuise.

Les Rencontres Landowski vous ont donné carte blanche. Que nous réservez-vous ?

La soirée va s’organiser en deux parties : la première sera centrée sur mon album « Solitude nomade », un album conçu comme un voyage. Le 1er morceau est un souffle : je vais le jouer à l’harmonium d’Inde, c’est un petit clavier avec un soufflet... c’est magique. Et pour la seconde partie, j’ai invité 11 musiciens dont Yann Tiersen, Marc Sens ou Denis Barthes. Des artistes avec lesquels quelque chose de très fort s’est passé...

Propos recueillis par Annelise Schonbach

En savoir plus

La chambre d’Ott, Carte blanche à Christine Ott, ondiste - Le 11 février à 20 h au Grand Théâtre, 167, avenue Charles de Gaulle, 92200 Neuilly-sur-Seine. Avec : Christine Ott & invités : Yann Tiersen, Marc Sens, Denis Barthes batteur de Noir Désir - CONCERT GRATUIT - Sur réservation au 01 47 29 34 26 ou mrayer@cg92.fr.

Rencontres Landowski - Michael Wookey et les toy-pianos - Les ondes Martenot

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ONDES MARTENOT ET ORCHESTRE A CORDES @ Les Rencontres Landowski

concert d’ouverture du festival // avec ORCHESTRES DU CRR DE PARIS ET DU CRR DE BOULOGNE Host : Les Rencontres Landowski // un festival dédié aux instruments atypiques Type : Music/Arts - Concert Network : Global Date : Wednesday, February 10, 2010 Time : 8:00pm - 11:30pm Location : AUDITORIUM DU CONSERVATOIRE DE BOULOGNE BILLANCOURT Street : 22 rue de la Belle Feuille City/Town : Boulogne-Billancourt, France View Map

Description

LES RENCONTRES LANDOWSKI

Un festival dédié aux instruments atypiques

du 10 au 14 février 2010 dans les Hauts-de-Seine

Du 10 au 14 février 2010, le Conseil général des Hauts-de-Seine organise les Rencontres Landowski, une série de concerts de musiques classiques, contemporaines et actuelles dans cinq communes du département : Boulogne-Billancourt, Gennevilliers, Neuilly-sur-Seine, Clichy-la-Garenne et Châtenay-Malabry. Pour cette sixième édition, le festival a orienté sa programmation sur les « solistes insolites », faisant la part belle aux instruments « de l’ombre » ou mal connus. Au programme : une résidence de création et carte blanche de Christine Ott (ondes Martenot) , des concerts de Margaret Leng Tan (toy piano), Isabelle Perrin et Hélène Breschand (harpe bleue et harpe électroacoustique), Jean-Marc Luisada (piano), Mickaël Wookey (circuit-bending, toy-piano, etc)...

CONCERTO POUR ONDES MARTENOT ET ORCHESTRE A CORDES

Concert d’ouverture

MERCREDI 10 FEVRIER

20H - AUDITORIUM DU CONSERVATOIRE DE BOULOGNE BILLANCOURT

22 rue de la Belle Feuille,

92100 Boulogne-Billancourt

ENTRÉE LIBRE

PLACES LIMITEES // RÉSERVER IMPÉRATIVEMENT

au 01 47 29 34 26 ou par e-mail : mrayer@cg92.fr.

ORCHESTRE DU CRR DE PARIS

ORCHESTRE DU CRR DE BOULOGNE

PROGRAMME hommage à Marcel Landowski :

« L’horloge »

« Concerto pour ondes Martenot et orchestre à cordes »

« Quatuor à cordes "L’interrogation" »

Photos

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ECOLE MARTENOT - ATELIER D’ART A LA ROCHELLE

ECOLE MARTENOT - ATELIER D’ART A LA ROCHELLE

Atelier Martenot

Accueil Cours et Stages Travaux d’élèves Pédagogie Enseignant Contact Plan d’accès

Effectifs

De petits effectifs permettent de respecter la spontanéité du geste et le rythme de chacun afin de favoriser l’expression de la créativité.

Techniques

De nombreuses techniques sont expérimentées et approfondies tout au long de la progression :

dessin : fusain, craie, sanguine, crayon, pastel, feutre, encre peinture : huile, gouache, acrylique, aquarelle

Centres d’éveils

Regardez :

http://www.ecole-martenot.com/atelier-d-art-la-rochelle/ ?cours-et-stages

Les "centres d’éveil" sont abordés l’un après l’autre dans une progression définie de même que les techniques, à l’image d’un escalier où chaque marche permet d’atteindre la suivante.

Ces centres d’éveils sont : la direction des lignes, les formes, les couleurs, le mouvement, la profondeur, la ressemblance, les expressions...

Durée et conditions des cours

Les séances durent 1h30 pour les enfants et 2h00 pour les adultes.

Conditions forfaitaires trimestrielles, comprenant les fournitures exceptées les huiles et les toiles.

Stages Des stages sont proposés durant les vacances scolaires.

PUBLIC : Enfants, adolescents et adultes peuvent s’y inscrire y compris les débutants et les élèves confirmés.

DUREE : Les stages ont lieu tous les matins du lundi au vendredi de 9h à 12h pour les adultes et de 10h à 12h pour les enfants et adolescents.

Les stagiaires choisissent leur rythme hebdomadaire ainsi que le sujet et la technique qu’ils désirent travailler le matin. Les élèves sont encadrés et suivent une progression.

Ils doivent avant toute inscription définir leur objectif de travail.

Dans le cas contraire je propose un programme.

TECHNIQUES : Toutes les techniques sont proposées durant le stage.

THEMES : Paysage, marine, fleurs, fruits, animaux, personnage, portrait, nu et palette des maîtres : cubistes, fauves, impressionnistes...

ECOLE MARTENOT - 32 av. Amerigo Vespucci, 17000 LA ROCHELLE

Téléphone : 06 14 39 64 53 - contact@ecole-martenot.com

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Rencontres Landowski, les temps forts | Vallée de la culture

http://www.vallee-culture.fr/culture/chanson-musique-spectacle-festival/Rencontres-landowski Instruments méconnus, solistes insolites : les Rencontres Landowski proposent une semaine de concerts originaux et gratuits, du 10 au 14 février.

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Si le travail quotidien des conservatoires est souvent invisible à qui n’est pas « dedans », le propos des Rencontres Landowski est justement l’ouverture : la programmation de cette année a de quoi faire taire ceux qui trouvent le classique un peu « plan plan »...

On retiendra notamment deux soirées consacrées aux ondes Martenot, « l’ancêtre du synthétiseur ». Elles connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt, au-delà même de la musique dite contemporaine : rendez-vous donc le mercredi 10 février avec le concerto pour ondes Martenot et orchestre (conservatoire de Boulogne, à 20 h) et le jeudi 11, où carte blanche est donnée à l’ondiste Christine Ott, accompagnée d’invités inclassables - Yann Tiersen, Marc Sens, Syd Matters... (Théâtre de Neuilly, 20 h).

On reste dans l’inhabituel le lendemain (12 février) avec un concert de toy piano, autrement dit piano miniature qui n’a de jouet que l’apparence. Un instrument mis à l’honneur par John Cage et joué ici par Margaret Leng-Tan, la « diva du piano d’avant-garde », laquelle sera précédée de l’intervention d’un orchestre éphémère d’une vingtaine de « toy pianistes » amateurs et confirmés (Boulogne-Billancourt, Espace Landowski, 20 h).

Le samedi 13 février est dédié à la harpe bleue, une harpe amplifiée munie de tous les effets électro-acoustiques imaginables qui plongent le somptueux instrument dans un bain de jouvence (conservatoire de Clichy, 11 h).

Le dimanche 14, le concert de clôture nous ramènera vers un instrument au plumage et au ramage plus classiques, l’indémodable piano de concert dans le cadre de la maison de Chateaubriand pour un hommage à Chopin.

En savoir plus

Rencontres Landowski, du 10 au 14 février. Réservation indispensable : Magali Rayer - 01 47 29 34 26 - mrayer@cg92.fr


Tout Le Perche - Nogent le Rotrou, Mortagne au Perche…-Le Perche sarthois, vendomois, ornais, eurlien - Art, culture,patrimoine,sorties,tourisme Archive du blog Carr du Perche de Mortagne au Perche, Le samedi 30 janvier 20h30 : LE MERVEILLEUX CABARET DE JEAN-FRANOIS ZYGEL

http://www.perche-web.com/wordpress/ ?p=4603

Après la télé et la radio, il lui fallait la scène pour transmettre sa passion. Dix ans de Conservatoire et dix premiers prix plus tard, Jean-François Zygel reste un passeur infatigable. Depuis son piano, il met Mozart et Ravel, l’appoggiature et la sonate à la portée de tous, donnant à la musique classique un joli grain de folie et d’inventivité. En osant le mélange des genres, il fait rimer érudition avec décontraction, secoue la conception traditionnelle du concert classique et encourage les plus sceptiques à la mélomanie. Pour ce concert de musique improvisée, il s’entoure de deux spécialistes d’instruments rares et inattendus : Joël Grare qui maîtrise les percussions du monde entier, des tambours japonais aux cloches de vache de Chamonix, et Thomas Bloch, champion du glassharmonica, du cristal Baschet et des ondes Martenot, courtisé par Radiohead ou Tom Waits. En prime, un jongleur et deux drôles d’oiseaux imitant à la trille près le chant du merle viendront, pimenter ce cabaret foutraque et virtuose.

*

> Levé de rideau - 20h00

Avant le concert vous êtes invités à partager le fruit du travail des élèves de l’école de musique de Mortagne qui ont répété sous l’œil attentif de Joël Grare et de leur professeur Eric Guédou. Accès libre - durée 15 minutes.

*


Un sicle de synthse sonore, ou comment l’electro a pu voir le jour | zdar.net

voir les images et vidéos sur :

http://www.zdar.net/music/chroniques/un-siecle-de-synthese-sonore-ou-comment-lelectro-a-pu-voir-le-jour-20100116.html

Un siècle de synthèse sonore, ou comment l’électro a pu voir le jour

16 janvier 2010 Benoit Darcy 196 lectures 4 commentaires

L’histoire de la synthèse sonore peut être comparée à celle de l’automobile ou de l’aviation. Aussi passionnante, elle débute également à l’orée du XXème siècle et continue de s’écrire aujourd’hui. Du Telharmonium aux derniers expandeurs JV de Roland, parcourons ensemble un siècle de synthèse...

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la genèse des synthétiseurs s’avère antérieure à l’avènement de l’électronique. En effet, c’est en 1897 qu’une machine que l’on considère comme l’ancêtre de tout synthétiseur se vit brevetée : le Telharmonium. Cet « instrument » électrique est révélé en 1906 lors d’une démonstration à New York. Mesurant près d’un vingtaine de mètres et pesant plus de 200 tonnes, le Telharmonium était polyphonique, possédait un clavier dynamique et avait la capacité de produire des sons de n’importe quelle fréquence avec n’importe quelle intensité. Il nécessitait deux personnes pour le faire fonctionner ; de plus, les « oscillateurs », terme que nous avons employé plus tard, étaient ici constitués par des alternateurs contrôlés par des moteurs électriques...

"Jouer" du Telharmonium nécessitait deux personnes !

Juste avant la Première Guerre mondiale, une invention marquante fit son apparition : la diode. L’ère de l’électronique commence à cette époque et sera, plus tard, une nouvelle fois révolutionnée par la création du transistor. En 1913, la triode (dérivée de la diode) se voit ainsi exploitée comme oscillateur ; elle désigne donc un générateur de sons potentiel. Comme nous le constatons dans d’autres domaines (l’automobile semble l’exemple le plus probant), la Première Guerre mondiale va jouer un rôle d’accélérateur technologique. Ainsi, en 1920, le Russe Lev Sergeyevich Termin présente à Petrograd l’Etherophone, que l’on appellera plus tard le Théremin.

Charlie Clouser (Nine Inch Nails), aux commandes d’un Theremin...

De taille bien moindre que le Thelharmonium, il s’agit d’une machine monophonique surplombée de deux antennes. Le Théremin emploie deux oscillateurs délivrant de très hautes fréquences (l’une fixe, l’autre variable) dans le domaine de l’inaudible. L’interférence entre ces deux fréquences produit une résultante dans le domaine audible cette fois. La hauteur de la note est déterminée par la position de la main droite de l’instrumentiste par rapport à l’antenne. L’amplitude est contrôlée de façon identique, mais avec la main gauche et par rapport à l’autre antenne, en forme de boucle. Le Théremin suscite un intérêt conséquent chez les musiciens et se voit utilisé par les plus grands. Pashencko compose en 1924 sa première œuvre pour cette machine. Led Zeppelin l’emploie bien plus tard au début de Whole Lotta Love (1969). Plus proche de nous, il fait encore partie du « set » de scène de Charlie Clouser, des Nine Inch Nails...

Maurice Martenot et son instrument.

Vers 1930, un radio-télégraphiste et violoncelliste français, Maurice Martenot, apporte sa pierre à l’édifice. Il crée un instrument monophonique, reprenant le principe du Théremin mais exploitant un clavier de sept octaves ainsi que des « diffuseurs » spécifiques. Popularisées par la musique contemporaine et le compositeur Olivier Messiaen, les ondes Martenot connaîsent une seconde vie avec l’Ondéa, un instrument mis au point par le CIOM. 

Les prémices

En 1935, une autre révolution survient : la naissance de l’orgue Hammond. Son système de « roues phoniques » procure aux dignes représentants de la gamme tels le B3 ou le L100 un son reconnaissable entre mille. A ce titre, il fait figure de précurseur de la synthèse sonore additive.

Un magistral orgue Hammond B3

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’histoire des synthétiseurs se met quelque peu « en pause », mais nous verrons qu’une fois encore que l’accélération technologique (transistor, travail sur les ondes, transmission électrique), due aux recherches militaires dans le domaine des sciences et techniques, trouvera des applications dans le domaine musical. En effet, en 1954, ce que l’on peut appeler le premier véritable synthétiseur vit le jour. Réalisé sous l’égide de Harry F.Olsen et Herbert Belar, le RCA Mark 1 est programmable grâce à deux claviers alpha-numériques et des bandes de papier perforées. Il est équipé de plusieurs oscillateurs générant des formes d’onde et des harmoniques très diverses mais son inconvénient majeur rappelle le Thelharmonium.

Le moteur de tout orgue Hammond d’époque : les roues phoniques.

Le RCA et ses 1700 tubes mesure 6 mètres de long et coûte la bagatelle de 250000 dollars ! Les années 60 marquent encore une fois un creux dans l’histoire de la synthèse. Faut-il croire qu’à cette époque les esprits étaient davantage tournés vers l’histoire de la métamorphose de la Frying Pan en Lespaul Custom, SG Standard, et autres Stratocaster ? Pas si sûr, puisqu’en 1964 apparaît le Mellotron, précurseurs des synthés « à échantillons ». Le principe est simple, les sons sont stockés sur des bandes magnétiques et chaque touche du clavier constitue un mini-lecteur de bande. En pratique, le procédé fonctionne mais s’avère fragile, si bien qu’il fallait, sur les premiers modèles, plus de deux heures pour changer un son (traduisez changer de bande magnétique) sur un Mellotron. Toutefois ceci n’a pas empêché certains artistes de l’employer abondamment dans leurs productions. C’est le cas par exemple des Beatles (sur Strawberry Fields Forever), de Led Zeppelin (le son de flûte au début de Stairway To Heaven), Michel Polnareff (Love Me, Please Love Me), ou encore Jean-Michel Jarre.

Le Mellotron, popularisé (entre autres) par les Doors et les Beatles.

Filtres analogiques

Une nouvelle découverte nous fera passer, à la fin des sixties, dans la période de « l’Analogique ». Voici donc l’arrivée des VCO, VCF et VCA, une invention géniale que nous devons à Donald Buchla et à Robert Moog. Concrètement, il s’agit de contrôler par une tension (Voltage Control) l’oscillateur (VCO), les filtres (VCF) et l’amplification (VCA). Pourtant simple, ce procédé va en réalité simplifier grandement l’existence des musiciens et contribuer à faire du synthétiseur un instrument accessible, abordable, et utilisable par le plus grand nombre.

VCO, VCA, VCF : le trio fondateur de la synthèse analogique

Les années 70 constituent l’âge d’or de la synthèse « analogique ». Très vite, Moog commercialise ses premiers modèles, et des firmes comme ARP emboîtent le pas. En 1976, le trio Appleton/Alonso/Jones donne naissance au premier synthétiseur numérique, le Synclavier. Il désigne la première « Workstation » musicale. Une version 2 apparaîtra début 80.

Le Synclavier II, une machine complexe et très onéreuse.

Les premiers synthés polyphoniques (autorisant la production simultanée de plusieurs notes) voient le jour vers 1975. Une fois n’est pas coutume, nous devons les premiers modèles à Moog avec le PolyMoog, et à ARP avec l’Omni. Ceux-ci ont recours à la technologie du diviseur d’octave, dérivée de celle rencontrée dans les orgues (Hammond notamment). Il faudra attendre Oberheim, puis Sequential Circuits et le légendaire Prophet 5 (1978) pour voir arriver une « vraie » polyphonie, fondée sur l’utilisation de plusieurs oscillateurs.

Le Prophet 5 a été commercialisé jusqu’en 1984 par Sequential Circuits. Pas plus de 7200 exemplaires ont été mis sur le marché.

La synthèse numérique

Les années 80 constituent l’apogée de l’ère analogique, de nouvelles techniques de synthèse font leur apparition, même si des marques comme Korg avec les modèles MS20, Polysix (un polyphonique 6 voix qui arrive quatre ans après le Prophet 5) ou encore Roland (Juno 6) tentent de rattraper un retard technologique. C’est sans compter sur la firme japonaise Yamaha qui entre les motos, les moteurs de bateaux, et les pianos classiques développe la série DX, employant la synthèse FM.

L’année 1983 constitue une période charnière dans l’histoire de la synthèse sonore, elle coïncide avec la sortie d’un instrument qui balayera tout sur son passage : le Yamaha DX7. Le succès et l’engouement pour cette machine sont importants, le prix s’avère abordable, l’interface est simple et surtout la palette de sons qu’il propose se révèle complètement nouvelle ! Il est courant d’admettre que le DX7 marque la fin de synthétiseurs analogiques et de ce fait, le déclin des firmes comme Moog, ARP ou encore RSF.

La déferlante DX7 : l’âge d’or de la synthèse FM !

Il faudra encore patienter jusque 1987 pour voir des constructeurs mettre un terme à l’hégémonie japonaise du DX7 (décliné depuis en de nombreuses versions : DX7 S, DX7 II, DX7 II FD...).

En effet, alors que Yamaha continue sur sa lancée en employant toujours la synthèse FM, des sociétés comme Ensoniq ou Roland introduisent sur le marché une nouvelle technologie : la lecture d’échantillons. Même s’il ne s’agit plus vraiment de synthèse, le rendu final s’avère de bien meilleure qualité que les modèles FM.

Le D50, première approche de la synthèse numérique par Roland et la technologie Linear Arithmetics.

Des machines comme ESQ et le TS12 (Ensoniq) tiennent alors le haut du pavé mais c’est Roland qui assommera Yamaha et sa FM avec la série D dont le D50 incarne le plus digne représentant. Nous entrons alors dans une logique commerciale, similaire à celle qui régit l’informatique actuelle. Un an plus tard, Korg surclasse les ventes de Roland avec le mythique M1, encore largement usité aujourd’hui car celui-ci dispose de sons très caractéristiques. Korg récidive en 1989 avec la série T (T1, T2, T3) puis au début de 1990 avec le 01/W qui connaîtra un succès planétaire.

Le mythique Korg M1, et ses célèbres touches "smarties".

Des années 90...

La dernière décennie du XXème siècle est marquée par un nombre croissant de sorties, des technologies qui ne cessent d’être améliorées et des prix qui chutent inexorablement. En 1990, Yamaha renoue avec le succès grâce à sa série SY. Toutefois cette gamme utilise ni plus ni moins qu’une version améliorée de la synthèse FM : l’AFM. Les années 90 sont aussi fortement imprégnées de la mode « vintage » qui provoque un regain d’intérêt pour toutes les machines analogiques jetées au feu durant les années 80. Le marché du « vintage » décolle, les TR-808 et autres Prophet voient leur cote tripler et certains constructeurs tentent de coller à cette mode en sortant des synthétiseurs analogiques « modernes ».

Fabriquée de 1980 à 1983 à 12000 exemplaires, la boite à rythmes Roland TR-808 est responsable de l’explosion du marché vintage. Le Hip-Hop et la House-music n’aurait jamais pu voir le jour sans cet instrument qui constitue un pilier de ces genres musicaux.

C’est le cas de Roland avec son JD-800, une tentative qui n’ira pas bien loin à cause d’importants problèmes de fiabilité rencontrés. La compagnie, dans un sursaut d’orgueil, lance la gamme JV, qui elle connaîtra un énorme succès et se verra déclinée en de nombreux modèles (c’est encore le cas aujourd’hui).

Le JD800 : la tentative "d’analogique moderne" ratée de Roland.

L’année 1993 marque l’entrée d’Alesis dans le monde de la synthèse. Le Quadrasynth recourt encore à une technologie nouvelle, celle de la systhèse par quadrature. Le milieu de la décennie est marqué par le MIDI qui constitue véritablement la clé de voûte des instruments et contribue à la démocratisation du séquenceur. C’est toutefois encore Yamaha qui marquera l’histoire en introduisant une fois encore un concept de synthèse révolutionnaire : la modélisation physique. Résultat de recherches entreprises depuis 1989, la synthèse par modèles physiques calcule les sons dynamiquement et emploie pour cela des processeurs très puissants, complètement nouveaux pour l’époque, à plus forte raison dans un instrument de musique. Le premier modèle exploitant ce type de modélisation est le VL-1, au design très singulier. Toutes les fantaisies sont maintenant possibles : « souffler » dans un violon, « gratter » une trompette, ou encore jouer sur un piano « à hanches »...

Le VL-1 et sa modélisation physique.

...à nos jours

Depuis le VL-1, force est de constater que les procédés ne subirent que des améliorations, même si ces apports sont à l’origine de nouvelles machines. La vague « electro » a également contribué à la création de nouveaux instruments. Des marques comme Waldorf, Quasimidi, ou encore Access Music en ont fait leur spécialité... Les mouvances Rap et R’n’B ont ressuscité des machines comme les TB-303, TR-808 qui sont désormais devenues mythiques. Il est également réjouissant de constater que le monde des synthétiseurs n’est plus réservé à une élite fortunée. De nombreux modèles de qualité sont disponibles en neuf ou en occasion à des prix inférieurs à 10000 francs dans quelques bonnes enseignes... mais il est temps pour vous maintenant de tourner la page et d’entrer dans le monde du Homestudio tel qu’il existe en ce début de XXIème siècle !

Démos en vidéo

Note : La première parution de cet article a été effectuée en avril 2001 dans le magazine Studio Multimédia Hors Série « 100 %Musique ». Tags : Alesis, Electro, Hammond, Korg, Moog, Roland, Synthétiseur


Livre Maurice Martenot et l’amitié , Marcelle Lessoil-Daelman

Livre Maurice Martenot et l’amitié , Marcelle Lessoil-Daelman

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Maurice Martenot et l’amitié

Auteur : Marcelle Lessoil-Daelman Editeur : JePublie Référence : 9782981151209 Poids : 22284Ko Prix : 10 € Prix papier

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(1re éd.) : 10 € Synthèse vocale : Indisponible Format : PDF

Descriptif

Originaire de Belgique, Marcelle Lessoil-Daelman détient un doctorat en musicologie de l’Université McGill. Après avoir immigré au Canada en 1963, elle quitte le Conservatoire de musique de Montréal pour aller étudier à Paris (de 1966 à 1969). De sa rencontre avec Maurice Martenot, musicien, pédagogue et inventeur des ondes Martenot, va naître une amitié exceptionnelle.

Ce livre raconte le rôle capital que joua cette merveilleuse amitié face aux déboires que rencontra l’élève de cet homme de génie lors de son retour au Québec (l’entente Sarkozy-Charest concernant la reconnaissance des diplômes n’avait pas encore vu le jour !). Écrit avec simplicité et loyauté, ce récit est donc avant tout un témoignage de la puissance et des effets bénéfiques de l’amitié et de la volonté face à l’adversité. Sommaire/extrait court | Extrait long | Recommander ce livre

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Centre d’Education Musicale Martenot - Rennes

 

Centre d’Education Musicale Martenot (RENNES)

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Samedi 30 janvier, à 20 h : Le Merveilleux Cabaret de Jean-François Zygel. Ce concert/spectacle est invité par la Scène Nationale 61 Depuis son piano, Zygel met Mozart et Ravel à la portée de tous, donnant à la musique classique un joli grain de folie et d’inventivité. L’artiste s’entoure de deux spécialistes d’instruments rares et inattendus : le percussionniste Joël Grare (tambours japonais et cloches de vaches de Chamonix !) et Thomas Bloch, champion du glassharmonica, du cristal Baschet et des ondes Martenot... Avant ce concert, les élèves de l’école de musique de Mortagne présenteront le fruit de leur travail accompli avec Joël Grare et leur professeur. Tarif de 5 à 20 €. Réservations : 02 33 85 49 60.


Livre Maurice Martenot et l’amitié , Marcelle Lessoil-Daelman

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Maurice Martenot et l’amitié

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Méthode Martenot (dessin et peinture)

La pédagogie Martenot, créée en 1932, est un enseignement progressif avec une liberté guidée, qui permet de respecter la spontanéité du geste et le rythme de chacun.

Elle donne un maximum de chances pour aborder sans crainte toutes les techniques (dessin, peinture à l’huile, pastel…) en utilisant différents matériaux comme les fusains, la craie, l’encre de Chine, la peinture à l’huile ou la gouache.

Ces tarifs incluent la participation aux fournitures de base mises à disposition par L’Escale.

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Youri Gagarine n’est pas mort, il tourne encore - L’actualité de l’astronomie

http://www.cidehom.com/astronomie.php ?_a_id=390

Youri Gagarine n’est pas mort, il tourne encore

Libre adaptation du dossier de presse de la compagnie Mabel Octobre

Les 31 janvier, 1er et 2 février prochains, la scène nationale du théâtre de Saint-Quentin en Yvelines accueille le spectacle Vous en rêvez (Youri l’a fait), chronique épique du premier homme cosmique qui a le bon goût de laisser la part belle à des instruments de musique rarement présents sur scène, comme le Theremin ou le générateur d’ondes Martenot.

Dictionnaire

Vous en rêvez (Youri l’a fait) a pour ambition d’explorer la question d’un rêve ancestral qui traverse toute l’histoire de l’humanité, le rêve de voler toujours plus vite et plus loin et de repousser les limites de l’univers.

Il s’agit également de replacer les enjeux de la conquête spatiale dans le contexte particulier de la guerre froide et de montrer comment l’exploit a été instrumentalisé à des fins propagandistes. Youri Gagarine était un héros populaire, modeste, auquel le plus grand nombre pouvait s’identifier. La propagande a fait de lui le symbole de la conquête du cosmos, le symbole de l’exploit de la technologie soviétique, le symbole de la jeunesse exemplaire, le symbole de l’homme communiste, le symbole du courage et de l’exploit, le symbole de la supériorité du socialisme basé sur le progrès des sciences et des techniques au service de l’humanité, le symbole de la paix, le symbole vivant d’une société progressiste en marche.

Comme tout mythe, sa vie et son exploit ont donné lieu à une vérité officielle (celle de l’époque filtrée par les autorités politiques), une vérité officieuse (révélée après la chute du communisme) et à des légendes allant jusqu’à l’hypothèse qu’il n’ait jamais volé. Prenant tous ces paramètres en compte, le spectacle se construit autour de la figure centrale du héros ; les autres protagonistes figurant tour à tour, selon les situations, son entourage proche, des savants, des personnalités politiques, des témoins... La distribution est majoritairement bilingue (franco-russe).

La musique, comme les images, participe pleinement à la dramaturgie du spectacle et est présente de bout en bout du spectacle. Son choix esthétique répond à un désir de véracité historique.

Alexeï Leonov, premier cosmonaute à être sorti de sa capsule en orbite en 1963, déclarait : « La musique des instruments électroniques répond on ne peut plus parfaitement à la sensation que j’éprouvais dans le cosmos. » Les compositeurs de l’époque saluaient en retour par des pièces délirantes les débuts de la conquête spatiale. De nombreuses œuvres des laboratoires de recherche Philips (1956-1963) célébraient le cosmos sous les titres Song of the second moon (Dick Raaijmakers), Fantasy in orbit (Tom Dissevelt)... Le premier disque entièrement enregistré sur un synthétiseur (la Buchla Box conçue par Don Buchla) en 1967 s’intitulait Silver Apples of the Moon (Morton Subotnick). Telstar, morceau écrit en hommage au satellite américain par le producteur Joe Meek et interprété par The Tornados, devenait un standard et était repris dans le monde entier. Le groupe The sputnicks se formait à la fin des années cinquante...

Leonov ne faisait que confirmer ce que l’on savait depuis longtemps déjà : la relation étroite qui liait sons électroniques et espaces intersidéraux. En 1919, à Saint-Petersbourg, Lev Termen (Léon Thérémin) inventait l’un des premiers instruments électroniques, l’étherophone, rebaptisé dix ans plus tard « theremin », et Lénine lui-même comprenait immédiatement que le nouvel instrument était un formidable outil de propagande pour démontrer à l’Occident la supériorité technique soviétique, comme le serait plus tard le vol de Gagarine.

Le theremin connut d’ailleurs son heure de gloire dans les années cinquante avec le cinéma de science-fiction américain qui usait, parfois jusqu’à l’écœurement, du couple démoniaque qui est sa signature sonore : glissando et vibrato. Ce cinéma donna naissance à quelques pages superbes comme celles que composa Bernard Herrmann en 1951 pour le film de Robert Wise The day the Earth stood still, où l’on entend le theremin accompagner la menace proférée par l’envahisseur venu de l’espace : « Klaatu, barada, nikto ! » Instument-roi du genre, le theremin inaugurait un champ nouveau : en 1956, Forbidden Planet, réalisé par Fred McLeod Wilcox, proposait la première musique de film entièrement électronique composée par Louis et Bebe Barron, sur des instruments conçus et fabriqués par eux dans leur studio de Greenwich Village.

La musique du spectacle, interprétée en direct et sur scène par deux instrumentistes, est elle aussi totalement électronique. Elle est un hommage rendu au charme désuet des œuvres inspirées par la conquête de l’espace, en même temps qu’une relecture des codes et idiosyncrasies de la musique de film de science-fiction.

Elle est interprétée principalement sur des instruments d’époque (voire même antérieurs à l’époque), theremin (1919) et ondes Martenot (1928), mais aussi sur des synthétiseurs Moog et EMS dont la conception remonte aux années 1960, seuls ou hybridés avec des ordinateurs. Les équipements de laboratoire qui ont inspiré la conception des premiers synthétiseurs sont également mis en œuvre : générateurs de bruit blanc ou rose, oscillateurs sinusoïdaux (éventuellement actionnés par les acteurs eux-mêmes).

La musique rythme l’ensemble de la pièce, donnant à certaines parties du texte énoncé par les comédiens l’aspect d’un récitatif entre chant et parole. Elle contamine les voix des interprètes, subtilement filtrées et spatialisées. Elle module à loisir spectre lumineux et images vidéo.

La musique est cosmique ; elle est parfois aussi héroïque.

Comment relever l’éternel défi que pose la musique de l’espace ? Dans l’espace, faute d’air, on n’entend aucun son.....

Les 31 janvier, 1er et 2 février 2008 au théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, scène nationale

Jeudi 31 à 19h30, vendredi 1er et samedi 2 à 20h30

Réservations 01 30 96 99 00 / tarifs 10 à 19,50 €

Navette le 1er février au départ de Paris, Place du Châtelet à 18h30

Les 6 et 7 mars 2008 au Phénix, scène nationale de Valenciennes

Jeudi 6 et vendredi 7 à 20h

Réservations 03 27 32 32 32 / tarifs 8 à16 €

Le 28 mars 2008 au Théâtre de Chelles

Vendredi 28 mars à 20h45

Réservations : 01 64 210 210 / tarifs 6 à 15 €

Les 1er et 2 avril 2008 au Volcan, scène nationale du Havre

Mardi 1er à 20h30 et mercredi 2 avril à 19h30

Réservations 02 35 19 10 10 / tarifs 8 à 18 €


Concerts > Yann Tiersen sans Amlie Poulain la Maroquinerie

Concerts > Yann Tiersen sans Amélie Poulain à la Maroquinerie |

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Le 8 décembre 2009 dans ’Concerts’

Yann Tiersen est surtout connu en tant que compositeur de musiques de film (La Vie Rêvée des Anges, Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, GoodBye Lenin !). Ses collaborations avec Dominique A, Noir Désir, les Têtes Raides ou Miossec - dont il a composé le dernier album Finistériens, l’ont aussi aidé à se hisser au rang des grands noms de la scène musicale française. En attendant son prochain album studio Dust Lane, Yann Tiersen est en tournée. En première partie, Christine Ott.

Christine Ott

Christine Ott, aux ondes Martenot - une sorte de clavier électronique, est accompagnée d’un violoncelliste. Sans qu’un son ne sorte de leur bouche, ils oscillent entre musique classique et musique contemporaine. Si certains morceaux sont accessibles, dotés une mélodie, d’autres touchent au conceptuel, me rappelant un peu mes cours de musique à analyser les partitions de chaque instrument sans pour autant comprendre ce qu’ils font ensemble dans la même phrase musicale.

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Yann Tiersen

Après une musique mimant l’orgasme visant à nous faire patienter, les six musiciens entrent en piste. Yann Tiersen est entouré de deux guitaristes, une basse, une batterie et bien sûr les ondes Martenot. Après une introduction avec ‘Count Down‘, sur laquelle il se permet une envolée au violon histoire de poser l’ambiance, il joue ‘La Terrasse‘, un peu plus rock.

Yann Tiersen ne parle pas et enchaîne les morceaux, laissant à peine le temps au public d’applaudir. Avec tous ses bracelets au poignet et ses converses aux pieds, il ressemble à un ado qui claquerait la porte en nous hurlant qu’on y comprend rien à rien. Il joue d’un air je-bidouille-sur-ma-gratte-à-mes-heures-perdues et nous en envoie plein la vue.

Mais un concert de Yann Tiersen c’est comme une grande symphonie, si loin du concert conventionnel. Un concert de Yann Tiersen est fait de petits détails : les pieds nus de Christine quand elle se lève pour venir chanter, Stéphane Bouvier, à la basse, qui finit à genoux à la fin de ‘A Secret Place’, les accélérations minutieuses et concentrées de Ludovic Morillon à la batterie, le crin de l’archet du violon qui danse pendant que Yann Tiersen fait vibrer son violon sur ‘Le Quartier’, l’ovation du public après ‘Wire’, le livre que Marc Sens lit sur ‘Chapter 19’...

Les morceaux qui s’embrasent sur les cendres des dernières résonnances des clash de Ludovic...Les voix des musiciens qui s’entr-alimentent pour d’autant plus d’intensité sur ‘Till the end’ ou ‘Palestine’... On se laisse porter par les ondes Martenot qui nous emmènent dans les steppes sur ‘Dark Stuff’ pendant que les mélodicas nous rassurent. La guitare italienne et insistante de Marc Sens sur ‘Ashes’ qui clôt le set admirablement dans un summum d’intensité.

Pour le traditionnel rappel, Yann Tiersen m’étonnera en chantant simplement ‘Fuck me’, suivie de la magnifique semi-berceuse ‘Esther’. Enfin, alors qu’on y croyait plus, on reconnaît une mélodie d’Amélie Poulain se distinguer au milieu de la batterie, des guitares et des ondes Martenot : Yann Tiersen s’empare alors de son violon et tous partent en live pour rendre les souvenirs qu’il nous a créés encore plus puissants.

Date : 7 novembre 2009 Partager cet article

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AVIGNON : Musictheatrart

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L’Ecole des Beaux Arts accueille la musique contemporaine

Dimanche 13 décembre 2009 à 18h

C’est dans le cadre des saisons musicales de Création & Permanence crées en 2002 par Marcel Brulé, que l’Ecole des Beaux Arts d’Avignon accueille le dimanche 13 décembre 2009, à 18h le dernier concert de l’année.

Trois musiciennes, Virginie Colette, soprano, Sophie Maréchal, guitare et Nadia Ratsimandresy, ondes Martenot, aux parcours très différenciés, pour un concert autour de l’un des premier instrument électrique du monde : les Ondes Martenot. (JPEG)

Le Trio 3D (photo D.R.) donc utilisera les dimensions inouïes de la très originale nomenclature du répertoire des Ondes Martenot en poursuivant une aventure de création musicale rare.

C’est pour elles que Régis Campo arrange sa pièce L’Apothéose de Couperin, ou que Frédérick Martin leur compose, sur une commande d’Etat, Lonc Tens Ai Mon Tens Usé, compositeurs déjà accueillis à Avignon les années passées...

Au cours de ce concert le Trio 3D nous donnera à entendre ce vaste répertoire des ondes Martenot, crée par Maurice Martenot (1898 - 1980) et présenté au public de l’Opéra de Paris en mai 1928, et interprétera des œuvres de John Cage, Régis Campo, Frédérick Martin ou Roland Creuze.

Ainsi, en invitant une nouvelle fois les compositeurs d’aujourd’hui de manière audacieuse, la Ville d’Avignon se place sur le devant de la scène pour la diffusion de la musique du siècle.

Le programme

John Cage : story ; Régis Campo : Apothéose de Couperin ; Frédrick Martin : Lonc tems ; Jean Marc Chouvel : Nuvole ; Roland Creuze : L’ombra del cielo

Les interprètes

Virginie Colette, Soprano, fait ses études à Paris en Chant Baroque, Art Lyrique et Opérette jusqu’en 2000. On l’entend dans des rôles principaux tels que « Véronique » de Messager, Suzon des « Saltimbanques » de Ganne, Serpina de « La Servante Maîtresse » de Pergolèse et dans des seconds rôles comme Belinda de « Didon & Enée » de Purcell, Micaella dans « Carmen » de Bizet ou Bluette dans « Croquefer » d’Offenbach.

Elle fait partie d’un ensemble de musique baroque La Menestrandise avec lequel elle chante les Cantates à voix seule et In Furore de Vivaldi, les Cantates à la Française de Montéclair ou encore les Cantates Italiennes de Haendel.

Sophie Maréchal, guitariste, s’est formée auprès de Roland Dyens, puis au CNR de Paris avec Pedro Ibanez et dans la classe d’André Simony à l’ENMD de Noisiel avec qui elle obtient son Prix. Elle se spécialise autour des répertoires contemporains notamment avec Wilhem Brück au Centre Acanthes, Caroline Delume et Rafaël Andia.

Après avoir exploré la « multidimension » - en solo dans un répertoire résolument contemporain, en duo avec la voix (Agnès Morel - Duo Edeba), la flûte (Hervé Jean Claude).

Sophie est actuellement assistante titulaire de la classe de guitare de l’ENMDT de Mantes-la-Jolie.

Nadia Ratsimandresy, ondiste, est admise au CNSMDP dans la classe d’onde en 1998 et y obtient en 2002 un Premier Prix (Diplôme de Formation Supérieure, mention « très bien »).

Elle pratique principalement de la musique de chambre, notamment en duo avec la pianiste Géraldine Dutroncy (New York, session de travail avec Tristan Murail, 2005), avec l’ensemble Ondes de Choc (Londres, London Sinfonietta, Tom Yorke et Jonny Greenwood du groupe de rock Radiohead, 2005) et avec l’ensemble Vecteur Ondes (Opéra de Paris, 2008).

Elle travaille depuis 2008 avec le pianiste italien Matteo Ramon Arevalos (Angelica Festival, Ravenna Festival) avec qui elle enregistre le disque « Messiaen et autour de Messiaen » paru chez ReR Megacorp (mai 2009), ainsi qu’avec l’ensemble VOLTA (2 ondéas, guitare électrique et percussions).

L’Onde Martenot

C’est Maurice Martenot (1898 -1980) qui découvrit le principe des « ondes Martenot » lorsqu’un militaire dans les retransmissions radio pendant la première guerre mondiale s’aperçut de la pureté des vibrations produites par les lampes dont on fait varier l’intensité à partir d’un compensateur.

Monophonique, l’instrument est composé de 3 diffuseurs : le principal (haut parleur traditionnel), la résonance (deux possibilités : un diffuseur ancien nommé palme, en forme de flamme, dont les cordes placées sur une caisse de résonance et accordées permettent au son de se prolonger en vibrant par sympathie, ou la plus récente résonance formé de ressorts qui permet le même résultat mais avec plus puissance), et le métallique (un gong mis en vibration par un moteur, le métal remplaçant la membrane du haut-parleur, provoquant un halo sonore métallique de hauteur précise).

Le clavier qui autorise une grande virtuosité, est mobile et permet un vibrato contrôlé en temps réel mais aussi les micro-intervalles.

Devant celui-ci, un "ruban" avec une bague que l’on met à l’index de la main droite, dont la fréquence correspond à la touche qui se trouve en face d’elle, permet d’obtenir un jeu identique à celui obtenu avec un instrument à cordes, sans frette, ou avec la voix (glissandos, effets, lyrisme, chant) sur les neuf octaves qu’autorisent les ondes.

A la main gauche, un tiroir regroupe les commandes : timbres (une centaine de combinaisons possibles), boutons transpositeurs, commandes des diffuseurs, balance, bruit rose et la touche d’intensité, très sensible. Semblable à un archet, aucun son n’est émis par l’instrument si l’interprète n’enfonce pas cette dernière qui permet de réaliser phrasés, nuances et attaques. Deux pédales (sourdine et touche d’intensité contrôlable au pied) complètent le dispositif.

copyright Thomas Bloch / Naxos, 2004

Création & Permanence

C’est en 2002 que Marcel Brulé reçoit l’appui de la Ville d’Avignon pour lancer le cycle de musique contemporaine « Création & Permanence ». C’est Esther Moench, alors conservateur du Musée du Petit Palais qui, voulant allier histoire et modernité, accueille pendant de nombreuses années ces concerts.

On y recevra Martin Matalon, Bruno Mantovani, Gilles Schuehmacher, mais aussi Frédérick Martin ou Pierre Boulez.

Les compositeurs vivants les plus marquants de ce Siècle seront ainsi invités.

7, rue Violette

84000 Avignon

Renseignements : 05 55 65 18 90

Tarif : 12 € et tarifs réduits


Olivier Messiaen : For Ondes Martenot and Piano

Olivier Messiaen : For Ondes Martenot and Piano

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Tout comme Varèse, Olivier Messiaen succomba aux charmes des Ondes Martenot. En conséquence, quelques-uns de ses élèves aussi : N’Guyen Thien Dao, Jacques Charpentier et Tristan Murail, qui signent autant que le maître les compositions pour ondes musicales et piano entendues ici (interprétations de Nadia Ratsimandresy (Art Zoyd) et Matteo Ramon Arevalos).

Où l’on célèbre avant tout l’éternité de Jésus à grands coups d’instrument sortant de l’ordinaire, capable de remplacer le violoncelle sur le quatrième et extatique mouvement du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen. Dûs au même, trouver plus loin quelques feuillets inédits (les oscillations mélodieuses sur une progression lente d’accords de piano, et puis démonstratives) et une Vocalise-Etude impressionniste s’amusant de la paraphrase.

Pour ce qui est des travaux d’élèves, N’Guyen Thien Dao oppose à l’instrument du jour un piano préparé et commande un intéressant duel de sifflements et de notes expédiées ; Jacques Charpentier trahit son intérêt pour l’Inde mais aussi pour les graves enveloppants sur une Suite Karmatique en trois mouvements ; enfin, Tristan Murail - qui a beaucoup écrit pour l’instrument - noie l’onde sous des accords de piano tempétueux. Messiaen et ondes de Messiaen.

Olivier Messiaen et autour de Messiaen : For Onde Martenot and Piano (RER / Orkhêstra International)

Edition : 2009.

CD : 01/ Louange Á l’Éternité De Jésus 02/ Bai Tap 03/ Feuillets Inédits : Presque Lent Et Berceur 04/ Feuillets Inédits : Lent - Modéré 05/ Feuillets Inédits : Bien Modéré - Un Peu Plus Vif - Moderé - Trés Lent 06/ Feuillets Inédits : Lent - Un Peu Plus Vif - Lent 07/ Suite Karnatique 08/ Vocalise-Étude 09/ Tigres De Verre 10/ Louange Á L’immortalité De Jésus

Guillaume Belhomme ©


Jean-Loup Dierstein/Luthier électronique / Il redonne vie aux claviers anciens - Les DNA Archives

Jean-Loup Dierstein / Luthier électronique / Il redonne vie aux claviers anciens - Les DNA Archives

Jean-Loup Dierstein / Luthier électronique

Il redonne vie aux claviers anciens

Dans son atelier parisien, Jean-Loup Dierstein redonne vie à des instruments de musique qui ne sont plus fabriqués depuis la fin des années 1980.

Paris.- Bureau DNA Dans son atelier du XVIIe arrondissement de Paris, les claviers désossés côtoient les pièces détachées et les composants électroniques. Le synthétiseur du chanteur Christophe attend d’être réparé. Sur l’établi principal, Jean-Loup Dierstein ajuste les réglages qu’il fait sur un modèle d’ondes Martenot, instrument créé par Maurice Martenot dans les années 1920, sorte de violoncelle électronique qui produit de la musique en modulant les ondes radio (voir l’encadré ci-dessous). /b>  Le site de Jean-Loup Dierstein : http//dierstein.fr

Pour lire l’article complet : accédez aux archives de dna.fr

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Jean-Loup Dierstein dans son atelier. « En mécanique, on s’en sort toujours avec une perceuse, dit-il, Le problème en électronique, c’est que beaucoup de pièces obsolètes ne sont plus fabriquées ». (Photo DNA - E.B.)

Que sont les ondes Martenot ?

Les ondes Martenot sont des instruments de musique électronique inventés par Maurice Martenot dans les années 1920. Maurice Martenot était musicien. Incorporé dans l’armée pendant la Première guerre mondiale, il est affecté aux télétransmissions radio et décide alors de domestiquer les défauts de la TSF pour faire de la musique avec les fréquences élevées qu’il entend.

Maurice Martenot met au point les ondes Martenot (clavier jouant sur la modulation de fréquence) qu’il présente au public en 1928. Ses ondes Martenot sont fabriquées jusqu’à la fin des années 1980.

L’instrument se joue d’une main sur le clavier et de l’autre sur la touche d’intensité qui module les fréquences. « La touche d’intensité donne le son, explique Bruno Perrault, ondiste, Le clavier change le timbre ».

Cet instrument monodique à oscillateur électronique se caractérise par des sonorités particulières dont la plus connue est « les voix venues d’ailleurs », proche de la scie musicale, entendue par exemple dans Fantômas.

Le répertoire des ondistes professionnels puise dans la musique classique (Olivier Messiaen, André Jolivet) , électronique ( John Greenwood du groupe Radiohead) mais aussi dans la chanson française ( Jacques Brel, Edith Piaf, Les Têtes raides, Arthur H, Vanessa Paradis, Yann Tiersen...)

L’Alsace est une terre d’ondistes depuis que Françoise Cochet a introduit à la fin des années 1970 les ondes Martenot au conservatoire de Strasbourg où elle donnait des cours. Les musiciens alsaciens Bruno Perrault, Christine Ott et Thomas Bloch appartiennent au club des restreints de la quarantaine d’ondistes dans le monde. Et la passion est transmise à la jeune génération. Cet été, Julie Pierrejean, 28 ans, élève au conservatoire de Strasbourg, a reçu une bourse de la Fondation de France, pour enregistrer un album avec des ondes Martenot.


ouest-france.fr -Yann Tiersen, en concert au Big band caf Hérouville, le 8 décembre

Le musicien et chanteur Yann Tiersen, après une tournée à l’étranger en début d’année : Etats-Unis, Canada, Angleterre, Chine, Espagne, revient en France. Il sera au Big band café à Hérouville-Saint-Clair le 8 décembre. Affichant un ton résolument plus rock, il présentera, entre autres, des titres de son prochain album Dust Lane, dont la sortie est prévue courant 2010. Il est entouré d’anciens compagnons : Stéphane Bouvier à la basse, Christine Ott aux ondes Martenot. Mais aussi de deux nouvelles collaborations : Dave Collingwood à la batterie et Robin Allender à la guitare.


Ondes Martenot ! - William Weir | It’s Alive !

The Guardian has a good primer on the ondes martenot. Patented the same year as the theremin, it operates on similar principles, but the combination of a keyboard and a ring/wire contraption gives the player more tonal control.

I knew that the score for There Will be Blood used it (since it was composed by Radiohead’s Jonny Greenwood, the Martenot’s most vocal champion today). But I did not know (til I read the Guardian article) that it’s also heard on the soundtrack for Ghostbusters and Heavy Metal.

Want one ? Good luck. Once Olivier Messiaen stopped composing, it seemed the ondes martenot’s day was done - the last one was made in 1988. But along came Greenwood who has had two replicas built at his request, and the Guardian reports that a new model of the ondes marteot is being developed.


La scène cadurcienne fait le plein de têtes d’affiche

La scène cadurcienne fait le plein de têtes d’affiche

Culture . Cette saison, Yann Tiersen, Franck Dubosc et Sanseverino créent l’évènement à Cahors.

Mardi 24 novembre à 21 heures : Yann Tiersen aux Docks.

L’artiste s’était déjà produit aux Docks, cette fois il s’agit d’une avant-première nationale. Affichant un ton résolument plus rock, il présentera, entre autres, des titres de son prochain album Dust Lane (sortie prévue courant 2010) entouré d’anciens compagnons : Stéphane Bouvier à la basse, Christine Ott aux ondes Martenot mais aussi de deux nouvelles collaborations, Dave Colligwood à la batterie et Robin Allender à la guitare. Finies les mélodies de poche et les valses endiablées. Abandonnés (ou presque) le piano, l’accordéon et le violon. Terminée la solitude du musicien multi instrumentiste. Depuis quelque temps Yann avait repris sa guitare électrique. Et formé autour de lui un groupe solide : « on s ’est donné la liberté de jouer ensemble. On a réussi à dégager une alchimie ».


COLMAR / AU FESTIVAL SUPERSOUNDS / Rock electronic’A - Les DNA Archives

COLMAR / AU FESTIVAL SUPERSOUNDS

Rock electronic’A

Dominique A, au démarrage d’une longue tournée pour La Musique / La Matière, a ouvert le festival Supersounds à Colmar par un puissant et remuant concert. De l’art de lier sophistication et simplicité. La délicate ondiste alsacienne Christine Ott, en duo avec le violoncelle d’Anil Eraslan, dans les murmures d’un Grillen aux trois quarts plein, ouvrait ce mercredi soir pour le remuant Dominique A. Choix judicieux que l’un des premiers instruments de musique électronique, inventé par Martenot dans ...

Myriam Ait-Sidhoum


Musique classique : CD > [CD] Compositeur > De Haske > L’Orchestre d’harmonie selon Maxime Aulio [14/10/2009]

Musique classique : CD > [CD] Compositeur > De Haske > L’Orchestre d’harmonie selon Maxime Aulio [14/10/2009]

http://www.resmusica.com/aff_article.php3 ?art=7359

De Haske

L’Orchestre d’harmonie selon Maxime Aulio

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Maxime Aulio (né en 1980) : Aerospace ; Le Papillon qui tapait du pied ; Odysseia ; Phaeton ; Marsyas ; Les Trois Mousquetaires ; Contes et Légendes de Savoie ; Le Dernier Rêve du Chêne. Musique des Gardiens de la Paix de la Préfecture de Police de Paris, direction : Pascale Jeandroz. 2 CD De Haske réf. DHR 04-023-3. Code barre inexistant. Notice multilingue (Français, Anglais). Durée : 54’28’’/ 29’48’’.

 Le répertoire pour orchestre d’harmonie est un répertoire au mieux méconnu, plus souvent méprisé par une certaine élite de la musique savante, réfractaire à une formation « bâtarde » composée exclusivement d’amateurs pour qui l’orchestre constitue un lieu de rencontre autant qu’un lieu d’éducation musicale.

 L’orchestre d’harmonie peut se définir très grossièrement comme un orchestre symphonique dont on aurait amputé la section de cordes (la contrebasse, qualifiée de « contrebasse à cordes », subsiste parfois néanmoins). Des différences demeurent notables : des instruments à vent passés de mode y ont leur place et les trois parties de clarinette assurent fréquemment le rôle dévolu aux cordes dans l’orchestre symphonique. Ecrire pour harmonie est donc un travail très particulier qui exige des connaissances particulières. En général, les compositeurs qui excellent dans cet exercice ont déjà fait leurs armes en tant que musicien d’harmonie. Souvent boudés par ceux qui en méconnaissent les qualités, les orchestres d’harmonie sont pourtant très nombreux et constituent un lieu idéal de création pour les jeunes compositeurs désireux de faire leurs armes dans l’exercice délicat de l’écriture pour grand ensemble.

 Dans ce domaine, Maxime Aulio, né en 1980, s’est forgé une solide réputation depuis la création en 2000 des Voyages de Gulliver, une œuvre encore très appréciée des musiciens d’harmonie. Après avoir réussi brillamment le concours pour l’admission à la formation de chef de musique militaire (concours difficile car exigeant des connaissances solides en musique tout autant que des capacités physiques propres à l’univers militaire), Maxime Aulio, qui réside à Versailles, est depuis 2008 chef adjoint à la Musique Principale de l’Armée de Terre.

 Le double CD proposé par les éditions De Haske offre un échantillon particulièrement représentatif de l’œuvre d’un compositeur pour qui l’orchestre d’harmonie n’a plus beaucoup de secrets et que la Musique des Gardiens de la Paix (l’une des rares harmonies professionnelles en France) interprète avec sérieux et sincérité. L’écriture de Maxime Aulio est majoritairement tonale, le plus souvent narrative et tout autant influencée par la musique contemporaine que la musique de film.

 Après Aerospace, prélude à la Symphonie de l’Espace, un vaste projet pour orchestre d’harmonie, chœur et ondes Martenot, dont les premiers mouvements ont été créés pour la première fois en Ariège le 27 juin de cette année à l’occasion de l’année mondiale de l’astronomie, le premier disque poursuit avec plusieurs œuvres inspirées par la mythologie antique.

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Le Figaro - Théâtre : Quatre pices de Feydeau, irrésistibles cocasseries

Le Suisse Gian Manuel Rau dont on avait admiré il y a quelques saisons, à Sceaux, Le Pélican de Strindberg avec Dominique Reymond, réunit quatre pièces en un acte de Feydeau, connues pour les trois premières, très connues pour la dernière : Amour et piano, Un monsieur qui n’aime pas les monologues, Fiancés en herbe, et enfin Feu la mère de Madame, œuvre par laquelle l’écrivain fit son entrée au répertoire en 1941, soit vingt ans après sa mort. La Comédie-Française excelle dans ce registre et il y aurait une histoire à écrire sur la façon dont l’auteur de La Dame de chez Maxim a été interprété au fil du temps. La manière dont Gian Manuel Rau lie les quatre « actes uniques » est intelligente. Amour et piano repose sur un quiproquo amusant : une jeune fille attend son professeur de piano, c’est un jeune homme ambitieux qui croit arriver chez une actrice mondaine qui surgit... Dans Un monsieur qui n’aime pas les monologues, nous sommes un peu dans le monde du théâtre tandis que dans Fiancés en herbe, Henriette 9 ans et René 11 ans, apprennent Le Corbeau et le Renard et s’interrogent sur le pourquoi du : « de la fontaine » (sic) alors qu’il n’est question que d’animaux ! Enfin dans Feu la mère de Madame, un homme rentre au petit matin chez lui... la dispute est interrompue par l’annonce du décès de la maman d’Yvonne. Mais... 

Critique

S’appuyant sur une équipe artistique qu’il connait bien, le metteur en scène opte pour une version résolument cocasse des œuvres. Il écoute Feydeau et, pour datées que soient les situations, l’écriture est si forte que l’on ne se soucie en rien des références à un autre temps : seule compte la folie qui s’empare de chacun... en toute logique. Scénographie, costumes, tout s’accorde à nous donner le sentiment d’un théâtre percutant, vif, direct. La musique, très travaillée - avec la présence des ondes Martenot - donne une unité à la représentation, qui se développe à très vive allure, portée par quatre virtuoses se partageant dix rôles avec maestria. Quelle équipe ! Léonie Simaga avec un sérieux imperturbable est Lucile puis Annette, Anne Kessler est magnifique, survoltée, imaginative en Henriette puis en Yvonne. Laurent Stocker est toute finesse et burlesque très tenu dans Édouard, René, Lucien, et Christian Hecq, récemment entré dans la troupe, prête son génie comique sans ostentation à Baptiste, Ernest, Joseph. Un régal !

Quatre pièces de Feydeau, Théâtre du Vieux-Colombier, 21, rue du Vieux-Colombier (VIe). Tél. : 01 44 39 87 00. Durée : 1 h 40. Places : de 8 € à 28 €. Jusqu’au 25 octobre.


Hey, what’s that sound : Ondes martenot | Music | guardian.co.uk

Hey, what’s that sound : Ondes martenot

This cross between an organ and a theremin has inspired everyone from Pierre Boulez to Radiohead Buzz up ! Digg it David McNamee guardian.co.uk, Monday 12 October 2009 17.11 BST

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Maurice Martenot playing his musical invention in 1949. Photograph : Corbis

What is it ? One of the earliest electronic instruments, the origins of which lie in the first world war. The ondes martenot evolved through different designs over the decades, although the most familiar model resembles a cross between an organ and a theremin.

Who uses it ? Twentieth-century composers like Edgar Varèse, Pierre Boulez and, in particular, Olivier Messiaen, were all fans. Around the time of Kid A, Radiohead’s Jonny Greenwood became something of a champion for the instrument. Amelie composer Yann Tierson also makes extensive use of it, and ondes martenot virtuoso Thomas Bloch has lent his skills to records by Tom Waits and Marianne Faithfull, as well as Damon Albarn’s Monkey : Journey to the West opera.

How does it work ? The main interface of the ondes martenot was originally a metal ring, worn on the player’s right index finger that, when slid up and down a wire, would create theremin-like sweeps in tone (through oscillations in vacuum tubes). Later, inventor Maurice Martenot added a four-octave keyboard (with moveable keys that create vibrato when wiggled), all housed in a handsome wooden frame that featured a drawer containing a touch-sensitive glass "lozenge" controlling the the sound (completely silent when untouched, loud when held down).

Where does it come from ? Cellist Maurice Martenot was a radio operator in the first world war. Like Leon Theremin, he was fascinated by the accidental overlaps of tones from military radio oscillators - which he found musical - and wondered if he could develop an instrument that could replicate them, but with the same tonal expression of his beloved cello. The ondes martenot was patented the same year as the theremin too : 1928.

Why is it classic ? It was invented in the 1920s and it still looks and sounds like nothing else. The ondes martenot can be as soothing and moving as a string quartet, but nerve-jangling when gleefully abused.

What’s the best ever ondes martenot song ? Anything written by Messiaen for the ondes martenot - try Oraison, Fete Des Belles Eaux and Feuillet Inédit. Also, Radiohead using a six-strong group of ondes martenots for live versions of Arpeggi and How to Disappear Completely was fascinating.

Five facts and things

Want to know what else is weird about the ondes martenot ? Its amplification system. Maurice’s final genius addition was three loudspeakers, one of which had the speaker cone replaced by a gong, and another which had a resonance chamber laced with 12 tuned strings. These modified speakers would add a metallic timbre from the gong along with resonant, chiming tones from the strings.

Also in the ondes martenot’s curious little drawer thing are a bunch of switches controlling timbre. These select sine, triangle, square and pulse waves, or pink noise.

The ethereal, almost human, tones of the ondes martenot proved popular with film scores and TV sci-fi, possibly because the ondes martenot is easier to control tonally than the more famous theremin. Lawrence of Arabia, Heavy Metal, Ghostbusters, A Passage to India, Amelie, and Bodysong all had ondes martenot-touting soundtracks, as well as pretty much every Gerry Anderson show ever.

Partly the appeal of these instruments must be that they are über rare and mythical-seeming, both ancient and futuristic. The last ondes martenot was manufactured in 1988, although a new model is apparently being manufactured. However, since 2001 there have been two replica instruments : The Ondea and the French Connection - created at the request and to the specifics of Jonny Greenwood, who was reluctant to take his precious ondes martenot on the road.

"The best way to describe it," Greenwood says of the ondes martenot, "is a very accurate theremin that you have far more control of. The most famous use of martenot is the Star Trek theme, and it sounds like a woman singing." WRONG ! The Star Trek theme that sounds like a woman singing is actually a woman singing, but it’s a popular misconception. Just to reinforce it, here is martenot legend John Laurendeau explaining the instrument and playing the Star Trek theme.


Truelove’s Gutter - Le fil musique - Télérama.fr

Le titre a l’air de jeter l’amour sincère à l’égout mais il honore une fois de plus Sheffield - murs de brique moins noir-cis de fumée désormais, pubs increvables où marinent chômeurs et crooners que le temps oublie. Depuis Lowedges, Richard Hawley met ses albums à l’enseigne d’un coin de sa ville. Chacun pourtant ouvre et déplie la carte inconnue d’un voyage, au long de fleuves immémoriaux, de voies sans autre issue que la nuit. Dans leurs chansons jusqu’ici clignotaient les néons, les sentiments grands et petits. Truelove’s Gutter commence à l’aube (As the dawn breaks) et nous laisse à la berceuse consolante de Don’t you cry. Il est cependant noyé d’ombre. On y entre à tâtons pour trouver des formes familières, mélodies travaillées jusqu’à l’épure et remises en perspective.

Hawley, jusqu’à présent, s’y entendait à donner le vertige par touches inattendues. Il fait ici un assemblage presque sans coutures de chants arrachés aux ténèbres. La durée s’y fait moins sentir que les ruptures et les reliefs. Des sons ­bizarres les hantent, plainte sourde, écho liquide (ondes Martenot, cristal Baschet, waterphone...). Les guitares sont fidèles et les cordes vont si bien à la voix de velours bleu. Un lent crescendo mène à la charnière de Remorse Code. Après, l’éblouissement gagne : Soldier on, soudain fracassé en deux, décolle.

Avare de grandes phrases, Richard Hawley semble être allé puiser profond ces mots qu’il rend si proches et lyriques : For your lover give some time, ballade où le plus douteux repentir (« maybe I’ll drink a little less »...) devient le plus doux murmure, finit par un lent grésil de notes lunaires. On ne sait plus dire alors si son effet vient du fond des âges ou du nouveau Richard Hawley - son album le plus fier, le plus beau de l’année dans un genre où très peu s’aventurent. . François Gorin Télérama n° 3117


Quatre pices | Théâtrorama, le panorama du spectacle bien vivant

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Quatre pièces

Publié par Bruno Deslot dans Théâtre le 28 sept 2009 | 1 commentaire Quatre mouvements

Dans le mille

Gian Manuel Rau s’empare du vaudeville, auquel Feydeau a donné ses lettres de noblesse, pour faire œuvre de restauration. Il exploite la dimension angoissée et hystérique des personnages, autant que le sens du rythme et de la farce pour rendre, à une partition ciselée, sa musicalité raisonnante. Les répliques fusent comme des fléchettes visant leur cible sans détours inutiles et garantissent ainsi, un effet comique montrant que les rouages de la mécanique théâtrale de Feydeau fonctionnent à merveille lorsqu’ils nous entraînent vers l’absurde. Une mise en scène exigeante constitue le pendant d’une scénographie épurée, élégante et précise. Les décors suspendus, montent et descendent sur un plateau réduit à sa plus simple expression, pour lequel seuls les accessoires comptent. Un piano à queue et un canapé poussiéreux, occupent une partie de la scène puis font place à quelques chaises de petite taille qui ne tardent pas à être évincées par un lit rabattu dans un meuble de rangement et un portant circulaire débordant de vêtements féminins.

Le jeune metteur en scène a fait appel à des comédiens d’envergure pour interpréter cette partition exigeante qui débutant avec Schubert, s’aventure sur les chemins surprenants de la musique électronique, du chant et de l’utilisation de l’onde Martenot pour composer un univers sonore riche et divers. Dans un tel contexte, comment ne pas résister à la délicieuse Léonie Simaga (Lucile et Annette) drôle, fine et inattendue tout comme Anne Kessler (Henriette et Yvonne) aérienne et touchante dans des rôles tout à fait opposés. Laurent Stocker (Edouard, René et Lucien) impulse, l’air de rien, une dimension comique puissante qui fédère le jeu de ses camarades dont Christian Hecq (Baptiste, Ernest et Joseph) s’empare avec une justesse d’exception. INFORMATIONS & DETAILS » Partagez pour le plaisir :

Quatre Pièces (site web)

De Georges Feydeau

Mise en scène de Gian Manuel Rau

Dramaturgie et ondes Martenot Iva Sanjek Scénographie Anne Hölck

Costumes Gwendolyn Jenkins

Lumières Gian Manuel Rau

Création sonore François Thuillard

Décors Ateliers Un point Trois

Avec Anne Kessler, Laurent Stocker, Léonie Simaga, Christian Hecq,

Jusqu’au 25 octobre

Du mercredi au samedi à 20h, mardi à 19h, dimanche à 16H00.

Théâtre du Vieux Colombier

21 rue du Vieux-Colombier, 75006 Paris


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Partition Martenot Ginette art du geste vol 2 piano

Modèle : piano

Instrument : PIANO.Editeur : EDITIONS LEMOINE.


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Le jeudi 3 septembre 2009

Exposition - Musique electronique Electro

Concert d’ondes Martenot.

Julie Normal étudie les ondes Martenot depuis 2003 au C.N.R. de Strasbourg dans la classe de Christine Ott et Thomas Bloch, interprètes majeurs de cet instrument rare. Bassiste, claviériste et chanteuse au sein de formations punk et électro, elle a une dizaine de sorties de disques à son actif et se consacre depuis 2006 à la promotion de la fabuleuse invention des débuts de l’électronique que sont les ondes musicales.

Ondiste au sein du duo Accident du Travail, elle compose des bande-sons en collaboration avec des artistes tels que la chorégraphe Valéria Apiccella (Paris) et le réalisateur Esteban Bernatas (Barcelone), et a joué dans le kiosque électronique d’Olivier Vadrot au Plateau à Paris ( FRAC Ile-de-France). Elle s’est produite sur scène avec Phil Minton (concert au C.N.R dans le cadre du festival Jazz d’Or), Rodolphe Burger (concert à l’Opéra de Strasbourg, festival Musica)... Elle compose actuellement son premier album en tant que soliste.

Avec Julie Normal

Métro : Iéna

RER C : Pont-de-l’Alma

La performance a lieu dans le hall du Palais de Tokyo

Le jeudi 3 septembre 2009 :

Voir l horaire

-  Jeudi de 19:30 à 23:59

Tarifs d’entrée :

-  Gratuit

Plus d’information sur l’adresse de l’evenement :

Palais de Tokyo - Site de création contemporaine

PLAN DE Palais de Tokyo - Site de création contemporaine, France

Acces au 13 avenue du Président-Wilson 75016 Paris, France


Composer pulls some old strings | The Australian

JONNY Greenwood is on a lunch break, eating soup.

The guitarist has just stepped out of the studio in Oxford where his band, Radiohead, is rehearsing for a series of festival shows in Europe. He’s talking to The Australian about the Australian Chamber Orchestra’s upcoming performance of his composition, Popcorn Superhet Receiver, and about the pleasures of writing for an orchestra. But really, he could be forgiven if his attention is elsewhere.

Greenwood is behind schedule for his second commission for the BBC, where he was appointed composer-in-residence in 2004. And his Radiohead commitments are as pressing as ever. For the past few months, the five-piece British outfit, one of the world’s most innovative and admired rock bands, has been recording new songs, and a varied collection of tunes is taking shape. "There’s a bunch of stuff slowly growing, some more finished than others," he says.

Two years ago, no longer signed to a major record label, the band released In Rainbows online, inviting fans to pay whatever they thought the album was worth. It was a bold move, seen as undermining the recording industry and testing new modes of distribution. Where Radiohead goes next, though, is less certain. The members aren’t even sure whether to release another conventional album at all.

"Traditionally we’d be looking for 10 or 11 songs and putting them together, but that doesn’t feel as natural as it used to, so I don’t know what we’ll do. Maybe we’ll find four songs that work together and we’ll call that a release. I don’t know," Greenwood says.

After changing direction so many times, it’s perhaps no surprise that Radiohead finds itself, once again, at a crossroads. After starting off in 1993 with Pablo Honey and then the more accessible The Bends, the band established its place at the cutting edge of contemporary music with the landmark OK Computer. It then headed off in new directions with Kid A, Amnesiac and Hail to the Thief, embracing alternative forms of rock and electronics before 2007’s In Rainbows. Meanwhile, digital music and downloads changed the way music was consumed.

During the past few days, music circles around the world have been in a flutter after the band’s singer, Thom Yorke, told an American magazine he was "not very interested in the album at the moment". Greenwood confirms that a conceptual shift is under way. "No one knows how to release music any more, including us," he says. "How to put it together, in what format, how long. We’re in the dark as much as anyone I think."

Apart from that, Greenwood isn’t giving much away. He doesn’t seem worried though : Radiohead has always had a thing for reinvention. It’s no wonder, then, that the 38-year-old sounds relaxed as he discusses one of his other projects.

Greenwood was commissioned by the BBC to write Popcorn Superhet Receiver, an elegiac exploration of "white noise" featuring 36 strings and inspired by Olivier Messiaen and Krzysztof Penderecki. With its title taken from shortwave radio, the piece had its premiere in London in 2005, was performed in the US in 2008 and will form part of the 2010 program for the Australian Chamber Orchestra. (It can also be heard in the film There Will Be Blood, though Greenwood’s score was ruled ineligible for an Oscar because it contained too much "pre-existing music".)

Greenwood says he loves the variables of live performance : the "slight inconsistencies" of any ensemble, the idiosyncracies of musicians, the musical imperfections that make them "humans, not robotic things".

"I’m really curious to see what they get out of it," he says of the ACO. "It’s about the lift that musicians put into things. You realise you can write fairly simple things on paper and the musicality that people put into it is where it gets that lift. It’s not what I’ve done, and that’s what I find quite exciting."

When it comes to contemporary classical music, Greenwood is no dilettante.

The New Yorker’s music critic Alex Ross describes his "fascinating synthesis" of 20th-century music as "avant-garde romanticism", and says of Popcorn Superhet Receiver : "The piece possesses a solid architectural shape, with slow-moving, darkly meditative passages framing a kinetic, rock-tinged midsection." The piece also won the 2006 listener’s prize atthe BBC British Composer Awards.

Greenwood plays several instruments, including the early electronic instrument ondes Martenot, and was classically trained on the viola. He warns against making too much of his classical background — "I stopped when I was 18" — but says there are lessons from his musical adolescence that remain relevant.

"What I learned was that a room full of strings playing a tune or just making a sound is like nothing else," he says. "You can’t even record it, really. You can’t reproduce the experience of sitting in a room and hearing these sounds, and that’s what I keep coming back to. It’s all about the live event for me."

Indeed, it’s clear that Greenwood, along with other members of Radiohead, has a deep interest in the mysteries and possibilities of sound. He recalls how he was once transfixed while sitting in the audience during a Penderecki cello concerto.

"I just remember finding it hard to believe it was only a stage with strings in front of me. I kept wondering where all the electronics were coming from, where are all these textures were, but it was all just being made from these old instruments."

Greenwood also arranged the string parts for Radiohead’s recent one-off release, Harry Patch (In Memory Of). The song, full of solemn, plaintive beauty, was written in honour of Britain’s last World War I veteran, who died last month at 111, and released after his death.

Among all the instruments Greenwood plays, it’s his fascination with the ondes Martenot that stands out. The electronic instrument was a favourite of Messiaen’s, which is where Greenwood first encountered its sound. He has since used it in several Radiohead recordings and written for the instrument in orchestral works. By contrast, he dismisses the theremin — an instrument to which the ondes Martenot is sometimes compared — as "just a toy".

"It’s surprisingly easy, it feels very natural to play," he says. "What appeals to me is that it was invented with the intention of making music from electricity in quite a pure way. That was the motivation, at least as it seems to me. It was just done very well the very first time it was tried. The first one was made in 1928, it’s a really early idea and they just made it very musical."

Greenwood has great faith in the potential for contemporary classical music to evolve. "An orchestra is a piece of technology like anything else," he says. "In the same way as there’s still life in the piano or the guitar, there certainly is in an orchestra, because it’s a collection of musicians, and the variety of sounds they can make is limitless."

Greenwood wrote Popcorn Superhet Receiver by playing the string instruments into a digital editing program before transcribing the lot with a pen and paper. However he warns that computers have a way of stifling creativity, and is reluctant to rely too much on electronic aids.

"You try and make things sound good on a computer and everything ends up quite sort of traditional," he says. "It leads you down certain paths, which can be nice, but it’s like anything, like Photoshop : you end up working in certain ways even though it’s meant to be limitless. You find yourselves using the same sort of route."

Greenwood seems to enjoy finding a balance between the electronic and physical worlds. He tells how he was once trying to write a score while on tour with Radiohead. At the time, he was becoming frustrated with the mistakes he was making on the page, so he went off to a shop for supplies.

"I needed to get some scissors and glue," he says. "I came back and I was pasting it on and I suddenly realised that’s where the computer thing comes from, of ’cut, copy and paste’. So I was for the first time in my life doing an analog version of something I was used to doing on a computer." He pauses, then continues in a softer voice : "I kind of like it when technology goes backwards like that."


Richard Hawley : Sans Piles Session le 1er septembre

Richard Hawley : Sans Piles Session le 1er septembre

Il y a deux ans, Richard Hawley délivrait avec Lady’s Bridge l’un des albums de l’année 2007, sommet de songwriting racé et altier. Le 5 octobre, ce grand ami de Jarvis Cocker remettra le beau couvert avec Truelove’s Gutter, sixième essai personnel enregistré aux studios Yellow Arch dans sa sempiternelle ville de Sheffield.

"J’avais fait le tour de ma palette de sons sur le précédent disque", raconte Richard Hawley dans le communiqué de presse. "J’ai tenu à utiliser beaucoup d’instruments étranges, qu’on n’entend pas sur les autres". Cristal Baschet, waterphone, ondes Martenot, lyre enchantée et glass harmonica... Autant d’outils rares qui parent Truelove’s Gutter d’une couleur particulière. "Certaines des chansons sont très personnelles, mais la plupart sont nées de l’observation attentive des gens que je connais. Mais pas de manière méchante ou cruelle : je préfère comprendre les gens plutôt que de les juger".

C’est donc en toute quiétude que vous pourrez assister à la Sans Piles Session de Richie le mardi 1er septembre prochain. Soit une mini-session acoustique délivrée en petit comité dans l’enceinte du Truskel, ce temple de l’indie pop à Paris.

Le concert débutera à 19h30 et il faut s’inscrire par ici. Un e-mail sera envoyé aux heureux élus la veille de l’événement. Les absents devront patienter pour découvrir sur notre site le résultat filmé, accompagné d’une interview.

> Sans Piles Session Richard Hawley, le mardi 1er septembre.

> Truskel, 10-12 rue Feydeau 75002 Paris (métro Grands Boulevards, Bourse).

> Ouverture des portes à 19h00.


Phenomenal video Saturday : Radiohead, ondes Martenot edition | Knox Road

Phenomenal video Saturday : Radiohead, ondes Martenot edition | Knox Road « In Case You Missed It : Week In Review The Library is oh so nice » Jon

Phenomenal video Saturday : Radiohead, ondes Martenot edition

I’ve been waiting, like, days to post this video, because it’s phenomenal, you see, and I have to reserve such phenomenal videos for Saturday. I guess. First iteration of PVS is right here.

This week we have a performance of Radiohead’s “How to Disappear Completely,” a favorite of mine, performed live by Thom Yorke, Johnny Greenwood and approximately three other people. The latter four play the ondes Martenot, the instrument the band uses to make really creepy noises/music. It made me wonder, though, how one becomes proficient at such an instrument. Ondes Martenot school ? The cONDEServatory ? They don’t offer any classes at my school. How odd !

If you get bored easily, fast forward to 3:15. The video picks up soon after.

Radiohead - “How to Disappear Completely” [MP3] While You’re Here :Phenomenal video Saturday : Bon IverPhenomenal video Saturday : Joanna NewsomThe Dead Weather to premiere short film ; music fans to shrug indifferentlyDirty Projectors news OMGZThe Decemberists + "Crazy on You" + professional recording = neatMustachioed man covers Passion Pit on a harpFourth of July means fireworks made out of peeps Share this : http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... http%253A%252F%252Fwww.knoxroad.com... August 29th, 2009 | Tags : how to disappear completely, phenomenal video saturday, radiohead | Category : MP3, Video | Leave a comment |

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Méthode de Solfège - Méthode Martenot

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Clef Notes : Music we’ve been missing (Part 8) : Messiaen - The Baltimore Sun’s classical music critic Tim Smith blogs about the sonic art, local and beyond - baltimoresun.com

Music we’ve been missing (Part 8) : Messiaen

A survey of music we don’t get to hear live around here — at least orchestrally speaking — would have to include the works of Olivier Messiaen. And the item I think of first is "Turangalila-Symphonie," one of Messiaen’s most audacious creations.

Finished in 1948 and lasting nearly 80 minutes, the symphony sums up just about everything of the composer’s style and ideals. It is a mesmerizing work, "a hymn to joy," as he called it, "joy that is superhuman, overflowing, blinding, unlimited."

There are references in the music to birdsong, of course, a Messiaen trademark, and there’s also the exotic use of the ondes martenot, an instrument we tend to associate with cheap horror movies, but which fits perfectly with the composer’s vision of transcendence.

Needless to say, I don’t expect to spot "Turangalila" on a Baltimore concert anytime soon, especially in such restrictive financial times — the score calls for a gargantuan orchestra, not to mention an ondes martenot virtuoso (they’re never in great abundance) and a massively talented piano soloist. I’m grateful that Leonard Slatkin programmed it with the NSO some years ago ; what an uplifting experience that was.

Even if it’s too expensive an undertaking to contemplate now, "Turangalila" should be on the back-burner, ready to boil over the minute money starts to flow more easily. If you’re not already a fan of this audacious symphony, I hope the clip I’ve included here will hook you.

And speaking of Messiaen, let me put in a plug for something even more unlikely here, his daunting opera "Saint Francoise d’Assise." I’ve had only one chance so far to experience it live, in a riveting production by the San Francisco Opera.

It’s hard to absorb all the elements and ideals in the time-stopping work, yet you can feel totally gripped by something incredibly beautiful and real in this music. A scene of St. Francis overcoming his fears and embracing a leper gave me chills unlike any I’ve ever felt in an opera house. (The clip of that scene I’ve attached doesn’t come close to duplicating how the music came across in person.) I know it would be more than any local company in Baltimore or DC would even dream about tackling, but a presentation of "Saint Francois d’Assise," even in concert form, sure would be a major event.

I consider myself very fortunate to have heard Turangalila performed live at Carnegie Hall after I moved to New York ; I’d gone more than a decade without hearing it in Houston-though ironically Christoph Eschenbach, then the much-loved music director there, badly wanted to do it. Now that he’s at the NSO, perhaps you’ll hear it again there ?

As for Saint Francoise, you might have to come up to New York ; I know Alan Gilbert’s got a mind to do it. I’ll save you a seat.


Christine Ott - Solitude Nomade ::

Christine Ott - Solitude Nomade : (JPEG)

D’emblée, le nom de Christine Ott ne nous était pas inconnu. Compagnon(ne) de route de Yann Tiersen depuis L’Absente, elle figurait régulièrement aux côtés d’artistes français partageant ce même goût des orchestrations ambitieuses, que ce soit The Married Monk, Dominique A, Syd Matters ou encore Bed. Elle a aussi collaboré avec des artistes anglo-saxons, comme Stuart A. Staples (Tindersticks) ou Radiohead...

Sans être de ceux qui occupent le premier plan, son instrument de prédilection, les ondes Martenot, apporte une teinte un peu "hors de ce monde" aux disques en question. Leur sonorité n’est pas évidente à décrire : l’instrument, composé d’un clavier, d’un ruban (pour les "glissandi") et d’une "touche d’expression", peut évoquer un lointain cousin (précurseur) du synthé, auquel s’ajoute une nuance de touché rappelant, par certains côtés, celle des instruments à cordes. Ses sons aériens ont souvent été utilisés dans le cinéma d’épouvante et certaines pièces de musique contemporaine (tout aussi horrifiques ? On ne se prononcera pas sur la question).

Plus proche de nous, parmi les exemples d’utilisation susceptibles de donner une idée à l’auditeur novice, on peut citer deux célèbres chansons de Jacques Brel : dans La Fanette, ce sont les ondes Martenot qui figurent, à la fin, la voix enchanteresse de l’amoureuse envolée. Et ce sont elles aussi qui, en 1959, ouvraient la version originale de Ne Me Quitte Pas (note puriste en passant : la version réorchestrée de 72, lourdaude, commence en revanche par des notes de piano).

Soucieuse d’étendre le répertoire de son instrument et de mettre en avant ses propres qualités d’écriture, Christine Ott vient donc de sortir un album "solo" exclusivement consacré à ses compositions, et mettant les Ondes Martenot au cœur du processus instrumental.

En une dizaine de titres rêveurs évanescents, elle développe des paysages musicaux tour à tour intrigants et enchanteurs, aux ambiances classiques ou plus dépaysantes (notamment dans le morceau éponyme, arabisant par la grâce d’un oud joliment pincé). Les Ondes Martenot y révèlent toute l’étendue de leur registre, sans ostentation : elles sont mises au service des compositions, non l’inverse, et la technicité ne prime jamais sur l’émotion ainsi créée.

Un tel parti pris (centré sur un instrument) aurait sans doute pu virer à la monotonie ; mais la multiplicité de sons offerts par les Ondes permet d’éviter ce travers. D’autant que l’artiste s’est entourée d’un grand nombre d’amis musiciens, qui permettent une amplitude sonore assez vaste. Parmi les invités, on reconnaît Yann Tiersen au violon et Marc Sens à la guitare. Un peu plus loin, Christine Ott fait le bœuf (si l’on peut dire) avec sa collègue ondiste Monique Pierrot ; ou bien varie les plaisirs, en se mettant au piano sur certaines pièces.

Néophyte en la matière, on n’est pas en mesure de dire si, en terme d’écriture classique, les compositions de Christine Ott ont (ou pas) de la valeur. Mais un amateur de chansons y trouvera, à coup sûr, de quoi sortir de son ornière pop, étendant ainsi son univers musical. Les plus curieux iront ensuite prospecter au-delà, découvrir les œuvres majeures (Messiaen, Varèse, Jolivet) du répertoire consacré à ce mystérieux instrument.

En savoir plus :

Le Myspace de Christine Ott

http://www.myspace.com/ondesmartenotchristineott

Nicolas Brulebois •


A la une - e-alsace

http://www.e-alsace.net/index.php/smallnews/get ?newsId=1089

(JPEG) Prenez quelques minutes pour découvrir une vidéo présentant l’instrument étonnant de Christine Ott (notre photo) qui enseigne les Ondes Martenot au Conservatoire de Strasbourg, qui collabore également avec de nombreux artistes dont Yann Tiersen, et qui nous présente son premier album personnel.

Puis dirigeons nous vers l’équipe d’ALSATIC TV avec une émission se déroulant durant l’espace de quatre heures et découpée en huit émissions pour un large tour d’horizon de la Nouvelle Scène Régionale en Alsace : Emission Alsatic TV

Puis, arrêtons nous pour un "Starting Block", une émission commune et participative réalisée par l’ensemble des cinquante Radios Campus de France.

Chaque semaine, une radio du réseau présente sa scène musicale locale à travers les groupes, les collectifs, et les labels dans une exploration radiophonique de 30 minutes diffusée à l’échelle nationale : Podcast avec Starting Block

Retrouvez l’ensemble des informations, ressources, fiches artistes, associations, acteurs sur le site Artefact PRL dédié à la scène d’Alsace.

Un monde vivant, sonore et pour lequel Internet est un vecteur essentiel pour son développement et sa communication.

J.D


youtube - Christine Ott - Ondes Martenot (live avec Narcophony) - Video

youtube - Christine Ott - Ondes Martenot (live avec Narcophony) - Video Permalink : http://www.mooveon.net/video_71124685056931


Laroque-D’olmes. Niaux voit s’envoler la Symphonie de l’espace

Maxime Aulio, compositeur (en haut, en médaillon) et l’EIA et le chœur de Toulouse, en répétition sous la direction du chef Eric Villevière .Photos DDM. A.D.

(JPEG) L’Ensemble Instrumental de l’Ariège (EIA) sous la direction du chef Eric Villevière, se concentrent sur une des toutes dernières compositions de Maxime Aulio, La Symphonie de l’Espace. Ils la créeront, samedi 27 juin à la nuit tombée, sous le porche de la grotte de Niaux, site exceptionnel pour une soirée magique inscrite au programme officiel des manifestations de l’Année mondiale de l’Astronomie.

Encore une belle aventure pour l’EIA et le jeune compositeur - qui, ensemble depuis presque dix ans, cultivent avec exigence et bonheur une même passion pour la musique d’harmonie.

Qu’est ce qui vous a inspiré cette symphonie de l’Espace ?

Maxime Aulio. C’est un projet qui trotte dans ma tête depuis quelques années. Je voulais composer une œuvre un peu magistrale pour un orchestre à vent enrichi d’instruments rarement utilisés comme les ondes Martenot, le contrebasson, le hautbois baryton ou encore le saxhorn ; une œuvre qui ait un côté universel ... ça collait bien avec le ciel, les objets célestes, l’espace auxquels je m’intéresse depuis longtemps et qui m’inspirent beaucoup d’images musicales.

A l’EIA vous avez associé le Chœur de Toulouse Midi Pyrénées. La musique ne suffisait-elle pas ?

M.A. La présence de ce grand chœur ajoute à l’aspect universel que je veux donner à cette symphonie : il chantera en plusieurs langues- anciennes et modernes- des textes traitant de l’espace de façon scientifique, poétique, religieuse, philosophique. J’ai même prévu un dispositif pour diffuser des sons venus de l’espace comme le bip-bip du spoutnik, la voix de Neil Armstrong .... J’ai fait beaucoup de recherches pour nourrir mon imagination et construire cette composition. Ce n’est pas de la musique pure, elle s’ouvre à d’autres champs de la connaissance et s’en inspire.

Cette symphonie est une invitation au voyage ?

-  M.A .Si vous voulez, un voyage dans le temps, dans l’espace ; mais aussi un voyage en nous même. Elle débute par une évocation de la création du monde, dirige l’auditoire vers la lune et le soleil, l’engage à suivre la voie lactée, à visiter la galaxie...l’invitant finalement à s’interroger sur notre place à nous les hommes dans le vaste univers.

A quelques jours de la première, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

M.A. Difficile de le dire ; quand arrive le temps de la création, le compositeur a toujours ce sentiment singulier d’être loin de l’idée qu’il se faisait de sa partition ; c’est la loi de l’interprétation, je ne suis pas seul, c’est une aventure collective dans laquelle en fait la musique est toujours en mouvement.

Le choix du lieu où se déroulera cette création n’est pas neutre ?

M.A. Non, il est celui où nos lointains ancêtres ont laissé des traces de leur passage, d’où comme nous le ferons samedi, ils ont scruté le ciel. Qu’ont-ils pensé alors ? C’est émouvant de se poser la question. Et puis pour l’EIA c’est une façon de s’ancrer un peu plus dans ce terroir ariégeois qui l’a vu naître.


Les ondes Martenot, OVNI musical octognaire et synthétiseur avant l’heure

Les ondes Martenot, OVNI musical octogénaire et synthétiseur avant l’heure

Quel est le point commun entre Olivier Messiaen, Radiohead et le film "Mars Attacks !" ? Les ondes Martenot, un instrument octogénaire aux sonorités étranges considéré comme l’ancêtre du synthétiseur et dont la Française Christine Ott est l’une des rares virtuoses. © AFP

Les ondes Martenot ont été inventées dans les années 1920 par Maurice Martenot (1898-1980), violoncelliste et opérateur en transmission radio pendant la guerre.

Cet instrument électronique, qui a l’apparence d’un orgue électrique entouré de plusieurs hauts-parleurs, est constitué d’un clavier devant lequel est placé un ruban, chacun correspondant aux deux techniques de jeu. Le premier permet notamment des sons de vibrato et le deuxième, dont l’ondiste joue en fixant une bague à son doigt, reproduit des sons glissés qui rappellent la scie musicale.

Des compositeurs de musique contemporaine comme Olivier Messiaen, Pierre Boulez, Arthur Honegger, André Jolivet ou Darius Milhaud ont écrit pour les ondes Martenot. Leurs sons étranges et poétiques, qu’on retrouve souvent dans des films de science fiction ("Mars Attacks !", "SOS Fantômes"...), ont également séduit des musiciens pop comme Radiohead, Yann Tiersen ou Gorillaz.

Christine Ott, 45 ans, est à cheval sur les deux univers : interprète classique réputée, elle a collaboré avec Radiohead et travaille régulièrement avec Yann Tiersen, qu’elle accompagne actuellement en tournée mondiale, ou les Têtes Raides.

Elle est l’une des rares ondistes professionnelles, corporation estimée à une dizaine d’instrumentistes seulement, aux côtés de Thomas Bloch ou Monique Pierrot. Dans son premier album solo, "Solitude nomade", sorti récemment, elle explore toutes les facettes de cet OVNI musical qui parle à l’imaginaire.

"Les ondes Martenot offrent des possibilités très larges : des sons aériens, impressionnistes, et d’autres bruitistes, industriels", explique-t-elle. "C’est un instrument d’espace et de sculpture sonore, on est presque dans la plastique, comme un peintre qui utiliserait des palettes de sons".

Malgré leur pouvoir de fascination, les ondes Martenot rencontrent aujourd’hui plusieurs obstacles à leur survie.

D’abord, la difficulté à se procurer un instrument. Il n’est quasiment plus fabriqué, même si un inventeur nommé Ambro Oliva a développé un dérivé concluant, l’Ondéa, en 2003.

"C’est un tout petit milieu, très compliqué, souligne Christine Ott. C’est dur de connaître le nombre d’instruments qui restent. Souvent il y en a dans des caves, qui sont en train de mourir".

Ondiste depuis 25 ans, après avoir pratiqué le piano, elle-même a "mis 15 ans à trouver (son) instrument".

Autre écueil, un répertoire qui se réduit : "J’ai cherché certaines partitions pendant trois ou quatre ans, c’est parfois très difficile à trouver, beaucoup de choses ne sont plus éditées".

"De plus, il y a un manque d’écriture car beaucoup de compositeurs pensent que l’instrument est tombé en désuétude et n’est plus fabriqué du tout. C’est une espèce de spirale difficile", déplore la musicienne, qui se consacre à la transmission de son savoir : elle enseigne dans la classe d’ondes Martenot du Conservatoire de Strasbourg, tout comme Thomas Bloch.

"Quand je suis arrivée il y a huit ou neuf ans, il n’y avait que deux élèves, aujourd’hui ils sont dix", se félicite-t-elle. "Ils ont un bagage, des médailles de percussions ou de piano. Ils nous ont entendus avec certains groupes sur scène et sont devenus passionnés par les ondes Martenot".

 


Ondes Martenot

Ondes Martenot

June 22nd, 2009 | Author : admin

The Ondes Martenot (or Ondes-Martenot Ondes Martenot or Ondium Martenot ondes Martenot or musicale) is an early electronic musical instrument with a keyboard and slide invented by Maurice Martenot in 1928, and originally very similar in sound to the Theremin.

The sonic capabilities of the instrument were subsequently expanded by the addition of filter banks and switchable Loudspeakers. The instrument is especially known for its eerie wavering notes produced by the thermionic valves that produce oscillating frequencies, responsible for the female voice effects in the original Star Trek theme.

The Ondes Martenot has been used by many composers, most notably Olivier Messiaen. I’ve used it in many of his works, such as the Turangalîla Symphony and the Trois Petites Liturgies of the Divine Presence, his opera Saint François d’Assise calls for three.

Other composers included Pierre Boulez, Edgar Varese, Darius Milhaud, Arthur Honegger and Maurice Jarre ; André Jolivet wrote a concerto for it in 1947. On television Barry Gray used it frequently in his scores for Gerry Anderson’s series. It was also utilized by Bryan Ferry on the album As Time Goes By.

The instrument was frequently used in soundtracks for horror and science fiction movies, and is still used from time to time. Its uses include Lawrence of Arabia (1962) Billion Dollar Brain (1967), and Amélie (2001), and Bodysong (2003), by Jonny Greenwood of Radiohead.

Greenwood is often credited with bringing the Ondes to a larger audience through Radiohead’s Kid A (2000), Amnesiac (2001) and Hail to the Thief (2003) albums. Greenwood uses the Ondes often alone in his effort, the soundtrack to Bodysong, and has also written a piece for the instrument entitled “Smear.” Posted in Musician Instrument |


Julie Pierrejean veut faire vibrer les ondes Martenot

Pour la remise des bourses Déclics jeunes, Julie Pierrejean est arrivée à la Fondation de France, à Paris, en retard, mais avec une bonne excuse : elle rentrait d’Oslo, où elle assurait les claviers pour un concert du groupe de son frère Jérôme, Crashnormal. Du « rock garage électro », preuve de l’éclectisme de cette jeune femme de 28 ans. Née à Montbéliard, elle a appris la flûte traversière, puis la basse dans un groupe de rock. Elle est désormais une des rares joueuses d’ondes Martenot. Il n’existe en effet qu’une dizaine d’ondistes pros au monde, et seulement 300 exemplaires de cet instrument, sorte d’orgue électrique au son de scie musicale, redécouvert notamment par le groupe Radiohead. Julie en a fait la connaissance en 2002, par hasard, dans les couloirs du Conservatoire de Strasbourg, où elle n’était que surveillante pour payer ses études à l’université. « Je me suis demandé si les aliens débarquaient ! Je suis rentré dans la pièce, et là j’ai tout de suite voulu en jouer. On a l’impression que cet instrument a une âme, car on fait chanter l’électricité avec son doigt, et chaque être peut ainsi le faire vibrer différemment, avec sa sensibilité. » Julie parvient ensuite à intégrer le Conservatoire. Dans la foulée de sa professeur Christine Ott, qui vient de sortir un album, elle a le projet de réaliser un disque de compositions personnelles, ainsi que quelques reprises de Messiaen.


Bourse De jeunes Alsaciennes soutenues par la Fondation de France

(JPEG) Sur les 20 lauréats retenus par la Fondation de France figurent trois Alsaciennes, dont Julie Pierrejean (à gauche) et Francisca Meyer. Photo S. B.

Trois Alsaciennes - une musicienne, une artiste-verrier et une thésarde en neurosciences - ont reçu des bourses Déclics jeunes de la Fondation de France, destinées à des projets hors du commun.

Ne pas laisser s’effacer la mémoire, cette fois-ci de la musique, c’est aussi l’ambition de Julie Pierrejean et Sylvain Sartre. La première, qui vit à Strasbourg, joue des ondes Martenot, un instrument en voie de disparition ; elle prépare son premier album.


Sous le signe de la lumire et des couleurs Indre / Le Blanc / arts et spectacles

Née à Paris, Joëlle Tomasso est professeur d’arts plastiques et a reçu une formation de peintre professionnel : formation artistique et plastique à l’Université de Vincennes, suivie d’un enseignement pédagogique en arts plastiques méthodologie ; elle est diplômée de l’Ecole Martenot. Elle a décidé d’installer son atelier à Ceaulmont-les-Granges, près d’Argenton-sur-Creuse, il y a une quinzaine d’années. Elle a choisi d’y mener une vie qu’elle qualifie de « privilégiée par le calme et la sérénité qu’on y trouve, absolument propice à la création ». Cependant, plusieurs fois par semaine, elle continue de donner des cours en atelier d’arts plastiques à Paris.

« Je peins depuis plusieurs dizaines d’années, indique-t-elle. J’ai fait longtemps du figuratif, beaucoup de nus, et puis j’ai apprécié de plus en plus les cubistes. Depuis dix ans environ, j’ai adopté un style plus personnel. J’invite le visiteur à voyager dans mes toiles, à les recréer avec son propre imaginaire. » Fruits d’une quête intérieure, ses peintures fondées, sur l’équilibre des formes, créent la collission des masses, une certaine harmonie entre lumières et transparences. De textures sablonnées en nappes fluides, sa palette s’émaille de teintes sombres ou joyeuses.Les œuvres les plus récentes de Joëlle Tomasso marquent une tendance vers un registre plus ouvert, plus optimiste et une palette plus riche en coloris lumineux. Cependant, toutes ses réalisations sont empreintes du même style, reconnaissable entre tous, totalement libre des autres influences et qui témoigne d’un authentique talent.Depuis 1986, Joëlle Tomasso a participé à de très nombreuses expositions, à Paris, en Allemagne, dans beaucoup de villes françaises et dans le hall de l’hôtel de ville de Châteauroux en 2007. Durant l’année 2008, elle a exposé à Saint-Marcel et également dans le département voisin de la Creuse.

Exposition ouverte du mardi au dimanche de 9 h 30 à 12 h 30 et de 15 h à 19 h. Salle d’expositions « Le Moulin » à Mézières. Entrée libre.


Les Poissons d’or - LES POISSONS D’OR - Qobuz Info

Les « Poissons d’or » - LES POISSONS D’OR - Qobuz Info BOUTIQUE COMMUNAUTÉ MAGAZINE Ecouter et télécharger la musique en haute-fidélité

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Ancien partenaire de Dick Annegarn, de Magma et d’Odeurs, Jean-Philippe Goude a enregistré à la croisée du rock et de l’instrumentarium classique l’album aux solitudes (oui, c’est un clin d’œil à Purcell...), dont les tonalités minimalistes suggèrent le Penguin Cafe Orchestra autant qu’Arvo Pärt.

De belles références pour un album aussi baroque qu’attachant, qui s’amuse des cordes comme de la voix de contre-ténor et des ondes Martenot.


-Olivier Messiaen chanté par le Melodia Women’s Choir - French Morning NY


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Samedi 16 mai, les chanteuses du Melodia Women’s Choir célèbrent les musiques pour chœur françaises et le centième anniversaire de la naissance d’Olivier Messiaen avec le concert "Visions of Eternity".

Le chœur est composé de 40 chanteuses, conduites par Cynthia Powell, et est accompagné par le Melodia Women’s Orchestra, soit 23 musiciennes talentueuses dont Kyung-A Yoo au piano, Miranda Cuckson au violon et Françoise Murail, pour l’onde Martenot.

Programme du concert :

Trois petites liturgies de la présence divine, d’Olivier Messiaen

Messe a trois voix, d’André Caplet

In Memoriam Olivier Messiaen, de Reza Vali avec Naila Aziz (soprano)

Fête des belles eaux, d’Olivier Messiaen, arrangé par Claude S. Levine

Ave Maria de Gustave Holt

Cantique de Jean Racine, de Gabriel Fauré

Samedi 16 mai à 8pm.

@ Eglise St. Ignatius Loyola (980 Park Ave)

Tickets : $20 à l’avance ; $25 sur place.


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Duminică, 10 Mai

10.00 Muzica - o biografie În fragmentara biografie a muzicii de până acum am parcurs cincisprezece cărări prin diferitele genuri de piese muzicale, alte paisprezece poteci s-au ramificat prin istoria muzicii (occidentale cu precădere).

Începem azi ultimul calup de emisiuni, în care ne vom uita mai atent la instrumente. Deocamdată, ne plimbăm pe claviaturi, în sonorităţi de clavecin, spinetă, virginal sau orgă, de Hammerklavier, pian preparat, pian mecanic, celestă, Ondes Martenot , sintetizator, dar şi acordeon. Valentina Sandu-Dediu


Epoch Times - All Women’s Choir and Orchestra Appearing in New York City

The newly established Melodia Orchestra, consisting of only women instrumentalists, will premiere at New York City’s St. Ignatius Loyola Church at Park Avenue on May 16. They accompany the Melodia Women’s Choir, also women-only, as they celebrate the brilliance of French choral music. Their concert "Visions of Eternity" will showcase rare works by Olivier Messiaen, André Caplet, Gustav Holst and Reza Vali, specially composed for women’s voices.

A Rare Program

http://www.theepochtimes.com/n2/ima...PERFORMING : Cynthia Powell (Courtesy of Melodia Women’s Choir and Orchestra)http://www.theepochtimes.com/n2/ima...AN ALL-WOMEN ORCHESTRA : Miranda Cuckson plays violin. (Courtesy of Melodia Women’s Choir and Orchestra)http://www.theepochtimes.com/n2/ima...UNUSUAL SINGING : Naila-Aziz, will sing in the Middle Eastern style. (Courtesy of Melodia Women’s Choir and Orchestra)Artistic Director Cynthia Powell, conducting the all-women ensemble, is excited about the upcoming concert. She has dreamt about performing Messiaen’s “Trois petites liturgies” ever since she first heard it as a college student. As an organist, Powell is familiar with Messiaen’s work–the composer was primarily an organist himself—because his compositions are the most original organs pieces specifically written for the instrument since Bach. She has performed a number of his works for organ at various recitals and considers Messiaen one of the giants of 20th century music.

Ever Since Powell started to work with Melodia Women’s Choir, she had this piece in mind. It is also one of the major pieces in the repertoire of the chorus and orchestra. Since last year was the anniversary of Messiaen’s birth, Powell felt that as now is the perfect time to celebrate his life with the “Trois petites liturgies.”

“I love Messiaen’s harmonic language ; I love his view on melody as a paramount. I love the fact that he incorporates birdsong into his music. He often quoted Paul Dukas who said, ‘Listen to the birds…they are our masters’. I also admire and respect his spiritual ardor. He was a devout Catholic and though that is not my own religious background, his exploration of the ecstatic and mystical states of being through his music, resonates for me in my own spiritual journey. As human beings we all strive for heightened consciousness that leads us into the feeling of being at one with the universe, with God, or however one defines that phenomenon. Messiaen’s mysticism can speak to all of us in a pan-religious sense.”

Another instrumental piece on the program is an adaptation of a piece originally written for six ondes Martenot. The onde is an early electronic musical instrument invented in France in 1928 by Maurice Martenot. According to the tradition, ondes were played by six women in white gowns, and huge water jets spewed forth when they played.

Powell was lucky to find a piece for solo onde by Messiaen, adapted for strings, flute and piano by the French onde player and Messiaen devotee Claude-samuel Levine. The piece has an interesting background : it was originally written as “L’Eau à son maximum de hauteur” (“High Tide”) from a set of pieces called “Fête des belles eaux” (“Festival of the beautiful waters”) by Messiaen for six ondes Martenot for the Paris Exposition of 1937. Messiaen later adapted this into his “Quartet for the End of Time," which he wrote in 1941, while he was a prisoner of war held by the Nazis. He gave the onde solo to the violin and titled it “Louange à l’éternité de Jésus” (“Praise to the immortality of Jesus”).

The other pieces on the program are unique as well. Because the choir will be singing for the “Sacred Music in a Sacred Space” series at the prestigious St. Ignatius Loyola church, the music has to be sacred. So Powell chose a little known Mass setting, again written for women’s voices, by André Caplet, a contemporary of Debussy, who orchestrated many of his works.

The ensemble will also perform Gustav Holst’s gorgeous setting of “Ave Maria” for eight-part women’s chorus. Powell confessed the choir’s love for Holst and added that the singers have sung a lot of his works. Lastly, they will be singing an arrangement for women’s voices of Gabriel Fauré’s exquisite “Cantique de Jean Racine,” a classic choral piece beloved by all.

Apart from the French composers presented, there will be an unusual piece by Iranian-American composer Reza Vali. “Lament, in Memoriam Olivier Messiaen” was written the year of Messiaen’s death (1992) and is part of a larger work for voices and orchestra, Folk Songs (Set No. 10). In this work, Vali pays homage to Messiaen’s love of birds and birdsong. The text is in Farsi by Vali, and uses the bird as metaphor for Messiaen himself.

A special touch in the program will be a piece sung by a very gifted soloist from Azerbaijan, Naila Aziz, who is able to sing in a Middle Eastern style, i.e., using trills, glissandos, and vocal techniques that most Westerners don’t know.

“We thought it was very fitting to program this piece, both because of its homage to Messiaen, and because of the current tensions between the U.S. and Iran. Any opportunity to expand our cultural horizons and to break down barriers through music is of interest to us !”

Women’s Voices are Associated with Heavenly Realms

Cynthia Powell esteems the uniqueness of women’s voices and relishes the search for a dynamic unison and harmony in the choir sound.

“One could say that women’s voices, because of where they lie, are perhaps ‘sweeter’ than men’s voices ; but that’s hard to say, because men’s voices can be very sweet, too. But women’s voices are associated with more heavenly realms because they can sing in the upper registers and reach ethereally high tones.”

All voices have ‘registers’ that center around either the chest or the head, so one needs to be aware of where one ends and the other begins. It’s different for every voice part ; sopranos have a ‘break’ or register shift in a different area of the scale than do altos. Men have this, too.

“Women’s voices can be compared to the violin and flute, as their ranges and timbres are similar. There are so many instruments that sound well with women’s voices. We’ve used a lot of different configurations, from four French horns and harp, to string quartet, to jazz combo and even conch shell and Aztec drums ! Women’s voices are wonderfully versatile, as they can ‘carry’ [be heard] over large instrumental ensembles by virtue of their range.”

But what appears to be the most challenging part of the conductor’s work is choosing the music as well as constructing a program that best combines the voices at hand. At the same time, one must keep in mind the variety of styles and moods. It is also very important to consider the difficulty level of the piece and how much time it will take to prepare it.

“Harmony and unison, from a musical standpoint, are achieved through constant refining of the vowel sounds we make. There are so many different ways to pronounce a word, and unless everyone is doing it the same exact way, it won’t sound right. Interestingly, there is a lot of unison singing in the Messiaen work—plus it’s in French, making it an extra challenge, as French is the most difficult language to sing in !”

“Achieving harmony is another story. One has to have a basic knowledge of the intervals and how chords are constructed. There are tricks of that one has to know. For instance, if you are singing the third of a major chord, you must think high to really ‘lock in’ the pitch. Listening is as important as singing when you are in a choir !”

Powell shares that the most important thing a conductor has to do is prepare the pieces so thoroughly that everyone knows them inside and out. For her making music with a group of people who come for the joy of singing is one of the most rewarding experiences in life. The conductor has to always be aware that people are there for fun, for the love of music, and for the sense of accomplishment that comes from making an artistic statement together as a community. Honoring and nurturing those things, while teaching the music and getting the job done, takes patience, timing, and creativity. Besides, one needs to have a good sense of humor and passion for music—that counts most in good conducting.

A Unique Ensemble

Jenny Clarke, Melodia’s Executive Director, had the idea of starting the Choir in 2003. She soon discovered that while there is a great resurgence in the performance and popularity of women’s choral music throughout the U.S., Canada and Europe, there are very few choirs performing such a repertoire in New York City.

Clarke met Cynthia Powell soon after she started laying the foundation for Melodia, and they quickly turned the idea of Melodia into a reality. In spring 2004, Melodia had its first concert, conducted by Cynthia Powell.

“Melodia’s uniqueness lies in the range of music that we perform, our commitment to working with women musicians for all our concerts, and our commitment to supporting women composers through our commissioning program. Very few women’s choirs work with instrumental musicians. Most present concerts with piano only or a cappella. Our concert on May 16 is our first concert with an orchestra. We have created the Melodia Women’s Orchestra specifically for this concert. Our 24 professional women instrumental players are among the best in New York.”

Kyung-A Yoo, known as one of the finest collaborative pianists in the United States, will play the highly difficult piano parts at the May 16 event. Miranda Cuckson is establishing herself as a champion of new music for the violin and will play the violin solo. The string orchestra has been assembled by Stephanie Griffin, one of the premier violists in the U.S. The percussion section is all women ; and Francoise Murail, the onde Martenot player, is one of the few female players in the world of this unique and rare instrument.

The Choir consists of 38 singers, aged between 22 and 53. Most are in their 20s. Many singers are not originally from New York but have come to pursue their careers. Singers join through auditions, which are held twice each year, in August/September and December/January. The Choir presents concerts in the fall and spring each year and performs at other events throughout the season. The choir includes singers from Russia, Azerbaijan, Ukraine, Hong Kong, South Korea, Czech Republic, England, Canada, and throughout the U.S.

“We have also organized our first Women Composer’s Commissioning Competition in 2008. We received 65 submissions from women composers in 24 states in the USA. The women jury selected Chris Lastovicka as the winner. She is currently composing a work for us that will be premiered in New York in November 2009.”

The female ensemble has received significant recognition by the New York City community and has been heard on WNYC radio and seen on NBC TV.

For more information please visit : http://www.melodiawomenschoir.org/ Last UpdatedMay 9, 2009

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Mostre : Le tele di Loris Liberatori

Mostre : Le tele di Loris Liberatori METEO DI OGGI Data : ora : Vedi previsioni MENU PRINCIPALE Agricoltura Territorio Cultura Diritti Economia Esteri Istituzioni Sanità Trasporti Turismo Sport Tutti i Comunicati Focus Consiglio Regionale Istituzione URP Iniziative Gruppi Consiliari Consiglio Autonomie Locali Il Presidente Agenda Edicola Rassegna Stampa Home Mappa Redazione CERCA nel Sito 18:05 Nuova influenza : primo caso sospetto in Cina Altri Comunicati

CULTURA

07/05/2009

Mostre : Le tele di Loris Liberatori

Inaugurazione della mostra “Histoires d’eau”, venerdì 8 maggio alle 17, al primo piano di Palazzo Panciatichi. Parteciperanno all’evento Giampiero Iacopini e Marilena Pasquali

Firenze − Sarà l’acqua la protagonista assoluta di “Histoires d’eau”, la mostra del pittore Loris Liberatori che verrà inaugurata venerdì 8 maggio, al primo piano di Palazzo Panciatichi (via Cavour 4, Firenze). Grandi tele raffiguranti storie e ritratti di “paesaggi acquatici” ispirati principalmente al giardino di Ninfa (l’oasi del Wwf ai piedi di Sermoneta, in provincia di Latina) potranno essere apprezzate fino a mercoledì 20 maggio, dalle 14 alle 18 nei giorni feriali e dalle 9 alle 12 il sabato. Liberatori, artista spezzino dai numerosi interessi (pittore, attore e regista teatrale), ha iniziato a dipingere nel 1970, proseguendo la sua carriera artistica a Roma, dove da oltre vent’anni dirige la École D’Art Martenot. All’inaugurazione della mostra interverranno il critico d’arte Marilena Pasquali e Giampiero Iacopini dell’Accademia musicale di Firenze. (mh)


L’acqua spezzata di un grande artista ambientalista DIARIODELWEB.it

L’acqua spezzata di un grande artista ambientalista · DIARIODELWEB.it

Firenze - Dipingere l’acqua. All’artista che più di ogni altro ha fatto dell’acqua fonte di ispirazione e di speranza, il Consiglio Regionale della Toscana dedica una mostra vibrante e spettacolare, che si inaugura a Firenze domani, 8 Maggio (ore 17), nella prestigiosa sede di Palazzo Panciatichi (via Cavour 2). Mostra Il Diavolo & l’AcquaSanta - Tarocchi fantastici Ippica : il Derby italiano presentato in Galleria d’Arte Moderna

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L’acqua spezzata di un grande artista ambientalista

Histoires d’eau (storie d’acqua) presenta le ultime creazioni di Loris Liberatori ispirate al giardino di Ninfa, l’oasi del WWF ai piedi di Sermoneta, nel Lazio, parco di particolare suggestione e importanza, dove una vegetazione tutt’oggi incontaminata si riflette in laghi e torrenti.

Cinquantenne di La Spezia, da vent’anni trasferito a Roma dove lavora e dirige l’ École d’art Martenot , Liberatori è ormai celebre per le sue grandi tele, frantumate in pannelli, come tante finestre spalancate su una natura viva e incontaminata (www.lorisliberatori.com).

E’ una pittura a forte contenuto ambientalista, densa di suggestioni, di spessori, di paesaggi che offrono allo spettatore punti di vista nuovi e sorprendenti. L’artista si esalta elevando un inno all’acqua come fonte insostituibile di vita, di energia e di ricchezza.

Acqua e cielo, acqua e luce. Nella presentazione in catalogo, Marilena Pasquali, presidente della Fondazione Giorgio Morandi, sostiene che nell’arte di Liberatori la materia si trasforma in luce. Per questo pittore così singolare, aggiunge, « l’importante è liberare l’essenza dal superfluo, sfrondarla, ripulirla e farla brillare nella sua integra limpidezza ».

Sono molti anni, per la verità, che Liberatori racconta le sue Histoires d’eau : acqua del mare mossa dall’energia del vento e delle onde, acqua cristallina di torrenti che scorrono tra i boschi, acqua calma dei laghi dove si riflettono alberi secolari.

A emozionare la critica sono soprattutto i nuovi dipinti : « La semplificazione dell’apparato scenico e lo sciorinìo disteso dei riflessi che alleggeriscono l’immagine », scrive ancora Marilena Pasquali , « ne sottolineano il movimento segreto e trasformano tutto in pulviscolo luminoso, in effetti prismatici in cui l’elemento acquoreo vale ad ammorbidire il gioco della luce : una danza di vita che è, al tempo stesso, approdo di quiete per il viaggiatore dello sguardo, per chi riesce a vedere in questi silenziosi, vitalissimi angoli di natura una nuova, forse insperata, promessa di pace ».

Histoire d’eau, 8 - 20 Maggio, ingresso libero.

Orario : lunedì - venerdì 14 - 18, sabato 9 - 12, domenica chiuso

Catalogo di grande formato, 30 pagine, edizioni Consorti, Roma

N.B. Per entrare nella sede del Consiglio Regionale occorre esibire un documento d’identità.


Music Review - Gilbert Kalish - At Merkin Hall, a Tribute to Messiaen Showcases His Students - NYTimes.com

Birds of a Feather : Messiaen and His Legacy The program at Merkin Concert Hall featured Gilbert Kalish in a tribute to the composer.

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Yet that single delayed Messiaen work - “Oiseaux Exotiques” (1956), electrifyingly performed - rolled over the rest of the program like a tidal wave. Not that the other composers’ works were less vivid, in their different ways, but each explored an element or two that linked its composer to Messiaen.

“Oiseaux Exotiques” offers nearly the full slate of Messiaen’s signature moves : themes drawn substantially from birdcalls, though filtered through Messiaen’s pointed harmonic sensibilities, rhythms based on patterns found in Asian music and a pervasive sense of the mystical (if not quite the specific references to Roman Catholic theology that provide signposts in many of his other works).

Gilbert Kalish painted Messiaen’s bursts of solo piano writing in bright hues and with sharply defined edges, an approach matched by the woodwinds, brasses and percussion of the Stony Brook Contemporary Chamber Players, led by Eduardo Leandro.

The concert began with Mr. Gaussin’s “Satori,” which touched on Messiaen’s spiritual side, although the influence here is Buddhist : the title refers to the moment of inner awakening and oneness with the universe. The music, for solo clarinet, evokes that moment in slow motion ; a pianissimo line, slow moving and with bent pitches, gradually becomes louder, faster and more densely chromatic. Carol McGonnell, the clarinetist, made her way from the meditative patience of the opening to the ecstasy of the finale with inexorable momentum and carefully calibrated virtuosity.

In Mr. Murail’s “Courants de l’Espace,” performed by the Argento Chamber Ensemble and the Stony Brook group, the common ground was the ondes martenot, an electronic keyboard instrument that Messiaen used in several works. Mr. Murail, who played the ondes martenot line himself, used the instrument subtly, as part of the orchestral texture, often doubling string or vibraphone lines. Like Mr. Gaussin’s work, “Courants” evolves from the simple (a sustained tone) to the complex (clusters that jangle like a machine gone haywire).

Grisey’s “Manifestations” evolves, at first, almost exactly like Mr. Murail’s piece, but it also includes an amusing central movement that includes blowing up and bursting balloons, and a finale that sets a pair of gracefully melodic flute lines against the ensemble’s sustained dissonances. Face the Music, a student ensemble (ages 11 to 16) gave a knockout performance, directed by Jennifer Undercofler.

A


Diane Dufresne et Alain Lefevre : Un lumineux duo ! - Obiwi - Musiques

Voir les auteurs Obiwi Critique

Diane Dufresne et Alain Lefevre : Un lumineux duo !

Note : (4 notes) | Noter Noter cet article : Le 08/05/09 - Lu 139 fois - 0 commentaire Réunir en un album autant des talents (H. Reeves, C. Lara...) avec deux titans de la Musique D.Dufresne et A.Lefevre : voilà la garantie d’un bouquet de grandes émotions et de nouveautés percutantes... Effusions. Effusions, un duo gagnant. 1 / 2 medias

Articles partageant les mots clés alain lefevre, diane dufresne, hubert reeves, catherine lara, michel rivard, andré mathieu, cali rezo :

Alain Lefevre sur Radio-Canada, Espace Musique André Mathieu : concerto N°4 en mi mineur par Alain Lefevre André Mathieu, compositeur canadien, (1929-1968) le film... Alain Lefevre chez Charlie Rose... Alain et David Lefèvre : deux génies pour le prix d’un !

Lien suggéré par l’auteur

Le site de Diane Dufresne La sortie au Canada de l’album Effusions a fait date pour les amateurs de la Belle Chanson Française.Il fut jumelée avec une exposition des peintures de Diane Dufresne(1).

Image-miroir de Cali Rezo (2), (peintre qui chante), Diane Dufresne (chanteuse qui peint) est souvent là où on ne l’attend pas - avec éclat - comme le démontrent ses œuvres picturales (1).

Le titre Effusions est sous-tendu par la vibration créatrice d’Alain Lefèvre, (qui l’accompagne)et qui co-signe aussi un des must de l’album L’Enfant prodige. Un hommage à André Mathieu ! On reste sidéré de la densité d’une telle oeuvre : je l’ai écoutée d’emblée trois fois d’affiliée. Elle semble tirée d’une comédie musicale (à venir ?)tant d’images surgissent de la sobriété d’expression du texte et de la partition remarquables.

Si tu crois est une chanson composée d’un texte de Jean Laforest et d’une musique d’André Mathieu (âgé de 15 ans). Elle rappelle qu’il faut compter avec ce compositeur dont l’émergence de la nuit s’achèvera lors de la sortie du film tiré de sa biographie, en salle fin 2009 (3).

Terre planète bleue d’Hubert Reeves et Marie Bernard (avec choeur, ondes martenot, le groupe Magneto, + quatuor à cordes...) illustre bien la capacité opératique du talent de Diane Dufresne : une voix claire, fraîche, forte, tonique, douce... incroyablement inoxydable !

Noire Soeur (de Michel Rivard) m’a retourné : une parfaite réussite qui peut rivaliser avec le plus branché des "slams" d’Abd Al Malik, pour le texte et les mélodies chaloupées de Bénabar. Une modernité qui tient à l’intemporalité des chefs-d’oeuvres.

Le dernier aveu (de Catherine Lara et Jean-Jacques Thibaud) évoque le temps qui passe et l’âge que rien n’arrête, avec cette pudeur élégante des poètes de l’âme.

L’abum comporte douze titres : chacun mérite un arrêt intense pour l’apprivoiser,exceptés ceux qui envoutent dés la première écoute !

Le temps est sans prise sur Diane Dufresne : cela vient du fait qu’elle sait Partager les anges (titre N°1). De ces Effusions nait un climat d’altitude commune aux personnes à la note si haute, si juste et si céleste.

(1) http://www.dianedufresne.com/dd/

(2)http://www.obiwi.fr/culture/expos-et-creations/81667-cali-rezo-une-peintre-numerique-de-genie-et-une-musicienne

(3) http://www.obiwi.fr/culture/musiques/80834-andre-mathieu-compositeur-canadien-1929-1968-le-film Note : (4 notes) Noter cet article : Ajouter un mot clé Vous devez être membre de la communauté pour ajouter une information.


Christine Ott, ondiste de profession sur 20minutes.fr

Christine Ott, ondiste de profession sur 20minutes.fr

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CULTURE - Elle joue des Ondes Martenot. Vous connaissez ? « Je suis ondiste. » Dans la bouche de Christine Ott, l’affirmation identitaire sonne comme une promesse. On dit aussi « joueuse d’Ondes Martenot ». Parce qu’il est rare (moins de 50 modèles dans le monde), fragile et méconnu, il semble que Christine Ott parle de son instrument avec une tendresse exceptionnelle.

« Je l’aime de tout mon cœur, le défendre est un peu ma mission. » Et pour mener à bien ce sacerdoce, Christine Ott fait fi des frontières et du qu’en-dira-t-on. « Curieuse de tout », elle a collaboré avec des musiciens en tous genres : de Radiohead à Yann Tiersen ou Julien Doré. Détonnant pour une prof du Conservatoire de Strasbourg.

Un ovni sensible et mystérieux

« Je vais partout où la passion me mène. » Loin donc. Jusqu’à un premier album sous son propre nom, Solitude nomade. « Le déclencheur a été la mort de mon père. J’ai réalisé que je devais sortir mes sentiments en musique. Quand je fais écouter le disque à qui me connaît, le plus beau compliment est : « Ce disque te ressemble. »

Ne connaissant pas intimement Christine Ott, on peut juste dire que cet album ne ressemble à rien de connu. Il s’aventure dans les contrées mystérieuses et pas classiques du blues, de l’électro, du folk… Les ambiances de Solitude nomade sont des compagnons de route idéaux pour un voyage inédit à la découverte d’un instrument et d’une personne, riches et sensibles.

Benjamin Chapon


Review : Los Angeles Master Chorale at Disney Concert Hall | Culture Monster | Los Angeles Times

In the Los Angeles Master Chorale’s multi-season survey of Haydn’s Masses, music director Grant Gershon put together a number of odd-couple juxtapositions - Haydn with Rachmaninoff, Haydn with Andriessen among them. For the conclusion of the series Sunday night, Gershon hit upon the most inspired combination of all - Haydn and Messiaen.

Both, as it happens, are the focus of ongoing commemorations this season - the bicentennial of Haydn’s death and the centennial of Messiaen’s birth. Both were among the most devoutly religious composers of their times ; Haydn wrote 14 Masses, no less, and almost everything Messiaen did was a manifestation of his strong Catholic faith.

But you didn’t have to be a Catholic - or even read the texts - to get a full jolt of the exuberance and radiance of the two very different, formidably-titled works that Gershon led on Sunday at Walt Disney Concert Hall, Haydn’s “Missa Sancti Bernardi von Offida” and Messiaen’s “Trois Petites Liturgies de la Présence Divine.”

Messiaen may have had the most serious of religious intentions for his piece - premiered just as World War II was ending in Europe - yet the overriding impression is one of sheer fun. Yes, fun - with all of its delicious, sensual, chromium-plated sonorities, luminous repeating melodies, changing meters, and the 36 female singers who in Part III chanted some of their lines with increasing vehemence.

Messiaen himself described the solo piano part as “studding the texture with diamonds” - and it’s hard to top that as a description of pianist Vicki Ray’s performance, so we’ll let it stand. He also made use of an early, now-obsolete electronic instrument, the ondes Martenot (hence, perhaps, the main reason why “Trois Liturgies” is a rare visitor to concert halls) - and its interplanetary whoops and vibrations were playfully controlled by Mary Chun, who is supposedly one of only two professional “ondistes” living in the United States.

Gershon, for his part, did a terrific job of pulling off the delirious rushes of near-chaotic dissonances and shattering crescendos - and the dazzling clarity of Messiaen’s sonorities in Walt Disney Concert Hall produced repeated outbreaks of goosebumps. In a word, this performance deserved a "Wow."

The Haydn Mass - nicknamed “Heilig Mass” - is another relatively scarce item that should be better-known. While Messiaen titillates the senses, Haydn embraces you with cheerful affirmation and optimism, unleashing one inventive musical idea after another. Gershon and his expert chorus caught and projected this affirmative quality with a bright, robust choral timbre, generally vigorous tempos and gracefully swinging rhythms. In this finale to the Haydn project, Gershon went out on top.

— Richard S. Ginell


Midi Libre : le journal de Montpellier, Nîmes, Rodez, Carcassonne, Perpignan, Mende

Midi Libre : le journal de Montpellier, Nîmes, Rodez, Carcassonne, Perpignan, Mende meteo Montpellier 14° 16 avril 2009

SORTIES Christine Ott Solitude nomade Etre ondiste,

(JPEG) SORTIES Christine Ott Solitude nomade Etre ondiste, comme d’autre guitariste, pianiste ou violoniste. Christine Ott est donc une ondiste (il n’en existe qu’une dizaine dans le monde).Avec cet album personnel, elle excelle à tirer le meilleur et le plus inattendu de "l’Onde Martenot", cet ancêtre du synthétiseur inventé en 1918 par le Français Maurice Martenot.L’artiste, complice à la scène de Yann Tiersen, Têtes Raides, Radiohead... revisite, avec Solitudenomade, l’étendue sonore de ce drôle de "piano" : glissades entre souplesse et puissance, résonance et vibrato.A 90 ans, "l’Onde Martenot" est toujours aussi séduisant.


Alain De Repentigny : Yann Tiersen : coulé dans le rock | Entrevues

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Le virage rock de Yann Tiersen a sans doute surpris quelques spectateurs qui s’attendaient à entendre la musique du Fabuleux destin d’Amélie Poulain au Festival de jazz de 2006. Le compositeur et musicien breton qui s’amène au Club Soda se réclame encore plus du rock que la dernière fois.

Yann Tiersen entreprend sa première tournée en trois ans dans la capitale des États-Unis avant de s’arrêter au Club Soda vendredi et samedi prochains. Après trois semaines au Canada et aux États-Unis, on l’attend en Angleterre, au Danemark, au Portugal et même en Chine. Et la France ? « Peut-être cet été », dit le Breton à qui l’on doit les musiques du Fabuleux destin d’Amélie Poulain, de Good Bye, Lenin ! et d’un film plus récent sur le navigateur Éric Tabarly.

 

« J’ai fait un concert à New York, mais c’était il y a très longtemps, donc on n’a jamais tourné aux États-Unis et ça me paraissait logique qu’on y aille », explique Tiersen depuis les studios Real World en Angleterre où il répète avec ses musiciens. Il donnera le même concert à Montréal qu’à New York, Toronto ou San Francisco, même si on peut supposer que le public américain qui ne l’a jamais vu s’attendra peut-être à ce qu’il lui serve une bonne ration de ses musiques de film.

« C’est le genre de question que je n’ai jamais envie de me poser, répond-il. Je trouve que le meilleur moyen de satisfaire les spectateurs, c’est de se faire plaisir soi-même. Je n’ai pas à m’amuser à refaire ce que je faisais il y a 10 ans parce que c’est ce que les gens attendent. Et jusqu’ici, on n’a jamais eu de mauvaise surprise ; au contraire, c’est souvent dans les pays où on n’était jamais allés que ça se passait le mieux. Je croise les doigts... »

Un album plus contrasté

Au téléphone, Yann Tiersen est plutôt sympa, mais pas très volubile. Ce n’est sans doute pas par timidité, mais par conviction qu’il ne lui sert à rien de circonscrire avec des mots son travail musical. Il dira tout de même que sa musique de scène n’a jamais été aussi proche de ce qu’il va coucher sur son prochain album, Best Lane, sur lequel il planche depuis un an et demi.

« Le prochain album va être beaucoup plus contrasté, pas d’un morceau à l’autre, mais au sein même des morceaux, dit-il. Avant, j’avais des morceaux très calmes et des morceaux plus électriques et là, ça se passe dans le même morceau. C’est très rock en fait, je ne sais pas comment l’expliquer, mais il y a pas mal de choeurs et ça voyage plus, je pense. Ce disque ne contiendra aucun morceau purement instrumental et une seule chanson, que je chante avec Gaëlle Kerrien ; mais c’est loin du format chanson pur et simple. »

S’il puise dans son répertoire au Club Soda, il n’ira pas beaucoup plus loin que son album Les retrouvailles, paru en 2005. Et ses musiques de film ? « Il y aura des pièces instrumentales, mais disons que les morceaux des anciens albums se sont évaporés dans cette tournée », dit-il dans un rire étouffé.

De toute façon, Yann Tiersen s’est souvent défendu d’être un compositeur de musique de film, un genre dans lequel il dit être tombé presque par accident. Et ce, même s’il a accepté d’écrire la musique du film Tabarly l’an dernier.

« J’ai vu ça comme un hommage au navigateur et comme c’est un reportage, c’était complètement différent, explique-t-il. Mais les musiques de film arrivent toujours au mauvais moment, quand je suis en train de faire un album. Je suis toujours obligé de passer à autre chose. Mais cette fois, ça m’a permis de faire une parenthèse et de prendre du recul sur mon album qui m’a pris beaucoup de temps. »

Au Club Soda, Tiersen sera accompagné de la chanteuse brestoise Gaëlle Kerrien, de Christine Ott aux ondes Martenot, du bassiste Stéphane Bouvier et de deux recrues anglaises, le guitariste Robin Allender et le batteur Dave Collingwood.

Yann Tiersen, au Club Soda, les 17 et 18 avril.

 


RFI Musique - Musiques de film - Maurice Jarre est mort

RFI Musique - Musiques de film -

Maurice Jarre est mort

Le cinéma dit au revoir au compositeur de Lawrence d’Arabie

(JPEG) 30/03/2009 - Il était le compositeur le plus récompensé par les Oscars avec trois statuettes, pour Lawrence d’Arabie, Docteur Jivago et La Route des Indes ; Maurice Jarre a signé plus de 150 musiques de films pour les plus grands réalisateurs : John Frankenheimer, Alfred Hitchcock, John Huston ou Luchino Visconti. Il est décédé à Los Angeles des suites d’un cancer à l’âge de 84 ans dans la nuit du samedi 28 mars.

Maurice Jarre est né à Lyon le 13 septembre 1924, au temps où le cinéma était muet, où les comédies théâtrales pouvaient aussi être musicales. Le compositeur et chef d’orchestre s’est spécialisé dans la composition de bandes originales de grandes fresques américaines après avoir travaillé avec quelques-uns des plus grands réalisateurs français.

Il voulait être ingénieur, il sera compositeur. Après avoir eu un coup de foudre pour la Rhapsodie Hongroise n°2 de Franz Liszt, il intègre le Conservatoire national supérieur de Paris pour apprendre la composition.

Ses rencontres avec les meilleurs plumes françaises et les meilleurs acteurs vont le faire basculer vers le cinéma. Il rencontre et travaille avec Georges Franju puis Alain Resnais, Jacques Demy ou Jean-Paul Rappeneau. Franju, pour lequel il écrit notamment la musique de son long métrage La Tête contre les murs (1959), l’encourage à sortir des sentiers battus de la BO. Maurice Jarre créera une partition où les sons sont dissonants, où le rythme est instable, en s’imprégnant de l’atmosphère d’un asile amiénois.

Accordéon, cithare et Ondes Martenot nourrissent les différents travaux de Maurice Jarre pour des réalisateurs comme Jean-Pierre Mocky ou Frédéric Rossif. Il se distingue aussi dans sa façon d’envisager la composition de films documentaires comme dans ce film d’alpinisme de Marcel Ichac Les Etoiles de Midi (1959) où il préfère les sons rêches et épurés aux symphonies boursouflées qui caractérisent les films hollywoodiens des BO des années 50.

Lawrence d’Arabie

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En 1962, le producteur Sam Spiegel qui avait vu les Dimanches de la Ville d’Avray de Serge Bourguignon (où Maurice Jarre utilisa le son d’un doigt mouillé sur un verre d’eau pour enrichir la musique du film) a pensé que David Lean pourrait demander au jeune Maurice Jarre de composer la musique de Lawrence d’Arabie. Le compositeur français - plus connu au théâtre qu’au cinéma car quelques années plus tôt il composa pour le Théâtre national populaire de Jean Vilar à Lyon 70 musiques de scènes - s’est étonné d’avoir tout à coup pour les besoins de la superproduction, deux heures de musique à écrire, sur quatre heures de film, à composer en l’espace de six semaines. Un défi à réaliser en compagnie du London Symphonic Orchestra.

Plus tard, toujours fidèle à David Lean, les sessions d’enregistrement de la bande son de Docteur Jivago (deuxième Oscar en 1965) seront marquées par le célèbre Thème de Lara et par ces moments de prise de sons en studio où les musiciens perdirent leur concentration en raison d’une visite surprise de Sophia Loren, accompagnée de Carlo Ponti, le producteur du film. Autre chef d’œuvre de la collaboration avec David Lean, La Fille de Ryan. Jamais une telle complémentarité n’aura été aussi forte entre un compositeur et le réalisateur. En 84, le duo récidive avec La route des Indes (troisième Oscar pour Maurice Jarre).

Percussions

La devise du compositeur a toujours été d’être complémentaire au réalisateur, comme si la musique devait dire quelque chose que l’image ne dit pas. Elle ne doit pas être utilisée comme une simple illustration. Jarre a découvert les musiques "ethniques" lors de ses années de Conservatoire. D’où son attirance pour les percussions, capables selon lui de transcender la musique. Avant de commencer à travailler auprès des réalisateurs, sa soif de découvrir des univers sonores nouveaux l’amèneront à participer au "Club d’essai" de Pierre Schaeffer et à enregistrer pour la radio aux côtés de Pierre Boulez.

Dans le film El Condor en 1970, l’utilisation des percussions prenant le dessus sur le travail de l’orchestre est un exemple de cette passion pour les sons tribaux. Son travail, tout au long de sa vie de compositeur, est marqué par l’envie de tenter des associations inédites d’instruments, d’expérimenter en utilisant des trompettes stéréophoniques, en composant des chansons populaires et autres musiques d’atmosphère.

Considéré comme un spécialiste des films de guerre, depuis son travail remarquable sur Le Jour le plus long, il n’aura de cesse de tenter des aventures musicales dans d’autres styles de films. L’arrivée des synthétiseurs ne lui permettront pas toujours d’imiter ses grands succès. Notons le mélange réussi des synthés avec la flûte roumaine dans Witness (1985) de l’Australien Peter Weir, et les dispensables vagues électro semblables à celles de son fils Jean-Michel sur la BO de Sens unique. Quelques réussites ponctueront la dernière partie de sa carrière, Gorilles dans la brume (1988), Le Cercle des poètes disparus (1989) ou encore Agaguk (1992) où le compositeur mélange musique et voix pour l’une des seules fois de sa carrière. Maurice Jarre a aussi œuvré en tant que chef d’orchestre au sein des Philharmoniques de Londres, de Los Angeles et du Japon. Entre autres compositions notables, il est l’auteur de la musique du ballet Notre-Dame-de-Paris ou de l’opéra-ballet Armida.

Lors du dernier festival de cinéma de Berlin en février 2009, il avait reçu un Ours d’Or pour l’ensemble de sa carrière. C’était sa dernière apparition publique en Europe.

Le compositeur avait trois enfants : le compositeur de musique électronique Jean-Michel Jarre, la décoratrice Stéphanie Jarre et le scénariste Kevin Jarre.

David Glaser


Blog de la redaccion - Detalles de la entrada : Radiohead : Consagrando la primavera

Radiohead : Consagrando la primavera

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Si uno de los avatares posibles de la seducción es la coqueta fría -estilo Andy Warhol, acota Robert Green-, Kraftwerk son la perfecta manifestación de la seducción por el rechazo : reacios a las emociones, apenas alteran sus posturas, no parecen moverse un ápice de su posición ante las computadoras en pedestales. La calidez está en otra parte : en las proyecciones de figuras geométricas, iconos y secuencias que insisten en reiterar que Kraftwerk, alguna vez un grupo de avanzada que avizoraba el pop del año 2000 -dominado por computadoras y voces sin matices-, se ha convertido en un grupo de retrofuturismo.

Hay una perfección en su concierto acorde a esa ambición robótica y maquínica. No hay respiro, silencios o titubeos. Dura sesenta minutos sin apenas tiempo muerto en las transiciones. El diseño del concierto muestra una progresiva complejidad. Comienza con melodías simples y mecánicas hasta lograr uno de los momentos cumbres en el soul tecno, sin cuya lección Pet Shop Boys, Soft Cell y claro, los robots ingenuos de Daft Punk, no habrían nunca existido. Soul que permite la transición hacia la mejor canción del grupo : “Radio Activity”, clímax de su set, pasando antes por “TransEurope Express”. Una nota irónica : el grupo toma un respiro y en su lugar quedan maniquís -la diferencia no es mucha, excepto porque los maniquís sí mueven las manos. Suenan las notas de “Los robots” y en la pantalla se lee, “estamos recargando nuestras baterías”. Tras asentar que la música no se detiene (“Music Non Stop”), como emblemático corolario a un grupo cuya aspiración es el continuo, este cuarteto de modesta perfección se permite un gesto simpático. Mientras descienden del escenario, Ralf Hütter dice “Gute Nacht”, buenas noches.

Intervalo de cuarenta y cinco minutos de reggae minimalista sonando en las bocinas, antes de que se apaguen las luces, salte el bajista Colin Greenwood -cuya función parece la de un caballerando : es el primero, siempre, en salir levantando los brazos y aplaudiendo-, y tras él Ed O’Brien de saco oscuro, Thom Yorke con una camisa de manga larga de rayas, Jonny Greenwood de blanco. La multitud reacciona como una serpiente atraída por las percusiones : se mueve, empuja, brinca. Abren con “15 steps” de In Rainbows. Pero es con “There There”, precedida por un “Hola” de Yorke, que el concierto comienza propiamente. Al escuchar los primeros acordes, el público exclama “No mames, no mames”, una chica agita sus puñetes y parece llorar mientras en otra parte un chico abraza a su novia que lo mira agradecida, quizá sea el oculto demiurgo que permite que escuchemos esa canción de doble percusión. Es la primera canción que la tímida, aún incrédula diríamos, multitud corea tibiamente. Y grita cuando Yorke, a la mitad, mueve sus manos como monito maraquero emulando los movimientos de esa otra coqueta fría llamada Ian Curtis.

No hay transición. Las luces cambian de los tonos cálidos eléctricos del principio a tonos cálidos y envolventes en una gama más oscura. Los músicos se perciben ahora menos nítidamente, son siluetas. Yorke coge la guitarra, cambian la distribución, se rotan como en un equipo de voleibol, y mientras Greenwood toma el Ondas Martenot, Yorke se desplaza hacia la izquierda y O’Brien se adelanta. Un riff, un ulular, los acordes violentos y ese clima de caos seductor de “National Anthem” invade el escenario y el público corea : “It’s holding on”.

Si el concierto de Kraftwerk está diseñado para trazar una historia no evolutiva ni cronológica del grupo, sino para asentar que el minimalismo de los 8 bites no impide la complejidad en la composición que se advierte en “Radioactivity”, el set de Radiohead parte de una sencilla distribución : dos canciones lentas, seguidas de una canción o altamente representativa (digamos “Karma Police” o “How to Disappear Completely”) o rockera, a condición de entender que el rock de este último Radiohead, el que va con la década, se sustenta en los efectos percusivos del jazz y el dodecafonismo.

Si Kraftwerk muestra un paisaje que va del tecno minimal al tecno soul orquestal, Radiohead da una versión de su historia con In Rainbows como significador. Y el sentido que se desprende de esta tirada de cartas es que Radiohead ha dejado de ser una banda de rock, aunque lo parezca y aunque Thom Yorke haya transformado el concepto de estrella de rock con su aspecto de Gollum con pelo, para convertirse en una suerte de intérprete pop de los climas contemporáneos. Retoman, asimilan los conceptos de Messiaen, Penderecki, Pärt, Reich, Stravinski, y los entreveran con jazz y ruido. La grandeza del concierto de Radiohead es proporcional a sus cambios de ritmo, a su fuerza percusiva, a la violencia con que O’Brien o Greenwood emprenden los acordes. A diferencia de grupos precedentes no evoca el virtuosismo de la música clásica ni busca su grandeza en las letras -qué grandeza existe en un grupo que ha convertido a la reticencia y el laconismo en sus aliados- sino que persigue un clima que va de la suite y el lamento sublime al ruido y el frenesí ritual a través de toda clase de percusiones, como discípulos inesperados de Robert Wyatt. Incluyendo el minimalismo electrónico de Kraftwerk -toda elección es siempre un reconocimiento. El punk comenzó eliminando los acentos africanos del rock, Radiohead ha descubierto que hay otro percusionismo ritual : el del chamanismo que Stravinski reelaboró en La Consagración de la Primavera y que Penderecki encausa hacia un sentido místico.

Tras una serie de picos y de bien llevadas mesetas, con crestas en “Karma Police”, “There There”, “Kid A”, “Climbing Up The Walls”, Radiohead desapareció. Llevaban setenta y cinco minutos de concierto. Los reportes del primer concierto hablaban de más de dos horas de actuación. Regresaron para un primer encore con cuatro generosas canciones encabezadas por “Paranoid Android”. Desaparecieron pero una segunda demanda los regresó para un segundo encore donde dominó la actuación de Yorke al piano emprendiendo “Like Spinning Plates”, encanto roto por los acordes de “Reckoner”, fiel a esa secuencia de no insistir en un solo estado de ánimo ni en un compás. El tercer encore llegó con una ilusión. Varios en la masa pedían “Creep”. Unos jóvenes insistían en que sólo habían ido para escucharla. Y en efecto, no cantaron ninguna canción, ni brincaron, no se estremecieron cuando Yorke contó uno, dos, tres, cuatro y emprendió los acordes sexysadiescos de “Karma Police”, ni se emocionaron cuando Yorke agitó su desmadejado cuerpo y pedaleó al compás de “Idioteque”.

Tras interpretar el último encore, después de ocho canciones -lo que revela que el concierto de Radiohead es un set de dieciséis canciones más otro set de ocho distribuido en tres encore-, pensé que era el final. Yorke ya se había despedido. Pero entonces Yorke murmuró : “This is the last night”, y se escucharon los conocidos acordes con guitarra acústica en Do, Mi, Fa... La multitud, que había coreado tantos himnos, que había llorado al reconocer las canciones de In Rainbows, se agitó. When you were here before. Se empujaron las cabezas. Couldn’t look you in the eye. Los encendedores emitieron su guiño a las estrellas y dirigieron los rumbos de los helicópteros y aviones. You’re just like an angel. Y una sola voz coreó : But I’m a creep, I’m a weirdo. Muchas personas lloraban. Yorke, Radiohead, mostraba su amor rindiéndose, aceptando tocar la canción que los hizo famosos y que por eso detestan. Una canción que ya nada tiene que ver con ellos pero que nunca dejará de ser ellos.

Cuando Paul McCartney vino a México en 2002 tocó “Eleanor Rigby”, por primera vez desde los sesenta. Ahora Radiohead interpreta “Creep”, que sólo aparece esporádicamente en su setlist y que desde 1998 no tocaban hasta que la interpretaron en Oxford, en 2001. Bastaría este gesto para asentar en la memoria del pop este concierto, este segundo concierto. Pero ese concierto ya es indeleble en la memoria, en la sensibilidad, en esa piel que escucha aún los trémolos y falsetes de un Yorke persiguiendo la etérea belleza de un Pärt y siente aún en sus venas las palpitaciones sincopadas de un jazz postmoderno que persigue la comunión a través de un baile único, solitario.

-  José Homero


Le 20me siècle : collections permanentes - Cité de la musique

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collections permanentes

Le XXe siècle :

l’accélération de l’histoire

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Bien que marqué par deux guerres mondiales particulièrement meurtrières, le XXe siècle est aussi l’ère d’un enthousiasme sans précédent pour l’invention de nouvelles technologies : la radio, l’ordinateur, le néon, la fibre optique... Autant d’inventions qui bouleversent l’activité industrielle, la vie sociale et, bien sûr, la création artistique. La présentation actuelle des collections XXe siècle du Musée montre l’évolution des traditions musicales dites « savantes », qui se situent en droite ligne des musiques évoquées aux XVIIIe et XIXe siècles. Le très vaste champ des musiques populaires qui éclot au XXe siècle sous l’impulsion notamment d’une diffusion rendue possible par les moyens technologiques, n’est abordé que de façon très limitée. Mais le Musée prévoit pour 2011 la création d’un espace dédié à ces musiques.

Le langage musical du XXe siècle se comprend à la fois comme rupture et comme poursuite des évolutions entamées au XIXe. L’atonalité ou le sérialisme défendu par Arnold Schoenberg se constituent ainsi en lien avec Liszt, Brahms ou Wagner. Le rythme et la percussion occupent une place grandissante dans la composition, comme le montrent Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky ou Ionisation d’Edgard Varèse, dont le Musée présente certains instruments de la création.

L’apparition de l’électricité ouvre un champ inouï à des compositeurs soucieux d’étendre le domaine du timbre à de nouveaux sons. Les instruments des précurseurs Theremin ou Martenot, ou de Laurens Hammond inventeur de l’orgue électrique, témoignent d’une inventivité sans pareil. L’électronique et la miniaturisation ouvrent la voie à de nouveaux instruments appelés synthétiseurs, suivis de près par un autre outil indispensable de la création d’aujourd’hui, l’ordinateur. La numérisation de la musique, fait actuellement incontournable, est illustrée dans le Musée par quelques jalons de son évolution, la machine UPIC de Xenakis ou l’ordinateur 4X développé à l’Ircam, sans oublier le célèbre synthétiseur Yamaha DX9, premier instrument numérique produit en masse.

Cette évolution technologique génère des bouleversements dans le langage : musique électronique ou concrète, interactions en temps réel entre l’instrument et l’ordinateur sont autant d’expressions nouvelles de la pensée musicale, rendues possibles par la technologie. Celle-ci a également permis de multiplier les influences croisées entre musiques occidentales et extra-européennes, entre champs savants et populaires : ces aspects sont illustrés dans le Musée par de nombreux extraits audiovisuels, tandis qu’une projection sur grand écran propose une sélection d’œuvres majeures du siècle.


Le Musée de la musique : bien plus qu’une collection d’instruments

Il rouvre ses portes à paris à partir d’aujourd’hui mardi 3 mars 2009

Parcours sonore enrichi, documents audiovisuels nouveaux, espaces réaménagés : le Musée de la musique rouvre aujourd’hui à Paris après une rénovation destinée à mieux honorer la diversité des expressions musicales, au-delà d’une simple vocation de collection d’instruments.

HÉRITIER du cabinet d’instruments aménagé en 1796 au sein du Conservatoire, le musée a été inauguré deux siècles plus tard, en 1997, sous le toit de la Cité de la musique dessinée par Christian de Portzamparc dans le parc de la Villette (XIXe arrondissement).

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Plutôt novateur il y a douze ans dans sa volonté de présenter les instruments dans leur contexte historique et sociologique, le Musée de la musique avait besoin d’aller plus loin dans cette démarche, selon son directeur Eric de Visscher.

« Les musées en général ont beaucoup évolué depuis dix ans, ils se sont grandement ouverts sur le public, qui est maintenant au centre de leur activité », explique-t-il.

Montrer l’humaine derrière l’instrument

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Amélioré dans son confort (éclairage, signalétique, places assises...), le musée présente désormais quelque 1 000 instruments et autres objets, dont 200 nouvelles pièces. Parmi elles figurent un rarissime clavecin Vater de 1732, un violon (1716) de la « période d’or » de Stradivarius, un piano-pédalier Erard de 1853 ou encore une octobasse Vuillaume de près de 3,50 m de haut.

Enrichie, la collection est surtout mieux présentée, désormais rythmée par quarante films courts. « C’est une façon de montrer de l’humain derrière les instruments, avec des musiciens en train de jouer, des acteurs, des musicologues ou des historiens qui nous parlent », souligne Eric de Visscher.

Chaque espace, du XVIIe au XXe siècle, est ainsi introduit à l’écran par un « grand témoin », tel le compositeur et chef d’orchestre Pierre Boulez, qui parle de la modernité en musique avec sa clarté habituelle.

Le parcours sonore a aussi été revu. Le visiteur adulte - les 7-14 ans ont un « parcours » adapté - aura accès par audioguide à plus de quatre heures de musique, grâce aux campagnes d’enregistrements menées depuis 1997 sur les instruments des collections ou des fac-similés.

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Certaines collections, un peu négligées par le passé, disposent aujourd’hui de plus d’espace : c’est le cas des musiques extra-européennes, qui voient leur surface doubler, et des musiques du XXe siècle dans leur dimension « savante ». Le musée s’intéresse par exemple à l’évolution des instruments apparus grâce à l’électricité et à l’électronique, du theremin et des ondes Martenot jusqu’au synthétiseur (comme l’E-mu de Frank Zappa, exposé ici) et à l’ordinateur.


Thomas Bloch et ses instruments rares en concert le 19 février :: Paris 20e ::

Brèves

Thomas Bloch et ses instruments rares en concert le 19 février

vendredi 13 février 2009

Thomas Bloch, étonnant musicien maniant des instruments tout aussi étonnants (ondes Martenot, cristal Bachet, harmonica de verre), sera en concert à la mairie du 20e jeudi 19 février 2009, dans le cadre des "jeudis de Jean-François Zygel". Une rare occasion de voir ce Parisien mondialement connu en live.

Concert avec Thomas Bloch

Jeudi 19 février 2009, à 14h, 17h et 20h

Mairie du 20e, salle des mariages

6 place Gambetta, 75020 Paris

Entrée payante

Renseignements : 01 43 15 20 20

Thomas Bloch est l’un des interprètes majeurs d’instruments rares (ondes Martenot, glassharmonica, cristal Baschet), compositeur et producteur, dans divers domaines : musique classique, contemporaine, opéra, improvisation, chanson, rock, théâtre, musique de film...

Il a participé à plus de 2500 concerts dans 40 pays et apparaît sur plus de 100 disques.

Titulaire du 1er Prix d’ondes Martenot du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (classe de Jeanne Loriod) et d’une Maîtrise en Musicologie de l’Université de Strasbourg, il est professeur d’ondes Martenot au Conservatoire de Strasbourg, directeur artistique du Festival d’Evian et chargé de présentation au Musée de la Musique de Paris.

Parmi ses collaborations : Radiohead, John Cage, Gorillaz, Tom Waits, Marianne Faithfull, Bob Wilson, Emilie Simon (La Marche de l’Empereur), Milos Forman (Amadeus), Jean-François Zygel, Myung-Whun Chung, Michel Plasson, Paul Sacher, Maurice Bourgue, Roger Muraro, Marcel Landowski, Philippe Sarde, Isabelle Huppert, Charles Berling, M, Yvan Cassar, Manu Dibango, Fred Frith, Lara Fabian, Vanessa Paradis, Arthur H, Zazie, Maxime Le Forestier...

Thomas Bloch donna la première audition de la version originale avec glassharmonica de Lucia di Lammermoor (Donizetti) à la Scala de Milan et joua en tant que soliste aux ondes Martenot lors du centenaire de l’Orchestre Philharmonique de Varsovie.

Il est lauréat du Classical Music Award 2002 (Midem), du Choc (Monde de la Musique), des Victoires de la Musique...

Il fut le premier musicien à jouer intégralement en solo les Vexations d’Erik Satie, une pièce pour piano de 24 heures.

Thomas Bloch enregistre pour la plupart des labels (EMI, Deutsche Grammophon, Sony...) et a produit plusieurs disques personnels chez Naxos.


Berlin honors Maurice Jarre - Entertainment News, Film News, Media - Variety

Composer Maurice Jarre, who today receives the Berlin Film Festival’s Honorary Golden Bear for lifetime achievement, has worked with more world-famous directors than any other living film composer.

His list of nearly 180 scores, dating back to 1952, includes collaborations with John Huston, Alfred Hitchcock, William Wyler, Elia Kazan, Luchino Visconti, Fred Zinnemann, Rene Clement, John Frankenheimer, Volker Schlondorff - and his best-known partnership, David Lean.

Jarre scored Lean’s last four films, winning Oscars for three : “Lawrence of Arabia,” “Doctor Zhivago” and “A Passage to India.” And while the fourth, “Ryan’s Daughter,” failed to gain even a nomination, it remains Jarre’s personal favorite.

“I owe him everything,” Jarre said of Lean. “He gave me the best pictures, the opportunity to receive three Oscars for four films - not so bad ! - and he gave me his friendship. He was a gentleman. When I lost him, I lost not only a great director, but a great friend.”

The Lyon-born, Paris Conservatory-trained composer had been music director of the Theatre National Populaire and scored a number of French films throughout the 1950s. But it was his grand, sweeping music for “Lawrence of Arabia” that catapulted him into the front rank of composers for international cinema.

“I was so lucky to work with great directors,” he added, singling out Schlondorff’s “The Tin Drum,” three films with Huston, and Frederic Rossif’s documentary “To Die in Madrid” as other favorite assignments. “Even when the pictures were not great, it was still wonderful,” he said. Asked what all those famous directors had in common, he replied with a single word : “Talent.”

Jarre’s remarkably diverse output over half a century of scoring films ranges from the Russian romance of “Doctor Zhivago” (his biggest commercial success) to the mystical moods of “Ghost,” the offbeat electronic soundscape of “Witness” and majestic music for the gentle creatures of “Gorillas in the Mist.” Jarre’s music added suspense to “Topaz,” terror to “Fatal Attraction” and charm to “Dead Poets Society.”

He is especially proud of his effective use of ethnic instruments to evoke exotic locales, partly because of his own background as a percussionist and his ongoing fascination with ethnomusicology. “I was always looking for new combinations of sounds and musicians who could play very strange instruments,” he explained.

So Jarre flavored Huston’s “The Man Who Would Be King” with the sarangi, an Indian lute ; “The Tin Drum” with the fujara, a Slovakian shepherd’s flute ; Franco Zeffirelli’s “Jesus of Nazareth” with the santur, a Middle Eastern dulcimer ; the James Clavell miniseries “Shogun” with the Japanese stringed koto and biwa ; and, for “Zhivago,” an entire ensemble of Russian balalaikas.

Although orchestrally trained, Jarre became fascinated from an early age with electronic instruments as a way of adding new colors to his sound palette. He was using the eerie Ondes Martenot keyboard as far back as the 1950s and, during the 1980s, used synthesizers on numerous scores from “The Year of Living Dangerously” to “Witness” and “The Mosquito Coast.”

He says the single biggest moment in his career was meeting Lean, when the director was looking for a composer for “Lawrence of Arabia.” “It was a very big challenge,” Jarre said. “I didn’t realize at that time how important the film would be not only for me, but to the film community. After 40 years, it’s still among the best five or 10 films in the world. That is incredible, when you think about it - there are no women, no car chases, no bang-bang-bang everywhere.”

Jarre, now 84, no longer composes for film. His last project was the 2001 miniseries “Uprising.” “The biggest directors I worked with are gone,” he said sadly. “And the fashion now is very quick-cut, so fast that you don’t even see what is going on. Also, there is no music - it’s a kind of complement of sounds, more like clang-clang-clang. We don’t know if they are sound effects or music.”

The composer divides his time between homes in Malibu and Switzerland, where he occasionally composes new pieces for the concert hall. But, even in his concert music, he still strives for that elusive quality : a memorable theme. “Life without music is a mistake,” he said. “And music without a real theme is a mistake.”


Musique / L’agenda - Musique - Les DNA Archives

Musique / L’agenda - Musique - Les DNA Archives

Barembach Concert Samedi 14 février. JPaolo Onnis, accompagné au piano par Stefano Bonacci du groupe Jézébel, sera en concert à 20 h 30 à la MJC de Barembach. En première partie de ce concert, le public pourra découvrir Julie Pierrejean aux ondes Martenot, un instrument de musique électronique. Entrée libre et plateau. Renseignements : www.mjc-barembach.com Dorlisheim « Bella Italia » Samedi 14 et dimanche 15 février. A l’espace Pluriel le samedi à 20 h et le dimanche à 14 h 30, spectacle ...


Musique classique : Entretiens / Portraits > Entretien > Compositeur > Jean Philippe Goude [03/02/2009]

Musique classique : Entretien > Compositeur > Jean Philippe Goude [03/02/2009]

Jean Philippe Goude est de ces compositeurs

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contemporains qui ne veulent pas rester figés dans le carcan du « nœud pap » et de « la queue de pie » pour présenter ses partitions. Il aura exploré différents courants ; au commencement il se fait connaitre pour les arrangements d’autres artistes et groupes dit de variété, comme Dick Annegarn, Odeurs ou encore Renaud (oui on craque tous pour le thème instrumental de Mistral Gagnant). Il devient ensuite maitre de sa musique en nous offrant plusieurs génériques d’émissions que nous gardons en mémoire comme Permission de nuit, Un siècle d’écrivains, Un livre, des livres (France 3), Caractères (France 2) ou encore À voix nue pour France Culture. C’est aussi des musiques de films tel que Nos enfants chéris en 2007 et beaucoup de thèmes qui restent dans notre esprit pour des produits publicitaires. ResMusica a voulu le rencontrer pour qu’il nous parle de Aux solitudes son dernier album et de son univers.

ResMusica : Comment êtes-vous venu à la composition ?

Jean-Philippe Goude : L’expérimentation a toujours été mon mode d’apprentissage et a évidemment déterminé mon approche de la musique. Mon cursus « papillonnant » me ramenait régulièrement à une solitude qui me seyait bien et dans laquelle le « bricolage » musical avait toujours une part grandissante. C’est avant tout un tempérament, un besoin d’explorer mon monde intérieur.

RM : Etes vous autodidacte ?

JPG : Au départ j’ai grandi dans une famille où la musique exerçait une réelle présence, ma mère violoniste est prix Jacques-Thibaud, mon père grand mélomane et musicien amateur assidu. L’expérience de ma mère fut assez douloureuse car le trac lui a vite gâché sa vie de concertiste. Aussi vivre de la musique n’était pas du tout une projection que mes parents pouvaient avoir pour moi. J’ai donc fréquenté les écoles de musique, conservatoire (Marc-Olivier Dupin m’a enseigné l’harmonie, le contrepoint et l’analyse musicale), études de musicologie, etc ... en même temps que les jazzmen au Centre Culturel Américain, divers groupes de rock progressif, puis j’ai découvert les premiers synthétiseurs analogiques, l’informatique musicale. Mais au bout du compte je n’ai jamais pu me reconnaître dans aucun de ces mondes compartimentés. Disons que je serais plus un solitaire qu’un autodidacte.

RM : Comment expliquez-vous le fait que lorsqu’on écoute vos compositions on retrouve une « patte » sonore qui vous est propre ? Un peu comme un artisan, un peintre ou un romancier, on reconnaît votre empreinte.

JPG : Je constate qu’on me le dit mais c’est une sorte de mystère pour moi. En tout cas ça ne relève pas d’une démarche intentionnelle ni même consciente. Cette constatation me fait plaisir et m’intrigue à la fois. Il m’arrive parfois de la ressentir comme une limitation car comment en sortir ?

RM : Que pensez vous de ceux qui vous disent que cet album pourrait avoir une scénographie ou même qu’il pourrait être chorégraphié ? Votre musique inspire donc d’autres artistes ?

JPG : J’ai conçu Aux Solitudes comme une suite de pièces sur le thème des différentes facettes de la solitude, celles collectives qui se subissent et nous aliènent, et celle qui nous rapproche de notre liberté par la confrontation à soi-même. Cette narration sous-tend et lie l’album, elle suggère probablement une possibilité de scénographie ou de chorégraphie. Je sais que mes musiques sont assez utilisées par les danseurs et les ballets. On associe plus souvent mon travail à la littérature. C’est assez curieux car je lis assez peu de fictions, plutôt des essais et de la poésie. Peut-être est-ce ma solitude de compositeur qui retrouve celle du lecteur devant son livre ? Ce serait alors une bien belle récompense !

RM : Vous mettez vous dans un univers particulier pour écrire ?

JPG : Non, plutôt qu’un univers, écrire requiert une grande disponibilité, une sorte de laisser venir, voire une baisse du contrôle conscient, comme une sorte de pré-acceptation de toute « catastrophe » éventuelle que cette baisse de vigilance pourrait laisser advenir ! Au départ une idée musicale est très souvent fragile et vulnérable comme peut l’être un nouveau-né. Elle nécessite beaucoup d’égard et d’attention pour garder intacte sa petite flamme et pouvoir ainsi laisser exister la vivacité de l’émotion initiale qui l’a fait éclore, à condition qu’elle en ait le potentiel !

En fait la composition est un processus assez darwinien : au départ le hasard des choses me fait entendre des propositions musicales assez inégales, je m’attarde sur les plus évocatrices et bien peu survivent à l’épreuve du travail de développement et du temps...

RM : Il est vrai qu’on est très vite plongé et imprégné dans une ambiance que vous installez comme par exemple le crépitement d’un feu de bois. Vous avez une prise de son remarquable techniquement qui est aussi un élément à ne pas négliger ayant un rôle aussi important que les instruments joués. C’est une volonté de votre part ?

JPG : Mon travail se répartit en deux phases : une longue phase solitaire de questionnements, d’écriture, de doutes, de réécriture, etc..., jusqu’à la préparation minutieuse des partitions ; puis après les répétitions, viennent quelques journées en studio avec les musiciens et le mixage. Comme pour les précédents disques, j’enregistre aux studios Ferber car ils sont les seuls à Paris (mis à part les studios de la Maison de la Radio) à proposer un volume conçu et dédié à la prise de son, de la construction même du bâtiment à son traitement acoustique. Naturellement ce lieu possède une acoustique saine. Par contre la méthode d’enregistrement utilisée diffère de celle pratiquée habituellement pour la musique « classique », car les musiciens ne sont pas enregistrés directement en stéréo mais en multi-pistes. Chaque micro placé à proximité de chaque instrument, est enregistré sur une piste à part, parallèlement aux couples de micros (plus éloignés) qui captent la globalité des instruments à différents plans d’éloignement afin de conserver la fusion acoustique naturelle des instruments. Cette technique permet de contrôler en temps réel et avec précision la définition, la présence, la rondeur et le grain de chaque instrument par rapport à l’ensemble. Elle permet aussi de pouvoir dissocier l’enregistrement des différentes strates musicales selon leurs fonctions, leurs rôles, ce qui est particulièrement efficace dans les entrelacs rythmiques ou toutes parties périlleuses. Au bout du compte le résultat est aussi virtuel qu’avec la technique classique habituelle qui procède d’une multitude de points de montage entre différentes prises.

A l’écoute, cette technique (que Glenn Gould pratiquait) satisfait aussi les musiciens car ils retrouvent la présence et le grain sonore au plus près de leur instrument. Par contre elle révèle les aspérités du jeu de chacun et une certaine âpreté qui me sied tout à fait car elle va à l’encontre de cette sempiternelle musique idéale noyée dans un halo irréel de réverbération sur fond de « silence des sphères ». Elle triche moins et donne un rendu plus proche, plus chaleureux, plus humain.

RM : Comment vous situez-vous dans l’écriture contemporaine ?

JPG : Je produis entièrement tous mes disques car mon propos a toujours été d’écrire une musique sans aucune contrainte extérieure « commerciale » ni de commande précise comme en publicité pour un produit, comme pour une musique pour un film, etc... Mon intention n’est pas de me mettre en avant, mais d’avancer vers une proposition musicale la plus sincère possible. La grammaire de l’écriture musicale ne m’intéresse pas plus que ça, je cherche à véhiculer et à faire partager des émotions. Rentrer dans l’histoire de la musique ne fait plus partie de mes préoccupations depuis très très longtemps ! De mon point de vue l’écriture musicale contemporaine (même si on y entend parfois des œuvres très intenses) aurait toujours du rester un reflet du présent de la vie des hommes et non devenir son propre objet. À ce propos Pierre Schaeffer disait qu’il fallait se poser la question de savoir si le champ de la perception humaine est indéfiniment extensible ? Cruelle question car notre physiologie ne limite-t-elle pas la perception même que nous avons des fréquences sonores, à une tranche infime ? N’y aurait-il pas alors une fuite en avant dans un registre vernaculaire principalement expérimental, voire quantitatif ? La démarche, le rôle du compositeur ne devrait-il pas se situer avant tout dans la quête qualitative de l’expression des émotions ? Au delà de leurs grammaires différentes, les musiques savantes extra-occidentales restent accessibles et bien vivantes, car leur sincérité nous touchent d’hommes à homme. Bien évidemment le XXe siècle a été bouleversé par de telles barbaries que les artistes confrontés à l’indicible l’ont vécu comme l’échec de la culture occidentale. Cette remise en cause a favorisé la forme plus que le fond. Mais ne faisant pas partie de cette génération-là -et sans nier l’horreur- aujourd’hui cet « hiver » ne peut plus tenir tel une sorte de fin de l’Histoire. Même Boulez semble aujourd’hui enfin s’autoriser au plaisir du son, ce qui rend ces dernières œuvres bien plus séduisantes et évocatrices.

RM : Comment vous est venue l’idée d’écrire des pièces pour ondes Martenot dans vos compositions, elles sont présentes un petit peu comme une épice dans un plat qu’on attend pas et qui en fait révèle les parfums ?

JPG : Le hasard des choses m’a fait rencontrer Christine Ott et écrire pour elle et ses ondes Martenot dans le dernier disque Aux solitudes. C’est un instrument -ancêtre du synthétiseur- magnifiquement expressif. Ayant toujours aimé les mélanges inattendus, ainsi dans De anima, le premier disque, on entend un violon dialoguer avec les grincements d’un escalator en perdition. Dans La divine nature des choses j’ai écrit une pièce pour cristal Baschet, piano, clarinette basse et une boucle rythmique vocale sur fond sonore d’une assemblée incertaine et de toussotements. Dans ce même disque j’ai voulu intégrer une batterie rock dans une écriture typiquement musique de chambre, une autre pièce y réunit une clarinette, un marimba et une viole de gambe. J’ai toujours eu une affection pour la poignante mélancolie de l’harmonium et du mellotron. La guitare électrique est aussi un fabuleux instrument aux possibilités sonores incroyablement vastes ! D’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi elle n’a pas une place égale aux instruments de l’orchestre dans la musique « contemporaine » ! Dans Aux solitudes, le quintette à cordes tient le rôle de pivot rythmique que j’attribue souvent au piano dans mon travail.

RM : Quel est votre désir pour vos compositions autres que celles pour les films, les séries, ou la publicité ?

JPG : Mon but est de les faire exister sur scène. Mon Ensemble existe sous deux formes. Une « grande forme acoustique » idéale car très proche du disque, à onze musiciens plus un ingénieur du son et un éclairagiste. Une « petite forme electro » plus intimiste basée sur un ordinateur et quatre musiciens.

RM : Abordons un petit peu votre travail sur les films, comment les choses se passent pour vous ?

JPG : En fait le vrai enjeu artistique dans la musique de film tient dans la qualité de la rencontre avec le réalisateur qui permettra de porter ensemble le film au-delà de ce que les deux protagonistes peuvent imaginer seuls. La part la plus délicate et déterminante du travail réside dans la communication entre le réalisateur et le compositeur, plus que dans la musique elle-même. Ce type d’aventure nécessite un réel esprit d’ouverture et de partage de la part de chacun. La musique peut occuper différentes fonctions, elle peut faire totalement corps avec l’image au point qu’elle doit à peine se faire remarquer, comme elle peut avoir une autonomie revendiquée jusqu’à devenir un des personnages du film. Très souvent le type de narration fait qu’elle se limite à associer différents thèmes à des personnages particuliers ou à des situations.

RM : Vous travaillez au fur et à mesure du film ou bien une fois qu’il est tourné ?

JPG : Seulement une fois le montage du film déjà bien avancé. Il m’est très difficile de composer sur un script ou un scénario car la musique est déterminée par la nature de l’image dont le résultat est entièrement dépendant du réalisateur, des conditions de tournages, du choix des acteurs, etc ...

RM : Quels sont vos rapports avec les réalisateurs ?

JPG : La nature de ces rapports a considérablement évolué avec l’informatique car les réalisateurs ont virtuellement a leur disposition toutes les musiques possibles et imaginables. Dès le montage ils peuvent immédiatement tester tous leurs souhaits devoir passer par un compositeur, ce dernier devant souvent juste « s’inspirer » des musiques dites « provisoires »... Certains réalisateurs vont même jusqu’à interdire toute musique personnelle qui pourrait empiéter sur leur création ! À partir de quoi le musicien (car peut-on encore parler de composition ?) doit juste se mettre à l’entière disposition du réalisateur. Ce qui rend la tâche plus facile car des balises bien repérées tracent toutes seules le chemin à suivre, et en même temps plus périlleux car il faudra réussir à faire oublier au réalisateur sa musique temporaire qui généralement n’est autre qu’une œuvre majeure du répertoire ou un grand succès public !

D’un statut d’artiste, le compositeur devient alors prestataire de service. Regardez attentivement les affiches des films français et vous remarquerez qu’une fois sur deux le nom du compositeur n’y apparait même plus ! On le retrouve encore plus souvent parmi les techniciens au générique de fin. Après les ravages du téléchargement débridé, voilà bien un nouveau dommage collatéral de la numérisation de la musique.

En France les rapports peuvent être assez flous car d’un coté le réalisateur défend son projet artistique et de l’autre le producteur cible les dépenses dans le budget prévu, entre ces deux pressions le compositeur doit trouver et gérer la quadrature du cercle ! Alors qu’aux Etats Unis -même si ce n’est pas toujours le cinéma que je préfère- les choses sont plus claires car le réalisateur n’ayant pas le contrôle final sur le film, est lui aussi un exécutant. Au préalable le producteur aura ciblé un public particulier par le marketing puis définit le cadre du film d’où découle le budget, le choix des acteurs, du réalisateur, du compositeur, etc. Le rapport musique/image reflète les particularités culturelles, généralement dans les films américains la musique occupe une place beaucoup plus importante en renforçant au maximum et au premier degré les scènes et les émotions. Par exemple l’a priori négatif sur la redondance (scène triste = musique triste, scène gaie = musique gaie) existe peu. Ici notre culture beaucoup plus sur la retenue et la pudeur des sentiments, nous incline vers la complexité, l’ambivalence des situations et des rapports humains, la musique doit donc être globalement à contre-pied, introduire d’autres dimensions. Le compositeur doit d’abord identifier, sentir les codes de distanciation propres à chaque réalisateur. Je voudrais rendre ici hommage à Bernard Rapp. Nos univers se complétaient harmonieusement et nos relations étaient sans défauts. C’était un homme fin et cultivé, aussi chaleureux en privé qu’il l’était à l’écran (ce qui n’est pas si fréquent). Je regrette beaucoup sa disparition.

RM : On peut constater sur votre site que vous donnez généreusement accès à vos partitions. Est-ce pour éviter le piratage que vous avez d’emblée donné accès en écoute à vos compositions ?

JPG : Mon site propose librement à l’écoute uniquement des extraits des plages de mes CD, ainsi que certains génériques, thèmes publicitaires et autres musiques qui ont été assez largement diffusés. Par contre mes partitions sont à la disposition de celles et ceux qui me le demande. La musique vivante est par essence une affaire de partage. J’écris de la musique avant tout pour qu’elle soit jouée, écoutée, qu’elle puisse vivre sa vie. C’est l’interprétation d’une musique qui conditionne son existence, c’est d’ailleurs pour cela que j’ai toujours à cœur de remercier et rendre hommage aux musiciens de mon Ensemble. Quant au piratage débridé il aura réussi le tour de force de rendre obsolète la commercialisation de la musique et de décupler la pratique de la musique vivante. Le statut CD s’est réduit à celui d’une simple carte de visite ! Nous en sommes tributaires et dans l’attente d’un nouveau modèle économique viable pour la production musicale ...

RM : Que pensez-vous de la fréquentation du public aux concerts de musique classique ?

JPG : Trop souvent aujourd’hui la majorité du public des concerts classiques est en train de passer du 3e au 4e âge ! Cela reflète assez bien le décalage qui existe entre un certain académisme culturel conservateur et l’avancée de la société. La question serait peut-être d’observer où est la vitalité dans la musique aujourd’hui ? Quelle musique exprime, représente le mieux notre temps, nos vies ? Certains artistes et courants de la nébuleuse rock ne seraient-ils pas tout simplement plus pertinents ? L’hermétisme de la musique dite « contemporaine » n’aurait-il pas généré ce vide, cette béance du public ? Certains compositeurs ne s’épargneraient-ils pas dans cet hermétisme en faisant l’économie d’une implication personnelle dans une véritable sincérité ? N’est-il pas bien plus difficile, douloureux, voire périlleux d’affronter une expression artistique de la dignité humaine et du plaisir des sens, prenant véritablement en compte le public d’aujourd’hui ? Sinon pour qui crée-t-on ? Est-ce que l’art est une fin en soi justifiant toutes les abstractions sur lui-même et son passé ? De mon coté je pense que les artistes ont un rôle et donc une responsabilité dans la vie de la cité, particulièrement en cette période inouïe où la connaissance des hommes et la démographie ont fait basculer définitivement le monde. À l’heure où la croyance s’effondre devant la pertinence du savoir, la désacralisation de nos sociétés nous laisse désemparés devant notre infinie solitude. Les artistes devraient donner à voir ou à entendre une expression actuelle, aiguë, sensible et indispensable, de notre humanité, du sacré. On imagine aisément que cet enjeu se situe bien au-delà du confort de la recherche fondamentale et de la grammaire. L’observation et l’empathie me disent qu’il y a urgence et qu’une vraie renaissance de la création contemporaine passe d’abord par cette réimplication personnelle des artistes. Le public, lui, est prêt et en manque. Je veux être optimiste car certains jeunes compositeurs sembleraient sur la voie de cette mutation.

Informations, Extraits, Biographie de Jean Philippe Goude

Crédit photographique : © Grégoire Alexandre

par Isabelle Perrin (03/02/2009)


France Info - Culture

Oeuvres inédites de Maurice Jarre Sophie Loubière - Hier, 18:20

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Archivées à l’INA depuis leur création, certaines œuvres du compositeur de musique de film Maurice Jarre viennent miraculeusement d’être éditées par Film Score Monthly, un label américain friand de belles choses rares.

Cette période française qui court de 1951 à 1963 est déterminante dans la carrière du compositeur et permet un décryptage de son écriture. A cette époque, Maurice Jarre est à la direction musicale auprès de Jean Vilar au Théâtre National Populaire.

Parallèlement à la musique de scène, Maurice Jarre écrit les partitions de courts-métrages et de films de cinéastes français parmi lesquels Georges Franju. Il compose aussi pour la radio, écrit un mimodrame pour le mime Marceau, et enfin, des œuvres symphoniques et pièces pour orchestres. Cinq de ces œuvres sont donc pour la première fois éditées.

Marqué par l’influence de ses professeurs d’harmonie au Conservatoire Nationale de Musique de Paris, Maurice Jarre prouve de réelles capacités dans l’art des Percussions. Elles feront la spécificité de son style. Initié aux musiques ethniques, sa connaissance des musiques traditionnelles et de leurs instruments sera mise à profit pour le cinéma sur des films comme Shogun, L’année de tous les dangers, Pancho Villa, Docteur Jivago et Laurence d’Arabie.

Ajoutons sa curiosité pour les Ondes Martenot puis pour les premiers synthétiseurs, et l’on comprend mieux avec quelles armes le compositeur de Witness et Liaison fatale a su séduire Hollywood pendant 40 ans et remporter 3 fois la précieuse statuette.

Trois danses pour ondes Martenot et batterie Passacaille à la mémoire d’Arthur Honegger Ronde de nuit, Mobiles pour violon et orchestre Suite ancienne pour instruments à percussions et piano ... 5 œuvres à découvrir sur le CD Maurice Jarre Concert Works, édité sous le label Film score Monthly. Ecouter la chronique de Sophie Loubière (2’08")


RFI Musique - Rencontre - Miossec & Tiersen ensemble sur scène

Miossec et Tiersen. Bretons, Brestois même, personnalités au caractère bien trempé, figures emblématiques issues de la scène bretonne, deux univers parallèles qui devaient bien finir par se rencontrer un jour. Voilà qui est fait. Créé le 22 janvier au Quartz de Brest, leur duo va "payer sa tournée" jusqu’au 4 février pour une poignée de dates. A Lorient, les deux flibustiers rodaient leur spectacle les 27 et 28 janvier. Récit d’une expérience troublante où la voix de l’un se fond dans la musique de l’autre.

Grand théâtre de Lorient, 20h40. La salle est pleine, comme le seront toutes celles qui accueilleront le projet pendant la tournée. C’est sur des tonalités très douces, intimes, des éclairages aux couleurs tendres, que se lève le rideau "ça nous arrange bien, cette pénombre, on se sent protégés" commentera Christophe Miossec, backstage.

Un éclairage si méticuleusement dosé par Lolo Coat que Yann Tiersen peut s’y planquer à loisir, ce qu’il ne manque pas de faire. Déjà peu démonstratif au naturel, l’association avec un chanteur plus loquace l’arrange bien, on dirait... Christophe, de son côté, semble un peu répugner à prendre tout l’espace, comme s’il avait des scrupules à focaliser l’attention.

Il s’agenouille pour lire les chansons sur un petit pupitre posé sur la scène tandis que Yann murmure un merci du bout des lèvres, baisse la tête en direction de sa guitare, ou tourne carrément le dos au public pour se mettre au piano et faire jaillir - trop rarement - une de ses mélodies à la Satie.

Alignés à leurs côtés comme un bataillon de fusiliers marins, Gaëlle Kerrien, ex-chanteuse du groupe brestois Beth, Arnaud Dieterlen, batteur de Miossec, Marc Sens et Stéphane Bouvier guitariste et bassiste, compagnons de Tiersen. Comme Christine Ott, qui joue des ondes Martenot sur la pointe de ses pieds nus, imprimant une couleur un peu sombre à l’ensemble, façon Mercury Rev, lors des passages chantés par Gaëlle.

Des titres pour le prochain album de Miossec

L’ensemble, survolé par le grain de Miossec, donne une tonalité plutôt rock, flirtant avec effets, dissonances et couleur électro, allant et venant sans cesse de l’univers de l’un à celui de l’autre, brouillant les pistes de manière assez déstabilisante, voire émouvante. D’autant plus qu’excepté Je m’en vais de Miossec et Ainsi soit-elle sur un texte de Georges Perros (album Brûle), tous les titres sont des inédits, composés à quatre mains, qu’on retrouvera en septembre sur l’album de Miossec.

Des textes qu’on se plait à écouter d’une oreille attentive, leur matière partant dans d’autres directions que celles prises le plus souvent par Miossec, à savoir amours déchirées et passion destructrice. Ici on parle des joggeurs du dimanche, de fortune de mer, du catholicisme ou du monde du travail comme sur le très brut et très beau Chiens de paille.

De ce concert d’une petite heure et demie, on conservera une drôle d’impression, comme le trouble d’avoir poussé la porte d’un studio de répétition sans y avoir été invité, assistant à la rencontre pudique de deux artistes introvertis et farouches...

Isabelle Nivet


Passion Plays | Winnipeg Sun

New Music Festival has WSO in a state of Extase !

By DARRYL STERDAN

Other highlights of the festival — which consists of more than 50 pieces performed over seven nights — include a performance by Vancouver percussion ensemble Scrap Arts Music, the WSO’s performance of a recently penned score to the silent-film classic The Passion of Joan of Arc, an event that will see members of the symphony spread throughout Centennial Concert Hall, and another that features an eerie, obscure instrument called the Ondes Martenot.

"We have seven nights of events — and each night is an event on its own," says Ho, adding local artists and Canadian composers are also prominently showcased throughout the week-long event. "It’s really a win-win for all concerned."

And even though he acknowledges times are tough for many arts groups, he’s optimistic about the New Music Festival’s prospects.

"When times are bad, events like these generally do well because it gives people a means to escape from the realities of the world. I believe that as long as the program is strong, we’ll be fine."

Here’s the full New Music Festival lineup.

Saturday

Rebellion Orchestrale

Revolution meets evolution on Day 1 of the NMF. First up is renowned contemporary British composer Thomas Ades’ six-minute Asyla : Ecstasio, which Ho describes as "the orchestral realization of a rave. Seriously. He takes all the sounds — the hoots and the hollers — and puts it to a backbeat." Equally innovative, but slightly older, is the evening’s main event and one of the festival’s three musical pillars : French maverick Olivier Messiaen’s Turangalila-symphonie, a 10-movement romance epic inspired by Wagner’s Tristan und Isolde. "It’s one of the most groundbreaking works that came out of France," says Ho. "It influenced generations of French composers." And perhaps a few British rockers : The piece features Jean Laurendeau on the seldom-heard Ondes Martenot, an eerie Theremin-like keyboard that has recently been rediscovered by the likes of Radiohead and Damon Albarn.


Obernai-Barembach / Le mystre des ondes Martenot - Les DNA Archives

Le mystère des ondes Martenot -

Molsheim

Obernai-Barembach

Le mystère des ondes Martenot

Julie Pierrejean est « ondiste » et elle se produira très prochainement à Obernai et à Barembach. La jeune femme de 27 ans a découvert cet instrument complètement atypique dans les couloirs du conservatoire à Strasbourg. « J’ai un jour été complètement "scotchée" par le son de cet instrument qui a été inventé et présenté au public dans les années 20, explique Julie. C’est par une porte entrouverte que j’ai perçu cet univers un peu fantomatique et paraissant issu d’un film de science fiction. Je ... JPO

Pour lire l’article complet : accédez aux archives de dna.fr Les articles de la rubrique Molsheim du Jeudi 29 Janvier 2009 :

© Dernières Nouvelles d’Alsace - 2009 - ISSN 1760-4931


Miossec-Tiersen, flibustiers du rock - Culture - Le Monde.fr

Miossec-Tiersen, flibustiers du rock - Culture - Le Monde.fr BREST ENVOYÉ SPÉCIAL

Est-ce que désormais tu me détestes d’avoir un jour pu quitter Brest/La rade, le port, ce qu’il en reste/Le vent dans l’avenue Jean-Jaurès." Il y a peu, Christophe Miossec chantait encore sa rupture avec sa ville natale. Après six albums qui ont tempêté dans les voiles de la chanson française et des années de cabotage entre Paris, Nice et Bruxelles, le Breton a de nouveau jeté l’ancre en bout de Finistère. Un retour qui a aussi ouvert une nouvelle aventure artistique avec un autre célèbre enfant du pays, Yann Tiersen. Sur le même sujet Musique Miossec-Tiersen, flibustiers du rock Compte rendu Et les Shadoks chantaient... Edition abonnés Archive : L’industrie musicale cultive sa nouvelle idole : le fan

Multi-instrumentiste, compositeur de disques singuliers et de bandes originales de films à succès (La Fabuleuse histoire d’Amélie Poulain ou encore Good Bye Lenin !), ce dernier finit de réaliser le nouvel album de Miossec, à paraître en août.

Comme pour sceller publiquement cette collaboration, les deux Brestois se retrouvaient en ville, jeudi 22 janvier, dans la salle du Quartz, scène nationale la plus fréquentée de France, pour la première des quinze dates d’une petite tournée produite par la salle.

Miossec a pris l’habitude de s’imposer un intermède en plein enregistrement pour tester sur scène un répertoire en constitution. L’été 2003, quelques mois avant la sortie de l’album 1964, il avait ainsi donné une série de concerts avec l’Orchestre lyrique de la région Avignon-Provence.

Cette fois, le duo a privilégié les guitares - celles de Miossec, de Tiersen et de Marc Sens -, la batterie d’Arnaud Dieterlen, la basse de Stéphane Bouvier, le piano et les ondes Martenot de Christine Ott.

"Désolé, plaisante Miossec devant les 1 500 spectateurs, on joue des chansons que personne ne connaît." A quelques exceptions près, le concert n’est constitué que de morceaux que les deux Brestois ont composés et joués seuls dans le studio d’enregistrement parisien de Yann Tiersen. Le groupe se les a appropriés en répétant une semaine au Quartz. L’excellente acoustique du lieu donne de l’ampleur aux sons, même dans les tâtonnements. Mise en avant, la voix rugueuse de Miossec nourrit ses émotions à vif et ses blues dérisoires de formules qui font déjà mouche : "Comme la mer empêche les poissons de voir le ciel", "Seul ce que j’ai perdu m’appartient à jamais", "Donner sa vie, pour qui, pour quoi/Pour quel patronat, pour quel résultat"...

DES CLIMATS ORAGEUX

La veille du concert, dans leur QG du Vauban, bar mythique des embardées noctambules brestoises, le chanteur et le compositeur revenaient sur la genèse de leur collaboration. "Un soir, Christophe m’a fait écouter une maquette où il jouait du piano, j’ai trouvé qu’il y avait là une super matière, je lui ai proposé de bosser ensemble", raconte le violoniste-pianiste-guitariste-accordéoniste, diplômé du conservatoire de Rennes. "Habituellement, ajoute Miossec, les musiciens regardent d’un drôle d’oeil mes tentatives d’instrumentiste. Yann, lui, m’a donné confiance." "L’important ce n’est pas la technique, mais l’idée, l’émotion", affirme son camarade.

Si, en studio, les deux complices disent avoir joué d’une large palette instrumentale, leur concert se concentre sur les guitares. Celle de Marc Sens dessine des climats orageux, à la limite du bruitage. Celle de Tiersen s’inspire souvent de la new wave ténébreuse des années 1980, au point de manquer parfois de personnalité. On préfère sa six cordes quand elle se fait brumeuse dans le fantomatique Fortune de mer ou sautillante dans La Plaisanterie.

Mais le musicien ne sert-il pas mieux le chanteur quand il se met au piano, exprimant un particularisme mélodique fait de fragilité romantique et de fraîcheur enfantine ?

Sur scène, les deux flibustiers se chambrent à la bonne franquette. Ces amis de longue date, habitués des virées dans l’île d’Ouessant, où Tiersen possède une résidence secondaire, savent mettre en commun leur rudesse et leur sensibilité. Pour Miossec, "le disque reste à peaufiner". Selon Tiersen, "les albums les plus bruts sont les meilleurs". La vérité de leur projet se trouve sans doute entre les deux.

Miossec et Yann Tiersen, du 22 au 24 janvier, au Quartz, à Brest (complet) ; le 26, à La Rochelle (complet) ; les 27 et 28, à Lorient ; le 29, à Saint-Brieuc (complet) ; le 30, à Cherbourg (complet) ; le 31, à Douai ; les 2 et 3 février, à Amiens ; le 4, à Villefranche-sur-Saône ; le 5, à Grenoble ; le 6, à Clermont-Ferrand ; le 7, à Martigues.Stéphane DavetArticle paru dans l’édition du 24.01.09.


Miossec - Chroniques et interviews des artistes indie-pop-rock - Magicrpm.com

Miossec - Chroniques et interviews des artistes indie-pop-rock -

Des Retrouvailles, forcément, pour paraphraser le titre d’un album de Yann Tiersen. “Eh bien, ce sont deux musiciens qui, à force de se croiser et de se décroiser depuis des années, ont décidé de tenter un truc ensemble, c’est-à-dire un projet. Comment les mots de l’un peuvent embrasser la musique de l’autre. Mais là, pas question de sortir les casseroles et les vieilles recettes du placard”, avait résumé, dans sa note d’intention, l’auteur de La Fidélité.

Au Quartz, donc, la scène nationale sise en face du mythique Vauban où Richard Dumas l’immortalisa sur la pochette de Boire (1995), Miossec lançait, jeudi 22 janvier, la création d’une formule à quatre mains avec son comparse brestois. Écrit et composé entre Le Conquet et Ouessant, le répertoire privilégie une formule scénique à large dominante “tiersenienne” puisqu’on y retrouve son guitariste (Marc Sens), son bassiste (Stéphane Bouvier), ainsi que sa pianiste et joueuse des ondes Martenot (Christine Ott). Ouvrant le concert par Nos Belles Années, où les guitares de Yann Tiersen et Marc Sens donnent d’emblée une tonalité expérimentale, Miossec chante “La mer empêche les poissons de voir le ciel”, renouant avec l’inspiration marine de 1964 (2004) et la plume de Georges Perros, référence littéraire avouée (Ainsi Soit-Elle).

Encore en rodage, le groupe impressionne sur quelques titres déjà promis aux honneurs radiophoniques (Les Joggeurs Du Dimanche, CDD, Montparnasse, La Plaisanterie). Devant une assemblée de mille cinq cents spectateurs privilégiés - dont les parents du chanteur finistérien et le peintre Paul Bloas, qui avait illustré L’Étreinte (2006) -, les deux acolytes pimentent les interludes. L’un joue le rôle du trublion, l’autre de l’autiste de service. “Ah, désolé, on ne fait que des chansons que personne connaît et qu’on apprend en même temps”, répète ainsi Christophe Miossec, avec l’humour qui le caractérise, imaginant même un numéro de comiques troupiers.

À l’occasion, Yann Tiersen, qui passe de la guitare au piano avec son aisance légendaire, interprète La Rade, un titre entêtant de sa discographie. Parfois rejoints par la chanteuse Gaëlle Kerrien, une nouvelle venue dans leur entourage, les deux Brestois prennent un plaisir scénique évident, après avoir passé du temps dans le studio de Yann Tiersen pour enregistrer le nouvel album de Miossec, annoncé par PIAS pour la fin du mois d’août. En ce jour d’avis de tempête à Brest, le résident de Loc-maria-Plouzané nous confiait nuitamment penser à Finistérien pour le titre de son septième Lp. Tout un programme...

Par notre envoyé spécial à Brest, Franck Vergeade.


Musique classique : CD > [CD] Compositeur > Deutsche Grammophon > Messiaen magnifié par Chung [23/01/2009]

Musique classique : CD > [CD] Compositeur > Deutsche Grammophon > Messiaen magnifié par Chung [23/01/2009]

(JPEG) Olivier Messiaen (1908-1992) : Trois Petites Liturgies de la présence divine ; Couleurs de la cité céleste ; Hymne pour grand orchestre. Roger Muraro, Catherine Cournot, piano ; Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot ; Maîtrise de Radio France (chef de chœur : Morgan Jourdain), Orchestre philharmonique de Radio France, direction : Myung-Whun Chung. 1 CD Deutsche Grammophon. Réf. : 477 7944 ; code Barre ; 0 28947 77944 5. Enregistré à Paris, Radio-France, Salle Olivier Messiaen en avril et septembre 2008. Notice trilingue (français, anglais, allemand). Durée : 68’13

 Les Trois Petites Liturgies de la présence divine pour piano et ondes Martenot solos, chœur d’enfants et orchestre, partition écrite au cours des années 1943-44, furent créées avec sensation, le 21 avril 1945, grâce aux figures historiques suivantes : Roger Désormière à la direction, Yvonne Loriot au piano et Ginette Martenot aux ondes du même nom. Le traitement des voix domine l’ensemble. Ici le chœur de femmes initialement choisi par le compositeur revient avantageusement aux enfants de la Maîtrise de Radio-France. Cette option souligne davantage la fraîcheur que la sensualité, la spontanéité juvénile que la ferveur de la maturité, la chaleur humaine communicative que l’intellectualisme abstrait.

Manifestement Messiaen a souhaité « transporter une sorte d’office, une sorte de louange organisée au concert ». Des combinaisons sonores inouïes et inoubliables au service de l’amour dans son acception la plus large et noble qui soit. Les Couleurs de la cité céleste, créées au Festival de Donaueschingen en 1964 sous la direction de Pierre Boulez, offrent à l’Orchestre philharmonique de Radio-France une occasion de briller, notamment les pupitres des vents mais aussi le piano et les percussions, tous portés par un élan communicatif et généreux. Musique flamboyante magnifiée par les visions religieuses du compositeur et par son inspiration ornithologique si singulière. L’Hymne au saint sacrement (1932) circule avec naturel de la rudesse saccadée à l’extase apaisée pour exploser dans une sorte d’acmé multicolore impressionnante dont les éclats riches et entremêlés signent cette partition trop négligée. Et effectivement, pour reprendre les propos du créateur, « l’œuvre se caractérise surtout par ses effets de couleur ». Propos corroborés par Paul Le Flem qui confiait dans Comœdia après la création au Théâtre des Champs-Elysées sous la direction de Walther Straram en mars 1933 : « L’Hymne...se fait l’écho d’un mysticisme où l’extase se mêle à l’ardeur... La ferveur religieuse, la sérénité, la violence humaine même y sont évoquées avec des moyens musicaux hardis jusqu’à l’âpreté ».

 Chung, défenseur passionné de Messiaen, confirme encore une fois, son aisance et son adéquation spirituelle avec cette musique. Toutefois cette lecture de premier plan ménage une place pour les autres versions de proue : celles de Marcel Couraud (Erato), Kent Nagano (Erato), Marius Constant (Erato), Hans Zender (CPO), Roger Désormière (Lys) et plus récemment Esa-Pekka Salonen (Sony).


À l’attaque, de Loc Lantoine : vingt et une perles rugueuses - Actualité Métropole - Nord - La Voix du Nord

« À l’attaque », de Loïc Lantoine : vingt et une perles rugueuses - mardi 13.01.2009, 04:48 - La Voix du Nord Loïc Lantoine et François Pierron travaillent actuellement à de nouvelles chansons, qui vivront sans doute d’abord sur scène. | DISQUE |

L’album live « À l’attaque » est sorti en novembre. Mais le Wazemmois Loïc Lantoine, moitié chantante du duo, a attendu le passage à

Lille, en fin de semaine dernière, de François Pierron, contrebassiste, pour le présenter officiellement. Un disque kaléidoscope, enregistré au cours de quinze concerts.

PAR CATHERINE PAINSET

Ils ont en commun un air pas totalement réveillé et des phrases un brin laconiques - ceci expliquant peut-être cela. Mais un joli sens de la formule, aussi, et un vrai amour pour ce qu’ils font. Malgré son nom, Loïc Lantoine est un duo, dont on ne peut soustraire François Pierron. L’auteur-interprète présente le compositeur-contrebassiste comme son frère siamois. Et il ajoute, rigolard : «  Parfois, on va en Angleterre pour qu’il puisse conduire !  » En tournée pour Tout est calme, son deuxième album, le duo a ouvert à d’autres son univers de chansons âpres et tendres. « Chaque semaine, on invitait deux musiciens différents. Ça allait de la batterie aux ondes Martenot... Notre formule laisse toujours des couverts pour les copains. » Et puis il y a de la fierté à avoir joué avec ces gens-là : « Ils viennent du rock ou du jazz, ce sont des bons, des forts en tronche. On s’est régalé.  » Alors, plutôt que de n’enregistrer qu’une ou deux soirées, le groupe s’est, pour son disque live, offert un kaléidoscope de quinze concerts, afin de garder la trace de ces collaborations. « Les musiciens étaient tout le temps sur le fil, dans une libre interprétation ou dans l’improvisation.

Personne n’était vraiment rencardé, c’était "rendez-vous au tas de sable". On sent plutôt bien les choses mais à l’écoute, forcément, on a eu des surprises... » Vingt et un titres ont été gardés. « On avait envie d’un bel objet, d’un album qui puisse s’écouter en entier sans être rébarbatif. » Qui ait un intérêt, aussi, pour celui qui a déjà Badaboum et Tout est calme dans sa discothèque : « Par exemple, Ta tête au carré, on n’avait que des versions qui n’avaient pas d’intérêt par rapport à l’album. Il faut dire que cette chanson-là est née d’un moment de folie, en studio. » Manneken Pis, en revanche, fait des apparitions au début, au milieu et à la fin du live. « On aimait l’idée que ce petit bonhomme revienne à plusieurs moments de l’histoire. » La preuve par trois « qu’une chanson n’est pas quelque chose de figé avec une musique et un texte, qu’elle peut être quelque chose de plus libre  ».

À Lille (originaire de La Chapelle-d’Armentières et longtemps parisien, le chanteur s’est réinstallé à Wazemmes, le quartier de sa jeunesse), à Paris, parfois ailleurs, Loïc et François travaillent actuellement à de nouvelles chansons. Avec l’idée, pour le prochain projet, de commencer par la scène (en septembre-octobre) et de finir par le disque. « On a envie de retrouver dans le public une écoute comme à l’époque où personne ne nous connaissait.  » Au-tour d’eux, peut-être, Fil à la guitare, Joseph Doherty au violon et aux cuivres, Christine Ott aux ondes Martenot. Pas facile de quitter les copains...

Quant à la complicité à deux, elle est une inépuisable source d’inspiration. « Quand François joue de la contrebasse, ça provoque en moi une émotion qui n’est pas forcément celle qu’il avait dans la tête. Ce qu’on veut au final, c’est garder cette émotion intacte », explique Loïc. L’un à la musique, l’autre au texte, ils racontent tous les deux la même histoire. « Ça rebondit entre nous, ce n’est ni du suivisme ni de l’illustration. On a un propos. » Il n’est qu’à entendre les vingt et une perles rugueuses d’ À l’attaque. •


Yvonne Loriod [Piano]/Jeanne Loriod [Ondes Martenot]/R.T.F. National Orchestre [Orchestra]/Maurice Le Roux [Conductor] - Messiaen : Turangalla Symphonie - Fnacmusic - Tlchargement de musique -

Yvonne Loriod [Piano]/Jeanne Loriod [Ondes Martenot]/R.T.F. National Orchestre [Orchestra]/Maurice Le Roux [Conductor]

Messiaen : Turangalîla Symphonie Durée totale : 01:14:56 9,99 €

1. Turangalila Symphony : Introduc... 06:10

2. Turangalila Symphony : Chant D’... 08:05 vendu avec l’album

3. Turangalila Symphony : Turangal... 05:30

4. Turangalila Symphony : Chant D’... 11:25 vendu avec l’album

5. Turangalila Symphony : Joie Du ... 06:19

6. Turangalila Symphony : Jardin D... 10:04 vendu avec l’album

7. Turangalila Symphony : Turangal... 04:02

8. Turangalila Symphony : Développ... 11:40 vendu avec l’album

9. Turangalila Symphony : Turangal... 04:41

10. Turangalila Symphony : Final 07:00

Interprête(s) Yvonne Loriod [Piano]/Jeanne Loriod [Ondes Martenot]/R.T.F. National Orchestre [Orchestra]/Maurice Le Roux [Conductor] Compositeur(s) Messiaen, Olivier Paru 30/06/2008 Format : 192 Kbits/s, WMA DRM, format sécurisé (garanti sans virus).


FUGUES.COM - Le magazine des gais et lesbiennes du Québec

« Territoires Nord » de Frédérick Baron

Par : Michel Joanny-Furtin [16-12-2008]

Pochette du CD Vous le connaissez sans le savoir pour avoir entendu et chantonné déjà certaines de ses tounes... chantées par d’autres ! Parolier très couru du showbizz québécois, il traverse le miroir pour nous faire découvrir les « Territoires Nord » de son inspiration, son vaste domaine néo-rock’mantique. Le seigneur des lieux en ouvre les grilles et nous honore d’une visite de son fief...

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Sa feuille de route est impressionnante. Il suffit de visiter son site (www.frederickbaron.com) pour s’en persuader. Mais comme un défi lancé à lui-même, Frédérick Baron nous offre Territoires Nord, son tout premier album en tant qu’auteur interprète. Les collègues musiciens devenus des amis y ont participé. « Quand j’écris pour moi, cela m’offre un espace de liberté où je ne m’interdis rien..., avoue Frédérick Baron. Je me plais à dire que c’est un album de passages entre le réel et l’imaginaire, l’enfance et l’âge adulte. Il y plein de chansons qui sont autant de rites de passages initiatiques. »

Pour ce premier album, l’artiste imagine et incarne en onze chansons l’histoire d’un aristocrate néo-romantique, dandy mélancolique et baroque d’un monde décadent entre Gustave Flaubert et Tim Burton, perdu entre le 19e siècle et aujourd’hui. Voilà pour l’ambiance...

« Je suis en général très attaché à l’enfance quand j’écris pour les autres, mais pour mon album, j’ai voulu explorer des thèmes plus délicats comme la folie ou la mort, affirme l’auteur-interprète. J’ai un univers issu du romantisme poétique, du spleen qui inspirait les auteurs du 19e siècle, des côtés sombres de l’âme. J’ai reçu beaucoup d’influences littéraires mais surtout cinématographiques. Les univers de Burton, Cronenberg ou Lynch m’ont beaucoup marqué dans ma jeunesse, et j’y ai puisé pour bâtir ce personnage et tout le visuel de cet album. »

Pour parvenir à cet univers musical particulier, les arrangeurs François-Éric Lalonde et Marc Ouellette ont sollicité les sonorités inusitées d’instruments moins fréquents comme le hautbois d’amour, le cor français, le bandonéon ... ou les ondes Martenot ! Au total, plus de quinze musiciens et choristes, une chorale classique et une chorale d’enfants ont participé à Territoires Nord...

Né à Carcassone en France, mais Québécois depuis 1997, il s’est installé à Montréal parce qu’ici, « il y a une plus belle diversité culturelle, une plus belle ouverture à tout ce qui est nouveau » Michel Joanny Furtin


Concerts classiques - Frère Nagano et son Saint

Kent Nagano, Orchestre symphonique de Montréal, Messiaen, Musique, Spectacle, Montréal

La présentation intégrale, vendredi soir, de Saint François d’Assise de Messiaen, était une première canadienne et une seconde nord-américaine. Après la création, en 1983, quelques villes du continent avaient également pu entendre une version de concert, autorisée par Messiaen, et composée des seuls tableaux 3, 7 et 8.

Monter Saint François d’Assise (quatre heures de musique, 250 musiciens et sept solistes) est un privilège de riches et d’institutions grassement subventionnées. On est heureux de savoir que la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent a été associée à cette création canadienne. Il n’y a plus qu’à espérer que sa contribution empêchera l’OSM de se retrouver dans le rouge pour l’ivresse d’un soir (ou, plutôt, de deux). Ivresse ? Pas vraiment pour un bon tiers de la salle, qui a déserté lors du second entracte, après le sixième des huit tableaux.

Reprendre Saint François l’année du centenaire Messiaen était assurément un symbole pour Kent Nagano. On peut imaginer que le besoin était d’autant plus pressant que l’autre chef qui se targue d’être une sorte de « fils spirituel » de Messiaen, Myung Wun Chung, a pu le monter en concert à Paris en octobre dernier. Quelques « grands témoins » parisiens (journaliste, biographe), avaient été invités pour répandre en Europe la bonne parole de ce qu’ils auront vu ici.

Car, sur ce plan, Kent Nagano n’a rien à craindre : l’esprit de la musique de Messiaen coule dans ses veines. Déjà dans Éclairs sur l’Au-Delà, je n’avais pas fait mystère du fait que la grandiloquence mystique aux sonorités grasses des interprétations de Myung Wun Chung m’agace copieusement, et que j’adhère à « 110 % » au Messiaen fluide et cristallin, éclairé de l’intérieur, de Kent Nagano. L’héritier, c’est lui, et après les trois premiers tableaux, on l’avait déjà compris ! Le « génie messiaenique » de Nagano, c’est aussi le rapport au temps, à la fois intuitif et très travaillé, qui fait que « tout vient à point », dans chaque tableau et entre les tableaux.

Curieusement, la couleur sonore (surtout dans les tableaux 7 et 8) s’est un peu épaissie vers la fin, peut être par la texture même du propos orchestral, mais aussi par la fatigue légitime qu’entraîne la tempérance dans les dosages dynamiques. L’OSM, comme le choeur, a été superbe (les rares attaques hésitantes ne comptent absolument pas), avec des flûtes sans faille, des percussions supplémentaires (xylophones) très impressionnantes. Aux ondes Martenot, alors que les sons de Dominique Kim s’intégraient toujours au tissu orchestral je n’ai pas compris certains cautères sonores dispensés par l’ondiste Valérie Hartmann-Claverie, à droite de la scène. Sublime moment pourtant : la superposition ondes-choeurs dans le 5e tableau.

Le plateau vocal nous a réservé d’énormes surprises. À part Benjamin Butterfield, un peu falot, tous les solistes étaient brillamment choisis. La voix de Chris Merritt, atteinte par l’âge et les efforts, convient à merveille au lépreux, alors qu’Antonio Figueroa chante avec un aplomb surprenant de même que Gino Quilico. Pour le reste, nous étions dans le très grand, avec la présence vocale de Laurent Alvaro en Frère Léon, la pureté sans afféteries d’Aline Kutan, qui parvient à ne pas nous faire regretter Dawn Upshaw, et... Marc Barrard.

Ce baryton méconnu a eu l’intelligence de ne pas singer José van Dam. En approchant Saint François avec ses moyens moindres, mais une si grande intelligence du Verbe, ce chanteur a, peut-être pour la première fois depuis la création de l’oeuvre, infléchi sa dynamique spirituelle. Loin de la figure de patriarche humble de Van Dam, Barrard est un humain parmi les humains. Pour paraphraser le titre Fanfare for the Common Man de Copland, cette vision, c’est Destiny for the Common Man. Barrard représente ainsi l’exemple suprême de la transcendance par la foi accessible à tous. L’intériorité de son incarnation a été rendue palpable par les projections visuelles de Jean-Baptiste Barrière, très critiquées à Paris et que j’ai trouvé réussies, car elles intégraient des gros plans des chanteurs dans un décorum bien adapté.

Cela dit, je n’en suis pas devenu pour autant un « fan » de cette oeuvre. La durée n’est pas un problème, car Messiaen bourre la partition, dès le premier tableau, de repères (motifs d’oiseaux, thèmes adaptés à l’état d’esprit — solennité, décision, joie — de Saint François) qui s’insinuent dans l’esprit de l’auditeur et lui donnent des repères. Je n’ai, par contre, pas ressenti le parcours entre les huit tableaux, ni une grande élévation mystique, malgré le fulgurant choeur final. Autre limite à mes yeux, le côté « catalogue Sears », de tous les accords, tous les oiseaux, tous les rythmes de Messiaen, qui prend, justement, l’allure même d’un catalogue. Enfin, et surtout, il y a la prosodie, reposant sur le Cantique des créatures et d’autres textes où tout élément de l’univers est appelé « Frère ». La bondieuserie ornithologique de Saint François, au 6e tableau, lors qu’il invoque, avec l’air pénétré, « Frère Pettirosso, le rouge-gorge » et d’autres volatiles (ne manquent plus que les Frères maringouins !) m’est assez insupportable.

Au bout de la soirée le Frère public restant a ovationné Frère Nagano, qui a rendu hommage à son Saint. Pour ma part, j’avoue humblement que plus j’entends Messiaen plus j’aime Poulenc !

***

SAINT FRANÇOIS D’ASSISE

Opéra en trois actes et huit tableaux d’Olivier Messiaen. Marc Barrard (Saint François), Laurent Alvaro (Frère Léon), Aline Kutan (l’ange), Chris Merritt (le lépreux), Benjamin Butterfield (Frère Massée), Antonio Quilico (Frère Élie), Gino Quilico (Frère Bernard), Choeur et Orchestre symphonique de Montréal, Kent Nagano. Salle Wilfrid-Pelletier, vendredi 5 décembre 2008. Reprise demain soir.


Claude Gingras : Saint Franois d’Assise : colossal | Musique classique

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Finalement, la grande soirée Messiaen de vendredi - reprise mardi - est un peu moins longue que prévu : cinq heures et sept minutes au lieu de cinq heures et demie. Surtout, elle est moins pénible que ce à quoi je m’attendais.

Nous parlons, bien sûr, de Saint François d’Assise, l’opéra de Messiaen que Kent Nagano et l’Orchestre Symphonique de Montréal ont monté, en première canadienne, pour le centenaire du compositeur. Même en version concert, il s’agit d’une entreprise colossale - et extrêmement coûteuse - mobilisant un orchestre augmenté à 120 instrumentistes, un choeur de 100 voix et neuf chanteurs solistes, sans parler des répétitions, qui furent certainement très nombreuses car le résultat est tout à fait exceptionnel.

 

En fait, il faut parler de version demi-scénique car l’aspect visuel y est constamment présent et donne à la musique et surtout au texte une vie qu’ils n’ont pas au disque. J’avais écouté l’enregistrement de Nagano, je m’étais profondément ennuyé et appréhendais la soirée de vendredi.

L’orchestre, avec ses innombrables cordes, bois et cuivres, ses énormes percussions et ses claviers d’ondes Martenot de chaque côté, plus le choeur au fond de la scène, tout cela constitue un spectacle en soi. Il y a davantage. Au-dessus de la scène, un écran géant mêle paysages et abstractions aux visages très grossis des chanteurs solistes, tous habillés en franciscains (ce sont les « frères » en communauté de saint François), à deux exceptions près : l’Ange, seul personnage féminin de la distribution, porte une robe blanche de mariée ( !) et le Lépreux, envoyé par l’Ange et guéri lorsque saint François l’embrasse, est habillé normalement.

Au-dessus de l’écran, des surtitres très clairs permettent de suivre le texte en français et en traduction anglaise et de se rapprocher ainsi d’un sujet plutôt ésotérique. De la plume même de Messiaen, ce texte peut être à la fois d’un mysticisme édifiant et d’une banalité déconcertante. Si on entend là de grandes vérités, par contre il est difficile de classer dans cette catégorie les interminables conversations sur le comportement des oiseaux. Et on ne sait que penser de phrases comme celle-ci : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur Eau. Elle est très utile et humble, précieuse et chaste ! Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu, par qui tu éclaires la nuit ! »

Souvent plus parlée que chantée, la partie vocale est défendue par d’excellents chanteurs dont la diction française, y compris chez les anglophones, est presque parfaite. Le baryton français Marc Barrard, dans le rôle-titre, est très émouvant, le ténor américain Chris Merrit en Lépreux passe miraculeusement de l’affliction à l’allégresse et Aline Kutan a toute la pureté voulue, quoique les gros plans la montrent regardant trop son texte. Jusqu’à Gino Quilico qui a de la classe, comme ceux qui l’entourent.

Bien qu’ayant peu à faire, le choeur chante avec une grande subtilité. Nagano dirige tout ce monde avec calme et efficacité et pousse à ses limites un orchestre où Messiaen mélange gamelan multicolore, effrayants sons des cuivres graves, unissons à la Mantovani, effets faciles, emprunts à ses oeuvres précédentes aussi bien qu’à Berlioz, Bartok, Prokofiev, Poulenc et même Gershwin.

Mais cinq heures (y compris deux entractes), cela reste une soirée bien longue. Et la salle bien remplie l’est beaucoup moins quand arrive le dernier acte.

« SAINT FRANÇOIS D’ASSISE », opéra en trois actes (huit tableaux), livret et musique d’Olivier Messiaen (1983). Version concert. Orchestre Symphonique de Montréal et Choeur de l’OSM (dir. Michael Zaugg), Marc Barrard, baryton (Saint François), Aline Kutan, soprano (l’Ange), Laurent Alvaro, baryton (Frère Léon), Chris Merritt, ténor (le Lépreux), Gino Quilico, baryton (Frère Bernard), Benjamin Butterfield, ténor (Frère Massée), Antonio Figueroa, ténor (Frère Élie). Chef d’orchestre : Kent Nagano. Projections : Jean-Baptiste Barrière. Mise en espace : François Racine.


Musique classique - Messiaen : huit ans pour Saint Franois d’Assise

Musique classique - Messiaen : huit ans pour Saint François d’Assise

Christophe Huss

Édition du vendredi 05 décembre 2008

Mots clés : OSM, Olivier Messiaen, Classique, Spectacle, Musique, Montréal

Le 10 décembre 2008, Olivier Messiaen aurait eu cent ans. Montréal est l’une des métropoles les plus actives dans la commémoration de ce centenaire. Car tout le monde ne peut se payer la présentation de Saint François d’Assise, monumental et complexe opéra de plus de quatre heures, requérant 120 musiciens, 150 choristes et sept solistes, que Kent Nagano dirigera ce soir et mardi à l’OSM.

La petite histoire veut qu’un fonctionnaire du ministère français de la Culture ait dit à sa femme, avant la création de Saint François d’Assise à l’Opéra de Paris, en 1983 : « Profites-en bien, chérie, parce qu’avec ce que ça nous a coûté, tu n’es pas prête de le revoir ! » Qu’elle soit vraie ou fausse, peu importe : certains membres du conseil d’administration de l’OSM ne le diront pas ce soir, mais n’en penseront assurément pas moins...

Par ailleurs, pour écluser le chapitre des polémiques, le Saint François d’Assise de l’OSM a mis en ébullition la communauté des ondistes (instrumentistes jouant des ondes Martenot) québécois. Montréal présente le bassin d’ondistes le plus important en Amérique du Nord, mais deux des trois instrumentistes de ce soir ont été appelés de France. L’ondiste Estelle Lemire, qui vient d’enregistrer avec cinq collègues Fête des belles eaux de Messiaen (CD Atma), craint le « dommage que cela pourrait causer à la réputation des ondistes locaux ». Quant aux percussionnistes surnuméraires, Kent Nagano les a fait venir d’Allemagne ! Un jour — c’est un autre débat —, on se demandera sereinement à quoi cela rime de former autant de musiciens dans la métropole si les meilleurs d’entre eux ne sont même pas jugés dignes de renforcer l’OSM... Mais, assurément, si, comme le regrette Estelle Lemire dans le cas des ondistes, ils n’ont même pas l’opportunité d’auditionner pour faire la preuve de leur talent, il y a sans doute un problème quelque part.

Acte de foi

Mais revenons à Messiaen, qui ne peut rien dans ces affaires montréalaises. C’est en 1975 que l’opéra de Paris lui commande un ouvrage lyrique. Messiaen choisit saint François, « le saint le plus proche du Christ » et écrit lui-même son livret, articulé en huit tableaux. Évidemment pour un compositeur ornithologue et très croyant, c’est Le Prêche aux oiseaux (6e Tableau) qu’il développe le plus, avec près de 45 minutes. Messiaen a mis quatre ans à composer Saint François et quatre autres années à l’orchestrer.

Occupant 2000 pages réparties en huit volumes, ces Scènes franciscaines en trois actes et huit tableaux, sont, de l’aveu de Messiaen, une synthèse de ses découvertes musicales, « et, ce qui est plus important encore, une tentative d’exprimer ma foi catholique ». Le compositeur a tout mis dans cette oeuvre : tous les oiseaux, toutes les couleurs, toutes les harmonies typiques de son écriture. Chaque personnage, par exemple, est associé à un chant d’oiseau.

Au-delà de Saint François

Après sa création à Paris, en 1983, sous la direction de Seiji Ozawa (et de son assistant Kent Nagano, pour la dernière des huit représentations), Saint François d’Assise a été présenté en 1985 (partiellement en concert) à Salzbourg, puis par Kent Nagano à la Radio hollandaise en 1986 et à Lyon en 1989, avant la reprise à Salzbourg en 1998, enregistrée par Deutsche Grammophon. La première nord-américaine a été donnée à San Francisco en 2002, et l’Opéra de Paris a repris l’ouvrage dans une nouvelle mise en scène en 2004. Il y a un peu plus d’un mois, Myung Whun Chung, autre disciple de Messiaen, en a dirigé une version concert à Paris. Saint François d’Assise, ouvrage statique, plus métaphysique que dramatique, ne pâtit assurément pas d’une exécution non scénographiée.

Après Saint François, le jour du centenaire, mercredi, des organistes se relayeront à Notre-Dame pour présenter l’intégrale de l’oeuvre d’orgue, alors que, le soir, à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, Louise Bessette jouera les Vingt regards sur l’enfant-Jésus.

Et si vous désirez vous immerger totalement dans l’oeuvre du compositeur, sachez que Deutsche Grammophon publie en un coffret de 32 CD l’intégrale de ses compositions. On y trouve évidemment l’enregistrement Nagano du Saint François d’Assise, et on notera que les 32 CD coûtent exactement le double du coffret de 4 CD de l’opéra. C’est donc une aubaine dans son genre...

-  En concert

Saint François d’Assise à l’OSM.

Ce vendredi 5 décembre et le mardi 9 décembre, à 18h. Vingt Regards sur l’enfant-Jésus par Louise Bessette.

Mercredi 10 décembre, à 20h.
-  Disques Intégrale Messiaen. 32 CD. Deutsche Grammophon.


[26/11/2008] - Olivier Messiaen, le centenaire (1908-2008) Arte, les 14 et 15 décembre 2008

Arte

Dimanche 14 décembre 2008 à 19h

Lundi 15 décembre 2008 à 22h45

Messiaen l’immortel

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Olivier Messiaen aurait soufflé le 10 décembre 2008 ses 100 ans. Arte commémore cet événement et la carrière comme l’oeuvre du plus grand compositeur français du XXème siècle. Son oeuvre spectaculaire autant que fracassante, qui suscita un beau scandale lors de sa création française (après celle américaine en décembre 1949) au festival d’Aix en Provence 1950, la Turangalîla Symphonie impose le tempérament d’un compositeur ivre de Dieu, qui se disait surtout rythmicien et synopsiste. Arte diffuse le 14 décembre à 19h, la partition scandaleuse enregistrée lors d’un concert filmé à Paris, Salle Pleyel le 3 octobre 2008, puis le lendemain, retransmet un portrait d’Olivier Messiaen par Olivier Mille, où le passionné d’oiseaux, qui transcrivit tous les chants de nos chers volatiles, précise sa pensée musicale... sur le motif.

Concert

Dimanche 14 décembre 2008 à 19h

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Turangalîla-Symphonie. Roger Muraro, piano, Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot sous la direction de Myung-Whun Chung à la tête du Philharmonique de Radio France jouent la partition de Messiaen lors de ce concert parisien filmé à la Salle Pleyel, le 3 octobre 2008 par Andy Sommer. Composée entre 1946 et 1948, commande du chef d’orchestre Serge Koussevitsky. La création eut lieu le 2 décembre 1949 sous la direction de Leonard Bernstein à la tête du Symphonique de Boston, avec Yvonne Loriod (piano) et Ginette Martenot (ondes Martenot). Narration proche et lointaine à la fois du poème symphonique romantique, la Symphonie raconte l’amour de Tristan et Yseult. Turangalîla désigne en sanskrit tout ce qu’amour suscite : vie et mort, temps, mouvement, rythme et vie, chant d’amour... L’œuvre emporte l’auditeur par sa transe radicale : une émanation musicale de l’énergie amoureuse, superbe et magnifique jubilation qui transcende ceux qui le vivent, exaltent ceux qui le voient, terrassent ceux qui en sont jaloux... Mais toute passion amoureuse n’est qu’un pâle reflet du véritable amour : l’amour divin. D’après Messiaen, l’œuvre exige du piano l’une des parties les plus virtuoses qu’il a jamais écrite. Ce pourrait donc être aussi un Concerto pour piano.

Portrait

Lundi 15 décembre 2008 à 22h45

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Portrait d’Olivier Messiaen par Olivier Mille. "La Liturgie de Cristal" (2002, 1h). après Debussy et Ravel, Messiaen interroge formes, couleurs, rythmes, durées, modes, timbres. Sa grande culture pas seulement musicale car il maîtrise aussi l’histoire de l’art et des peintres, en connaisseur des couleurs, s’intéressa comme personne aux oiseaux (il fut aussi un ornithologue reconnu, recherché), impose tout autant que le compositeur, les leçons du pédagogue. Dans sa classe se trouvent les chercheurs de la seconde moitié du XXème siècle : Boulez, Pierre Henry, Stockhausen, Xenakis... Dans les bois, l’ornitologue compositeur recherche et trouve l’alouette Lulu, la grive musicienne, le Rossignol, le loriot magicien...

Puis l’homme se raconte au travers des événements de sa vie : déportation en Silésie en 1940, expérience du temps révolu et accablé qui nourrit son besoin croissant de Dieu ; son don de Synopsie (la perception du son au travers d’une couleur équivalente). Le documentaire portrait évoque en fin de film, le fervent croyant, visionnaire dans ses nombreuses illuminations musicales : et expecto resurrectionem mortuorum, créé en 1965, et son opéra, autobiographique, Saint François d’Assise qui est son manifeste comme homme croyant et musicien... Le film d’Olivier Mille, "La Liturgie de cristal" est édité au dvd chez Medici arts (Idéale Audience).


Week-end hommage Olivier Messiaen la Salle Molière - LyonCapitale.fr -

Week-end hommage à Olivier Messiaen à la Salle Molière - LyonCapitale.fr -

Enfant, Olivier Messiaen demandait à Noël des partitions de Mozart, Wagner et Berlioz. Cette année marquant le centenaire de la naissance de ce compositeur majeur du XXème siècle (mort en 1992), Piano à Lyon lui rend un bel hommage. Messiaen fut aussi organiste et expert en ornithologie et cette passion pour les oiseaux a d’ailleurs marqué son œuvre. Le cabaret classique de Jean François Zygel propose donc une soirée spéciale “la Musique et les oiseaux” en présence de Jean Boucault et Johnny Rasse, chanteurs d’oiseaux, et de Thomas Bloch avec ses rarissimes instruments, ses ondes Martenot et son cristal Baschet. Le week-end hommage s’ouvrira sur un récital du grand pianiste Roger Muraro qui explorera les inspirations du compositeur avec Chopin, Debussy, Mozart et Liszt.

Week-end hommage à Olivier Messiaen.

Les 21 et 22 novembre. A la salle Molière,

18-20, Quai de Bondy, Lyon 5e.

Piano à Lyon :

04 78 47 87 56.

www.pianoalyon.com.


Classique / L’hommage Messiaen / Heureuse Turanglila - Les DNA Archives

Culture et loisirs

Marc Albrecht à la tête du Philharmonique. (Photo DNA - Jean-François Badias) - 36.6 ko
Marc Albrecht à la tête du Philharmonique. (Photo DNA - Jean-François Badias)

Classique / L’hommage à Messiaen

Heureuse Turangâlila

Pour le centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen, le Philharmonique de Strasbourg a programmé, outre un prochain week-end consacré au compositeur français, son immense Turangâlila symphonie.

L’ouvrage était donné, pour deux soirées, sous la baguette de Marc Albrecht, et fut fort bien accueilli, comme chaque fois qu’il est joué à Strasbourg. Sur l’estrade, 110 musiciens étaient mobilisés pour cette oeuvre énorme d’une durée de 75 minutes et mobilisant les effectifs les plus complets : ici 70 cordes dont dix contrebasses, une douzaine de percussions et claviers, et en solistes le piano et les ondes Martenot pour les parties les plus concertantes. La Turangâlila symphonie de 1948 est ... Marc Munch

Pour lire l’article complet : accédez aux archives de dna.fr Les articles de la rubrique Culture et loisirs du Samedi 8 Novembre 2008 : bienvenue au moussem deferlements titanesques Marc Albrecht à la tête du Philharmonique. (Photo DNA - Jean-François Badias) © Dernières Nouvelles D’alsace, Samedi 08 Novembre 2008.

© Dernières Nouvelles d’Alsace - 2008 - ISSN 1760-4931


Chronicart.com | Musique : Jean-Philippe Goude - Aux solitudes

Le sacré se niche parfois dans de drôles d’endroits. J’en parlais récemment avec une fille - jolie vous vous en doutez. Ado, elle trouvait le sacré dans les elfes, les fées, une certaine vision du catholicisme. Moi, c’était dans le basket-ball, une certaine vision de Michael Jordan en Nijinski pop. Après, comme vous le voyez, il y a eu la musique, l’écriture. La répétition du même dans un autre objet, obscur bien sûr. Mais le basket, tous ces gestes répétés, j’en rêve encore. Mon corps et ma tête y sont irrémédiablement perchés.

Donc voilà : au commencement était le sacré. La sensation d’entrer dans une église. Et cette sensation se niche parfois dans des disques. J’en ai refait récemment l’expérience en écoutant Aimer ce que nous sommes de Christophe. Sur ce disque, deux morceaux m’ont particulièrement émus, presque aux larmes : Mal comme et It must ba a sign. Rien que d’en parler j’en ai les glandes qui se réveillent. Mais ce que je tenais à vous dire, c’est que dernièrement ce sentiment particulier je l’ai aussi éprouvé avec un disque dont les médias parleront moins. Ce disque c’est Aux solitudes de Jean-Philippe Goude - on dirait un titre à la Manset. Sans doute que ce nom ne vous dit rien. Pourtant, ce compositeur vous a déjà touché en plein coeur. Les arrangements de Mistral gagnant, c’est lui ; le générique de l’émission Caractères, encore lui ; celui d’Un Siècle d’écrivains, lui aussi ; d’Un Livre des livres, toujours lui. J’arrête là ? Le générique de Giga, c’est encore lui. Mais bien sûr, tout ça est loin d’être de l’Art puisqu’il s’agit de travaux de commande et comme ce pianiste a la musique en haute estime depuis sa plus tendre enfance et qu’il ne souhaitait pas croupir comme arrangeur D.A. dans la « variété de qualité », en 1985 il a décidé de trancher. D’un côté, ce sera la musique pour manger (la pub, l’audiovisuel), de l’autre, le grand sa(l)ut : la musique pour lui. Sacrée.

Entre 1992 et 2001, quatre disques sont sortis de cette intransigeante démarche. Paru fin août chez Ici D’Ailleurs, Aux solitudes est le dernier en date. Celui où son style affirme sa pleine singularité. Il y a de l’onde Martenot et des violons rythmiques mais ce n’est pas du Tiersen ; des élans pop symphoniques mais ce n’est pas Sufjan Stevens ; le lyrisme tragique d’un contre-ténor mais ce n’est pas un oratorio ; des interludes de synthé parano-mystiques mais ce n’est pas la B.O. d’un Lynch ; des passages guillerets mais ce n’est pas du baroque ; des instruments classiques mais ce n’est pas de la musique pour vieux. Aux solitudes, c’est un peu tout ça à la fois et comme c’est un vrai voyage (de Fantasia à X Files, de La Question humaine à Requiem for a dream, d’Antoine Volodine à Valère Novarina), c’est impossible à décrire. On peut juste dire que c’est étrange et touchant, et qu’il y a là des instants de grâce sans nom. Des moments sacrés, où une voix immense vient planer au-dessus du carnage. Apparition divine. Eplorée.

Découvrir un tel diamant noir dans le flot médiocre de l’actu CD, c’est comme allumer sa télé par une nuit d’insomnie, tomber tout d’un coup sur une émission bizarre et fascinante perdue dans les abysses de la grille des programmes et de rester happé. C’est découvrir qu’il y a toujours une quatrième dimension quelque part ; une rencontre du troisième type qui vous attend. Allez savoir où, le sacré se niche toujours dans de drôles d’endroits.

Sylvain Fesson


Musique classique : La Scène > [Scène] Lyrique > Messiaen 2008 > [Paris] L’extase hors du temps [02/11/2008]

Messiaen 2008

[Paris] L’extase hors du temps

Paris, salle Pleyel. 31-X-2008. Olivier Messiaen (1908-1992) : Saint François d’Assise, scènes franciscaines en trois actes et huit tableaux, sur un poème du compositeur. Version de concert. Heidi Grant Murphy, l’Ange ; Vincent Le Texier, Saint François ; Hubert Delamboye, le Lépreux ; Jean-Sébastien Bou, Frère Bernard ; Tom Randle, Frère Massée ; Nicolas Courjal, Frère Léon ; Olivier Dumait, Frère Elie ; Mark Pancek, Frère Sylvestre ; Robert Jersierski, Frère Rufin. Chœur de Radio-France (chefs de chœur : Matthias Brauer & Marco Valerio Marletta), Orchestre Philharmonique de Radio-France, direction : Myung-Whun Chung. Créations vidéo : Jean-Baptiste Barrière.

 Enfin le voila, ce sommet tant attendu de Messiaen. Hélas pas dans toute sa splendeur : l’unique production scénique a eu lieu en juin dernier à Amsterdam. En version de concert, seulement à Paris ce 31 octobre et à Montréal en décembre, avec Marc Barrard en Saint François, l’Orchestre Symphonique de Montréal et Kent Nagano. Dommage que l’Opéra National de Paris, unique scène de l’Hexagone apte à produire cette œuvre, n’ait pas saisi l’occasion de le faire.

 L’exemple de la Symphonie « des mille » à Bercy n’avait pas suffit : il a fallu que Radio-France fasse la même erreur, celle de la diffusion d’images vidéo. Non seulement la musique de Messiaen se suffit à elle-même sans besoin de support visuel, mais au lieu d’images stylisées de forêts méditerranéennes la projection du texte chanté aurait été bien plus utile. Si Messiaen s’était opposé à ce qu’on considère Saint François d’Assise comme un oratorio, les compositeurs ne sont peut-être pas toujours les meilleurs défenseurs de leurs œuvres. Donné en version de concert, ça marche terriblement bien. Bien sur l’orchestre situé sur le plateau a tendance à couvrir les chanteurs, mais c’est la règle du jeu.

 La seule ombre face à cette éclatante réussite était l’Ange de Heidi Grant Murphy, au vibrato gênant et à la diction relâchée. Le reste du plateau, exclusivement masculin, n’appelait que des éloges. Hubert Delamboye, malgré une voix qui porte le poids des ans, campe un Lépreux touchant de vérité et de sincérité. Son exclamation « la pénitence ! » ne pouvait que faire penser à « la vérité ? » susurrée par Mélisande mourante dans l’opéra de Debussy, dont on entend dans ce Saint François d’Assise plus d’une réminiscence. Excellents aussi sont les frères entourant François, avec une mention spéciale pour Jean-Sébastien Bou et Nicolas Courjal. Enfin Vincent Le Texier dans le rôle-titre n’a pas déçu. Diction exemplaire, grand sens du phrasé, encore un peu de pratique du rôle, surtout dans une production scénique, et la relève de José Van Dam, créateur de Saint François, sera assurée.

 Le Chœur de Radio-France s’était fait muet depuis le début de la saison - à l’exception d’un concert a capella en l’église Saint-Eustache en septembre. Devant l’immensité de la partie chorale de Saint François d’Assise, on comprend aisément que ce long silence était du à une préparation minutieuse, qui a porté ses fruits. Autant cet ensemble nous avait régulièrement déçu l’année précédente, autant ce soir, au grand complet - avec nombre de supplémentaires et deux chefs de chœur pour l’occasion - sa prestation fut excellente, tant dans les longues plages sonores jouées pianissimo quand il est traité telle une masse instrumentale de l’orchestre que dans les déchaînements virtuoses exigés dans les deux derniers tableaux (Les stigmates et La mort et la nouvelle vie).

 Le triomphe de cette soirée, accueilli par une salle en délire avec standing ovation, après un marathon commencé à 18h30 et terminé à 00h15, était du à celui qui a su fédérer toutes ces forces : Myung-Whun Chung. Saint François d’Assise est « son » œuvre, qu’il connaît dans les moindres recoins, qu’il domine avec aisance. L’Orchestre Philharmonique de Radio-France est somptueux de sonorités intenses, jusque dans les moments les plus recueillis, telle l’imitation de la viole jouée par l’Ange aux trois ondes Martenot sur fond de cordes (5ème tableau). Le prêche aux oiseaux (6ème tableau), vaste moment d’orchestre où les instruments, répartis en groupes, évoluent indépendamment les uns des autres, ne tombe pas dans le fouillis : nous sommes bien devant une véritable volière sonore en mouvement perpétuel. Le temps, immensément étiré dans cette œuvre, ne compte plus : Saint François d’Assise a beau durer quatre heures (sans les entractes), le spectateur en sort certes fourbu de courbatures mais avec la conscience d’avoir participé à la mise en place progressive d’une œuvre qui, dans les siècles à venir, sera toujours au répertoire, aux cotés de l’Orfeo, de Don Giovanni ou de Pelléas et Mélisande.


Comment jouer "Saint François" - Culture - Le Monde.fr

Comment jouer "Saint François" -

Les célébrations françaises de la naissance d’Olivier Messiaen (1908-1992) trouvent leur achèvement et leur acmé dans l’exécution en version de concert de son unique opéra, Saint François d’Assise (1975-1983), lors d’une soirée unique prévue Salle Pleyel, à Paris, le 31 octobre. Les interprètes en étaient l’Orchestre philharmonique de Radio France, le choeur de Radio France, sous la direction de Myun-Whun Chung, chef très aimé du compositeur. SUR LE MÊME

Saint François a demandé à Messiaen quatre années de labeur exténuant pour l’écriture et autant pour l’orchestration. Les dimensions (quelque quatre heures de musique), le statisme contemplatif, les effectifs gigantesques et la difficulté musicale ne mettent pas l’ouvrage à la portée matérielle et artistique de la première maison d’opéra venue. Il faut une grande fosse pour pouvoir loger les 119 musiciens (palanquée de percussions, trois ondes Martenot, nombreux vents). Il faut un grand choeur de 150 chanteurs environ, divisés en 10 groupes, et trouver des chanteurs solistes prêts à apprendre une musique hérissée de difficultés... Les huit gigantesques volumes de la partition, éditée à grands frais par la maison Alphonse Leduc, sont si lourds qu’il faut une grosse valise pour les transporter...

Messiaen souhaitait voir représenter ces "Scènes franciscaines en trois actes et huit tableaux" avec décors et costumes (qu’il décrit précisément). Mais Saint François n’étant pas à l’affiche d’un opéra français en 2008-2009, Chung a dû penser qu’il fallait tout de même le donner, fût-ce en concert, dans le cadre de cette commémoration. Très critiquée, voire moquée à sa création à l’Opéra de Paris en décembre 1983 ("Cui-cui, François prêchi-prêcha" titra le quotidien Libération, "contenu sucré, malsain, vicié, aussi peu franciscain que possible" lisait-on dans l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur...), la partition fut défendue par Henri Dutilleux qui devait, dans les colonnes du Monde, sortir de ses gonds et dénoncer l’incapacité "d’apprécier la signification" de l’oeuvre, qui devait selon lui "illuminer cette fin d’année 1983." La postérité de Saint François, régulièrement donné sur scène, de Salzbourg à San Francisco, semble avoir donné raison à Dutilleux... Renaud MachartArticle paru dans l’édition du 01.11.08.


Lyonmag - La Turangalila Symphonie

Classique

La Turangalîla-Symphonie à l’Auditorium

La Turangalîla-Symphonie d’Olivier Messiaen est jouée les 23 et 25 octobre à l’Auditorium. L’Orchestre national de Lyon présentera cette symphonie composée dans les années 1946-1948 et dont le nom signifie “chant d’amour” mais aussi ”hymne de joie” ou “rythme”. Dix mouvements au programme avec plus de 100 musiciens et deux solistes : le pianiste Pierre-Laurent Aimard et Takashi Harada aux ondes Martenot, un instrument considéré comme l’ancêtre du synthétiseur. A noter qu’Olivier Messiaen est enterré dans la région de Grenoble, dans le village de Saint-Theoffrey où il avait une propriété.

Les 23 et 25 octobre à l’Auditorium de Lyon, 149 rue Garibaldi dans le 3e. Tarifs : de 12 à 45 euros. Renseignements : 04 78 95 95 95 ou www.auditoriumlyon.com


Classical preview : Royal Northern College Of Music Symphony Orchestra | Metro.co.uk

Classical preview : Royal Northern College Of Music Symphony Orchestra | Metro.co.uk

HomeNewsSportFameWeirdMetroLifeME ME MoneyMetrosexualLifestyleTravelGamesGimmeAlert Film Music Food and drink Books Restaurant offers Festivals Tickets Blogs Video Chat Your views Classical preview : Royal Northern College Of Music Symphony Orchestra by RICHARD BRATBY - Wednesday, July 2, 2008

Pascal Rophe is one of the conductors brought in to replace Martyn Brabbins

You know a conductor’s unique when it takes two to replace him. This concert by the Royal Northern College Of Music Symphony Orchestra was to have been conducted by the respected British maestro Martyn Brabbins.

But with Brabbins out of the picture after a serious elbow injury, the RNCM has sensibly taken the decision to substitute him with Clark Rundell and Pascal Rophé and to leave this spectacular programme unchanged.

And rightly so, because this is the mother of all end-of-term blow-outs. The opener alone is an epic : the exuberant choral symphony The Dance, Forever The Dance by RNCM principal Edward Gregson. Setting words by Byron, Auden and Wilde, it’s scored for a Mahler-sized orchestra.

That alone makes any performance a major occasion, but under the baton of Rundell, a long-term colleague of Gregson’s, this one should be particularly special.

The Dance however is just the upbeat to the even more outrageous second half - Messiaen’s vast Turangalîla-Symphonie, a psychedelic, toweringly kitsch celebration of love on a cosmic scale. Listen out for the retro electronic swooning of the ondes-martenot, played tonight by the French virtuoso Pascale Rousse-Lacordaire.

Conductor Rophé, meanwhile, knows the contemporary French repertoire inside out, and the RNCM’s superb young players will do the rest.


Concertgebouw Orchestra/Jrvi at the Barbican live reviews | Music | Arts & Entertainment - Times Online

Where am I ?HomeArts & EntertainmentMusic Live Reviews MY PROFILE SHOP JOBS CLASSIFIEDS From The Times June 30, 2008

Concertgebouw Orchestra/Järvi at the Barbican

Mussorgsky’s Pictures at an Exhibition showed the brass section’s panache, but Messiaens Turangalîla was something of a ruckus

Geoff Brown

Those London concertgoers curious about what Mariss Jansons would make of Messiaen’s hothouse symphony Turangalîla will have to stay curious. Advised to rest, the Royal Concertgebouw Orchestra’s charismatic conductor passed the baton for his two Barbican concerts to Neeme Järvi, a solid musician though not one overburdened with individuality.

Still, whoever grasps the waving stick, the Concertgebouw is still the Concertgebouw. The repertoire was as dull as cardboard : Schumann’s “Spring” Symphony, Mussorgsky’s you-know-what. But nothing was ordinary about the orchestra’s precision, the woodwind’s pert copper colouring or the brass section’s golden panache. And, for all its familiarity, you couldn’t ask for a more useful Concertgebouw showcase than Ravel’s orchestration of Pictures at an Exhibition. How those catacomb walls shivered in the massive, dank, dark chords of the brass. The orchestra, and Järvi too, impressed even more whenever Mussorgsky’s Pictures receded into pianissimo, tone and dynamics fading away, firmly controlled, wrapped in tight velvet.

At the same time, where was the interpretation’s point of view ? This was the problem with the Schumann. Järvi knew how to spotlight its subtle kaleidoscope of hues (so much for the cliché of the composer’s inept orchestration). But there was little in the phrasing, structuring or emotional temper to lift this reading beyond the acceptably ordinary. Getting Järvi genuinely impassioned appears difficult ; gesturally, the only time he seemed on fire was conducting the encore, Sibelius’s Andante Festivo, a full-throated song for strings.

As for Turangalîla, that absurd hymn to love carnal and divine, Järvi’s fondness for the slowed, sighing phrase gave a 19th-century romantic colouring that was out of place among gamelan patterings, birdsong cascades and the rest of Messiaen’s tool chest. Jean-Yves Thibaudet at the piano demonstrated stamina but little poetry and the general ruckus easily swamped Cynthia Millar’s ondes Martenot as it did the Concertgebouw sound, the biggest pity of all.


RNCM Symphony Orchestra @ Bridgewater Hall - Classical and opera - Music - Entertainment - Manchester Evening News

For the Messiaen, Pascal Rophé was the conductor : Pascale Rousse-Lacordaire played the ondea (a modernised version of the ondes Martenot), and the piano soloist was the RNCM’s own Mikhail Shilyaev. They made a highly efficient team, and M Rophe steered the orchestra’s players through a remarkable and vital performance.

Hardened professionals may deliver this most youthful music with a certain polished veneer and smoothing of its joinery. But here the joints were clear - a tiny bit rough, sometimes - but pretty sound, and sounding pulsatingly alive.

They played Messiaen’s ‘love songs’ as if they really were about love. They romped through his fifth movement (‘Joy of the blood of the stars’), taken daringly fast, as if born to play it. They put unashamed schmaltz into his ‘Garden of love’s sleep’.

It’s music for the young at heart - an apt symbol of the achievement of a man who has given himself heart and soul to Manchester’s music and the college’s welfare. He will be much missed.


Edgard Varse : Orchestral Works 2 - MusicalCriticism.com

Edgard Varèse : Orchestral Works 2 - MusicalCriticism.com (CD review)

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Edgard Varèse : Orchestral Works 2

Watts, Grochowska, Bloch ; Polish National Radio Symphony Orchestra/Lyndon-Gee (Naxos 8.557882)

7 July 2008

In his otherwise fairly riveting book on (some types of) twentieth century music, The Rest is Noise, Alex Ross asserts rather rashly of the music of Edgard Varèse that it has ’no past, no future.’ Nothing could be further from the truth.

The composer’s hyperfuturist, anti-symphonic works can be seen to have anticipated whole swathes of subsequent musical styles. From the rather inevitable abuse heard on innumerable sci-fi soundtracks of the ondes martenot and the theremin, two instruments pioneered by Varèse, to the vastly expanded percussion ensembles of much modern orchestral music and the non-developmental, collage-based impulse that dominates the contemporary attitude to the management of musical material in all genres, echoes of this proto-Boulezian figure reverberate still.

If a past needs to be identified, the early brutal ballet scores of Stravinsky immediately come to mind. In other respects – the very distinctive destitution of harmony in the French composer’s music comes to mind – he stands rather alone for sure, at least in the context of art music. But his music’s searing cry on behalf and in place of unheard new worlds ended up heralding a similar motivation and manner of expression in a great deal of music that came after.

In terms of reception history of course Varèse has proved hard to assimilate into the canon. His music can appear harsh and austere, with its violent forcing together and then breaking apart of distinct panels of material, and its indifference to pitch (not only is harmony surplus, but quite often the distinct notes of melodic units or figures seem to matter less than their rhythm and their intensity of articulation). And this impression of austerity is probably justified. Most forms of expression normally open to performers are basically absent from the music of Varèse. Yet if musicians bring to bear on the scores the sort of passionate and highly informed advocacy other composers can take for granted, this music can really astonish. Boulez managed this feat in the seventies and eighties with his benchmark Sony recordings of Varèse’s music, and recently Christopher Lyndon-Gee, with the Polish National Radio Symphony Orchestra, has gifted us his own astonishing interpretations of these quite peculiar works. A high quality disc of Varèse works (featuring Arcana, Intégrales and Déserts) performed by Lyndon-Gee and the PNRSO was released on Naxos a couple of years ago. Now this new release by the same personnel, with help from a large cast of additional musicians, adds to the earlier repertoire with the inclusion of such large-scale works as the rarely heard original version of Amériques (requiring about 155 players !), Equatorial, and Nocturnal.

These works are all performed here with a stunning level of commitment, though it must be said Amériques seems now to have much greater impact and integrity as a composition than the other two. It is an exhilarating statement of what orchestral music in the 1920s was capable of, and its very forceful mode of fractured expression is understood keenly by the conductor, who imbues his account with a strong sense of graceless mediation. Solo lines are all well taken too ; each player seems clearly aware of their place in the bigger picture the conductor is carving out. Amériques is highly allusive, with Le Sacre hovering within and without as both a general inspiration (the polyrhythms, the dissonant modality, the percussive scoring), and as a specific point of reference (the recurring solo flute figure, which often arrives quite suddenly out of busy textures, suggests the famous solo clarinet pentatonic melody of Stravinsky’s masterpiece). In this performance, Varèse’s piece comes across as every bit as powerfully as Le Sacre.

Unfortunately the same cannot be said of Equatorial, which does sound much better in this context than it did at last year’s Proms when it was paired with Ives’ Fourth Symphony it must be said, but still appears rather kitschy and dated. The ondes martenot is very much to the fore of the sound (it always seems to get buried in live settings), to the performance’s credit, but the Koyaanisqatsi-like, mock-portentous parts for six bass voices do sound rather silly, notwithstanding the singers’ firm tone, precise pitching and clear diction. The ondes can’t help but feel just a little bit like its signalling danger or exotica on an episode of Star Trek, and the whole package is a bit glibly dramatic, as if it thought itself entirely cutting edge and admonitory (though of course it was cutting edge in one sense – it was the first piece of Western art music to combine electronic instruments with acoustic ones). The piece is not without its merits however ; adventurous and flexible voice writing (shouting, speaking, Sprechstimme, and quarter tones are all called for), occasionally thrilling electronic glissandi, and the sympathetic combination of piano, electronic organ, and ondes martenot producing some wonderful colours mean that the performers have much to work with, and indeed their reading certainly provokes a sense of powerful sense of dread and otherworldliness from time to time.

The criticisms I made of Equatorial also apply to Nocturnal, the two works being closely related in spirit, having similar proportions (about ten minutes each), vocal writing (nonsense syllables are again used) and scoring (bass voices, percussion including piano). The primary differences are in the exclusion of the ondes and the inclusion of a soprano voice in Nocturnal, and in that piece’s use of fragments in English from the writings of Anaîs Nin. Again though the male voices express a quite unconvincing emotional tenor of pseudo-primitive incantations, Nocturnal can boast a soprano, Elisabeth Watts, in imperious and distressing form. As soon as she enters all focus switches to her, and though the piece can boast of some exciting and typically abrasive instrumental writing, the listener’s attention will always be on her overwrought yet carefully managed emoting. The performance expresses well the night, and the stark isolation of some people’s existence, and Watts’ powerful display of hopeless melodrama, pitched somewhere between the intimacy of Lieder and the wildness of Wagner, lies at the heart of that success.

Like Webern, Varèse’s extant oeuvre of compositions is relatively limited, so most releases balance substantial works with shorter chamber compositions and any other curios available. In this instance we get a fascinating and rare glimpse of the Varèse that had much of Europe (including Debussy, Strauss, Apollinaire, Roussel, Busoni, and Picasso) in a fuss, as his wonderfully laconic, Debussy-inspired Un grand Sommeil noir for soprano and piano is included. This last item is sung with just the right mix of restraint and measured intensity by Elisabeth Watts, with Lyndon-Gee providing careful yet powerful accompaniment. He clearly relishes the impressionist/expressionist melange of his piano part.

In addition, Dance for Burgess (which contains unlikely gestures towards Broadway, though the composer’s high seriousness wins through), Tuning Up (again the composer can be heard quashing the apparently frivolous inspiration with his mini-dialectic of symphonic potential), and Hyperprism (a short piece for winds and percussion that could stand as an exemplum of the composer’s way of building up musical form through interpenetrating sound masses) are also included. These three pieces are performed uniformly well, with the precision and force of Hyperprism being especially impressive.

The disc begins with the three more substantial items already mentioned before moving on to the smaller pieces, and as a programme this approach works well – the potpourri nature of the release lends itself nicely to such a dynamic of top-heavy engagement. After the coruscating thrill of Amériques, the shorter pieces offer both a contrast of duration and substance, and also of course of ensemble. The disc ends with two fascinating and utterly convincing performances of two of Varèse’s more famous chamber works, Density 21.5 and Ionisation. Maria Grochowska on solo flute gives an intense rendition of the first of these works that is heavy on expressive vibrato and subtly dramatic pacing, without ever sacrificing the essentially abstract nature of the piece. Ionisation, that most fearless of interwar instrumental works, is just as good, with the thirteen percussionists thrilling with the precision and penetration of their playing.

A real sense of momentum pervades this performance ; the final, Les Noces echoing stretching out of density opens up a cavern of sound where tones vibrate with spectral luxuriance, and sound is given the opportunity to die its own natural death. The continual variations of the opening militaristic motif that occur throughout the performance enrich every new context in which they appear, and the recurring siren calls (almost as omnipresent in the composer’s music as the motoric Neu ! beat was in that band’s work) likewise alert the listener to the sheer excitement of what he or she is hearing. The dynamics and volume of this performance are perfectly judged too, with every little nuance and gesture shining through Varèse’s polydirectional score. Ionisation provides the disc with a thrilling end, and proves once more the potentially rousing expressivity of music that actually shuns most normal codes of musical expression.

By Stephen Graham About Staff Contact Blog ©MusicalCriticism.com 2008 Opera Review - Tchaikovsky’s Iolanta at Opera Holland Park Concert Review - Recreating a concert from 1958 in Prom 9 with Belohlavek and Vogt Opera Review - La Gioconda at Holland Park Competition - Win 20 copies of CDs from Michael Storrs Music to celebrate their first anniversary Concert Review - Roger Norrington in Prom 7 Concert Review - Myung-Whun Chung in Prom 6 Concert Review - The Tallis Scholars in Prom 8 Musical Review - Street Scene at the Young Vic Concert Review - The first night of the 2008 Proms Opera Review - Cavalli’s Giasone at Iford Manor Opera Review - La boheme at the ROH Covent Garden Concert Review - Juan Diego Florez @ Barbican


Catchee Damon Albarn’s Monkey| Music | This is London

The best musical I have seen in London in 20 years ... I have booked to see it two more times Zorro The Musical

London,

Monkey - Journey To The West

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Dir : Chen Shi-Zheng.

Cast : Andre De Ridder (cond)

Description : Andre De Ridder conducts Damon Albarn and Jamie Hewlett’s 21st century-take on the ancient Chinese legend with a cast that includes over 40 Chinese circus acrobats, singers and martial artists under the direction of Chen Shi-Zheng. Performed in Mandarin with English surtitles.

Monkey business : the dazzling, delightful opera at Covent Garden

Creative : Chen Shi-Zheng (director) Damon Albarn (composer) and Jamie Hewlett (designer)

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Nigel Kennedy review La Gioconda review

If only all opera were as alive and various as this. Latex in excess, kung fu, flying fish, jugglers, roller-skaters, plate-spinners and the White Skeleton Demon - not to mention zombie flesh-eaters on stage instead of the usual corporate skin creepers you find in the row behind you.

All this, together with dazzling video graphics, luscious songs and the secret of eternal life explained in under two hours. Damon Albarn’s self-styled "pop opera", Monkey : Journey To The West, is a sensual delight and a life-enhancing triumph.

Created with Gorillaz graphic artist Jamie Hewlett and written by Chinese director Chen Shi-Zheng, it was first seen in Manchester last year, a coproduction with the Théâtre du Châtelet in Paris and the Staatsoper Berlin. The album is due out shortly.

Albarn, 40, best known as charismatic Blur frontman and mastermind of the cult cartoon group Gorillaz, has always had eclectic musical tastes, from rock to African drumming. He’s classically trained with a fine ear for sonic colour and an obsession with modal patterns used in Chinese music.

You can hear all this in the fertile, amplified score, which uses Eastern and Western instruments in happy juxtaposition - woodblocks and pipas, trumpet, strings and the magical, ululating Ondes Martenot, the swoopy electronic machine made famous by Messiaen, one of Albarn’s heroes.

It is an episodic story in which Monkey travels the world in search of enlightenment with big numbers rather than a sustained musical development. Heavenly Peach Banquet and the pounding, minimaliststyle choruses immediately stick in the head.


Musique classique : CD > [CD] Compositeur > Naxos > Varèse, pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore… [24/07/2008]

Musique classique : CD > [CD] Compositeur > Naxos > Varèse, pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore... [24/07/2008]

Edgar Varèse (1883 1965) : œuvres orchestrales : volume 2, Amériques, Ecuatorial, Nocturnal, Danse des Bourgeois, Tuning Up, Hyperprism, Un Grand Sommeil Noir, Density 21. 5, Ionisation. Elizabeth Watts, soprano ; Maria Grochowska, flûte ; Thomas Bloch, ondes martenot ; Chœur d’homme de la Camerata Silesia, direction : Anna Szostak ; Orchestre de la Radio Nationale Polonaise, piano et direction : Christopher Lyndon Gee. 1 CD Naxos. Référence : 8 557882. Code barre : 7 47313 28822. Enregistré en 2005 à l’auditorium Grzegorz Fitelberg de Katowice. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée : 67’14.

Avec ce disque se clôt l’intégrale de l’œuvre de Varèse sous la houlette de Christopher Lyndon Gee. Petit événement car il s’agit de la seconde intégrale (après celle de Riccardo Chailly pour Decca) à proposer la version originale d’Amériques dans l’édition de Chou Wen Chung, mais surtout, cette somme rend disponible à prix modique l’œuvre d’un des géants de la musique moderne et contemporaine.

La première version d’Amériques ; Americas, New Worlds de Varèse date de 1921. C’est sa première œuvre depuis son installation à New York. Selon le compositeur, le titre devait être « symbolique de découvertes-nouveaux mondes sur la terre, au ciel, ou dans l’esprit des hommes ». Fasciné par le magma sonore de la grande ville et en particulier par les sirènes de pompiers qu’il utilise dans la partition, le compositeur a créé ici une pièce hors normes qui convoque, lors de sa création, en 1926, un effectif instrumental démesuré de cent quarante deux musiciens dont onze percussionnistes !

La première audition de la pièce, sous la baguette du grand Leopold Stokowski, est l’aboutissement de seize répétitions, et le concert est accueilli par un mélange de rires et de huées tant à Philadelphie qu’à New-York. Peu en importe au compositeur qui s’avère ravi d’entendre sa musique si bien interprétée et de voir validé ses radicales options instrumentales. Le rythme et les dynamiques saccadées de la partition alternent des « arrêts subits », des « intensités brusquement coupées » et des « crescendos et des diminuendos extrêmement rapides ». La pièce culmine dans une coda véritablement cataclysmique qui fusionne toutes les énergies. Une nouvelle version réduite d’un bon tiers et limitée à un orchestre plus réduit est présentée en 1930 à Paris. Elle nécessite tout de même : neuf percussionnistes, les bois par cinq, 8 cors, 6 trompettes, 3 trombones, 2 tubas...Toute exécution de la version originale reste naturellement un événement. L’atout de ce disque réside dans la direction directe mais très solidement construite. Le chef mène sa barque avec talent et attention permettant à ce volcan sonore de prendre forme, c’est peut être un peu sec, mais très efficace. L’orchestre de la radio polonaise n’a pas l’éclat des timbres du Concertgebouw d’Amsterdam de Riccardo Chailly mais il est rompu à la musique de son temps et sait faire fis des nombreux défis techniques de la pièce.

Les petites partitions proposées en complément bénéficient d’une attention identique sous une battue toujours précise et pugnace. Donc, les données sont simples : les varésophiles continueront à chérir le coffret Chailly, mais tous les autres n’ont désormais aucune excuse pour ignorer dans leur discothèque ce grand compositeur.

par Pierre-Jean Tribot (24/07/2008)


RFI Musique - Chanson - Julien Dor sort de l’écran

RFI Musique - Chanson - Julien Doré sort de l’écran

C’est peu dire qu’on l’attendait au tournant. Lui-même croyait apercevoir "les fusils à lunette" embusqués çà et là. Ersatz vient de sortir et l’accueil est rassurant pour Julien Doré : les radios accueillent ses chansons, la presse est favorablement surprise par son disque. Il est vrai que son répertoire de reprises à la Nouvelle Star laissait imaginer bien des sucreries (Comme d’habitude de Claude François, Moi Lolita d’Alizée, Mourir sur scène de Dalida, Les Mots bleus de Christophe...) malgré quelques audaces bien venues (Smells Like Teen Spirit dans la version swing de Paul Anka, You Really Got Me des Kinks, Creep de Radiohead...). L’album est à mi-chemin, et même mieux qu’à mi-chemin, puisque en musique le tout est toujours plus que l’addition des parties : Julien Doré se révèle artiste pop à l’univers touffu, à la fois sensuel et romanesque, souriant et aigu, rigoureux et fantasque.

Son album ne contient donc qu’une seule reprise, SS in Uruguay de Serge Gainsbourg (un choix loin d’être sagement consensuel), les treize autres titres étant des compositions originales. Cela tranche avec les habitudes des premiers albums nés de la téléréalité : "Je n’aurais pas supporté qu’on me donne un texte à chanter. Ce n’est pas possible. Ce n’est pas pour ça que je fais de la musique." Il a donc écrit seul ou en collaboration le tiers de son disque, avec même une chanson en anglais, Pudding Morphina, "le premier titre que j’ai écrit, il y a sept ans."

Les limites

Le charme évident du premier single, Les Limites, fait beaucoup pour la rapidité d’acclimatation de l’album dans le paysage musical du moment : "Une chanson très sixties, très Dylan, très up. Le clip, que j’ai voulu un peu comme un Scopitone, la porte dans un univers un peu cirque." La chanson fait un peu penser au jeune Jacques Dutronc, qui faisait gigoter dans les bals populaires sur les textes virtuoses de Jacques Lanzmann. Mais Les Limites convoque aussi tout un bric-à-brac de percussions, de chœurs un peu flower power, de sonorités un peu sales échappées de 45 tours à peine avouables. Julien Doré assume en se trouvant des parentés un peu provocatrices : "Dans le dernier Sébastien Tellier, par exemple, il y a aussi toute une pop cul-cul qui fait parfois mal aux oreilles mais qui est juste parce qu’à un moment donné, la voix et les mots font mouche. On peut déconner avec le mauvais, récupérer des sons de vieux claviers ou des sons de chœurs un peu cheap qui, récupérés, font à l’écoute quelque chose d’affectif."

Comme Camille, Christophe Willem ou les Dionysos, il appartient à cette génération d’artistes qui sont diplômés de l’enseignement supérieur, loin des modèles anciens de jeunes gens en rupture de ban, conquérant leur liberté artistique par des années de bohème et de galère. Devenir artiste ? Arrière-arrière-petit neveu du légendaire graveur et illustrateur Gustave Doré, il l’envisage sereinement dès l’adolescence. Il pense devenir comédien quand il entre à l’école des beaux-arts. "C’était déjà m’isoler des parents et d’une certain forme d’éducation. J’ai vraiment commencé à me nourrir de musique et de cinéma en entrant aux beaux-arts à dix-neuf ans. Pendant ces cinq ans d’études après lesquels j’ai eu mon diplôme, j’avais déjà un pied dans ce que je fais aujourd’hui. Il n’y a pas eu de rupture."

La barrette dans les cheveux

Simplement, l’émission Nouvelle Star fait de lui un personnage médiatique. Après le pull Célio de Christophe Willem, la barrette qu’il porte dans ses cheveux blonds devient un symbole, un objet de polémique, une marque de fabrique... qui se révèle finalement n’avoir aucun sens, tant son album dépasse ses prestations télévisées.

Ses deux groupes, Dig Up Elvis et Jean d’Ormesson Disco Suicide, ont peut-être cessé de vivre avec cet album : on y entend ses vieux copains, mais il a fait aussi appel à beaucoup de musiciens d’exception, comme Vincent Segal au violoncelle, Philippe Almosnino et Arman Méliès aux guitares, Christine Ott aux ondes Martenot, Fred Pallem aux arrangements de cuivres - "J’étais bien entouré et c’était agréable. J’avais envie de me nourrir, de rencontrer. Si on ne le fait pas à ce moment-là c’est dramatique." Et il a collaboré avec Arno (le duo sur De mots qui clôt le disque), Christophe (synthé et chœurs sur Bouche pute et Pudding Morphina), Morgane Imbeaud de Cocoon, BabX... "Arno fait partie de mon univers depuis des années. Quand Guillaume de Molina m’a apporté une composition en me disant : ’ ça sonne Arno’, je lui ai dit : ’justement, j’ai dîné avec lui et j’aimerais bien lui proposer un truc’. Arno et Christophe, c’est au départ des rencontres, des discussions, puis des propositions. Ce n’est pas parce qu’on les imagine dans une bulle, dans un univers protégé, qu’ils ne peuvent pas faire partie de notre vie."

Ecoutez un extrait de Les limitesJulien Doré Ersatz (Sony-Bmg) 2008

Bertrand Dicale


Jacques Hétu : Le bonheur de composer

Jacques Hétu : Le bonheur de composerPar René Champigny / 1 juillet 2008

Jacques Hétu fête cette année son 70e anniversaire de naissance et, à quelques soupirs près, le 50e anniversaire d’une formidable carrière de compositeur.

Jacques Hétu est un homme visiblement heureux. Il se dit privilégié de vivre dans les Laurentides, « au milieu de la forêt, des lacs, des fleurs, des chevreuils et des chants d’oiseaux ». Son bonheur, il le relie à la décennie de la quarantaine. « Elle fut pour moi la plus remarquable et mémorable, à tel point que j’ai toujours l’impression d’avoir 40 ans. Ce fut, bien sûr, la rencontre de ma compagne Jeanne Desaulniers et notre retour en ville dans le tourbillon de la petite famille, de l’enseignement à l’UQAM, des commandes importantes, bref, de la vie montréalaise. Pour moi, le bonheur augmente dans la mesure où l’environnement peut être propice à l’accomplissement d’un travail. Ce qui est tout à fait mon cas. Avec les années, sans devenir plus calme, car je le fus toujours, je suis devenu intérieurement moins anxieux, plus serein et encore plus libre d’exprimer en musique ce que j’ai à dire... Ma seule inquiétude, c’est de réaliser parfois la rapidité du temps qui passe ».

Mais le bonheur n’a pas toujours été au rendez-vous. À l’âge de 5 ans, après une petite enfance qu’il dit « radieuse », ses parents le mettent en pension. Nous sommes en 1943, en pleine guerre, et personne n’en voit la fin. Son père, médecin militaire, est pris dans la tourmente. « La rupture fut alors violente. Fort heureusement, au cours de ma 15e année, je découvre la musique et la faculté de m’exprimer avec les sons. Je quitte le collège peu de temps après avec une boite remplie de manuscrits... J’avais décidé de devenir compositeur et d’apprendre tout ce qu’il fallait pour y parvenir. Dans cette boite, on pouvait trouver des pièces pour piano, une symphonie, un poème symphonique ainsi qu’une esquisse pour chœur a cappella du Vaisseau d’Or ! »

La poésie de Nelligan le touche. Il n’est pas indifférent à la douleur du poète qu’il ressent un peu comme la sienne. L’univers trouble et douloureux de Nelligan lui inspire en 1972 la composition des Clartés de la nuit pour soprano et orchestre puis, en 1982, des Abîmes du rêve pour basse et orchestre. Suivront en 1988 les Illusions fanées pour chœur mixte a cappella, puis, à l’occasion du cinquantième anniversaire de la mort du poète en 1991, Le Tombeau de Nelligan pour orchestre. C’est « le corpus le plus caractéristique de mon esthétique », affirme alors Hétu, une esthétique dont il avoue maintenant s’être détaché. « Cet univers trouble et douloureux ne fait plus partie de mes états d’âme qui sont orientés actuellement vers la lumière et la sérénité. Mes récentes œuvres, ludiques et festives, en sont la preuve. Je veux célébrer la vie plutôt que la douleur ! »

Parmi les proches amis de Hétu se trouve Jean Laurendeau, dédicataire du Concerto pour ondes Martenot et orchestre créé sous la direction de Charles Dutoit à l’Orchestre National de France en 1995, puis à l’OSM deux ans plus tard. Laurendeau voit dans l’homme et le musicien la rencontre des antagonismes du bonheur : « La joie, chez Jacques, s’accompagne toujours d’un “mais” - à moins que ce ne soit le contraire, qu’une tristesse incontournable face à la vie s’accompagne toujours chez lui d’un “mais” ouvrant la porte à la joie. Cette ambiguïté n’est-elle pas la source d’une grande richesse en art ? Une des spécificités de la musique n’est-elle pas justement de pouvoir dire en même temps une chose et son contraire ? »

Du travail, Hétu tire une sérénité, un bonheur qu’il n’hésite pas à partager, comme en témoigne l’organiste et compositeure Rachel Laurin : « C’est un homme très simple, passionné et généreux de son temps. Je l’ai connu dans les réunions du Centre de musique canadienne où, tâtonnant sa pipe, il ne disait pas grand-chose, mais était très attentif. Il m’a appelée en 2000 pour que je crée son Concerto pour orgue et orchestre avec l’Orchestre symphonique d’Edmonton sous la direction de Mario Bernardi. Par la suite, j’ai maintenu des contacts avec lui. Je lui demande parfois des conseils pour mes propres compositions, surtout sur le plan de l’orchestration. C’est un orchestrateur remarquable ! Vous connaissez Images de la Révolution ? », lance-t-elle. Commande de l’OSM, l’œuvre commémore en 1989 le bicentenaire de la Révolution française. Dutoit la dirige aussi bien à l’OSM qu’à l’Orchestre philharmonique de New York. Hétu raconte que l’œuvre est née dans « une exaltation particulière, le studio étant tapissé de reproductions très colorées de l’époque ». Le catalogue de Hétu compte maintenant dix-huit œuvres orchestrales, dont quatre symphonies. La Passacaille (1970), Antinomie (1977) et Le Tombeau de Nelligan (1992) figurent parmi les plus jouées. Ainsi, en 1990, Pinchas Zukerman mettait au programme de l’Orchestre du CNA d’Ottawa Antinomie et la 3e Symphonie lors d’une tournée en Allemagne, au Danemark et au Royaume-Uni.

Après plus de 80 numéros d’opus, la production du compositeur est loin de fléchir, ayant même tendance à s’intensifier ! Depuis sa retraite du monde de l’enseignement en 2000, Hétu se consacre entièrement à la composition. Et il a l’embarras du choix entre de très nombreuses commandes. En mai de cette année, l’Orchestre symphonique de Québec sous la direction de son chef Yoav Talmi créait Légendes, une œuvre à caractère folklorique commémorant le 400e anniversaire de la ville. En septembre prochain, l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières créera Sur les Rives du Saint-Maurice. Et en mai 2009, ce sera au tour de l’OSM avec les Variations sur un thème de Mozart pour trois pianos et orchestre, son 20e concerto ! Décidément, le compositeur ne chôme pas. On annonce même pour février 2010 la création d’une œuvre imposante de Hétu à l’Orchestre symphonique de Toronto. C’est à suivre... n

Le langage de Hétu : indépendance et expression

« Ce que j’aime beaucoup de lui, c’est une sorte d’indépendance musicale. Il est toujours resté libre de toute influence. Il n’a jamais été inféodé à un mouvement d’avant-garde. Il est resté fidèle à lui-même tout au long de ces années. C’est le compositeur canadien le plus personnel », affirme Victor Bouchard. En 1962, alors étudiant en composition à l’École normale de musique de Paris avec Henri Dutilleux, Hétu écrit sa Sonate pour deux pianos à l’intention des duettistes Victor Bouchard et René Morisset, une sonate que le duo interprète alors sur plusieurs scènes européennes et à New York, au Carnegie Recital Hall, l’année suivante. Avec cette sonate, le compositeur passe les épreuves de sortie de l’École normale et obtient son diplôme d’excellence.

Après ses études au Conservatoire de musique de Montréal avec Clermont Pépin de 1956 à 1961, Hétu se nourrit avidement des richesses artistiques qu’offre la capitale française. « C’est la fréquentation des multiples concerts à Paris qui m’a le plus enrichi. Partant du désert musical du Montréal des années 1950, ce fut un choc sublime », souligne-t-il. Mais cette quête ne laisse place chez lui à aucun dogme musical. « Vous connaissez déjà votre métier », lui dit Dutilleux. Ainsi, le jeune compositeur trouve déjà sa propre voie et s’inscrit en marge des courants.

L’analyse du langage de Hétu met en évidence une grande stabilité. Depuis ses débuts, le compositeur utilise l’échelle - certains diront le mode - octotonique (huit notes faisant alterner les tons et les demi-tons à l’intérieur d’une octave). Faut-il y voir l’influence de Messiaen dont Hétu suit les cours d’analyse au Conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1962-63 ? Oui et non. Cette échelle que Messiaen désigne comme son « 2e mode à transpositions limitées » a déjà été utilisée notamment par Rimski-Korsakov et Stravinski. Et Messiaen utilise rarement un seul mode à la fois : il en amalgame deux ou trois. Avec ses Variations pour piano, Hétu fait en 1964 une brève incursion dans le langage dodécaphonique. Mais la série de douze sons qu’il invente alors se compose de deux hexacordes octotoniques ! À travers l’exploration de diverses techniques d’écriture, le jeune compositeur effectue, comme il le dit, « ses premières expériences de l’échelle octotonique ».

Tout au long de sa carrière, Hétu demeure indépendant. Le recours à une technique d’écriture libre de toute attache lui vaut cependant d’être mis au ban d’une certaine société. « Au cours des années 1970-80, un certain milieu montréalais de la musique m’avait ostracisé. » Les tenants de la technique sérielle notamment le maintiennent hors du cercle des concerts de musique dite contemporaine. Mais Hétu résiste. Sa musique se propage peu à peu d’un bout à l’autre du pays. Les instrumentistes s’intéressent à lui et remplissent son carnet de commande. « J’ai supporté cet ostracisme grâce aux interprètes qui jouaient ma musique ou qui me commandaient des œuvres. Et la situation est toujours la même aujourd’hui, à la différence qu’il y a beaucoup plus d’interprètes et... beaucoup moins d’ostracisme ! » À preuve, les vingt concertos du compositeur témoignent à présent du soutien indéfectible des interprètes.

Pourtant, la commande d’une œuvre est souvent une entreprise ardue, comme le précise la percussionniste Marie-Josée Simard. « Faire une demande à un compositeur pour un concerto est très laborieux. Trouver un orchestre qui va créer l’œuvre est déjà diffi-cile et pour une percussionniste, marimbiste et vibraphoniste, encore plus difficile. Je crois que cela a pris quatre ans avant de “réaliser” le concerto de Hétu, la subvention, l’écriture du concerto et la création. » Malgré ces difficultés, Hétu ne cesse de recevoir des commandes. À la fois substantielles et accessibles, ses œuvres touchent de nombreux musiciens et mélomanes. Les organismes musicaux n’ont donc aucune crainte à s’adresser à lui : ils sont certains de ne jamais recevoir de l’artiste une œuvre touffue ou une immense toile blanche avec un point rouge au centre, fruit d’une longue cogitation...

Le langage de Hétu met en œuvre une nouvelle forme de tonalité qui ne se base aucunement sur les gammes diatoniques traditionnelles. Lors de ses expériences sérielles, Hétu constate que ses séries ont toujours une note attractive, une « tonique » qui régit le tout. « Je me suis donc rapidement détaché de ce carcan sériel pour revenir à la liberté tonale, chromatique, modale. » Cette attraction d’une note se manifeste aujourd’hui à travers un langage composite largement empreint d’octotonisme, mais aussi de chromatisme, un langage où les cellules mélodiques jouent un rôle fondamental. La musique de Hétu instaure donc une nouvelle hiérarchie entre les sons, une prédominance tonale dans un langage mixte. C’est là une des caractéristiques les plus importantes de son langage. C’est un peu comme si le compositeur nous démontrait par sa musique qu’il y a toujours quelque part une attraction naturelle, une gravité, un pôle, peu importe sur quelle planète nos aspirations, nos rêves nous amènent.

Si Hétu aime Schubert, sa 8e Symphonie notamment, il admire tout autant Berg, particulièrement pour son lyrisme. Et c’est de la mélodie que naît sa propre inspiration. La mélodie se trouve chez lui engendrée par la jonction de courtes cellules que l’on retrouve d’un mouvement à l’autre. Tout est prétexte aux interactions mélodiques entre les voix. Comme le souligne Robert Cram, dédicataire du Concerto pour flûte et orchestre (1991), la musique de Hétu devient de plus en plus limpide avec le temps : « Lorsqu’on observe son développement, depuis la très austère et exigeante musique de sa jeunesse jusqu’au mélange voluptueusement doux-amer d’accords qui caractérise sa musique aujourd’hui, on entend une clarification, un rejet des concepts intellectuels et des idéologies pour écrire une musique qui, bien qu’elle ne soit nullement simple, touche néanmoins directement tant le cœur que l’esprit. » Bref, l’expression domine, touche à la fois l’interprète et l’auditeur. n

English Version... (c) La Scena Musicale 2002


Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Histoire d’une oeuvre

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parution du 30/06/2008

n° 286

Une musique comme un vitrail

© dr

2008-2009 : Messiaen, Saint François d’Assise

Le 31 octobre prochain, grand moment de l’année Messiaen : la représentation, avec projection de couleurs et d’images, de l’opéra Saint François d’Assise sous la direction de Myung-Whun Chung.

Commandé en 1971 par Rolf Liebermann pour l’Opéra de Paris, composé à partir de 1975, l’opéra Saint François d’Assise fut créé le 28 novembre 1983 au Palais Garnier sous la direction de Seiji Ozawa, dans une mise en scène de Sandro Sequi, avec José Van Dam dans le rôle-titre

« Personnellement, je ne me sentais pas doué pour l’opéra, et c’est ce que j’ai répondu à Rolf Liebermann, administrateur général de l’Opéra de Paris, lorsqu’il a voulu me passer une commande. Alors, il m’a fait inviter à l’Élysée et, solennellement, à la fin du dîner, en présence de Georges Pompidou, il m’a dit : "Messiaen, vous ferez un opéra pour l’Opéra de Paris !" Devant le président de la République, je n’ai pas pu refuser... »

Ces paroles humbles émanent d’un compositeur au sommet de sa gloire en 1971. Ce n’est pourtant qu’en 1975 que Messiaen s’attelle à l’opéra, le seul de sa production. Il rédige le livret, compose jusqu’en 1979, puis met au point l’orchestration jusqu’en 1983.

Oser le théâtre

« Je pensais qu’après Wozzeck d’Alban Berg il n’y avait plus de champ libre dans l’opéra. » Ces hésitations peuvent étonner de la part de celui qui, dès l’enfance, est attiré par le genre dramatique. Il s’amuse à déclamer le théâtre de Shakespeare, en digne rejeton d’une mère poète et d’un professeur d’anglais, traducteur de surcroit des œuvres de Shakespeare. À Noël, au lieu de demander des jouets, il demande régulièrement des partitions d’opéras. La découverte à onze ans de Pelléas et Mélisande de Debussy le décide à devenir compositeur. Plus tard, à sa classe du Conservatoire de Paris, il se plait à analyser des opéras de toutes époques.

La voix occupe une place particulière dans l’œuvre de Messiaen. Elle accompagne le compositeur une bonne partie de sa carrière, avec une longue éclipse de 1948 à 1965. Les oeuvres sont souvent d’imposants massifs dont la rareté ne saurait faire oublier le caractère novateur, à commencer par les textes littéraires écrits par Messiaen. Même si celui-ci se dit rythmicien, il affirme dès son premier traité que « la mélodie est le point de départ ».

Alors que beaucoup d’opéras depuis la fin du XIXe siècle tendent vers la continuité, Saint François d’Assise s’affirme dans la grande tradition de l’opéra en trois actes. Les huit tableaux sont autant d’épisodes nettement séparés. Mais ces scènes franciscaines sont reliées entre elles par un réseau de thèmes et de chants d’oiseaux.

Subvertir l’oratorio

En revanche, le sujet n’a rien de traditionnel et s’apparente plutôt à celui d’un oratorio. Pourtant, Messiaen insiste sur la nécessité de la mise en scène : « Mon œuvre est plus qu’un spectacle symphonique. Les décors, les personnages, les costumes : tout cela est indispensable. Indispensables aussi les jeux de scène, l’histoire et l’action de chaque tableau. »

Le traitement dramatique écarte lui aussi les poncifs du genre : « Ni adultère ni crime dans mon opéra. Les journaux nous repaissent chaque jour de crimes ; jamais on ne parle de bonnes actions ! » C’est donc une œuvre édifiante dans la lignée des exempla, voire des mystères médiévaux, et dans laquelle le merveilleux renoue avec les opéras baroques. Messiaen ne s’en cache pas, lui qui a choisi dans la vie de saint François « ce qui pouvait contenir du merveilleux, de la couleur, et des chants d’oiseaux ».

La durée de l’opéra, quatre heures de musique, est comparable à celle des grands drames wagnériens. Comme Wagner également, mais pour d’autres raisons, Messiaen écrit lui-même le livret : « J’ai écrit le texte en même temps que la musique. C’est très important pour moi, car j’évite ainsi d’écrire de mauvaises voyelles, par exemple, imprononçables sur certaines notes pour les chanteurs. Avant tout, j’aime et je respecte les données naturelles de la voix. » « Le poème n’a aucune prétention littéraire. Il est là seulement pour susciter la musique, et j’ai souvent changé des mots pour suivre mes lignes mélodiques et donner de bonnes voyelles à l’aigu des chanteurs. » Les sources littéraires, outre la Bible, sont essentiellement la vie de saint François à travers les Fioretti et les Considérations sur les stigmates, ainsi que les écrits du saint, dont le célèbre Cantique des créatures.

Entendre des couleurs

« Je veux pouvoir obtenir sur scène des couleurs qui correspondent aux couleurs de ma musique » : peintre des réalités invisibles, Messiaen se revendique comme coloriste. D’où un orchestre et un chœur pléthoriques : 119 instrumentistes et 150 choristes divisés en dix groupes, auxquels s’ajoutent les sept rôles chantés et les trois ondes Martenot.

À chaque personnage sont attribués plusieurs thèmes et un chant d’oiseau. François possède « une mélodie confiée aux violons, véritable leitmotiv ; un thème harmonique chaque fois qu’il chante avec solennité, évoquant par exemple les créatures de Temps ou d’Espace ; un thème de décision, très énergique, très reconnaissable dans l’épisode du baiser au lépreux ; un thème de joie ». François est accompagné par la fauvette à tête noire (la capinera) que Messiaen avait notée à Assise même. L’opéra regorge d’une multitude d’oiseaux notés par le compositeur au cours de sa vie. Il y a même les « oiseaux des îles lointaines » demandés par François au sixième tableau, que Messiaen nota spécialement en Nouvelle-Guinée !

Le personnage de François ne pouvait que plaire au croyant sincère et à l’ornithologue qu’était Messiaen : « Il est le saint qui ressemble le plus au Christ » et « il parlait aux oiseaux ».

Rôle écrasant, François est chanté par un baryton absent seulement au quatrième tableau. Le ressort dramatique de l’opéra est la progression de « la Grâce dans l’âme de saint François ». D’où un resserrement sur l’essentiel : aucune scène sur les frasques du jeune François, pas de personnages féminins (puisqu’il paraît que les anges n’ont pas de sexe) ; uniquement des moines, compagnons de saint François. Le seul laïc est le lépreux : c’est par lui que François vit une profonde conversion. Beaucoup de tableaux élèvent une louange au Créateur, élément si important de la spiritualité franciscaine.

Christine Jean

Messiaen : Saint François d’Assise. Vincent Le Texier, Heidi Grant Murphy, Nicolas Courjal, Thomas Randle, Jean-Sébastien Bou ; Choeur et Orchestre Philharmonique de Radio France, dir. Myung-Whun Chung. Projections vidéo de Jean-Baptiste Barrière. Vendredi 31 octobre 2008, 18h30, Salle Pleyel.

en savoir plus sur la saison 2008-2009 des concerts de Radio France voir le site Messiaen 2008 Howard Shore : The Fly

2008-2009 : Messiaen, Saint François d’Assise


A la télévision Musique En direct sur Radio Classique Les autres retransmissions - OPERA MUSIQUE

A la télévision

En direct sur Radio Classique Les autres retransmissions

[ 27/06/08 ]

Avec pas moins de huit retransmissions en direct, Radio Classique, partenaire du festival, s’impose comme la radio du Festival d’Aix et propose à ses auditeurs l’offre la plus diversifiée. Car nul amateur de musique symphonique ne voudra manquer les deux concerts du Philharmonique de Berlin : Brahms, Bartók, Dvorak, dirigés par Simon Rattle (30 juin, 20 heures) et « Ma Patrie », de Smetana, avec au pupitre Jiri Belohlavek (3 juillet, 20 heures). Pas plus que les défenseurs de la musique du XXe siècle ne négligeront la « Turangalîla-Symphonie », de Messiaen, dont le pianiste Roger Muraro,Valérie Hartmann-Claverie aux ondes Martenot et Sylvain Cambreling, à la tête du SWR Sinfonieorchester Baden-Baden, seront les maîtres d’oeuvre (5 juillet, 20 heures).


Claude Gingras : | Musique |

Claude Gingras : | Musique |

Ondes à Minneapolis

L’Ensemble d’Ondes de Montréal - sextuor d’Ondes Martenot, pour être plus précis - jouait Fête des belles eaux de Messiaen hier à Minneapolis, au congrès de l’American Guild of Organists, pour souligner le centenaire du compositeur.


“Je veux innover dans le son” – Metro

28-05-2008 09:28 Aurélie Sarrot

“Je veux innover dans le son”

Interview : Mademoiselle K présente son nouvel album Jamais la paix

Mademoiselle K

Elle disait qu’on ne l’appelait pas, qu’on ne l’invitait pas sur “Ca me vexe”, titre de son premier album du même nom sacré disque d’or il y a deux ans. Mademoiselle K, alias Katerine Gierak, est aujourd’hui plus que courtisée. Lesbienne revendiquée, guitariste hors pair, habillée comme les stars punk-rock, la jeune fille de 27 ans, guère avare de paroles, revient aujourd’hui avec Jamais la paix. Oreilles sensibles s’abstenir...

Votre album est encore plus électrique que le premier...

La tournée m’a permis d’acquérir de nouvelles techniques. Qu’il s’agisse de mes propres concerts ou des festivals, j’ai puisé dans ces live une énergie nouvelle. J’aimerais que Jamais la paix s’exporte davantage que Ca me vexe, j’ai plein de choses à aller chercher à l’étranger.

Vos textes sont très francs, vous ne tournez jamais autour du pot...

J’écris dès que j’ai une idée, à n’importe quel moment, seule ou pas seule. Quant au contenu, je ne suis pas du genre à hésiter, j’aime bien dire les choses, faire passer ce que je ressens. Pour mon prochain disque, j’aimerais bien me faire un voyage à l’autre bout de la terre, avec mon sac à dos. J’ai besoin de voir des choses nouvelles. J’adore voir des gens qui ne passent pas leur temps à se plaindre, comme ici...

Votre formation classique est plus présente...

Dans la construction, sans doute. Plus ça va, plus je vais avoir envie de me rapprocher de ce que j’ai appris dans ma formation classique : les modulations, les tonalités... Je pense déjà à mon troisième album, je sais déjà à quoi il va ressembler. Je veux innover dans le son, sortir du riff de base... J’aimerais bien essayer les ondes Martenot. Je fais de la guitare, du piano, de la batterie, mais là j’ai envie d’ailleurs.

Vous êtes hyperactive ?

Hyperactive non, mais je n’aime pas attendre. Je fais tout à pied, j’aime pas les pépères qui prennent leur scooter pour faire deux mètres. Un bon concert pour moi doit être physique, il faut que je bouge un maximum et que je sois crevée à la fin. Je pense aussi me mettre au tai chi chuan, mine de rien, c’est très physique...

Aurélie Sarrot

Metrofrance.com, à Paris

http://www.metrofrance.com/x/metro/2008/05/28/DxI6L4JxoLdDA/index.xml


RFI Musique - Chanson - Maxime Le Forestier, de nouvelles chansons

RFI Musique - Chanson - Maxime Le Forestier, de nouvelles chansons

27/05/2008 - Huit ans après L’Echo des étoiles, Maxime Le Forestier sort un album studio de douze titres à la fois élégants et efficaces, Restons amants. Retrouvailles avec un chanteur qui ne quitte jamais longtemps l’actualité de la chanson mais écrit parcimonieusement.

(JPEG) "On est toujours enthousiaste quand on enregistre un album, on a toujours l’impression que ce sera le plus beau du monde. Il y a le plaisir, la création, le sentiment profond et sincère de faire ce qu’on aime faire et de le faire bien. Puis, vient le moment des premiers retours, lorsque les chansons partent et, parfois, ne reviennent pas. Est-ce une question de moment, une question d’image ? Ce sont des paramètres que je ne connais pas." Ce jour-là, donc, Maxime Le Forestier ne cachait pas sa satisfaction, sa sérénité, ni même son plaisir en rencontrant les journalistes. Les premiers retours des professionnels sur son album étaient unanimes : Restons amants est un grand cru. Un album dense mais aéré, luxuriant mais simple, inspiré mais direct...

Après des années 70 et 80 très productives, il a adopté il y a quelques lustres un train plus calme pour ses nouvelles chansons : l’album Passer ma route en 1995, L’Echo des étoiles en 2000 et, depuis, plus rien. Ou plutôt si : la tournée Plutôt guitare, l’écriture de la comédie musicale Gladiateur puis le 2e cahier de son intégrale en concert des chansons de Georges Brassens, tous les ans la tournée des Enfoirés au bénéfice des Restos du cœur et d’autres aventures d’un soir (comme récemment le grand concert au Zénith au profit de l’association de lutte contre le sida, Sol en Si)... Il s’est attelé à l’écriture de l’album dès le lendemain de son dernier concert Brassens, en décembre 2006 : onze nouveaux textes et Histoire grise, qu’il avait écrit pour un disque que Serge Reggiani n’a jamais enregistré.

Une large palette

Il a composé cinq chansons et a demandé sept musiques à ses amis : deux à Julien Clerc (dont Restons amants, qui donne son titre à l’album) et une à Manu Galvin, Alain Lanty, Michel Haumont, Michel Amsellem. Après qu’il eut réglé toutes ses maquettes chez lui seul à la guitare, ses deux réalisateurs, Patrice Renson et Frédéric Lo, ont largement ouvert la palette : les guitaristes Manu Galvin, Matthieu Chédid, Michel Haumont, Eric Sauviat, les cordes de l’Opéra de Paris avec leur premier violon Alain Kouznetzov, le Paris Pop Orchestra de Stanislas, des cuivres et des bois, Thomas Bloch aux ondes Martenot et au cristal Baschet, Albin de la Simone à l’orgue Hammond...

Là, les douze chansons ont bien changé. Par rapport aux maquettes guitares-voix enregistrées par le méticuleux Maxime Le Forestier, "un autre langage s’est superposé : le langage de l’arrangement, de l’orchestre, des sons. Le Juge et la Blonde chanté avec ma guitare, ça n’a rien à voir avec Le Juge et la Blonde du disque avec un quintet à vent. A un moment l’arrangeur a dit quelque chose." Cette chanson-là est une petite fable : "Le juge est parti fumer sa blonde hors du palais/Sur les marches il se dit qu’il est bien laid/Ce coupable d’avoir éclaboussé d’essences/Celle qui lui enflammait les sens/Et jeté l’étincelle ". Le crime, la cigarette qui se grille, les rêveries du juge... Julien Clerc avait composé une mélodie toute simple qui évoquait irrésistiblement Georges Brassens. Patrice Renson l’imagine d’abord dans des couleurs de musique de cirque, avec piano et caisse claire. Puis les cuivres apparaissent... et prennent le premier plan dans l’arrangement. Ne resteront finalement qu’un tuba, deux trombones et deux cors, avec seulement les modulations suraiguës des ondes Martenot traversant leur fanfare ironique et même bouffonne. "C’est le moment où les couleurs sonores influent sur le sens", note Le Forestier : la petite "brassenserie" tout en sous-entendus, est devenue une épopée comique.

Les arrangements (JPEG) Il martèle son plaisir "qu’on recommence à s’intéresser aux arrangements, qu’on revienne aux instruments. Le langage devient plus riche, il n’y a plus de synthèse de sons. A l’époque d’Ambalaba, on découvrait les séquences, les vertus de la musique répétitive et des machines. Aujourd’hui, on n’utilise un synthétiseur que si c’est un instrument vintage de 1974, comme le fameux Helmut d’Albin de la Simone."

Le Forestier commencera à tourner en octobre prochain, "avec une station au Casino de Paris en novembre". Il n’a pas encore entamé le travail d’arrangements de ses nouvelles chansons pour les concerts : "Si on fait sur scène la même chose que sur le disque, pourquoi les gens iraient-ils au concert ? Les chansons ont sur un disque toutes les élégances du studio. En concert, on ne peut pas les reproduire avec la même finesse. En revanche, il y a la présence : sur scène, un violoniste est plus efficace que quatorze." Il sait seulement que le guitariste Michel Haumont sera à son côté, avec au moins deux autres musiciens, multi-instrumentistes. "Je sais que mes chansons tiennent avec seulement guitare et voix, puisqu’elles ont commencé comme ça. Mais il peut y avoir des éléments de l’arrangement qui deviennent indispensables à une chanson, comme les chœurs de Né quelque part. Mais, en tout cas, il y aura un bloc de deux guitares, avec Michel et moi."

Ecoutez un extrait de Restons amants http://www.rfimusique.com/musiquefr/articles/101/article_17273.asp Ecoutez Culture vive avec Maxime Le Forestier

Maxime Le Forestier Restons amants (Polydor/Universal) 2008

Bertrand Dicale


Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot | AgoraVox

Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot | AgoraVox

Les ondes Martenot s’inscrivent d’une manière très particulière dans l’histoire des instruments de musique. Appareil beaucoup plus atypique qu’on ne le croit généralement, il n’est pas un simple ancêtre, qui serait technologiquement dépassé, des synthétiseurs modernes. S’il continue d’être le seul instrument électronique admis au sein de l’orchestre symphonique ce n’est pas par hasard, et il mérite certainement un article dans cette série sur les instruments bizarres.

Les ondes Martenot dans l’histoire des instruments de musique :

Les instruments de musique ont d’abord commencé par utiliser les propriétés vibratoires et de résonance de matériaux qui permettaient de transformer de l’énergie mécanique en énergie sonore, c’est le principe de l’instrument "acoustique".

Avec l’invention des divers microphones, l’étape suivante a consisté à transformer des vibrations mécaniques (par exemple, celles d’une corde tendue) en un courant électrique ensuite amplifié, modifié et enfin restitué par un haut-parleur. Cette étape a donné naissance à un certain nombre d’instruments dits "électromécaniques" qui voient le jour, pour la plupart, dans l’entre-deux-guerres, mais qui se répandent vraiment dans les musiques populaires à partir des années 60. Ce sont la guitare électrique, l’orgue Hammond à roues phoniques, les pianos Fender, Wurlitzer, le Clavinet Hohner.

La troisième étape consiste à remplacer l’élément vibrant physique par des générateurs produisant directement un courant qui sera modulé par une série d’appareils (VCA, VCF, générateurs d’enveloppe, modulateurs en anneau, etc.) ensuite amplifié par un système de sonorisation. Cette étape donne naissance dans les années 70 aux orgues électroniques, puis, dans les années 80, aux premiers synthétiseurs dits « analogiques » qui offriront aux musiciens un accès à divers paramètres sonores de manière qu’ils puissent se fabriquer leurs sonorités et même imiter un certain nombre d’instruments acoustiques existants.

La quatrième étape sera l’introduction des technologies de l’information qui auront, (après la mise en place de la norme MIDI) des conséquences multiples : gestion des paramètres sonores et musicaux des synthétiseurs et surtout l’échantillonnage qui consiste à pratiquer un enregistrement numérique d’un son quelconque et de disposer d’appareils qui permettent de l’utiliser à l’aide d’un clavier où de logiciels informatiques.

Une série de schémas permet de résumer ce propos [1]

Les ondes Martenot s’inscrivent, on l’aura compris, dans une troisième étape. Sauf que cet instrument date des années 1930 et, s’il y a un ordre logique de dématérialisation progressive de la source sonore, il ne coïncide pas nécessairement avec ordre chronologique !

Les ondes Martenot ont eu, par exemple, un ancêtre inventé en 1919 par un Russe du nom de Lev Thérémine, certes très rudimentaire du point de vue de ses possibilités sonores, mais qui présentait une caractéristique vraiment extraordinaire : on jouait sans aucun contact physique avec l’instrument, il suffisait de se placer devant les deux antennes dont le boîtier était pourvu et d’agiter les mains dans le vide, on contrôlait la hauteur de la note de la main droite, en faisant varier sa distance par rapport à l’antenne verticale, et le volume de la main gauche en faisant varier la distance vis-à-vis de la deuxième antenne horizontale en forme de boucle. [2] Inversement les premières guitares électriques sont commercialisées dans les années 1930 et l’orgue à roues phoniques date de 1939… On ne peut donc pas vraiment dire que les instruments électromécaniques aient précédé les instruments électroanalogiques.

La manière dont est venue au jeune Maurice Martenot l’idée de son instrument mérite d’être racontée.

Déjà musicien, pendant la guerre de 14-18, il avait été affecté aux radio-transmissions sur ces nouveaux postes à lampes et à ondes courtes. Et c’est en entendant les tiouiiiuoutiiiou très purs qu’ils émettaient lorsqu’on modifiait la fréquence, qu’il eut l’idée d’essayer d’utiliser cette propriété pour un appareil à jouer de la musique. [3] La guerre finie, il va s’atteler à son invention qu’il présente pour la première fois en 1928. Elle fera l’objet de plusieurs prototypes successifs.

A cause de la mort de Maurice Martenot en 1980, puis du départ à la retraite de son assistant, la production s’était arrêtée en 1988. Mais l’instrument sous une forme améliorée est à nouveau fabriqué et disponible (depuis novembre 2001) sous l’appellation Ondéa.

Matériellement parlant les ondes Martenot se présentent sous forme d’un clavier de six octaves [4], d’un anneau autour d’un fil qui court le long du clavier qui permet des effets de glissendo, et de « diffuseurs » qui sont en réalité, pour trois d’entre eux, des haut-parleurs trafiqués : l’un excite des ressorts à la manière d’une réverbération, un autre met en vibration des cordes sympathiques et un autre, enfin, met en vibration un gong.

C’est un instrument monodique (ne pouvant émettre donc qu’une note à la fois) et les ondes que l’appareil utilise sont choisies par le constructeur, il n’y a pas de réel travail possible sur leur formation, seulement sur leurs combinaisons (au nombre d’une centaine), contrairement aux synthétiseurs.

Mais ce qui différencie fondamentalement les ondes Martenot de tout autre synthétiseur est l’interface entre le musicien et le son que produit l’instrument.

En effet, l’appareil comporte une commande de dynamique très particulière qui est une sorte de touche que l’on actionne de la main gauche, logée dans un tiroir que l’on ouvre pour jouer. Par pression plus ou moins forte, on obtient toutes les variations d’intensité allant du pianissimo au fortissimo. Un geste sec sur la touche produit un son percuté, comme le coup d’un archet sur un instrument à cordes. L’analogie avec le principe de l’archet est d’ailleurs flagrante : la main droite, que ce soit à l’anneau ou au clavier, ne fait que déterminer la note. Elle ne produit aucun son, pas plus qu’en pressant une corde sur le manche d’une guitare : il faut que la main gauche actionne en même temps cette commande hypersensible, comme la main droite du guitariste doit gratter ou pincer les cordes de la guitare.

C’est d’ailleurs très perturbant pour le débutant lorsqu’il est déjà musicien sur des instruments à cordes ou des claviers : pour les guitaristes ou les violonistes, par exemple, habitués (pour les droitiers) à déterminer la note de la main gauche et à la faire sonner de la main droite, les fonctions sont « à l’envers ». Et, pour le joueur de claviers, habitué à ce que ce soient les touches qui transmettent les impulsions de dynamique, ce n’est pas la main qui est sur le clavier qui le permet, mais l’autre ! A noter que le clavier étant mobile, la main droite peut exactement comme le violoniste produire un vibrato sur la note qu’il joue en « massant » la touche enfoncée… sauf qu’à nouveau ce n’est pas de la bonne main !

C’est donc la subtilité du jeu sur cet instrument, permettant une réelle « interprétation » par le musicien, associée à une certaine dose d’hétérogénéité du son qui résulte de la part mécanique de ces enceintes spéciales, qui lui ont donné des lettres de noblesse suffisantes pour être accepté au sein de l’orchestre symphonique.

Pour ce qui est du son produit par cet instrument, tout le monde a entendu des ondes Martenot dans Ne me quitte pas de Jacques Brel, mais dans une seule de ses possibilités, celle qui imite la scie musicale. Pour le reste, ce qui frappe est la complexité des sons obtenus qui, il faut bien le dire, tient cet instrument éloigné de la musique classique tonale et le réserve à la musique contemporaine, et aux bruitages où il excelle pour créer des ambiances (SF, fantastique, film policier, d’horreur et d’angoisse…). Cet instrument a un répertoire de près de 2 000 œuvres contemporaines et parmi les compositeurs les plus connus qui ont écrit pour lui on peut citer Olivier Messiaen, Darius Milhaud, Edgar Varèse, Arthur Honneger…

On trouvera absolument tout (sauf, bizarrement le détail des commandes qui permettent de générer les sons de base) sur les ondes Martenot sur ce site. De nombreux extraits musicaux et même une vidéo (un peu longuette, mais instructive…) sur une leçon d’ondes Martenot.

Il y a dans le monde une dizaine "d’ondistes", comme on les appelle.

Deux exemples de sonorités des ondes Martenot : extrait d’un concerto de Landowsky et d’Accalmies de Tamba.

[1] La cinquième étape, celle de la modélisation, en est encore à mon avis, à ses balbutiements ; on ne l’évoquera pas ici.

[2] Une version moderne de l’instrument est utilisée par J.-M. Jarre dans ses concerts.

[3] Comme quoi, même les guerres arrivent à stimuler les amoureux des arts…

[4] La tessiture totale de l’instrument est de presque neuf octaves par transposition.

par Léon mardi 20 mai 2008 Envoyer l’article 48 réactions Imprimer Ecrire un commentaire Articles de cet auteur

les commentaires les plus appréciés (cliquez dessus pour les visualiser)

maxim : bonjour Leon ... avant de faire ma sortie cycliste ,je n’ai pas résisté à l’ap... bonjour Leon ...

avant de faire ma sortie cycliste ,je n’ai pas résisté à l’appel de l’article ,ne serait ce que parce que j’ai toujours entendu parler de ces ondes Martenot sans savoir réellement à quoi ça pouvait bien ressembler ..

dans mon imagination ,je me représentais ça comme un genre de vibraphone avec des tubes de cristal accordés ; toujours est il que le son en est insolite et agréable .....

bonne idée en tout cas de nous présenter tout une gamme d’instruments originaux .

Réduire | Rejoindre le commentaire dans son contexte Méric de Saint-Cyr : Tu as raison Parkway mais j’irai encore plus loin que toi, même si ce n’est pas politico-agora... Tu as raison Parkway mais j’irai encore plus loin que toi, même si ce n’est pas politico-agoravoxiennement correct : Ce qui est incompréhensible, c’est que l’on puisse voter, ce qui, pour moi, est l’expression même d’un nivellement par le bas et un manque de respect pour la liberté d’expression.

Quand on n’aime pas, on explique. Mettre un plus ou un moins, comme des notes à l’école, c’est rabaisser le discours, rabaisser la valeur des idées exprimées au niveau du binôme désuet et rudimentaire "je divinise" ou "je condamne"…

En instituant cette stupidité (les "moinsages" et les "plussages") AgoraVox s’est rabaissé au niveau de la dictature de l’Audimat, la dictature du plus grand nombre. Dictature insupportable tant il est facile de démontrer qu’un seul peut très avoir raison et tous les autres tort…

Si on faisait voter les enfants à l’école en leur demandant par exemple ce qu’ils voudraient étudier, l’école ne produirait plus que des cancres et des illettrés.

Si les consommateurs votaient pour chaque aliment, à la longue on ne trouverait plus que des frites, des pizza, du cocacola et des hamburger à manger !

Et bien entendu, à moins que cet article sur les ondes martenot soit peu lu, je te parie que mon commentaire sera moinsé… Ça ne devrait pas tarder maintenant…

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par maxim

bonjour Leon ...

avant de faire ma sortie cycliste ,je n’ai pas résisté à l’appel de l’article ,ne serait ce que parce que j’ai toujours entendu parler de ces ondes Martenot sans savoir réellement à quoi ça pouvait bien ressembler ..

dans mon imagination ,je me représentais ça comme un genre de vibraphone avec des tubes de cristal accordés ; toujours est il que le son en est insolite et agréable .....

bonne idée en tout cas de nous présenter tout une gamme d’instruments originaux .

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commentaire constructif ? 6 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par La Taverne des Poètes

Maxim, tu connais pas les ondes Martinon de la Sarkoscie musicale ? On en trouve à Neuilly. Un instrument bizarre celui-là aussi, un "imbécile" dirait un certain...

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commentaire constructif ? -12 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par La Taverne des Poètes

Désolé, ce n’est pas moi qui ai fait ce 6ème vote, qui est négatif. Pour le prouver je fais le 7ème en positif. Autant clarifier, vu les tensions qui règnent sur ce site et les intentions que l’on prête facilement à ceux qu’on a dans le nez...Fermeture de la parenthèse. Bon article.

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commentaire constructif ? -7 Réponse de l’auteur de cet article > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Léon

A tous : je rappelle que pour voir le schéma en bas de page il faut cliquer dessus et l’agrandir (je me suis assez cassé la tête pour le faire, il serait dommage qu’on ne le voit pas !)

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commentaire constructif ? 2 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par maxim

salut La taverne ...

Martinon ? ce serait pas un Breton des fois avec un nom pareil ?

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commentaire constructif ? 1 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Le furtif

La première fois qu’elles sont restés dans mon souvenir c’était dans une chanson de Jacques Brel ...mais laquelle ? ? ?

Encore merci pour cet article original et personnel.

Furtif

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commentaire constructif ? 3 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Philippe Renève

Furtif, c’est la Fanette, je crois.

Merci, Léon, pour ce rappel de sonorités étranges et prenantes : ces ondes sont limpides !

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commentaire constructif ? 2 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Ægidius REX

Je voulais vous remercier, Léon, pour ce très beau travail.

Je suis un peu jaloux, je l’avoue, car mon article sur le latin n’a pas été accepté par la rédaction estimant qu’il n’avait pas de lien avec l’actualité alors qu’ils ont accepté votre série.

Tant pis, c’est de bonne guerre après tout, il faut accepter un peu d’arbitraire dans les décisions, cela n’enlève absolument rien à ces remarquables études que vous nous avez proposées.

Bien à vous.

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commentaire constructif ? 2 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Ægidius REX

Je voulais vous remercier, Léon, pour ce très beau travail.

Je suis un peu jaloux, je l’avoue, car mon article sur le latin n’a pas été accepté par la rédaction estimant qu’il n’avait pas de lien avec l’actualité alors qu’ils ont accepté votre série.

Tant pis, c’est de bonne guerre après tout, il faut accepter un peu d’arbitraire dans les décisions, cela n’enlève absolument rien à ces remarquables études que vous nous avez proposées.

Bien à vous.

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commentaire constructif ? 0 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Alexis Brunet

Merci pour cet article. Petite question, sur cette vidéo, le frangin Wilson joue un drôle d’instrument. J’ai toujours cru que c’était un Theremin. Mais ça ne ressemble pas à votre description. Pourriez vous m’éclairer ? http://curieux7oux.over-blog.com

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commentaire constructif ? 2 Réponse de l’auteur de cet article > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Léon

Alexis, il ne s’agit pas du vrai Theremine qui ressemble à ça , mais d’une version moderne inventée par la marque moog, qui reprend le principe d’émission de l’onde musicale mais pas l’interface avec le système d’antennes qui permet d’en jouer sans le toucher..

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commentaire constructif ? 3 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par zets

bonjour Léon, et merci pour l’article.

Sinon la Theremin de Moog, celle d’aujourd’hui, possède des antennes et se joue sans contact, elle ne ressemble pas à celle de la vidéo.

A essayer tout de même, c’est absolument trippant pour qui a des oreilles de musicien (sinon c’est injouable).

(prévoir un bon multi-effet !)

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par Léon

C’est donc l’instrument dont se sert J.M. Jarre sur Scène, je présume....

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par Yohan

@Aegidius

A ce propos, je voudrais bien que l’on m’explique de que signifie " sujet qui n’est pas en lien avec l’actualité".

Si ces termes leur signification vraie, alors, je préfèrerai qu’AVOX fasse l’actualité plutôt qu’il ne la suive comme un mouton.

et perso, j’aurais bien aimé lire votre article malgré tout

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par Yohan

@ Désolé Léon de couper ce fil

merci pour ce travail fouillé et intéressant

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par Ægidius REX

Merci de votre soutien.

Cet article essentiellement ludique s’intitule "Le cerveau latin" et explique comment un tel cerveau raisonne en temps réel à l’audition d’une phrase. C’est très original et je crois que personne n’a vu le problème de cette manière.

Je ne sais absolument pas pourquoi ils n’en n’ont pas voulu. Mais il est vrai aussi que je fais régulièrement dans le politiquement incorrect dans mes commentaires politiques (ça m’amuse de voir qu’au lieu de répondre sur le fond, on se répand en insultes et en jugements sur la personne que précisément personne ne connaît), je suppose donc qu’on me sanctionne indirectement de cette manière.

Il se trouve que j’ai perdu Internet récemment sinon j’aurais peut-être demandé la permission à Léon d’accueillir ici mon texte, même si ça n’a rien à voir avec le sujet (ça n’aurait pas été la première fois qu’un article refusé soit présenté de cette manière), ne serait-ce que par respect pour les lecteurs. Mais je ne puis le faire n’ayant pas Internet et sévissant dans ce qu’on appelle cyber.

Et comme l’a vu un internaute, les notations sont d’une rare bêtise. Il est facile de voir que suite à une erreur, j’ai envoyé mon compliment deux fois croyant qu’il n’était pas passé la première fois car la machine s’est mise erreur et que plusieurs minutes après, le texte n’était toujours pas visible. Or, deux textes identiques comportent des notations différentes, ce qui est un non-sens absolu. En finira-t-on un jour avec ce système scolaire ? J’en reviens toujours et encore à mon dicton : une seule chose est infinie, c’est la connerie.

Quoi qu’il en soit, merci à vous et bravo à Léon pour cette belle série.

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par JL

Très beau travail en effet, passionnant et instructif. Comme une guitare électrique ou les synthés modernes, le son est un son électroacoustique ... Cela explique peut-être pourquoi il a séduit il y a un demi siècle des oreilles qui n’y étaient pas habituées, et pourquoi il est accepté aujourd’hui par des oreilles qui ne font le plus souvent pas de différences avec un son naturel ?

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par Bernard Dugué

bravo pour ce billet, il faudra créer l’association de protection des espèces instrumentales en voie de disparition

Une suggestion, pour percevoir la magie des ondes Martenot, Turangalila de Messiaen

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par ZEN

Je ne suis pas très musique électronique , mais j’apprécie Varèse et ses explorations musicales fascinantes.

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par parkway

ce qui est incompréhensible, c’est le ou les gens qui votent négatif un tel article ? ? ?

ce doit être un con préhensible...

mais léon, vous connaissez la musique !

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par Méric de Saint-Cyr

Tu as raison Parkway mais j’irai encore plus loin que toi, même si ce n’est pas politico-agoravoxiennement correct : Ce qui est incompréhensible, c’est que l’on puisse voter, ce qui, pour moi, est l’expression même d’un nivellement par le bas et un manque de respect pour la liberté d’expression.

Quand on n’aime pas, on explique. Mettre un plus ou un moins, comme des notes à l’école, c’est rabaisser le discours, rabaisser la valeur des idées exprimées au niveau du binôme désuet et rudimentaire "je divinise" ou "je condamne"…

En instituant cette stupidité (les "moinsages" et les "plussages") AgoraVox s’est rabaissé au niveau de la dictature de l’Audimat, la dictature du plus grand nombre. Dictature insupportable tant il est facile de démontrer qu’un seul peut très avoir raison et tous les autres tort…

Si on faisait voter les enfants à l’école en leur demandant par exemple ce qu’ils voudraient étudier, l’école ne produirait plus que des cancres et des illettrés.

Si les consommateurs votaient pour chaque aliment, à la longue on ne trouverait plus que des frites, des pizza, du cocacola et des hamburger à manger !

Et bien entendu, à moins que cet article sur les ondes martenot soit peu lu, je te parie que mon commentaire sera moinsé… Ça ne devrait pas tarder maintenant…

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commentaire constructif ? 4 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par parkway

d’accord avec vous méric de st cyr,

mais c’est oublié qu’il y a aussi des gens qui font la différence entre une critique et une opinion.

et ça c’est pas évident à mettre en pratique sur un forum.

il ne reste plus qu’à faire confiance aux gens tant soit peu intelligents et à relativiser pour les autres.

Quand on lit depuis un certain temps les articles et les commentaires, on arrive à faire des progrès en la matière...

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par Philippe Renève

Méric,

Bien d’accord avec vous. J’avais moi aussi suggéré une suppression de ces votes ; il serait bien plus intéressant d’avoir, comme dans certains forums, la possibilité de manifester son intérêt pour un article ou un commentaire en lui attribuant un point de sympathie, dont le total montrerait le bon accueil des lecteurs, ou leur réserve.

Mais la faculté de voter négativement ne fait qu’inciter à des réactions primaires de rejet, qui éloignent d’un débat intelligent.

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par Philippe Renève

Parkway,

Ne t’en fais pas, ce n’est qu’un pangnâ qui s’est trompé de sens pour voter sur l’article de Léon !

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par rocla (haddock)

Méric de Saint-Cyr ,

Ci-joint , je n’ aime ni plusser ni moinser , je trouve votre intervention positive , ce malgré le fait que nous n’ ayons tété présentés .

Rocla

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par rocla (haddock)

Très bon papier sur les ondes Martenot , à noter cependant que si l’ inventeur s’ était appelé Dulation...

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par rocla (haddock)

http://www.dailymotion.com/vid...

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par Philippe Renève

Merci, Haddock, de cette vidéo intéressante.

Une particularité majeure des ondes Martenot me semble être que "l’attaque" de chaque note est très douce, sans montée brusque, comme dans les musiques baroques (j’en vois venir un, là).

Cette douceur, qui rapproche ces sons de la voix humaine utilisée sans attaque dure, est me semble-t-il pour beaucoup dans leur côté étrange : souvent, on perçoit ce son au début comme s’il venait de très loin et se rapprochait, en "ondulant" ensuite plus qu’en créant une mélodie bien découpée.

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par Léon

Philippe,l’attaque est comme le veut le musicien, elle peut aussi être très brutale. C’est justement la variété infinie des nuances qui fait le charme de cet instrument.

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par Le furtif

Philippe tu pourrais bien avoir raison pour la Fanette mais pour les attaques et le baroque je ne pense pas....même pas du tout...

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par Philippe Renève

Furtif,

La Fanette, sûrement.

En revanche, cher musicologue, j’ai dit baroque peut-être un peu vite, mais à une certaine époque (plutôt XVIIe alors ?), n’était-il pas de bon ton d’attaquer, au moins pour les cordes, les notes de manière progressive, en un crescendo élégant ? Et considérée comme vulgaire toute attaque agressive ?

Il me semble que certaines interprétations, de Savall notamment, sont bien dans ce sens, non ?

A te lire.

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par Le furtif

Je ne suis pas musicologue mais siestologue....

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par Léon

La formation est longue ?

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par Le furtif

La volonté , Léon.....la volonté.

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par Philippe Renève

Inébranlable, celle du Furtif.

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par Avatar

A Léon,

Merci pour votre article sur un instrument injustement méconnu. J’étais minot lorsque j’ai découvert cet instrument au son si particulier et, à l’époque, je trouvais sa tonalité aquatique, comme la voix d’une ondine, il m’avait envouté.

Bravo pour la série sur les instruments bizarres.

Et bonne continuation.

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par rocla (haddock)

Quelqun saurait où se procurer un Theremin ?

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par Léon

Cap’tain : j’en ai vu un vendre ici ! (version transistorisée de Moog)

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par Philippe Renève

Pfuuuhh… Ce Léon, il a réponse à tout ! Quelle efficacité…

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par rocla (haddock)

OK Léon ,

j’ ai vu le prix , que faut-il comme énergie ? 12volt , 220 combien de Watts pour faire fonctionner ? , est ce le modèle où l’ on joue main gauche et main droite ,

Peut-être pour Noèl ...

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par Léon

Oui, c’est le modèle que l’on joue en agitant les mains en l’air, on voit les deux antennes. Pour ce qui est de l’alimentation, je suppose que c’est du 220 V.Mais ne pas oublier qu’il faut l’amplifier, le brancher sur une sono quelconque de la puissance que vous voulez, suivant que vous voulez pourrir la vie de vos voisins ou pas.

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par Léon

A Kolge : je n’ai pas connaissance d’un émulateur pour ondes martenot.

Elles sont fabriquées sus la marque Ondéa par la société SEAM au Plessis-Bouchard dans le 95 .

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par Léon

Quant au prix je n’en ai pas la moindre idée...

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commentaire constructif ? 0 oui mais votre ordinateur est passé par là

par brieli67

http://www.ubikmusic.com/midir...

vous trouverez plein d’utilities en free ware..... pour faire résonner votre carte son et vous faire plaisir.

sans nul doute Banda Azul et Julio Cézar est le meilleur d’entre nous tous

http://www.geocities.com/Paris...

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par papy

Une série super intéressante, il ne faudrait pas que ça se perde

As-tu un site où on peut retrouver l’ensemble pour le consulter au besoin, je connais beaucoup d’amateurs et puis j’ai loupé quelques articles

En tout cas, merci car ça nous change de beaucoup de conneries sur l’actualité

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par Léon

J’ai bien un site mais je n’yai pas encore mis ces articles. Il y a juste un renvoi sur ma fiche d’auteur sur Agoravox. Il n’y a pas que les articles de cette série, mais on les retrouve facilement.

Je ne sais pas si je vais en faire encore beaucoup. Pour l’instant, quatre de plus en préparation, mais après ?

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commentaire constructif ? 1 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par kolge

Le son des ondes martenot état électronique et diffusé par HP, existe-t-il des simulateurs type synthé ou module cubase pour en jouer ?

En trouve-t-on encore des vrais et si c’est le cas, combien ça coûte, qui les fabrique ?

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commentaire constructif ? -1 > Les instruments bizarres (5) : les ondes Martenot

par Iwaya Sumire

Bon article, très instructif, merci !

Parmi les musiciens contemporains jouant des Ondes Martenot, on peut citer Jonny Greenwood (multi-instrumentaliste connu principalement pour son travail au sein de Radiohead). Par exemple les deux morceaux suivants : www.youtube.com/watch et www.youtube.com/watch

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Auteur de l’article Léon (Montpellier)

Enseignant en sciences économiques, à le retraite depuis peu, j’ai été également musicien, compositeur et arrangeur durant une dizaine d’années. Je me suis intéressé à l’économie des biens immatériels, et à cette discipline que l’on appelle la bio-économie, ou l’économie thermodynamique, dont les représentants en France sont des gens comme René Passet, Serge Latouche, et quelques autres.

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Nabe - Nabe :: FROGGY’S DELIGHT :: Musique,

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(JPEG) Une première précision s’impose. Il n’y a aucun rapport entre Nabe et Marc-Edouard Nabe, enfin à ma connaissance ! Le second, fils du clarinettiste de jazz Marcel Zanini, fervent passionné de Billie Holliday entre autres, écrivain polémiste : finalement, il ne compte pour rien dans l’inspiration des premiers.

Nabe : quatre lettres, deux consonnes, deux voyelles est un groupe formé de Céline Milleron, Anne-Catherine Milleron (pour les voyelles ?), Augustin Viard, et Aurélien Dentinger (pour les consonnes ?). Je m’égare peut-être dans cette métaphore qui tend à dérailler, on dirait...

Distingués en mars 2007, ils ont reçu le prix "Jeune talent" du festival Ici et Demain. Leur premier album est un avant-goût : cinq titres qui ont pour nom : "The River", "24D", "Automatique", "Essai", "Floyd". Saluant les Pink Floyd, ils rappellent davantage les Portishead, grâce à un chant féminin (en anglais) qui nimbe la musique et s’assouplit comme un élastique au gré des morceaux.

La musique est riche et ne craint pas les ruptures, comme avec l’intro sur "24D" sur laquelle j’imagine presque les paroles de Gibraltar d’Abd El Malik, pour se poursuivre avec une mélodie toute aérienne.

Signalons l’utilisation des ondes Martenot, ce qui augure que les artistes ne se refusent aucune piste.

Nabe est donc lancé dans la carrière, avec un choix artistique exigeant : le trip hop. Parce qu’ils savent convaincre avec leur premier enregistrement, nous veillerons à ne pas manquer leur prochain album. Que ce prix "Jeune Talent" continue à susciter la curiosité et l’intérêt sur leur démarche.

Bonne chance à eux.

En savoir plus :

Le site officiel de Nabe

Le Myspace de Nabe

Sandrine Gaillard •


CENTENAIRE DE LA NAISSANCE D’OLIVIER MESSIAEN - Actualit Musique - EVENE

CENTENAIRE DE LA NAISSANCE D’OLIVIER MESSIAEN

Il y a bientôt un siècle, le 10 décembre 1908, naissait à Avignon l’un des plus grands et influents compositeurs qui aient vu le jour sur le sol français. Baptisée "Année Messiaen", 2008 offrira ainsi une pléiade de concerts et de manifestations en son honneur. L’occasion est trop belle d’entendre à nouveau et à neuf une oeuvre indispensable qui a inspiré moult artistes, de Pierre Boulez à Radiohead en passant par Stockausen et Pierre Henry.

’Des canyons aux étoiles’ : jamais titre d’oeuvre n’a aussi bien caractérisé le travail d’un compositeur. Quand Messiaen donne naissance au début des années 1970 à cette oeuvre symphonique pour piano, cor, percussion et orchestre, l’expression est toute trouvée pour décrire le travail d’un musicien auteur d’une musique profonde, cannelée et mystérieuse comme un ravin américain ; une musique éthérée, spirituelle et insouciante comme un astre éphémère. Messiaen a toujours cherché à s’élever, à regarder et à écouter ce qui se passait au-dessus de lui. Au-dessus de lui ? Ce sont à la fois les oiseaux dont il n’a cessé de retranscrire inlassablement les chants et les mélopées, que ce soit dans le ’Réveil des oiseaux’ (1953), les ’Oiseaux exotiques’ (1955-1956) ou le ’Catalogue d’oiseaux’ (1956-1958). Mais c’est aussi un regard tourné vers Dieu : toute son oeuvre peut s’entendre comme le fruit d’un chrétien convaincu, à l’image de son chef-d’oeuvre, composé à la fin de sa vie : ’Saint-François d’Assise’, créé en 1983. Somme parce qu’il rassemble, synthétise et transcende plus d’un demi-siècle de travail d’un compositeur pionnier et pédagogue. Foi et ornithologie ne sont jamais loin pour le musicien : Messiaen voue, certes, une admiration sans borne pour le saint en question. François d’Assise était réputé pour être le saint qui ressemblait le plus au Christ, mais passait aussi pour un homme qui parlait aux oiseaux. En lui dédiant son oeuvre-somme, Messiaen considérait avoir célébré dans le même temps un ami et un confrère.

De la couleur avant toute chose

(JPEG) Ornithologue, organiste, pianiste, compositeur, Messiaen était également un remarquable pédagogue, écouté et respecté par la jeune garde de la musique classique contemporaine de la seconde moitié du siècle dernier. Xenakis, Pierre Boulez, Pierre Henry ou encore Stockhausen, pour ne citer qu’eux, soit la fine fleur de la musique contemporaine, font partie de la longue et prestigieuse liste de ses élèves au Conservatoire de Paris dans lequel il est nommé professeur en 1942 à sa libération, après avoir été fait prisonnier au début de la Seconde Guerre mondiale. Atteint par la limite d’âge, il quitte son poste uniquement en 1978. Professeur prisé, Messiaen passionne ses élèves en leur faisant part de ses interrogations de compositeur. Ils n’ont pas face à eux un doctrinologue ou un analyste "objectif", ils ont devant eux un musicien qui s’interroge par exemple sur Debussy (son musicien fétiche) pour se guider lui-même dans son propre travail de créateur. Il y livre ainsi sa fameuse théorie des couleurs qui rendait sceptique la plupart de ses confrères et critiques. Comme Rimbaud qui donne des couleurs aux voyelles, Messiaen donne des couleurs aux harmonies, aux phrases ou mouvements musicaux. Son rêve ? Etre atteint de "synopsie", "merveilleuse maladie" selon ses termes qui oblige celui qui en pâtit à associer malgré lui tout son à une couleur.

Un paysagiste sonore

(JPEG) Avec sa chevelure sauvage, ses thèses originales, sa passion des oiseaux, sa foi profonde teintée de mysticisme, Messiaen pouvait ressembler à une version musicale et musicienne du "savant fou". Pourtant et au contraire, il n’a cessé de retirer à la musique son côté mathématique pour lui insuffler un vent tout à la fois spirituel et paysagiste. Peu de compositeurs ont tenté autant que lui d’approcher le peintre dans leur oeuvre. Beethoven l’a tenté sur la ’Symphonie pastorale’, Debussy ou Wagner s’y sont essayés également, mais aucun ne l’a systématisé comme Messiaen - au point que certains l’ont accusé ou remercié de "messiaeniser" la nature. Il y est d’ailleurs arrivé presque littéralement : un canyon porte son nom aux Etats-Unis, dans l’Arizona, suite à son célèbre ’Des canyons aux étoiles’. Peu de musiciens ont poussé à son comble la description de paysages : Japon, Amériques (du Nord et du Sud), le Dauphiné, Messiaen a retranscrit musicalement les chants des oiseaux de tous pays, la nature de tous les continents avec un zèle presque névrosé. Sans pour autant chercher le vrai, mais le vraisemblable. Les oiseaux jouent avec des quarts de tons, voire des sixièmes de tons inaudibles pour l’oreille humaine, injouables au piano qui ne connaît que des demi-tons. Messiaen assume parfaitement son rôle de traducteur, il retranscrit ses chants pour une oreille humaine. Messiaenise-t-il la nature ? En tout cas en découvrant l’oeuvre du compositeur français on ne peut s’empêcher de pasticher le célèbre mot d’Oscar Wilde au sujet de Turner et de la Tamise ; après Messiaen, on n’entend plus la nature (et en particulier les oiseaux) comme avant, on a l’impression que celle-ci tente de l’imiter.

’Le Quatuor pour la fin du temps’

(JPEG) En 2008, on commémore donc le centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen. Si l’on peut parfois remettre en cause la pertinence de ce genre de célébration officielle, l’occasion est ici trop belle de redécouvrir l’oeuvre d’un des plus importants compositeurs du siècle dernier, l’un des plus novateurs avec Stravinsky, le troisième larron d’une belle fournée hexagonale avec Ravel et Debussy. Par quoi commencer devant cette profusion de concerts ? (Re)découvrir par exemple l’une de ses oeuvres originelles et géniales : le ’Quatuor pour la fin du temps’ pour piano, violoncelle, violon et clarinette composé alors qu’il était emprisonné dans un stalag pendant la guerre et joué pour la première fois devant ses camarades prisonniers avec un piano désaccordé et un violon amputé d’une corde. Oeuvre apocalyptique dans le sens religieux du terme, puisqu’elle envisage le présent éternel, le ’Quatuor’ se scinde en son sein par un vibrant solo de clarinette. Dans le cadre de cet anniversaire une proposition de partenariat a été adressée à l’ensemble des conservatoires pour effectuer un travail sur l’année autour de Messiaen, marqué par une manifestation phare : l’exécution simultanée le 10 décembre dans tous les établissement intéressés du ’Quatuor’ par des élèves et/ou des professeurs.

L’année Messiaen en chiffres...

(JPEG) L’hommage au compositeur français sera durant l’année 2008 très impressionnant : plus de 600 concerts recensés dans le monde dont 175 en France, 77 en Angleterre ou 67 en Allemagne. Honneur lui sera rendu aussi aux Pays-Bas, en Suède, en Espagne, en Australie, en République tchèque ou encore dans deux pays friands de la musique du Français : les Etats-Unis (qu’il découvre dès 1947) et le Japon (avec un premier voyage en 1962) dont les paysages ont beaucoup inspiré le compositeur et l’homme. Les prestigieux orchestres, de celui de Radio France au Philharmonique de Berlin, des grands orchestres américains (Los Angeles, San Francisco) au Philharmonique de Vienne, en passant par les plus grands chefs (Boulez ou Eschenbach), aucun des acteurs essentiels de la musique classique d’aujourd’hui ne manquera à l’appel pour célébrer l’auteur de la ’Turangalîla-Symphonie’ créée en 1948 sous la direction de Leonard Bernstein et où Messiaen utilise les Ondes Martenot, clavier mi-organique mi-électrique dont on peu changer manuellement le timbre et dont la belle-soeur de Messiaen était une des plus grandes manieuses. L’instrument et l’utilisation qu’en a faite le compositeur sont si frappants qu’ils ont influencé Radiohead dans son dyptique ’Kid A / Amnesiac’. (1) L’instrument symbolise à lui seul le travail qu’a opéré Messiaen sur les instruments percussifs de toutes sortes, du piano au marimba en passant par les tambours japonais.

... et en dates

En France, l’année sera marquée par un projet de Week-end Messiaen en octobre à l’Amphithéâtre Bastille. Au menu, une programmation orientée sur le musicien et ses héritiers (comme Pierre Boulez), mais aussi des opérations pédagogiques destinées au jeune public. D’autres lieux parisiens participeront à la célébration : le musée d’Orsay consacrera la journée du 7 décembre à l’intégrale des oeuvres pour piano du compositeur ; le théâtre de l’Athénée se penchera sur le versant vocal de son travail du 6 au 14 décembre, tandis que l’église de la Trinité rendra aussi hommage durant toute l’année à celui qui fut titulaire du Grand-Orgue du lieu durant plus de 60 ans. De son côté Jean-François Zygel consacrera ses maintenant célèbres ’Leçons de musique’ à l’artiste le 5 mai au théâtre du Châtelet. Avignon et le département du Vaucluse proposent de leur côté un Parcours Messiaen marqué notamment par le concert du pianiste Roger Muraro le 29 avril à l’Opéra de la Cité des papes avec au menu des extraits du ’Catalogue d’oiseaux’ et de ’Vingt regards sur l’enfant Jésus’. La dixième édition du Festival Messiaen de la Grave rendra tout naturellement cette année un hommage tout particulier au compositeur. L’Angleterre ne sera pas en reste puisque le pianiste Pierre-Laurent Aimard préside le festival From the Canyons to the Stars à Londres : concerts, discussions, master classes, journées pédagogiques mettront en lumière les différentes facettes du compositeur jusqu’au point d’orgue le 10 décembre, jour de l’anniversaire de la naissance de Messiaen, et la venue de l’Ensemble intercontemporain dirigé par Pierre Boulez dans la capitale anglaise pour des interprétations des ’Couleurs de la Cité céleste’ et des ’Sept Haïkaï’, esquisses japonaises pour piano solo et petit orchestre. Enfin le grand opéra de Messiaen consacré à Saint-François d’Assise voyagera d’Amsterdam (juin) à Varsovie (décembre) en passant par la salle Pleyel le 31 octobre. Soit toute une année à siffler comme un oiseau du Messiaen.

(1) Lire à ce sujet l’interview de Jeanne Loriod-Messiaen réalisée par Jonny Greenwood lui-même pour les Inrockuptibles n°291 daté du 29 mai 2001.

Mathieu Durand pour Evene.fr - Avril 2008


Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Concert de la semaine

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Mozart ou la légèreté du rituel

25 Avril 2008 à 20H00

Messiaen M Mozart - le monde de la symphonie I - A la carte

Salle Pleyel /Paris

Un troisième concert pour Olivier Messiaen

Messiaen aime toujours Mozart. Pour leur troisième concert consacré au compositeur français né en 1908, Myung-Whun Chung et les musiciens de l’Orchestre Philharmonique ont décidé de confronter les Petites Liturgies du premier à la Quarantième Symphonie du second. Ce sera le 25 avril, Salle Pleyel, et la Maîtrise de Radio France sera aussi de la partie.

Messiaen : Trois Petites Liturgies de la Présence Divine

Composées durant l’hiver 1943-1944, les Petites Liturgies ont été créées le 21 avril 1945 à Paris, salle de l’Ancien Conservatoire par Yvonne Loriod (piano), Ginette Martenot (ondes Martenot), l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire et la Chorale Yvonne Gouverné, sous la direction de Roger Désormière.

Messiaen parle de « transporter une sorte d’office, une sorte de louange organisée au concert ». La nouveauté de sa démarche ainsi que l’originalité de son écriture dans le domaine de la musique religieuse trop souvent teintée d’académisme frappent (voire choquent) les esprits de l’époque. Le poème, de Messiaen lui-même, s’inspire de la Bible, de saint Thomas d’Aquin et de l’Imitation de Jésus-Christ. Ses mots saisissants et colorés exposent successivement trois modes de présence de Dieu : en nous, en Lui-même, en toutes choses, d’où l’importance du chiffre trois à différents niveaux de composition. Les titres s’inspirent des termes du plain-chant. Un chœur féminin à l’unisson assure la parfaite intelligibilité du texte.

Selon le compositeur, il s’agit d’« une musique de couleurs. Les modes que j’utilise sont des couleurs harmoniques. (...) Il y faut ajouter mes recherches rythmiques : rythmes non rétrogradables, canons rythmiques, emploi des decî-tâlas de l’Inde antique - et aussi l’emploi percutant du piano, du vibraphone et du célesta (qui évoque le gamelan de Bali et de Java) : les rythmes et les timbres choisis accentuent encore les couleurs et leurs mouvements. »

Colorée, l’œuvre l’est par son effectif musical qui se prive pourtant des instruments à vent. Trois groupes se distinguent : le chœur ; les cordes ; enfin les claviers et les percussions en deux sous-groupes (à hauteur déterminée avec le piano, le célesta et le vibraphone ; à hauteur non déterminée avec les maracas, la cymbale chinoise et le tam-tam), les ondes Martenot s’ajoutant à part.

Mozart : Symphonie n° 40

Que d’encre n’a-t-on pas fait couler à propos des trois dernières symphonies de Mozart ! Composées durant l’été 1788, elles ont fasciné, tant par leur maîtrise artistique que par les interrogations qu’elles soulèvent. En effet, les circonstances de leur composition sont inconnues ; aucun document ne prouve clairement qu’elles aient été jouées du vivant du compositeur, et leur édition s’est faite à titre posthume.

Pourtant, les modifications orchestrales de la Symphonie K 550 ainsi que les tournées en Allemagne en 1789 et 1790 durant lesquelles des symphonies (sans précision de numéros) furent jouées laissent supposer une utilisation au concert. De plus, le mystère demeure à propos d’un « programme » qui sous-tendrait cette hypothétique trilogie, dont la progression tonale est tout de même frappante : mi bémol majeur, sol mineur, do majeur. S’agit-il d’un clin d’œil au programme tonal des trois symphonies parisiennes de Haydn (numéros 82, 83, 84) ?

Autant l’ultime symphonie impose son caractère solaire, autant l’avant-dernière (K 550) est tourmentée et éloignée de tout effet tapageur par l’absence de trompettes et de timbales. La tonalité dramatique de sol mineur est peu fréquente pour une symphonie. Seuls Haydn (n° 39), Johann Christian Bach (op. 6 n° 6) et Mozart lui-même (n° 25 K 183) s’y étaient risqués dans la décennie 1770 marquée par le Sturm und Drang.

À brûle-pourpoint, Mozart saisit son auditeur par un « appel » haletant des violons sur un demi-ton répété. Une seule mesure aux altos divisés a suffi pour planter le décor. Le deuxième thème ne parvient pas à apaiser l’atmosphère. Qui plus est, c’est le premier thème qui servira de matrice au développement complexe, dramatisé encore par des tonalités éloignées et tendues, des passages chromatiques et une écriture contrapuntique serrée. L’Andante desserre à peine l’étau avec les nombreux retards harmoniques de son premier thème. Dans un climat d’attente, les notes groupées obsessionnellement par deux dans le deuxième thème ressemblent un peu aux coups d’ailes d’un oiseau. L’atmosphère s’alourdit à nouveau par des chromatismes et la tonalité funèbre de do mineur. Bien éloigné d’une danse légère, le menuet se déroule plutôt dans une certaine pesanteur que seules les courbes gracieuses du trio parviennent à attendrir, dans la joyeuse tonalité homonyme de sol majeur. Cette symphonie se démarque par la tension dramatique qui l’habite jusque dans son dernier mouvement. Même celui-ci est traversé par une accumulation d’harmonies tendues (septièmes diminuées) et de tonalités très chargées. Lancé par un vigoureux arpège ascendant qui irrigue tout, l’Allegro assai déploie sa fougue d’un bout à l’autre, grâce notamment à l’étourdissant contrepoint qui culmine dans le fugato peu avant la fin.

Christine Jean

Ce concert sera diffusé ultérieurement sur France Musique.

La Maîtrise et l’Orchestre Philharmonique de Radio France enregistreront bientôt les Petites Liturgies pour DG.


Musique classique : Concert > Musique symphonique > Orchestre Philharmonique de Radio France > [Paris] Le Philar fête Messiaen [07/04/2008]

Le « Philar » fête Messiaen [07/04/2008]

Orchestre Philharmonique de Radio France

[Paris] Le « Philar » fête Messiaen

Myung Wung Chung, un des principaux protagonistes de cette « année Messiaen » - il donnera notamment l’intégralité du Saint François d’Assise en version de concert à Pleyel le 31 Octobre - était à la tête de son orchestre pour ce coup d’envoi qui l’amenait à diriger pour la première fois Et expecto resurectionem mortuorum (« Et j’attends la résurrection des morts »), une œuvre pour percussion et vents commandée à Messiaen par André Malraux en 1964 afin d’honorer la mémoire des morts des deux guerres mondiales. « Je l’ai conçu pour être jouée dans une église en supposant la résonance, « l’aura » et même les rebondissements de sons que l’on peut obtenir dans un tel lieu ». Son rêve était de l’entendre au-dessus de la Grave, face aux glaciers de la Meje, une audace qui, on le sait, sera risquée, cet été, au Festival Messiaen de la Grave !

Si la salle Pleyel ne peut pourvoir à cette réverbération souhaitée - une « aura » qui doit toucher au sacré précisait Messiaen - l’œuvre en cinq mouvements, impressionnante dans son dépouillement grandiose et son extension dans les registres extrêmes, n’en communique pas moins le frisson, tels ces formidables coups de tam-tam qui embrase l’espace de résonance. Empreinte d’une certaine raideur dans le phrasé oiseau, la direction de Chung peine à trouver une cohérence dans la gestion du temps incluant de grands silences jusqu’à ce que l’immense choral de la dernière partie soude l’ensemble des vents dont la plénitude sonore s’intensifie alors d’un crescendo du plus bel effet.

Mieux adaptée à la salle de concert, L’Ascension, quatre méditations symphoniques pour orchestre est une œuvre du tout jeune Messiaen, à peine sorti du conservatoire, mais qui témoigne déjà d’une certaine maîtrise de style et d’une conception du temps très personnelle. De ces quatre mouvements renouvelant chaque fois le dispositif orchestral, ce sont les parties extrêmes qui impressionnent le plus. Abstraction faite des « bavures » à répétitions des trompettes au début de l’Hymne inaugural - l’écriture ne souffre ici aucune imperfection - l’ensemble des vents restitue la noblesse majestueuse de cette première méditation avec un bel équilibre sonore. Après les deux Alleluia de tempo plus rapide, l’œuvre culmine dans le dernier mouvement, une lente aspiration vers le ciel conduite par les seules cordes - sans les contrebasses - que Messiaen conçoit dans un temps très long et une extatique lumière. La qualité soyeuse des violons du Philharmonique préfigure la sonorité de l’onde Martenot. Pour prolonger cette dynamique ascensionnelle dans le silence, le Maître Chung, presque théâtral, terminera les bras levés !

Sorte de « Divertimento » raffiné et spirituel trouvant sa place entre les deux fresques orchestrales, la Symphonie concertante pour hautbois, clarinette, cor et basson en mi bémol majeur K 297b, est une œuvre de 1778 que Mozart écrit pour ses amis instrumentistes de Mannheim. Moins guindée que le Concerto, cette « symphonie à plusieurs solistes » dont les trois mouvements conservent la même tonalité de mi bémol engage un dialogue animé et plein de rebondissements entre les quatre solistes et l’orchestre. L’écoute est d’emblée happée par le rythme soutenu des interventions des quatre vents, véritable enchantement de couleurs offert ce soir par les super solistes de l’Orchestre Philharmonique. Le hautbois raffiné et lumineux d’Hélène de Villeneuve associé à la clarinette ondoyante et merveilleusement timbrée de Jérôme Voisin exposent les thèmes soutenus par le basson précis et sonore de Jean-François Duquesnoy et le cor naturel agile et velouté d’Antoine Dreyfus mis au défi par les traits redoutables de l’écriture mozartienne : Une interprétation qui ne démentira certainement pas le jugement avisé d’Olivier Messiaen rejoignant le génie mozartien dans sa passion du rythme et de la couleur.

Crédit photographique : © DR

par Michèle Tosi (07/04/2008)


Arts - Spectacles, Musique, Les surprises de Royan

Musique

Les surprises de Royan

Plus de révélations que de déceptions

Noyé sous les ,averses, fouetté par les giboulées, dissous dans la brume, giflé par les embruns, le Casino de Royan poursuit sa marche courageuse vers les terres nouvelles de la musique. On y vient maintenant de partout et on y embarque pour toute la semaine. Les salles sont pleines, les colloques animés, la foule vivante et passionnée.

Claude Samuel et le Dr Gachet ont réussi leur folle entreprise : maintenir en figure de proue et dans l’indépendance le festival français le plus nécessaire. Thèmes de cette année : formes ouvertes, cinéma de création. On a donc vu « Anna » de Pierre Koralnik, « Au bénéfice du doute » de Peter Whitehead, « Tell me lies » de Peter Brook, « Erostraste » de Don Levi et le contestable « Homme qui ment » de-Robbe-Grillet. Mais Royan demeure avant tout le haut lieu de la musique inédite et c’est par ses créations tumultueuses ou calmes qu’il entrera dans l’Histoire.

Une liberté stimulante

Le Domaine Musical, mené avec précision et autorité par Gilbert Amy, a ouvert le feu avec trois premières mondiales d’importance et de valeur très différentes.

En effet, il n’y a rien à dire de « La Balance de Jade » de Rassi Ourgandjian, sinon ce que nous pensions depuis toujours, à savoir que le disciple direct d’Olivier Messiaen reste plus que problématique. Pour avoir tenu à rendre hommage à son maître, le disciple n’a su faire qu’une oeuvre d’épigone, lourde, ingrate, laborieuse et, qui pis est, fort prétentieuse. Les pseudo-chants d’oiseaux, les références orientales et trois ondes Martenot ne font rien à l’affaire. Ourgandjian succombe à ce néo-académisme qui guette tous les créateurs sans imagination. Il aura beau faire, il ne sera jamais à la hauteur de son modèle, ou alors il lui faudra accepter les angoisses et les douleurs de la solitude...

L’Américain Earle Brown, on le sait, est loin de ces problèmes. Il nous donne donc régulièrement des oeuvres hyper-ouvertes qui, à force de solliciter les fantaisies du hasard, finissent presque (comme sa récente « Calder pièce ») par signer la démission du compositeur. Heureusement, voici qu’avec « Event : Synergy II », pour deux orchestres et deux chefs, il retrouve l’intelligence sonore la plus fine et la plus efficace. Et cela sans renoncer aux séductions surprises de l’aléa. On suit comme un jeu charmant, un délassement frivole, l’action et les réactions des deux chefs sur un discours d’une liberté stimulante. On aime ce que jamais on n’entendra deux fois. On est pris par l’impatience du temps qui passe, par la fraîcheur des sonorités inattendues, par cette vie instantanée que l’arabesque des mains impose aux musiciens dociles. C’est « Eclat » de Boulez devenu le plus gai des divertissements.

Le « Temps » de Barraqué n’est pas le « Temps » de Brown. Depuis dix ans qu’il met en musique les différents épisodes de « la Mort de Virgile », d’Hermann Broch, Jean Barraqué (40 ans cette année) ne se soucie ni de plaire, ni de se concilier le hasard. Il mène une quête aride et solitaire que rien ne détourne du but pourtant toujours plus éloigné Chaque page nouvelle témoigne de ce refus des modes, des compromissions, des facilités. Ainsi « le Temps Restitué » pour soprano, choeur et orchestre, dernier en date des fragments de « la Mort de Virgile », déroule-t-il pendant quarante-cinq minutes le discours musical le plus dense, le plus chargé, au point que chaque intention, chaque allusion, chaque effet s’annule automatiquement. Cependant, ce qui touche dans cette musique irrespirable, c’est, si l’on peut dire, la beauté de sa laideur et la manière désinvolte dont elle défie la résistance de l’auditeur comme de l’interprète. D’ailleurs, je ne suis pas sûr qu’on ait pu en juger dans les meilleures conditions, la soliste Helga Pilarizyk ayant refusé, de toute évidence, d’y engager tous ses moyens.

Le lendemain, l’Orchestre National, dont la prestation l’an dernier avait laissé le plus mauvais souvenir, a eu à coeur de se racheter. Et il a donné, sous la direction enthousiaste de Bruno Maderna, l’un des concerts les plus fascinants que nous ayons entendus depuis des années. Deux créations de très haut intérêt le dominaient. D’abord « Imaginario II » de Luis de Pablo, qui est aujourd’hui la personnalité majeure de la jeune musique espagnole. Il s’agit d’une oeuvre mobile qui offre au chef là encore une responsabilité constante dans le choix et l’articulation des structures constituant le matériel de base. Il n’y a pas si longtemps, Pablo était encore prisonnier de l’académisme sériel le plus compassé, mais il a assimilé avec une rapidité prodigieuse et une intelligence très personnelle les conquêtes récentes les plus diverses. Et il nous livre maintenant des pages originales et éloquentes, d’une miraculeuse ingéniosité sonore et marquées de la plus tonique fantaisie. « Imaginario II » consacre à la fois un métier et un tempérament. Je reparlerai très bientôt de ce Penderecki espagnol.

Autorité et modestie

Reste à dire la révélation de « Trajectoires », pour violon et orchestre, de Gilbert Amy. On se demandait comment le compositeur de « Cycle » et de « Relais » allait traiter le dialogue périlleux entre un archet solo et un orchestre de 64 cordes, 14 cuivres, 2 harpes et une énorme percussion. Loin de jouer la carte des contrastes gratuits, des oppositions faciles, Amy a choisi et réussi une oeuvre de climat poétique pratiquement sans exemple dans le répertoire contemporain. oeuvre envoûtante par son calme, sa réserve, son économie de moyens. oeuvre de maturité d’un musicien de race, bien plus qu’expérience de chercheur excité. J’admire sans réserve l’équilibre délicat qu’il a obtenu d’un soliste (Claire Bernard) et d’un orchestre qui, pour être aéré, n’est jamais sous-employé. Je m’émerveille de tant d’autorité sur la matière mouvante et fuyante des sons, mais aussi de tant de modestie et de tant de sérénité à une époque où l’une et l’autre sont bien délaissées. Et le plus surprenant est que « Trajectoires », oeuvre de commande, a été écrite en guère plus de soixante jours, il y a deux ans.

Décidément, Royan est le pays des surprises ! D’ailleurs, ce n’est pas tout puisqu’il reste encore cinq créations mondiales en perspective et la venue très attendue de Stockhausen et de son Groupe de Cologne. Nous en discuterons la semaine prochaine.

Maurice Fleuret

Le Nouvel Observateur - 0178 - 10/04/1968


Abed Azrié, pas prophète en son pays

Abed Azrié, pas prophète en son pays World. Le chantre du soufisme, né à Alep en Syrie, en concert pour deux soirs à l’Institut du monde arabe. BOUZIANE DAOUDI QUOTIDIEN : vendredi 28 mars 2008 Abed Azrié Institut du monde arabe, 1, rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005. Ce soir et demain à 20h30. Rens. : 01 40 51 38 11 ou www.imarabe.org CD : Mystic (Doumtak/Nocturne).

Aleppin de naissance et Parisien depuis 1967, le Franco-Syrien Abed Azrié anime la pensée soufie dans la musique orientale, mais de façon iconoclaste. Ce qui lui vaut quelques solides inimitiés. Mais d’autres l’admirent, comme Yehudi Menuhin, John Cale, Leonard Cohen, Caetano Veloso, Jeff Buckley, Peter Sellars, Astor Piazzolla ou René Char. Son public est universel, des Etats-Unis au Japon, beaucoup moins dans le monde arabe.

Abed Azrié vient, avec son ensemble de musiciens franco-arabes, oud, violon, accordéon, contrebasse, percussion, chanter des textes des IXe-XIIIe siècles, comme en témoigne son dernier album sorti fin 2007. Il met sa voix chaude et profonde, ses compositions propices à la dévotion, au service notamment des écrits d’Al-Hallaj (le martyr du soufisme, décapité), Al-Niffari, Ibn al-Fared, Râbi’a Al Adawiya (ancienne musicienne, courtisane) ou Ibn Arabi, un temps emprisonné au Caire, le plus grand penseur soufi. Mohyiddin Ibn Arabi est né en 1165 à Murcie, en Espagne, dans une famille d’aristocrates et de savants juristes. En 1172, il suit sa famille à Séville, où il effectue des études classiques et devient secrétaire à la chancellerie. Mais, il abandonne sa carrière de lettré, suite à une grave maladie, et fait une retraite de plusieurs mois sous la direction du maître spirituel Al-Urayni, originaire du Portugal. Il part à La Mecque, visite l’Egypte, Jérusalem, Hébron, Bagdad, Mossoul, Qonya, s’installe en Syrie où il meurt en 1241.

Ibn Arabi laisse des centaines d’écrits, comme l’Interprète des ardents désirs, ou le Livre des gemmes de la sagesse, des réflexions sur la musique, l’unification des religions en une seule « religion de l’amour ».

Abed Azrié souhaite, lui, unifier l’émotion et la pensée. Il est né à Alep, dans le nord de la Syrie, au carrefour de l’Europe et de l’Orient, haut lieu soufiste jusqu’à aujourd’hui, cité considérée comme la plus mélomane du monde arabe. Après avoir étudié la littérature arabe à Beyrouth, il a approfondi à Paris ses connaissances musicales à l’école Martenot, puis à l’école Normale. Il a aussi étudié au Louvre le poème sumérien l’Epopée de Gilgamesh, l’un des plus anciens textes de l’humanité, datant de 2 500 ans avant J.-C., dont il a fait une adaptation musicale en 1977 (rééditée en 1994).

Azrié a signé une vingtaine d’albums et plusieurs BO de films. En 2005, il revisite Satie avec oud, vièle et harpe, retrouvant les premières musiques du compositeur français inspirées du Haut Moyen-Age et marquées de sonorités orientales. Il a également mis en musique les plus grands poètes arabes classiques, les quatrains audacieux et érotiques du Perse Omar Khayyam, les auteurs andalous du XIe siècle, ou contemporains, comme le Palestinien Mahmoud Darwiche.


Musique classique : Livre > [Livre] Documentaire > Editions Delatour France > Rendre son sens magique à la musique… [24/01/2008]

Editions Delatour France

Rendre son sens magique à la musique...

André Jolivet : Ecrits, Textes transcrits, présentés et annotés par Christine Jolivet-Erlih. ISBN : 2-7521-0036-1. Editions Delatour France, Paris. Dépôt légal : 2007. 2 Volumes brochés, 816 pages. 52 €.

Voici un ouvrage qui risque fort de devenir indispensable à toute bibliothèque musicale digne de ce nom. Fruit de plusieurs années de travail intense, la retranscription des écrits d’André Jolivet annotés et présentés par sa fille Christine Jolivet-Erlih vient de paraître aux Editions Delatour France. Initiative d’autant plus courageuse que Christine Jolivet s’est plusieurs fois entendu répondre que « les écrits des musiciens n’intéressent pas les lecteurs » par plusieurs éditeurs reconnus. Bien que de nombreux ouvrages consacrés à Jolivet soient déjà disponibles (dont la récente biographie due à Jean-Claire Vançon chez Bleu Nuit), ces archives permettent de mieux saisir la pensée créatrice de cet homme hors du commun.

Travail énorme donc que celui de rassembler, classer et surtout retranscrire les notes personnelles, conférences, articles, interviews et nombreuses émissions radiophoniques, travail de toute une vie. Depuis son premier opus, le Quatuor à cordes (1934), jusqu’à l’ultime Yin Yang (1973), une quarantaine de notices et commentaires qu’André Jolivet a consacrés à ses propres œuvres sont reproduites, et possèdent un intérêt fondamental pour mieux aborder l’écoute de celles-ci, ou leur interprétation, tout en permettant de suivre le parcours du créateur. Sont abordées, entre autres, les célèbres Incantations pour flûte, le Concerto pour ondes Martenot et orchestre, Chant de linos, Mana, l’oratorio La vérité de Jeanne, etc. Sont également inclus de nombreux écrits tous plus passionnants les uns que les autres tels présentations de concerts, lectures, analyses d’œuvres....

La parution de ces deux tomes, comptant 816 pages, récompense l’extraordinaire tâche accomplie pour rendre toujours vivante la parole de celui qui a marqué l’histoire de la musique tant la force de sa création, visionnaire et décisive, a imposé un tournant dans la musique du XXe siècle.

Travail d’autant plus remarquable que nous constatons que les biographies consacrées aux musiciens sont bien plus nombreuses que les écrits provenant des musiciens eux-même. Or, tout ce qu’un artiste peut dire sur son œuvre, ou sur l’exercice de son art en général, ne peut que contribuer à nous rapprocher davantage de sa pensée.

C’est donc un réel enrichissement que de lire, par exemple, Jolivet expliquer qu’ » Il faut ramener la musique à la source de toute expression artistique qu’est le rythme universel. Et la musique est l’Art capable de le mieux exprimer ». Le compositeur, qui ne souhaitait jamais dévoiler l’alchimie de ses compositions (ses recettes de cuisine, disait-il), affirme désirer « rendre son sens magique à la musique, devant provoquer intensément la transe et l’intégration de l’être humain dans le système cosmique ».

André Jolivet, qui commença sa carrière professionnelle en qualité d’instituteur, a eu la chance de connaître, de son vivant, la reconnaissance de son talent, ayant occupé, entre autres, les fonctions de Président des Concerts Lamoureux, et de professeur de composition au conservatoire national ...malheureusement, son opéra Bogomilé commandé par Rolf Liebermann restera inachevé.

Cet ouvrage sert de témoignage-clé tant pour l’évocation de la mémoire du compositeur que pour nous sensibiliser à sa pensée dont beaucoup de musiciens actuels se sont inspirés.

Dans notre monde actuel au sein duquel le rationalisme prend de plus en plus de place, où, grâce à la technologie, de la musique uniquement « jolie » berce nos oreilles à longueur de journée, il est utile de (re)découvrir la pensée d’André Jolivet qui, déclarant « écrire pour ceux qui aiment », n’a jamais cessé de proclamer que « La musique, envisagée dans sa partie spéculative, est la connaissance de l’ordre de toute chose, la science des rapports harmoniques de l’Univers ».

Par la richesse de leur propos, et bien que le Maître nous ait quittés il y a plus de trente ans, beaucoup de ces textes sont d’une incroyable modernité. A (re)lire...sans modération !


Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Portrait

Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Portrait

parution du 24/03/2008

n° 272

Olivier Messiaen

© dr

Un portrait d’Olivier Messiaen en 8 concerts

24 Mars 2008

2008 marque l’année du centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen. L’Orchestre Philharmonique de Radio France, pour l’occasion, a prévu de consacrer huit concerts au compositeur : les trois premiers auront lieu les 4, 11 et 25 avril, et mettront en lumière la relation intime que nourrissait Messiaen avec la musique de Mozart ; les cinq autres auront lieu l’automne prochain. Tous seront dirigés par Myung-Whun Chung (sauf celui du 4 octobre, auquel le chef d’orchestre jouera la partie de piano du Quatuor pour la fin du Temps).

Musique pure et parfaite. Mozart est le plus musicien des musiciens. On chercherait en vain une erreur dans sa musique.

Olivier Messiaen

Il est peu étonnant que Messiaen ait si souvent exprimé son admiration à l’égard de Mozart, tant il partageait de points communs avec lui. Les deux compositeurs ont exercé une partie de leur activité comme musiciens d’église. L’un, à Salzbourg, a travaillé au service d’un prince-archevêque qu’il a fini par haïr puis quitter ; l’autre a été le fidèle organiste de l’église de la Sainte-Trinité à Paris pendant soixante ans.

Tous deux goûtent la couleur instrumentale. Des solistes secondaires émaillent de nombreux concertos pour piano ou airs d’opéras chez Mozart qui, « avant Berlioz, a eu le sens du timbre spécifique », dit Messiaen.* La perpétuelle boulimie de couleur instrumentale et modale rapproche la musique de Messiaen d’une « rosace de cathédrale » qui « frappe l’œil par des milliers de taches de couleurs ».

Les deux compositeurs sont de grands mélodistes. La multiplication des périodes thématiques chez Mozart, alliée à des « lignes mélodiques si personnelles, si poétiques », n’a pu que séduire Messiaen dont la mélodie s’inspire de la souplesse du plain-chant grégorien et des chants d’oiseaux.

Passionné de rythme, Messiaen n’hésite pas à définir Mozart comme « le plus grand rythmicien de la musique classique ». Il précise : « La rythmique mozartienne revêt un aspect cinématique, mais elle appartient surtout au domaine de l’accentuation, issue du verbe et de la parole. » Dans son Traité de rythme, de couleur et d’ornithologie, publié à titre posthume, Messiaen analyse longuement le phrasé mozartien : il parle d’« anacrouse », d’« accent » et de « désinence ». Chez Messiaen, le rythme s’abreuve aux sources antiques de la métrique grecque et des decî-tâlas de l’Inde ainsi qu’au Sacre du printemps de Stravinsky.

Messiaen va jusqu’à analyser tous les concertos pour piano seul de Mozart dans sa classe au Conservatoire de Paris entre 1950 et 1960, aidé d’Yvonne Loriod. C’est encore elle qui en assure l’exécution intégrale en sept concerts, en 1964. Pour finir, quel touchant clin d’œil que la pièce pour orchestre Un sourire, composée en 1991 pour le bicentenaire de la mort de Mozart !

Je pense qu’il faut revenir au charme, à la suavité, tout simplement à ce qui sonne bien. La musique de Mozart est simple, franche, très élaborée dans son accentuation, mais le résultat est très beau et personne ne songe à le lui reprocher.

Une musique doit être intéressante, elle doit être belle à entendre, et elle doit toucher.

O. M.

Comme celle de Mozart, la musique de Messiaen est à la fois complexe et d’une beauté touchante et simple, tout en allant à l’essentiel. Elle témoigne d’un goût pour la modalité, le chant grégorien et un temps musical qui ne craint pas de s’étirer jusqu’à donner l’idée de l’éternité. Elle utilise de façon très personnelle ces éléments qui pourraient passer pour passéistes.

C’est que Messiaen traverse superbement tout le XXe siècle. Il n’ignore aucune des avant-gardes mais ne s’arrête à aucune et forge son langage musical sans chercher à faire école.

En pédagogue soucieux d’être compris, il assortit ses œuvres de larges commentaires. Rares sont ceux qui, comme lui, ont contribué à l’épanouissement de de talents aussi différents que Pierre Boulez, Karlheinz Stockhausen, Iannis Xenakis, Jacques Charpentier, Pierre Henry, Paul Méfano, François-Bernard Mâche, Tristan Murail, Gérard Grisey, pour n’en citer que quelques-uns.

A l’occasion des concerts qui, en avril 2008, célébreront le centenaire de la naissance de Messiaen, Myung-Whun Chung a choisi de rapprocher quatre œuvres d’essence religieuse réparties sur toute la carrière du compositeur. L’Ascension est composée à peine le Conservatoire fini. Les Trois petites Liturgies de la Présence Divine appartiennent à la première maturité alors que Messiaen vient d’être nommé professeur au Conservatoire de Paris. Et exspecto resurrectionem mortuorum compte parmi les œuvres de la grande maturité alors qu’Éclairs sur l’au-delà est l’une des dernières compositions.

Musique et poésie m’ont conduit vers Toi.

O. M.

Paradoxalement pour un musicien d’église, si aucune des œuvres de Messiaen n’est liturgique à proprement parler, beaucoup d’entre elles, en revanche, sont paraliturgiques. Cependant, tout son art se veut une célébration de Dieu. Profondément croyant, Messiaen se définit lui-même comme « ornithologue, rythmicien et théologien ». Comme c’était le cas pour Jean-Sébastien Bach, la musique est pour lui un lieu théologique destiné à « mettre en lumière les vérités théologiques de la foi catholique », à traduire l’invisible et l’indicible, et à conduire à Dieu. Éloignée de toute aridité, sa méditation des mystères divins devient une célébration autant corporelle que spirituelle à laquelle participent tous les sens, en une sorte de poétique du merveilleux.

Si Messiaen revient souvent sur l’eucharistie (Le Banquet céleste est l’une de ses premières œuvres), il est le chantre des mystères joyeux (on pense au cycle de La Nativité pour orgue) et glorieux (L’Ascension par exemple). Grand lecteur de la Bible, il nourrit une prédilection pour l’Évangile selon saint Jean et pour l’Apocalypse. Mais les citations qu’il en tire ne servent le plus souvent que de titres ou de commentaires, afin d’orienter l’écoute et l’intelligence de l’auditeur.

J’aime la nature pour elle-même. Bien sûr, comme saint Paul, je vois dans la nature une manifestation d’un des visages de la divinité, mais il est certain que les créations de Dieu ne sont pas Dieu Lui-même.

O. M.

Un homme à peine visible derrière un buisson, assailli par une nuée de moustiques, avec un crayon et du papier à musique en main dès cinq heures du matin : tel apparaît Messiaen pendant ses virées ornithologiques. Il faut dire que le compositeur est un grand amoureux de la nature en général et des oiseaux en particulier, dont il note minutieusement les chants en dictée musicale puis les retranscrit à un tempo moins rapide dans ses œuvres.

La louange de Dieu à travers sa Création est une constante dans son œuvre. C’est en 1941 dans le Quatuor pour la fin du Temps qu’apparaissent pour la première fois les chants des oiseaux, ces « petits serviteurs de l’immatérielle joie ». Messiaen précise : « J’ai tenté de rendre avec exactitude le chant de l’oiseau type d’une région, entouré de ses voisins d’habitat, ainsi que les manifestations du chant aux différentes heures du jour et de la nuit, accompagnées dans le matériel harmonique et rythmique des parfums et des couleurs du paysage où vit l’oiseau. » Messiaen transcrit les chants de façon stylisée, puis de plus en plus « scientifique », allant jusqu’à composer un Catalogue d’oiseaux. La fonction de ces chants est non seulement structurelle et décorative, mais aussi symbolique, comme dans le spectaculaire Prêche aux oiseaux de Saint François d’Assise.

L’œil écoute

L’œil écoute : ce recueil de Paul Claudel pourrait résumer une bonne partie de l’esthétique de Messiaen, l’artiste aux chemises toujours colorées ! Apparition de l’Église éternelle, Vingt regards sur l’Enfant-Jésus, Couleurs de la Cité céleste, Chronochromie, Visions de l’Amen : les titres des œuvres manifestent que sa musique est autant vision, lui qui voyait des couleurs en même temps qu’il percevait des sons. Il se définit comme étant « atteint d’une sorte de synopsie qui se trouve davantage dans mon intellect que dans mon corps, et me permet, lorsque j’entends de la musique et aussi bien lorsque je la lis, de voir intérieurement, par l’œil de l’esprit, des couleurs qui bougent avec la musique ; et ces couleurs, je les sens d’une manière excessivement vive et j’ai même parfois indiqué sur mes partitions ces correspondances avec précision ». Le commentaire de la première des Trois petites Liturgies de la Présence Divine en donne une idée : « Grandes lettres d’or sur fond gris, avec des taches en pastilles orange, et des branchages vert assez sombre à reflets dorés. »

« À mon avis, on ne comprend pas totalement la musique si on n’a pas expérimenté souvent ces deux phénomènes : couleurs complémentaires, résonance naturelle des corps sonores. Et ces deux phénomènes sont liés au sentiment du sacré, à l’éblouissement qui engendre la révérence, l’adoration, la louange. » Couleur, résonance, éblouissement : autant de mots-clés qui composent la palette de Messiaen. D’où la Jérusalem céleste parmi ses thèmes de prédilection, avec son scintillement de pierres précieuses aux mille couleurs. L’art de Messiaen se couvre d’images, tels les vitraux que le compositeur affectionnait tant.

L’orchestration de Messiaen profite de son expérience d’organiste. Son appétit de couleurs se nourrit de combinaisons originales en dissociant par exemple les harmoniques du son fondamental. Son « arc-en-ciel » sonore, expression qui revient si souvent sous sa plume, fait une large place aux nombreuses percussions et utilise les sonorités tantôt mystérieuses, tantôt déchirantes, des toutes nouvelles ondes Martenot. Son instrument de prédilection est le piano, qu’il intègre dans presque toutes ses œuvres orchestrales, faisant briller le talent de son épouse et interprète privilégiée Yvonne Loriod.

Les modes ajoutent leur touche colorée. Messiaen est un compositeur essentiellement modal qui utilise des modes existants (gamme par tons, mode alternant les tons et les demi-tons) et invente des modes à transpositions limitées, non rétrogradables et comportant des symétries internes. Si la musique atonale et la musique sérielle lui paraissent grises, Messiaen ne dédaigne pas utiliser les douze sons du total chromatique. Mais ceux-ci, comme les modes majeur et mineur, sont intégrés dans la modalité, comme des modes parmi d’autres.

Le Temps est une des plus étranges créatures de Dieu puisqu’il est totalement opposé à Celui qui est Éternel par essence.

O. M.

La musique de Messiaen donne à entendre les différentes temporalités du monde et l’éternité sans temps. Elle se décline depuis l’« extrêmement lent » extatique jusqu’au « très vif » de l’exultation, en des valeurs rythmiques qui s’étirent à l’extrême ou passent comme l’éclair.

Le temps se conjugue horizontalement dans la forme, le plus souvent juxtaposition de moments de caractère différent. Comme dans un geste qui embrasse l’univers, le temps peut se conjuguer aussi verticalement dans la superposition des couches de temps, comme Messiaen l’explique à propos de la troisième des Trois petites Liturgies de la Présence Divine : « Temps très long des étoiles, temps long des montagnes, temps moyen de l’homme, temps très court de l’insecte ».

Dans ses sources d’inspiration, Messiaen enjambe les siècles et les continents. Il puise dans les decî-tâlas, rythmes des différentes provinces de l’Inde antique. La métrique grecque, avec sa succession de valeurs rythmiques longues et brèves, fournit ses arsis (élans) et ses thesis (détentes). Ces élans et ces détentes, il les retrouve dans le chant grégorien dont il utilise les rythmes des neumes et les souples mélismes. Il a une prédilection pour les joyeuses vocalises alleluiatiques qu’il cite telles quelles ou transformées. De la modernité, il retient notamment Le Sacre du printemps de Stravinsky, à propos duquel il définit les trois types de « personnages rythmiques » : ceux qui se développent, ceux qui décroissent, et ceux qui restent inchangés.

Messiaen s’approprie tout cela en un langage personnel, inventant les rythmes non rétrogradables, les permutations symétriques, les rythmes augmentés, etc.

Christine Jean

* Toutes les citations entre guillemets proviennent, sauf mention contraire, de textes ou de déclarations d’Olivier Messiaen.

Les concerts des 4 et 11 avril seront diffusés en direct sur France Musique et dans le cadre des Echanges franco-allemands.

en savoir plus sur le concert du 4 avril

voir le site du Comité Messiaen 2008

Un portrait d’Olivier Messiaen en 8 concerts

Un entretien avec Richard Dubugnon


24 Heures - Detail Culture - EVENEMENT - Incandescente Jeanne d’Arc au bûcher

24 Heures - Detail Culture - ÉVÉNEMENT - Incandescente Jeanne d’Arc au bûcher

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Incandescente Jeanne d’Arc au bûcher

ÉVÉNEMENT | 00h25 L’oratorio dramatique de Paul Claudel et Arthur Honegger revit pour un soir à l’Auditorium Stravinski de Montreux en version de concert.

Christian Brun | IMPOSANT Un chœur de 130 chanteurs et neuf solistes, un orchestre de 65 musiciens. Et l’actrice Anne Richard, ici en répétition.Montreux, le 4 mars 2008

MATTHIEU CHENAL | 06 Mars 2008 | 00h25

René Falquet a pris son bâton de pèlerin pour réaliser son vieux rêve de monter, une fois, Jeanne d’Arc au bûcher, le vaste oratorio dramatique de Paul Claudel et Honegger. Il a commencé par en faire travailler quelques extraits à son Chœur de l’Elysée de Lausanne pendant trois répétitions. Et a demandé à ses chanteurs s’ils étaient prêts à se lancer dans cette aventure. « Ils m’ont cru et ont dit oui, commente le chef de chœur. Les chanteurs ont bien senti que cette œuvre est un sommet, mais la musique s’est révélée à eux progressivement. La polytonalité perturbe l’oreille, il faut ruser, trouver ses repères, intérioriser cette ambiance sonore indéfinissable. Aujourd’hui, ils se rendent compte à quel point c’est beau et ils marchent à fond. »

L’adhésion du chœur n’était qu’une étape et René Falquet a dû faire face à bien des rebondissements. Avec le renfort du Chœur Pro Arte de Sion, il était prévu de faire une escale en Valais. Hélas, aucune salle ne pouvait accueillir 130 choristes, neuf solistes et un orchestre de 65 musiciens dont deux pianos et des ondes Martenot.

Anne Richard incarne Jeanne

L’orchestre français avec lequel il avait envisagé une coproduction a fait défection, ainsi que l’actrice française prévue pour le rôle-titre (Romane Bohringer, qui l’avait déjà interprété auparavant). Du coup, le chef s’est tourné vers les ressources du cru en faisant appel à l’orchestre de l’USDAM, qui réunit les meilleurs instrumentistes indépendants de Suisse romande, et en demandant à l’actrice Anne Richard d’incarner Jeanne.

« C’est moi qui l’ai choisie, précise René Falquet. Elle a ce regard pénétrant, ce côté sportif et énergique qui la rend crédible. Et elle ne joue pas trop à la comédienne. Il faut toujours se souvenir que Jeanne a 19ans quand elle meurt. Anne Richard n’avait jamais travaillé sur une partition, et son rôle parlé exige une prosodie rythmée. Elle a beaucoup sué, pris des leçons de solfège. Aujourd’hui, c’est une partition qui l’habite totalement. »

Visiblement, René Falquet est lui aussi habité par la matière du drame de Honegger et Claudel. Il en parle avec un enthousiasme débordant : « Claudel a eu cette idée où Jeanne sur son bûcher revoit sa vie en une fraction de seconde et où frère Dominique lui explique son destin. Les séquences chantées sont l’illustration de cette histoire. Mais tout est au second degré, comme la scène du procès délirant, inspiré à Claudel par la Messe des fous à Douai au Moyen Age et par Molière se moquant des médecins. Musicalement, c’est à la fois parodique et très construit, l’onde Martenot se met à gicler, l’idéal serait que le chœur devienne fou, et le chef aussi ! »

D’après René Falquet, la dernière version de concert en terre vaudoise date de 1964 avec Robert Mermoud. Mais, septante ans après sa création - c’était à Bâle le 12 mai 1938 - il était plus que temps de faire revivre ce monument musical incandescent.

Montreux, Auditorium Stravinski, demain à 20 h 15.Loc. : 021 962 21 19 et www.saisonculturelle.ch


Le ring : « les favelas du Nord »

Le ring : « les favelas du Nord »

La réalisatrice du Ring, Anaïs Barbeau-Lavalette, avec le comédien Maxime Desjardins-Tremblay, lors du lancement du film en octobre dernier.

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PHOTO : André Pichette, La Presse Louis-Bernard Robitaille Louis-Bernard Robitaille (collaboration spéciale)

La Presse

C’est l’avantage de la jeunesse : Anaïs Barbeau-Lavalette s’est retrouvée cette semaine à la Berlinale sans trop mesurer sa chance. Le ring, retenu dans la section parallèle Panorama, est le long métrage d’une bande de copains diplômés de l’Institut national de l’image et du son, qui disposait d’un budget dérisoire de 800 000 $, et tourné avec une caméra numérique.

Ce qui n’empêche pas Anaïs, qui a eu 29 ans la semaine dernière, de monter ce soir sur la scène d’un grand cinéma de Potsdamer Platz à 22 h 30 pour présenter son oeuvre à quelque 500 festivaliers, jurés et journalistes. Mais sans trop savoir comment ça se passe, quand sortiront les critiques, à quel moment on annoncera le palmarès.

Le détachement est peut-être réel. Elle a déjà derrière elle un début de filmographie, des documentaires tournés à Montréal ou en Amérique latine. Et puis, dit-elle à peine débarquée à Berlin lundi après-midi, à titre de seule représentante du Ring : « C’est un film qui est sorti il y a déjà longtemps, au mois d’octobre. » Pour elle, aussi bien dire une éternité.

Depuis, elle a plongé dans la préparation d’un nouveau film, qui se passera entre Montréal et les territoires palestiniens. Et elle ne sait pas exactement comment elle s’est retrouvée sélectionnée pour Berlin. « C’est la maison Christal, distributeur du film, qui s’est occupé de tout. Ça s’est fait sans moi. Mais bien entendu, je suis ravie d’être à Berlin, l’un des deux ou trois plus importants festivals de l’année pour le cinéma d’auteur. »

Bien sûr, les retombées concrètes de la Berlinale ne sont pas automatiques. Mais c’est déjà une petite consécration en soi, car la compétition est impressionnante : « Nos émissaires à travers le monde ont vu quelque 3000 longs métrages, explique à La Presse Wieland Speck, le grand patron de Panorama. Après un premier filtrage, j’en ai vu moi-même un millier. Et à l’arrivée, si l’on enlève les films documentaires, il ne reste plus cette année que 32 longs métrages de fiction dans la sélection. »

Au Québec, un film fort bien reçu par la critique comme Borderline, s’il a passé les étapes préliminaires, n’a finalement pas été retenu. C’est dire que les places sont chères. « Qu’il y ait deux films québécois au programme cette année montre bien l’intérêt que nous portons au cinéma canadien, qui a pour moi un style novateur bien à lui : c’est nord-américain sans être américain. »

Wieland Speck ne va certes pas commenter la non-sélection de Borderline - « Je ne fais jamais ça » -, mais en revanche, il se répand en louanges sur Le ring. « Non seulement la façon de filmer et les images sont remarquables, dit-il, mais encore ce film a une originalité certainement symptomatique de notre époque : il montre une réalité sociale très dure et saisissante qui auparavant ne pouvait exister que dans les favelas de Rio ou les bidonvilles d’Amérique latine. Le ring, ce sont les favelas du Nord. »

Bel accueil public

À Berlin, la carrière du Ring avait commencé, en l’absence de sa réalisatrice, samedi soir dernier au cinéma Cubix d’Alexanderplatz. Une simple projection publique, comme il s’en fait trois ou quatre en cours de festival. Une salle de 400 places pratiquement pleine et qui réagit bien. À deux exceptions près, personne ne sort. Au générique de fin, même en l’absence de représentants du film, le public applaudit spontanément. « Un film très dur à voir, dit un jeune couple dans la trentaine. Mais quand même très beau et intéressant. »

Lundi, comme il se doit, Anaïs Barbeau-Lavalette est entré de plein fouet dans la Berlinale, sans prendre le temps de s’occuper de son décalage horaire. À 20 h, elle participe à un dîner organisé par Christian Verbert de la SODEC, dans de magnifiques salons de la Délégation avec vue imprenable sur la porte de Brandebourg.

La jeune réalisatrice du Ring se retrouve en grande discussion avec Yves-Christian Fournier qui n’a que 34 ans. À côté de lui, Caroline Martel, le même âge, réalisatrice du Fantôme de l’opératrice (2004), invitée à Berlin dans la section Talent Campus, et qui prépare un film sur... les ondes Martenot. Par un effet du hasard, trois cinéastes de la toute nouvelle génération réunis par la Berlinale. Et sans complexes.

http://moncinema.cyberpresse.ca/nouvelles-et-critiques/nouvelles/nouvelle-cinema/3043-iLe-ringi—laquoles-favelas-du-Nordraquo.html


Le phénomène Turangalîla d’Olivier Messiaen

Œuvre Turangalîla-symphonie

Le magazine Œuvre Voir aussi le dossier Centenaire 2008, l’année Messiaen Imprimer l’article Tous les articles de Pierre-Jean Tribot

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C’est le « tube » symphonique du compositeur, sa pièce la plus célèbre et la plus jouée et l’une des très rares partitions composée après 1945 qui s’est imposée au répertoire et qui soulève d’enthousiasme une salle de concert à chaque exécution. Tout au long de l’année Messiaen 2008, la pièce sera fêtée d’Aix-en-Provence où se déroula la première audition française (1950) à New-York, sans oublier le festival de Salzbourg qu’elle clôturera sous la conduite de Simon Rattle à la tête du Philharmonique de Berlin. La partition fut même chorégraphiée avec grand succès par Roland Petit pour l’Opéra de Paris (1968). *(1)

1. Présentation générale

La partition est le résultat d’une commande du grand chef d’orchestre Serge Koussevitzky et de l’orchestre symphonique de Boston. Le musicien russe avait laissé carte blanche au compositeur pour qu’il rédige la partition de son choix. La composition s’étala de juillet 1946 à novembre 1948 et la première audition triomphale se déroula à Boston en décembre 1949 sous la baguette de Leonard Bernstein et avec Yvonne Loriod, la future épouse du compositeur au piano et Ginette Martenot aux ondes Martenot.

Le titre de Turangalîla est une association de deux mots sanscrits, qui ne présentent aucun sens littéral simple. « Turanga » désigne « Temps qui court comme à cheval au galop » ou « temps qui s’écoule comme le sable d’un sablier », le tout avec l’idée de mouvement et de rythme. « Lîla » caractérise « jeu » ou « amour ». On peut résumer le sens général de l’œuvre par « hymne à la joie » ou « chant d’amour ». Pour le compositeur, cet amour est à mettre dans la lignée du philtre qui unit à jamais Tristan et Yseult. Dans cette seconde moitié des années 1940, Messiaen travaille ce célèbre mythe et il est judicieux de replacer la Turangalîla-symphonie au sein d’une trilogie débutée par le cycle de mélodie Harawi de 1945 puis complétée par les Cinq Rechants pour chœur a capella de 1948.

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La partition exige un imposant orchestre symphonique, un piano solo et des ondes Martenot. Ce dernier instrument, inventé par Maurice Martenot en 1928, offre un son particulier et intense que Messiaen a utilisé à de nombreuses reprises. La redoutable partie pour piano seul se caractérise par ses longues cadences qui précèdent les apogées. L’instrumentation fait la part belle aux cuivres et aux percussions. Outre les cors, trombones et tuba, la section est renforcée d’une large palette de trompettes : de la petite trompette en ré, aux trompettes en ut, sans oublier le cornet en si bémol. Le groupe de percussions est des plus imposants. Trois claviers, jeu de timbre, célesta et vibraphone jouent un rôle assez proche des gamelans indous des îles de la Sonde. La batterie qui regroupe : triangle, temple block, wood-block, petite cymbale turque, cymbale, cymbale chinoise, tam-tam, tambour de basque, maracas, tambourin provençal, caisse claire, grosse caisse et huit cloches en tube, exécute de véritables contrepoints rythmiques.

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La symphonie est construite autour de quatre thèmes. Le premier est le « thème statue », il évoque pour le compositeur « quelque statue terrible et fatale » ; il est reconnaissable par ses accords massifs. Le second thème, est intitulé « thème fleur » en raison de la forme délicate et arrondie de ses lignes, un peu à la manière de certaines fleurs comme « la tendre orchidée, au décoratif fuchsia, au glaïeul rouge, au volubilis trop souple ». Le « thème d’amour » est une association des deux premiers thèmes alors que le « thème d’accords » ne renvoie à aucune signification particulière ; il est un groupe d’accords découpés en sept parties souvent combinés à d’autres motifs. La pièce se décompose en dix mouvements divisés en trois grands groupes. Le premier est constitué des mouvements n°2, n°4, n°6 et n°8, il a pour thème l’amour et emploie souvent le « thème amour ». Le deuxième groupe, plus sombre et plus noir dans ses teintes, est constitué des trois mouvements intitulés Turangalîla (les mouvements n°3, n°7 et n°9). Enfin les mouvements n°5 et n°10 ressemblent à des scherzos et ils concluent avec éclat les deux moitiés de la symphonie. Le premier mouvement « introduction » est le seul de son espèce.

2. Les différents mouvements

L’Introduction se décompose en deux parties unifiées par une cadence pour piano. Le « thème-statue » et le « thème amour » sont exposés dans la première partie. Un second temps propose une superposition de couches rythmiques entraînant l’oreille dans une véritable transe collective.

La structure « couplet-refrain » du Chant d’amour 1 nous est présentée par Messiaen : « le refrain alterne toujours deux éléments totalement contrastés de tempo, de nuance, et de sentiment. Le premier élément est un motif rapide, fort et passionné, des trompettes. Le deuxième élément est un motif lent, doux et tendre des ondes Martenot et des cordes ».

Trois thèmes sont au centre de Turangalîla 1. La clarinette et les ondes Martenot introduisent le premier thème ; les bassons, trombones et contrebasses présentent ensuite le second thème qui contraste par ses pulsions violentes avec le premier thème. Les cordes marquent un retour du premier thème qui est aussitôt enchaîné par le troisième thème qu’expose le hautbois. Une dernière partie principale surexpose les deux premiers thèmes et une coda reprend des fragments du troisième thème.

Le Chant d’amour 2, s’apparente à une sorte de scherzo avec deux trios. Le « thème fleur » et le « thème statue » sont exposés à la fin du mouvement alors que le compositeur se joue des formes classiques : son trio enchaîne les deux parties qui sont ensuite superposées.

La Joie du sang et des étoiles, « une longue et frénétique danse de joie », est l’un des mouvements les plus ébouriffants de la pièce. Il s’agit d’une sorte de scherzo-trio d’une grande complexité rythmique

Dans le Jardin du sommeil d’amour, les « deux amants sont enfermés dans le sommeil de l’amour. Un paysage est sorti d’eux. Le jardin qui les entoure s’appelle Tristan, le jardin qui les entoure s’appelle Yseult. Ce jardin est plein d’ombres et de lumières, de plantes nouvelles, d’oiseaux clairs et mélodieux. Le temps s’écoule, oublié. Les amoureux sont hors du temps : ne les éveillons pas ». Tout est apaisé et suggestif alors que les couleurs orientales parfument cette évocation mystique et mythique des deux amants.

Turangalîla 2 est le mouvement le plus bref de l’œuvre et le plus sombre. Il exprime douleur et mort. Une cadence de piano introduit un thème principal auquel s’oppose un passage d’ondes Martenot et trombones. Pour le compositeur, il s’agissait d’un éventail qui se referme à la fin du mouvement avec une nouvelle exposition du « thème statue » par les cuivres avant qu’un fortissimo de la grosse caisse vienne clore avec puissance la partie.

Le Développement de l’amour reprend les thèmes principaux mais l’on peut repérer une prédominance du « thème amour » qui s’avère interrompu par des « explosions », à la longueur variable, qui symbolisent Tristan et Yseult transcendés.

Des variations sur le premier thème sont au cœur de Turangalîla 3 alors que les instruments à percussions jouent des couches rythmiques d’une grande complexité pendant tout le mouvement.

De forme sonate, l’explosif et jubilatoire Final est une variation sur le premier thème. Il se termine par une implacable coda.

3. Une discographie sélective

La discographie comporte 15 versions, ce qui pour une œuvre contemporaine découle presque du phénomène de société. Le premier enregistrement date de 1951, l’excellent Hans Rosbaud dirige avec tact et maestria son orchestre de la Radio de Baden-Baden (Wergo) rompu à la musique contemporaine. En dépit d’une technique sonore précaire, il s’agit d’un jalon important de la discographie. En 1961, Maurice Le Roux office à la tête d’un orchestre de la RTF (Accord) assez dépassé par les évènements. Créateur de Saint François d’Assise, Seiji Ozawa a gravé une version considérée comme historique à la tête de l’Orchestre symphonique de Toronto (RCA). Si l’inspiration du chef fait le prix de ce disque, on entendra beaucoup mieux orchestralement au fil des années 1980-1990. Deux jeunes chefs firent forte impression dans les années 1980 dans la Turangalîla : Esa-Pekka Salonen qui signait à la tête du Philharmonia de Londres l’un de ses premiers disques (Sony) et Simon Rattle avec son orchestre de Birmingham (EMI). L’actuel chef du Philharmonique de Berlin prend son temps et témoigne, comme toujours, d’une très grande attention portée aux détails. Les mouvements lents, presque extatiques s’avèrent très planants ; on regrette juste un manque d’impact dans les mouvements rapides. Auréolé de nombreux prix à sa sortie, le disque de Salonen est excellent et frénétique, mais on sent que le chef serait capable d’encore plus lâcher ses troupes. Le manque d’impact est aussi un défaut de la version de Myung-Whun Chung et de l’orchestre de l’Opéra de Paris. Les années 1990 furent marquées par deux grandes interprétations : celles de Riccardo Chailly et du Concertgebouw d’Amsterdam et d’Antoni Witt et l’Orchestre de la Radio polonaise. La précision de l’Orchestre d’Amsterdam, la technique phénoménale des cuivres et des vents permettent au chef italien de pulvériser les tempi et de faire de cette œuvre une danse jubilatoire. Jean-Yves Thibaudet tient le coup et livre une prestation hors norme et la prise de son Decca magnifie cette interprétation qui prend évidement place aux sommets de la discographie. Grand chef, hélas assez peu reconnu, Antoni Witt compose lui aussi une interprétation, plus lente, mais tout aussi pertinente avec un orchestre que l’on n’attendait pas à un tel niveau.

Les différentes autres versions méritent toutes une écoute : André Prévin (EMI), Marek Janowski (RCA), Yann-Pascal Tortelier (Chandos) et Kent Nagano (Teldec) dans une discographie qui ne compte aucun échec retentissant. Nous n’avons pas pu entendre les versions gravées par Louis de Froment et l’Orchestre de la RTL de Luxembourg (Forlane) et de Hans Vonk enregistrée en concert avec l’Orchestre Symphonique de Saint-Louis (Pentatone). On espère vivement que cette année Messiaen débouchera sur de nouvelles réussites discographiques par des chefs qui possèdent cette partition à leur répertoire : Zubin Metha, Mariss Jansons, Ingo Metzmacher, Pascal Rophé, Yakov Kreizberg, Sylvain Cambreling.

Orientation discographique

les versions mentionnées ci-dessous sont celles encore disponibles dans les bacs des disquaires. Il est cependant possible de compléter sa discographie en téléchargeant sur les plates formes légales d’autres interprétations.

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-  Jean-Yves Thibaudet, piano ; Takashi Harada, ondes Martenot ; Orchestre royal de Concertgebouw d’Amsterdam, direction : Riccardo Chailly. 1 CD Decca. Référence : 436 626-2.

-  François Weigel, piano ; Thomas Bloch, ondes Martenot. Orchestre de la Radio Nationale Polonaise, direction Antoni Wit. 2 CD Naxos. Référence : 855447879

-  Peter Donohœ, piano ; Tristan Murail, ondes Martenot. City of Birmingham Symphony Orchestra, direction : Sir Simon Rattle. 2 CD EMI. Référence : 7243 5 86 525 2 9 (également présent sur le DVD Leaving home - Orchestral Music in the 20th Century vol. 2 « Rythm »)

* (1) En dépit du grand succès de ce ballet, Olivier Messiaen en avait interdit toute reprise

Crédit photographique : Olivier Messiaen / DR, Ondes Martenot /DR, Temple-Block/DR

par Pierre-Jean Tribot (10/02/2008)

http://www.resmusica.com/aff_articles.php3 ?num_art=4977


Turangalîlâ mon amour

Musique symphonique SWR Sinfonieorchester [Paris] Turangalîlâ mon amour

La Scène Musique symphonique Pays : FRANCE Région : ILE DE FRANCE Voir aussi le dossier 2008, l’année Messiaen Imprimer l’article Tous les articles de Maxime Kaprielian

Paris, salle Pleyel. 1-II-2008. Olivier Messiaen (1908-1992) : Turangalîlâ-symphonie. Roger Muraro, piano ; Valérie Hartmann-Claverie, ondes martenot ; SWR Sinfonieorchester, direction : Sylvain Cambreling.

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Œuvre phare de Messiaen, entrée au répertoire symphonique, donnée pas moins d’une soixantaine de fois cette année, la Turangalîlâ-symphonie sera au moins jouée trois fois salle Pleyel en 2008. Premier acte ce soir avec Roger Muraro et Valérie Hartmann-Claverie, fortement sollicités cette année dans cette symphonie-fleuve de 80 minutes.

Sylvain Cambreling opte pour un « ni trop ni trop peu » constant. Sa vision de la Turangalîlâ-symphonie ne déborde pas d’amour ni de joie sans verser dans la lecture froide et analytique. Tout est pesé, mesuré, dosé. Les forte - dont le fameux « thème-statue » - ne sont jamais tonitruants. On a entendu des scherzos (les mouvements n° 5 et 10) plus dionysiaques, mais rarement un orchestre sonner de manière tant homogène dans cette œuvre. Loin de tout délire orgiaque de couleurs instrumentales, Cambreling cherche scrupuleusement à édifier cette gigantesque sculpture sonore sans aspérités, tel un massif imposant. Son orchestre - le SWR Sinfonieorchester - excelle dans ce répertoire, dont il est familier. Les cuivres brillent sans brailler, les bois ne sont jamais noyés dans la masse, les percussions - fort nombreuses - ne couvrent pas les autres instruments, et le pupitre de cordes n’appelle que des éloges.

Les solistes ne sont pas en reste. Valérie Hartmann-Claverie joue par cœur une partition qu’elle sert avec maestria depuis longtemps. Son interprétation ce soir est plus discrète, plus fondue dans la masse orchestrale que celle donnée en 2005 avec l’Orchestre National de France. Roger Muraro confirme sa position incontestable de spécialiste de l’œuvre de Messiaen, à l’aise pendant l’intégralité de ce marathon musical, sans donner un instant un signe de faiblesse. Yvonne Loriod, veuve du compositeur et créatrice de la Turangalîlâ-symphonie, présente dans la salle, a pu saluer son digne héritier spirituel. Accueil final délirant de la part du public, avide de rappels. Séance de rattrapage pour les absents : Festival d’Aix-en-Provence, mêmes solistes, même orchestre, même chef.

Mais dans une œuvre qui se réclame « symphonie », pourquoi vouloir à se point positionner le piano en soliste de concerto ?

Le même concert la veille à Dijon

Crédit photographique : Sylvain Cambreling © DR

par Maxime Kaprielian

http://www.resmusica.com/aff_articles.php3 ?num_art=4947


L’invention des Ondes Musicales Martenot

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Le jour où, pendant la guerre de 1914-1918, les postes de radio à lampes triodes arrivèrent dans les tranchées avec les sons très purs qu’ils émettaient, Maurice Martenot, fort peu présent à l’esprit de la guerre, rêva plutôt d’en faire un instrument de musique pouvant exprimer la sensibilité humaine. En effet, bien qu’il fut à l’époque radio-télégraphiste pour les besoins de l’armée, il était d’abord et surtout un musicien ayant, selon ses propres termes, le « virus de l’invention ».

La guerre finie, il se mit au travail. En 1928, il donna un premier concert à l’Opéra de Paris avec ses « ondes musicales ». Ce fut immédiatement un triomphe et le début d’une belle carrière pour le nouvel instrument.

Plus soucieux d’améliorer son invention que de la faire connaître, Maurice Martenot n’a jamais empêché, néanmoins, les compositeurs d’écrire pour elle, ni les instrumentistes d’en jouer. C’est ainsi que, de Darius Milhaud à Jacques Brel, en passant par Maurice Ravel et Rabindranath Tagore&127;, sans oublier, surtout, André Jolivet et Olivier Messiaen, les plus grandes personnalités musicales de notre temps se sont accordées pour reconnaître au Martenot un pouvoir d’expression tout à fait exceptionnel qui en fait d’ailleurs l’invention du siècle dans le domaine des instruments de musique. Il constitue, pour celui qui en joue, un véritable prolongement tactile et sonore de son système nerveux.

À QUOI RESSEMBLE LE MARTENOT ?

En rodage presque ininterrompu depuis plus de 70 ans, le Martenot comprend : un clavier monodique avec vibrato contrôlé de façon aussi nuancée que celui d’un violon ; un jeu à bague donnant aux effets de glissandi une âme véritable et une touche d’intensité autorisant les nuances les plus subtiles ou les plus contrastées, toutes les articulations et tous les modes d’attaque souhaitables.

Il offre par ailleurs un jeu de timbres possédant une grande richesse de coloris. Le timbre électronique « pur », émanant d’une membrane de diffuseur, constitue le son de base de l’instrument, celui utilisé le plus souvent. Trois autres timbres fondamentaux résultent de la mise en résonance par l’électricité d’éléments vibratoires non électroniques au départ : ce sont les cordes tendues, le gong et les ressorts, tous trois mis en vibration par des moteurs de diffuseurs. Il y a donc quatre diffuseurs en tout. Mais chacun d’eux peut être affecté par un dosage d’harmoniques - progressif ou subit - rendant possible une grande variété de timbres.

C’est un instrument monodique, au même titre que la voix humaine ou la flûte. Sa tessiture de sept octaves lui permet de passer sans interruption du registre de la contrebasse à celui du piccolo.

C’est un instrument de musique qui se joue en temps réel, exigeant par conséquent la présence continue d’un interprète - exactement comme pour le violoncelle, la clarinette, etc.

On l’enseigne en France, aux conservatoires de Paris, Lyon, Saint-Maur et dans plusieurs autres villes. Plus près de nous, les conservatoires de Québec et Montréal en ont dispensé l’enseignement pendant 29 ans, de 1968 à 1997, année où des coupures budgétaires rendirent sa suspension inévitable, en tant qu’instrument enseigné comme discipline principale.

Cet instrument est joué dans la plupart des pays d’Europe, en Amérique du Nord et au Japon.

À PROPOS DE MAURICE MARTENOT

Disons pour terminer que Maurice Martenot ne fut pas que l’inventeur de l’instrument qui porte son nom. Il fut aussi un pédagogue, pratiquant et perfectionnant toute sa vie la méthode mise au point par sa soeur aînée, et qui a pour objet l’initiation des jeunes enfants à la musique. Il enseigna aussi la relaxation, écrivit le livre Se relaxer, pourquoi, comment ? (publié en 1977 et réédité récemment au Courrier du livre). Cette dernière discipline - la relaxation - n’est d’ailleurs pas sans rapport avec l’invention des ondes musicales. Il en avait fait l’expérience pour la première fois dans les années 1920, pendant la gestation et le travail de recherche qui devait le conduire à la production du premier modèle des ondes musicales.

Toute personne intéressée à en savoir plus pourra se référer au livre de Jean Laurendeau Maurice Martenot, luthier de l’électronique, qui comporte, en plus d’une passionnante biographie de Maurice Martenot, une liste impressionnante d’oeuvres ayant été composées pour ondes ou pour des ensembles impliquant cet instrument, ainsi qu’une discographie et une bibliographie.

Pour commémorer le 70e anniversaire des ondes Martenot et le 100e anniversaire de naissance de l’inventeur Maurice Martenot, la Société pour le développement des ondes musicales présente, en coproduction avec la chaîne culturelle de Radio-Canada, le Festival d’ondes Martenot de Montréal, qui se déroulera du 13 au 18 octobre 1998, dans les salles Pierre-Mercure, du Gesù, du Conservatoire de musique du Québec à Montréal et de la Chapelle historique du Bon-Pasteur.

Par Jean Laurendeau / 1 novembre 1998

http://www.scena.org/lsm/sm4-2/sm4-2Ondes_fr.htm


Les concerts avec Ondes Martenot et Pura Jamet-Pénichet

Dimanche 17 février à 17h Eglise Notre-Dame de Saint-Mandé 84 avenue du Général de Gaulle. Programme : O Messiaen, G. Fauré, J. Catérède, WA Mozart

Vendredi 23 mai à 20h30 , Auditorium du CRR de Saint-Maur. Même programme

Dimanche 25 mai à 17h Eglise de Marines Val d’Oise. Même programme

Dimanche 15 juin à 17h Eglise Sacrée Chœur à Eaubonne, Val d’Oise. Même programme

Ensemble instrumental Jean-Walter Audoli, Collectif vocal Chronos. Voir site internet Orchestre Audoli

Dimanche 30 mars à 17h à Fresnes Grange Dimière de la Ferme de Cottinville 41, rue Maurice Ténine

Programme : R. Strauss Concerto pour Cor, O. Respighi il tramonto pour cordes et mezzo-soprano, A.Weber Paraphrases dialoguées pour Ondes Martenot et ensemble instrumental (création), M de Falla l’Amour Sorcier. Orchestre Léon Barzin, direction Jean-Jacques Werner


[Dijon] 2008 sera Turangalîlâ

Musique symphonique SWR Sinfonieorchester

La Scène Musique symphonique Pays : FRANCE Région : BOURGOGNE Imprimer l’article Tous les articles de Joelle Farenc

Dijon. Auditorium. 31-I-2008. Olivier Messiaen (1908-1992) : Turangalîlâ-Symphonie. Roger Muraro, piano ; Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot. SWR Sinfonieorchester Baden Baden und Freiburg, direction : Sylvain Cambreling.

« Un chant d’amour, un hymne à la joie, temps, mouvement, rythme, vie et mort », telle est la présentation du compositeur pour introduire sa monumentale Turangalîlâ symphonie. Ce vaste programme résume assez bien cette œuvre pleine de contrastes. Des moments de violence inouïe s’opposent dans cette symphonie à des passages d’une douceur poignante, des danses joyeuses aux rythmes recherchés contrebalancent des instants hiératiques. Cette œuvre est la transcription poétique des instants de l’amour, dont certains sont des moments de bonheur absolu qui confine au divin. Les titres déroutants, comme Joie du sang des étoiles, nous rappellent combien le compositeur a été proche de sa mère, la poétesse Cécile Sauvage, qui l’a élevé au milieu de la nature comme un « Français des montagnes ».

Grand expert de la musique pour piano de Messiaen dont il a enregistré l’intégrale de la musique pour clavier (Accord) et la partie soliste Des Canyons aux étoiles (DGG), Roger Muraro est, avec Pierre-Laurent Aimard, le plus important interprète de la redoutable partie pour piano solo de la pièce. On comprend aujourd’hui le sens des compliments que lui adressa le compositeur en 1988 en soulignant « sa technique éblouissante, sa maîtrise, ses qualités sonores, son émotion ». Le pianiste mérite ce jugement par ses cadences étourdissantes dès le premier mouvement, ou aussi par ses chants d’oiseaux délicats dans le Jardin du sommeil d’amour.

L’œuvre composée de dix mouvements comme une gigantesque suite est en fait parcourue de thèmes dont certains sont personnifiés par des pupitres, comme celui que Messiaen appelle le « thème fleur » donné par deux clarinettes veloutées « comme des yeux qui se répètent ». Les trombones énoncent d’une manière terrible le « thème statue » et de délicats soli de bois parsèment les mouvements Turangalîlâ 1 et Chant d’amour 2. Les ondes Martenot jouées avec sensibilité par Valérie Hartmann-Claverie chantent le dépaysement dans le Jardin du sommeil d’amour. La note d’exotisme est introduite par les percussions très variées qui témoignent de l’influence du gamelan balinais.

Cette œuvre brillante, lumineuse, irisée par le piano, est une sorte de tourbillon captivant. Sylvain Cambreling dirige avec précision et musicalité cet orchestre énorme et d’un très haut niveau. Le public dijonnais a unanimement été conquis par ce concert vraiment exceptionnel, qui s’intègre dans une tournée débutée à l’étranger ; celle-ci va se poursuivre à Paris et dans d’autres villes européennes.

par Joelle Farenc (02/02/2008)

http://www.resmusica.com/aff_articles.php3 ?num_art=4946


Turangalîla puissance 62

Paris Salle Pleyel 02/01/2008 - et 20 (Udine), 29 (Lisboa), 31 (Dijon) janvier, 5 (Aix-en-Provence), 6 (Wiesbaden) juillet 2008 Olivier Messiaen : Turangalîla-Symphonie

Roger Muraro (piano), Valérie Hartmann-Claverie (ondes Martenot) SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, Sylvain Cambreling (direction)

Le « tube » de « Messiaen 2008 » sera sans doute le Quatuor pour la fin du temps, programmé à soixante-douze reprises dans le monde entier au cours de l’année. Mais la Turangalîla-Symphonie (1948), pourtant autrement plus complexe et coûteuse à monter, sera présentée presque aussi souvent, pas moins de soixante-deux fois, de Stockholm à Tokyo en passant par Toronto. A quinze reprises, Roger Muraro, arrivant une courte tête devant Pierre-Laurent Aimard (quatorze), tiendra la partie de piano, généralement accompagné de Valérie Hartmann-Claverie aux ondes Martenot, avec qui il l’a enregistrée voici plus de quinze ans pour RCA.

Les deux solistes se produisent actuellement avec l’Orchestre de la Radio (Südwestrundfunk) de Baden-Baden et Fribourg au cours d’une tournée en deux temps (hiver et été), dont le premier s’achève à Pleyel et dont le second passera par Aix-en-Provence, où l’œuvre connut sa création française. Ils seront de retour à Paris avec Myung-Whun Chung et son Philhar’ (octobre), mais c’est un autre duo, Jean-Yves Thibaudet et Tristan Murail, qui fermera le ban dans la capitale, avec l’Orchestre de Paris et Christoph Eschenbach (10 décembre, cent ans jour pour jour après la naissance du compositeur).

Comme on ne voit guère ce qui pourrait suivre la Turangalîla, mais comme elle ne dure qu’un peu moins de soixante-quinze minutes, il est tentant de la faire précéder d’une autre pièce, avec ou sans entracte. Mais c’est ici que les difficultés commencent. En son temps au Philhar’, Marek Janowski n’avait pas fait les choses à moitié, ayant choisi le Concerto pour orchestre de Lutoslawski. Les options retenues par les programmes que « Messiaen 2008 » a répertoriés sur son site Internet ne manquent pas d’intérêt : musique française (Ravel) ou contemporaine (Hétu), mais aussi associations moins prévisibles (Janacek). Toutefois, la palme revient sans doute à Prélude et Mort d’Isolde de Wagner, pour peu que l’on se souvienne que la Turangalîla est le second volet d’un « cycle de Tristan et Yseult » comprenant par ailleurs Harawi et les Cinq rechants.

Cela étant, la solution la plus pratiquée consiste à ne rien ajouter à cette symphonie : à l’instar de celles de Mahler et quoique dans une esthétique radicalement différente, n’a-t-elle pas en effet pour ambition de constituer un univers à elle seule ? Ainsi que le rappelle la notice très complète de Maxime Joos, la partition exprime, selon le compositeur, « le sens de l’action divine sur le cosmos, le jeu de la création, de la destruction, de la reconstruction, le jeu de la vie et de la mort », mais aussi « l’Amour » et le « temps qui s’écoule », un vaste champ sémantique suggéré par les deux mots sanscrits accolés qui lui donnent son titre.

La veuve de Messiaen, Yvonne Loriod, qui a fêté ses quatre-vingt-quatre ans le 20 janvier dernier, était présente à Pleyel : nouvelle occasion pour elle de savourer le triomphe de cette Turangalîla dont elle a donné la première sous la direction de Leonard Bernstein et qu’elle a interprétée ensuite des centaines de fois, contribuant à l’entrée au répertoire de ces dix mouvements spectaculaires et colorés.

En novembre dernier, l’Orchestre de Baden-Baden et Fribourg avait quelque peu déçu dans un concert donné à l’Opéra Bastille (voir ici). L’exception qui confirme la règle, sans doute, car la formation allemande, dont l’une des musiciennes se nomme Julia Vogelsänger - dans Messiaen, cela ne s’invente pas -, a livré ici une prestation d’une belle qualité instrumentale, aux timbres resplendissants et à la précision exemplaire.

L’une des difficultés posées par une telle richesse d’écriture consiste à clarifier la polyphonie tout en hiérarchisant les différentes voix. Familier de l’univers de Messiaen, Cambreling y parvient en adoptant des tempi généralement lents, en particulier dans Jardin du sommeil d’amour mais aussi dans Turangalîla 3, dont l’inquiétant et envoûtant mystère ressort d’autant mieux. Mais il ne s’alanguit pas pour autant dans les grands épanchements lyriques, le geste sait demeurer ferme ou cinglant et l’ensemble ne paraît jamais lourd ou pesant.

Un bon point d’équilibre entre analyse et démesure - même s’il est bien sûr des Turangalîla plus frénétiques, joyeuses ou terrifiantes - auquel se joignent la rigueur fantasque de Roger Muraro - aussi à l’aise dans les traits fracassants que dans les délicats chants d’oiseaux - et la palette expressive de Valérie Hartmann-Claverie, dont les ondes Martenot, se fondant ou se détachant tour à tour, trouvent une balance presque idéale avec l’orchestre.

http://www.concertonet.com/scripts/review.php ?ID_review=4433


Vous en rêvez (Youri l’a fait) avec la musique de l’espace...

Visuel du spectacle

27-01-2008 Youri Gagarine n’est pas mort, il tourne encore Libre adaptation du dossier de presse de la compagnie Mabel Octobre

Les 31 janvier, 1er et 2 février prochains, la scène nationale du théâtre de Saint-Quentin en Yvelines accueille le spectacle Vous en rêvez (Youri l’a fait), chronique épique du premier homme cosmique qui a le bon goût de laisser la part belle à des instruments de musique rarement présents sur scène, comme le Theremin ou le générateur d’ondes Martenot.

Vous en rêvez (Youri l’a fait) a pour ambition d’explorer la question d’un rêve ancestral qui traverse toute l’histoire de l’humanité, le rêve de voler toujours plus vite et plus loin et de repousser les limites de l’univers.

Il s’agit également de replacer les enjeux de la conquête spatiale dans le contexte particulier de la guerre froide et de montrer comment l’exploit a été instrumentalisé à des fins propagandistes. Youri Gagarine était un héros populaire, modeste, auquel le plus grand nombre pouvait s’identifier. La propagande a fait de lui le symbole de la conquête du cosmos, le symbole de l’exploit de la technologie soviétique, le symbole de la jeunesse exemplaire, le symbole de l’homme communiste, le symbole du courage et de l’exploit, le symbole de la supériorité du socialisme basé sur le progrès des sciences et des techniques au service de l’humanité, le symbole de la paix, le symbole vivant d’une société progressiste en marche.

Comme tout mythe, sa vie et son exploit ont donné lieu à une vérité officielle (celle de l’époque filtrée par les autorités politiques), une vérité officieuse (révélée après la chute du communisme) et à des légendes allant jusqu’à l’hypothèse qu’il n’ait jamais volé. Prenant tous ces paramètres en compte, le spectacle se construit autour de la figure centrale du héros ; les autres protagonistes figurant tour à tour, selon les situations, son entourage proche, des savants, des personnalités politiques, des témoins... La distribution est majoritairement bilingue (franco-russe).

La musique, comme les images, participe pleinement à la dramaturgie du spectacle et est présente de bout en bout du spectacle. Son choix esthétique répond à un désir de véracité historique.

Alexeï Leonov, premier cosmonaute à être sorti de sa capsule en orbite en 1963, déclarait : « La musique des instruments électroniques répond on ne peut plus parfaitement à la sensation que j’éprouvais dans le cosmos. » Les compositeurs de l’époque saluaient en retour par des pièces délirantes les débuts de la conquête spatiale. De nombreuses œuvres des laboratoires de recherche Philips (1956-1963) célébraient le cosmos sous les titres Song of the second moon (Dick Raaijmakers), Fantasy in orbit (Tom Dissevelt)... Le premier disque entièrement enregistré sur un synthétiseur (la Buchla Box conçue par Don Buchla) en 1967 s’intitulait Silver Apples of the Moon (Morton Subotnick). Telstar, morceau écrit en hommage au satellite américain par le producteur Joe Meek et interprété par The Tornados, devenait un standard et était repris dans le monde entier. Le groupe The sputnicks se formait à la fin des années cinquante...

Leonov ne faisait que confirmer ce que l’on savait depuis longtemps déjà : la relation étroite qui liait sons électroniques et espaces intersidéraux. En 1919, à Saint-Petersbourg, Lev Termen (Léon Thérémin) inventait l’un des premiers instruments électroniques, l’étherophone, rebaptisé dix ans plus tard « theremin », et Lénine lui-même comprenait immédiatement que le nouvel instrument était un formidable outil de propagande pour démontrer à l’Occident la supériorité technique soviétique, comme le serait plus tard le vol de Gagarine.

Le theremin connut d’ailleurs son heure de gloire dans les années cinquante avec le cinéma de science-fiction américain qui usait, parfois jusqu’à l’écœurement, du couple démoniaque qui est sa signature sonore : glissando et vibrato. Ce cinéma donna naissance à quelques pages superbes comme celles que composa Bernard Herrmann en 1951 pour le film de Robert Wise The day the Earth stood still, où l’on entend le theremin accompagner la menace proférée par l’envahisseur venu de l’espace : « Klaatu, barada, nikto ! » Instument-roi du genre, le theremin inaugurait un champ nouveau : en 1956, Forbidden Planet, réalisé par Fred McLeod Wilcox, proposait la première musique de film entièrement électronique composée par Louis et Bebe Barron, sur des instruments conçus et fabriqués par eux dans leur studio de Greenwich Village.

La musique du spectacle, interprétée en direct et sur scène par deux instrumentistes, est elle aussi totalement électronique. Elle est un hommage rendu au charme désuet des œuvres inspirées par la conquête de l’espace, en même temps qu’une relecture des codes et idiosyncrasies de la musique de film de science-fiction.

Elle est interprétée principalement sur des instruments d’époque (voire même antérieurs à l’époque), theremin (1919) et ondes Martenot (1928), mais aussi sur des synthétiseurs Moog et EMS dont la conception remonte aux années 1960, seuls ou hybridés avec des ordinateurs. Les équipements de laboratoire qui ont inspiré la conception des premiers synthétiseurs sont également mis en œuvre : générateurs de bruit blanc ou rose, oscillateurs sinusoïdaux (éventuellement actionnés par les acteurs eux-mêmes).

La musique rythme l’ensemble de la pièce, donnant à certaines parties du texte énoncé par les comédiens l’aspect d’un récitatif entre chant et parole. Elle contamine les voix des interprètes, subtilement filtrées et spatialisées. Elle module à loisir spectre lumineux et images vidéo.

La musique est cosmique ; elle est parfois aussi héroïque.

Comment relever l’éternel défi que pose la musique de l’espace ? Dans l’espace, faute d’air, on n’entend aucun son.....

Les 31 janvier, 1er et 2 février 2008 au théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, scène nationale Jeudi 31 à 19h30, vendredi 1er et samedi 2 à 20h30

Réservations 01 30 96 99 00 / tarifs 10 à 19,50 € Navette le 1er février au départ de Paris, Place du Châtelet à 18h30

Les 6 et 7 mars 2008 au Phénix, scène nationale de Valenciennes Jeudi 6 et vendredi 7 à 20h Réservations 03 27 32 32 32 / tarifs 8 à16 €

Le 28 mars 2008 au Théâtre de Chelles Vendredi 28 mars à 20h45 Réservations : 01 64 210 210 / tarifs 6 à 15 €

Les 1er et 2 avril 2008 au Volcan, scène nationale du Havre Mardi 1er à 20h30 et mercredi 2 avril à 19h30 Réservations 02 35 19 10 10 / tarifs 8 à 18 €

http://www.cidehom.com/astronomie.php ?_a_id=389


Ghost Days

http://www.lesinrocks.com/index.php ?id=63&tx_critic%5Bnotule%5D=208437&tx_critic%5BbackPid%5D=1&cHash=61964e82ec

Rock Le luxuriant "Ghost Days" continue d’affranchir un peu plus le groupe du tourmenté Jonathan Morali : un grand album de pop, sans besoin de rajouter “française” derrière.

Lorsqu’il sortit en 2003 son premier album, Morali venait tout juste d’être lauréat du premier concours CQFD-Les Inrockuptibles. Il était donc dans la position un brin écrasante du jeune espoir sommé de faire ses preuves. Les belles chansons cotonneuses de A Whisper and a Sigh l’avaient immédiatement affranchi de ce poids. Certes, elles empruntaient les pistes du songwriting anglo-américain, mais avec une sorte de distance rêveuse qui les détachait de tout suivisme bas du front et rapprochait leur auteur de quelques musiciens aux semelles de vent - Robert Wyatt, Nick Drake, Thom Yorke ou encore Euros Childs, leader des trublions gallois de Gorky’s Zygotic Mynci. Morali devenait alors l’un des symboles d’une France enfin libérée, capable de clamer son amour pour la musique anglophone sans verser dans le mimétisme souffreteux de tant de petits soldats de l’indie-pop.

En 2005, Someday We Will Foresee Obstacles confirmait que Morali pouvait parfaitement revendiquer le statut de "songwriter". Colorée par un quatuor de jeunes musiciens aux doigts fins, sa musique prenait un éclat nouveau, qui soulignait la finesse de ses lignes et l’ampleur de son souffle. Le troisième album du groupe, Ghost Days, va encore un peu plus loin dans cette direction : on y entend la parole d’un musicien maître de son langage, dont ses généreux complices amplifient et subliment sans cesse l’écho.

Le doute est inscrit dans le patrimoine génétique de Morali, qui se décrit volontiers comme un anxieux chronique. On a beau lui répéter que Ghost Days est une magnifique collection de mélodies finement ouvragées, éclairées par des arrangements qui en modifient sans cesse les contours : il raconte avant tout les immenses difficultés qui ont accompagné sa genèse puis sa réalisation. Non pas qu’il soit homme à bouder méthodiquement son plaisir ; mais il sait combien l’acte créatif est aussi pour lui une intarissable source de troubles et de découragements. "Les périodes d’enregistrement sont compliquées pour moi, c’est toujours la fin du monde. Dans le groupe, on est cinq mecs bien pénibles et névrosés, qui se posent sans cesse cinquante questions, parmi lesquelles il n’y en aura qu’une de bonne...Quand tu te retrouves à enregistrer des trucs qui te paraissent nuls, il ne faut pas essayer de rendre ça fun, mais comprendre pourquoi tu ressens les choses comme ça. Il faut élaguer, enlever le superflu, avancer à tâtons, jusqu’à ce que ça paraisse juste. Je n’ai pas beaucoup réécouté Ghost Days, mais je sais au moins qu’il est profondément sincère : quand tu n’as aucun repère, c’est bon de pouvoir s’accrocher à celui-là. Si Ghost Days est mal perçu et accueilli, je serai sûrement triste ou vexé. Mais je peux vivre avec ça, alors que je ne pourrais pas vivre avec l’idée de ne pas exprimer des choses sincères. J’ai choisi mes priorités."

Cet écheveau de sentiments plus ou moins contradictoires trouve sa résolution dans le profil harmonieux d’une musique qui parvient à concilier complexité d’écriture et évidence mélodique. Adoptées dès la première écoute, les chansons de Ghost Days, auxquelles la voix de Morali apporte tout leur liant poétique, n’en ont pourtant jamais fini de surprendre l’auditeur par leur capacité à se transformer en douceur, sous l’influence fragile mais essentielle d’un simple glissement harmonique ou sonore - voir ainsi la seconde partie de My Lover’s in the Pier, illuminée par l’irruption d’un chœur séraphique, ou la longue coda de Me and my Horses, lentement transfigurée par des entrelacs de cordes, d’ondes Martenot et d’effets électroniques. "Je suis fan de plein de trucs pop, explique Morali, qui véhiculent cette idée de la chanson parfaite, avec ses couplets, ses refrains, son pont et sa fin ad lib, le tout en 3’30... Mais j’ai beaucoup de mal à composer comme ça : j’ai tendance à partir dans tous les sens, à confondre créativité et débauche d’idées. Le groupe m’a beaucoup aidé à ce niveau : il m’a appris à creuser une seule voie au lieu d’en chercher tout de suite quatorze autres.

L’unité de Ghost Days tient aussi à la thématique qui, en filigrane, le sous-tend de bout en bout. A l’évocation de ces "jours fantômes", on pensait que Morali, une fois encore, avait trempé sa plume dans l’encre des souvenirs, qui colorait la plupart de ses textes passés. Vérification faite, le titre de l’album renvoie à une autre réalité, tout aussi intime mais qui s’inscrit au cœur même de sa vie de musicien. "Toutes les chansons de ce disque ont été composées dans des moments particuliers, que j’appelle justement les "jours fantômes". Quand je compose, je me retire dans mon appartement, je ne réponds plus au téléphone et je perds toute notion du temps : je peux me relever à 3 heures du matin pour écrire une chanson. Je voulais témoigner de ça, évoquer ces heures supplémentaires qui semblent s’immiscer dans le cours habituel du temps. Les chansons dont je suis le plus satisfait, ce sont d’ailleurs souvent celles où je me reconnais le moins, où quelque chose a échappé à mon contrôle. Comme si un fantôme avait travaillé pour moi..."

RICHARD ROBERT

22 janvier 2008 http://www.lesinrocks.com/index.php ?id=63&tx_critic%5Bnotule%5D=208437&tx_critic%5BbackPid%5D=1&cHash=61964e82ec


http://www.blogotheque.net/article.php3 ?id_article=3828

Talitres

lundi 21 janvier 2008

Talitres, de Bordeaux

Il aura fallu une affiche commune au Café de la danse entre Thee, Stranded Horse et Ralfe Band (lundi 21 janvier), deux des "nouveaux artistes" les plus remarquables de l’an 2007, pour que la blogothèque se décide à donner vie à une vieille idée : un dossier sur Talitres, label français (mais au répertoire anglophone) le plus passionnant de ces dernières années. Premier acte : le récit de l’aventure vue de l’intérieur. Sean Bouchard, fondateur du label, a répondu à toutes nos questions.

- Qui es-tu Sean Bouchard ? Quel est l’itinéraire qui t’a conduit, avant 2001, à entretenir des rapports si étroits avec la musique qu’ils te conduiraient à fonder un label ?

Fonder un label fut un coup de tête (aberrant ?). J’écoutais bien évidemment la musique que je cherche à défendre actuellement depuis nombre d’années mais en aucun cas je me prédestinais à faire ce que je fais actuellement. Depuis les framboises vietnamiennes, depuis les fraises du Maroc, je suis passé à toute autre chose et ai décidé un beau matin que certains artistes méritaient d’être un peu plus défendus. Il y a eu une succession d’opportunités heureuses : le fait qu’un groupe américain m’accorde sa confiance (Elk City en l’occurrence) et les bons retours que j’ai eus. Je n’y connaissais rien, rien aux contrats, rien aux marchés, rien aux démarches à entreprendre, rien au réseau. Mais c’est finalement assez agréable de creuser et d’apprendre.

-  Pourquoi Talitres, pourquoi avoir franchi le pas ? Les vaches de Dalat se demandent encore pourquoi. (JPEG)

-  Y a-t-il une identité artistique Talitres, un fil rouge entre tous les artistes du catalogue ? Une identité que tu décrirais consciemment ? Et, si elle n’est pas la même, une identité que l’extérieur te renvoie ? J’ai toujours un peu de mal à répondre à cette question, je pense d’ailleurs que je suis quelque part le plus mal placé pour y répondre. J’imagine cependant (je l’espère) que Talitres possède une identité (qui lui est propre), car si le label n’en a pas cela signifie quelque part que moi-même, je n’en ai pas. Le fil rouge du catalogue c’est le fil de mon coeur qui bat. Quelle identité, y vois-tu toi ? Ou quelle identité la Blogo porte-t-elle à Talitres ?

- Quelles étaient tes grandes références (groupes, albums, voire labels) avant de fonder Talitres ?

Ma mère étant musicologue et mes parents férus de musique classique, ma culture musicale "initiale" se situe davantage du côté de la méthode Martenot, de Debussy, Ravel, etc... France Musique en onde absolue, décrochée que rarement le dimanche soir à 20 heures pour le "Masque et la plume". Puis de Léo Ferré, Brel. A l’adolescence j’ai goûté aux Smiths, à Cocteau Twins puis aux Pixies mais je ne pense pas que ces groupes m’aient donné un jour l’envie de fonder Talitres. Si je devais citer quelques grandes références, elles se situeraient davantage dans la trilogie Swell - Idaho - Luna. Peut être ici l’envie de rendre un peu plus hommage à trois groupes trop confidentiels. (JPEG)

- Dans tes réponses, pas de traces d’étiquettes. Rock, pop, folk. Fuis-tu volontairement ces chapelles ?

J’aime assez peu les étiquettes ou les chapelles. Nos sociétés ont trop souvent tendance à vouloir nous coller sur le front notre appartenance sociale, de nous ranger dans des boites en fonction de nos revenus, de nos activités professionnelles, de nos activités culturelles. On rentre quoiqu’on en dise dans certaines cases. J’imagine quelque peu dans laquelle je peux rentrer et dans laquelle peut rentrer le catalogue de Talitres. Bien que... Les chapelles sont bien souvent synonymes de cloisonnement, on se mord la queue, on tourne rapidement en rond. Je préfère le culte à l’air libre.

- Comment travailles-tu ?

J’écume assez peu les salles à la recherche d’une nouvelle signature ou pour voir sur scène un groupe avant de décider si je veux travailler avec lui. Essentiellement à cause de la distance, la plupart des groupes sont soit anglais, soit américains, donc dans la plupart des cas, je ne peux physiquement les rencontrer (à moins d’un budget conséquent alloué aux déplacements, ce que mes finances ne me permettent pas). La scène est plus que jamais cruciale, pourtant. Elle est plus que jamais le vecteur pour que les artistes soient un peu plus exposés, rencontrent leur public, et un autre public, mais cela n’est pas (sauf rares exceptions) ce qui me touche le plus. Ils sont quand même assez rares, les groupes qui donnent le sentiment de « jouer » leur vie à chaque note délivrée sur scène. Les Walkmen me donnent cette impression là, cette urgence, cette tension retenue, ces yeux vides ou malicieux. Ils font partie des rares exceptions. A l’inverse, je n’apprécie guère le côté « show » de certaines performances, le spectacle qui rogne un peu trop la musique.

Au tout début de Talitres, je dénichais mes groupes en parcourant internet, quelques vieux sites sur lesquels on pouvait écouter des mp3s des artistes (myspace avant myspace), les revues de presse américaines ou anglaises, les liens de fil en aiguille, de label en label ou d’artiste en artiste.... J’ai toujours souhaité avoir la démarche d’aller vers les groupes, de les solliciter. Je recherche beaucoup moins désormais et c’est un tort. Il y a trois ou quatre ans, j’étais un peu dans le stress de me dire que je devais trouver une nouvelle perle, un nouveau groupe, désormais mon catalogue et mon planning de sortie sont déjà assez chargés. Je garde toujours la volonté de dénicher de nouveaux artistes - c’est quand meme grosso-modo ce qui me passionne le plus dans ce boulot - mais cela ne peut être indéfini non plus, il y aura un turn-over qui se fera assez naturellement.

(JPEG)

- Il y a quelques artistes français dans le catalogue, mais pas de francophone. Hasard ou ligne éditoriale ?

Depuis Ferré ou Brel je ne connais pas d’artiste francophone qui puisse vraiment m’intéresser. Dominique A peut être, après... Armand Méliès a également de belles compositions. Le reste me passe à travers, ne me touche pas, voire m’irrite gravement. Je fais preuve d’un esprit un peu fermé ici, je n’en doute pas, que les Léo Ferré des années 2000 m’en excusent.

Est-ce à dire également, que tu as une affection particulière pour l’anglais ?

Je ne sais pas si j’ai une affection particulière pour l’anglais, disons simplement que dans le prolongement de ta question sur les "chapelles", j’aime beaucoup les voyages, échappées salutaires qui permettent de relativiser, de se remettre en question. J’aime les voyages quand on est en position de faiblesse, quand on découvre une autre culture qu’il est necessaire d’appréhender pour y être bien. Et j’aime effectivement avoir besoin d’utiliser l’anglais dans mon travail. Une façon, sans doute, de voyager.

- Quels sont les souvenirs les plus marquants des six dernières années ? Bons ou mauvais ? Le plus mauvais reste sans nul doute le dépôt de bilan de Chronowax fin 2005. V2, majoritaire, a soudainement retiré ses billes, mettant en difficulté financière immédiate l’ensemble de ses partenaires ou salariés. Je n’ai pas spécialement envie de m’étendre la dessus mais la création de « Coopérative Music » (V2 de nouveau) quelques mois à peine après cet événement et ce à grands renforts de marketing et de communiqués de presse type « Coopérative Music soutient les labels indépendants » me laisse assez rêveur (au mieux), ou donne simplement envie d’aller retrouver mes framboises vietnamiennes (au mieux encore).

Je ne retiendrai pas un bon souvenir marquant tant ils sont nombreux. Flotation Toy Warning fut une vraie joie pour moi car ce fut un long processus (tel que je te l’avais expliqué à l’époque), un album attendu mois après mois. Ce fut donc un aboutissement, une vraie rencontre humaine et par chance une réussite. Abriter les Wedding Present et Idaho représente également quelque chose d’important : grand gamin j’écoutais leur musique. Un peu plus grand gamin, je travaille avec eux et c’est un vrai échange.

- Qu’est-ce qui t’a séduit dans les deux formations qui se produisent ce soir à Paris, Thee, Stranded Horse et Ralfe Band.

Sans aucun doute le fait que chacun (à sa manière) explore des chemins de traverse. Et comme toujours, ce côté très personnel et forcement subjectif : leur musique me parle intimement. Je ressens une certaine douleur lorsque j’écoute des compositions qui me touchent profondement, beauté et douleur car les notes qui s’égrainent sont forcément en suspens et éphémères. C’est ce que j’avais voulu indiqué dans la bio de Idaho "The Lone Gunman" fin 2005. "On est intimement persuadé que IDAHO délivre la plus belle musique du monde et c’est intolérable. Supplice, chaque note égrenée nous entraîne avec elle vers sa perte."

- Que peux-tu déjà nous annoncer pour 2008 ?

J’aimerais pouvoir annoncer le nouvel album de Flotation Toy Warning. Peut-être celui-ci arrivera-t-il à l’automne prochain. Ou en 2010. Mais c’est ainsi. Concrètement "The Forbidden ep Alas" de Idaho, le premier album de The Sleeping Years (ex-Catchers) en mars puis avant l’été, un nouvel album des Wedding Present que le groupe enregistre actuellement avec Steve Albini. Il y aura d’autres projets, d’autres sorties avant l’été sur lesquelles je travaille actuellement et dont j’attends beaucoup, mais "il ne faut pas vendre la peau du Talitres, etc..." J’espere toujours collaborer avec The Walkmen pour un nouvel album à paraître dans les prochains mois. Mais qu’ils viennent en France !!

- Comment vois-tu l’avenir du label ?

L’avenir reste plus que jamais incertain, personne ne sait quelle sera le situation dans un an ou deux, le supposé nouveau modèle économique, le format de diffusion. Il faut plus que jamais trouver des solutions pour réduire les frais, chercher à globaliser les activités, proposer un « package » aux groupes : label / promo / booking / édition / conseil / management. Une seule certitude : je tiendrai ma ligne artistique (quelle ligne ?). J’essaierai toujours d’écouter avant tout la sincérité des artistes, et de m’écouter moi.
-  Au fait, pourquoi ce nom, et pourquoi ce visuel ?

-  A l’origine j’avais crée le label avec Xavier (qui a très vite créé Drunk Dog). Nous avons réfléchi à plusieurs noms, nous ne voulions pas d’un truc bateau, d’un nom trop ‘discographique’, un nom assez synthétique et agréable à formuler. Xavier est graphiste, c’est lui qui a dessiné le logo.


[02/01/2008] - Olivier Messiaen : Turangall-Symphonie, 1949
Dijon, Le Duo. Auditorium 20h

Turangalîlâ-Symphonie, 1949

Dijon, Le Duo

Jeudi 31 janvier 2008 à 20h, Auditorium

SWR Sinfonieorchester Baden Baden und Freiburg

Sylvie Cambreling, direction

Roger Muraro, piano. Valérie Hartmann-Claverie, ondes martenot

2008 : année Messiaen. L’an neuf marque en effet le centenaire du compositeur français, comme il marque aussi celui de Karajan, tous d’eux nés en 1908. Le Duo Dijon participe aux célébrations nationales.

Chef principal de l’opéra de paris, nommé par Gérard Mortier, qui a enregistré récemment l’un des meilleurs enregistrements de musique française dont La Péri de Dukas, pour Hänssler (oeuvre commandée en 1935 par Jacques Rouché pour les planches du Palais Garnier), Sylvain Cambreling dirige l’orchestre fondé le 1er février 1946, dans l’immédiat Après-Guerre. Porté par un désir de restauration et d’ouverture culturelle, le SWR Sinfonieorchester s’intéresse surtout aux partitions du XX ème siècle. La prestigieuse phalange a été successivement dirigée par Hans Rosbaud (1948-1962), Ernest Bour (1964-1979), Kazimierz Kord (1980-86) et Michael Gielen (1989-1999)... Lire à ce propos notre critique des Gurrelieder de Schoenberg par Michael Gielen (Hänssler, 2006)

La Montagne Messiaen, 1949

Pour répondre à la commande que lui avait adressé le chef de l’Orchestre de Boston, Serge Koussevitsky, en 1945, Olivier Messiaen compose l’oeuvre centrale de sa production symphonique, une chaîne de montagnes en 10 parties. Le massif musical fut ainsi conçu entre juillet 1946 et novembre 1948. Pour la création, à Boston, les 2 et 3 décembre 1949, Leonard Bernstein dirige et Yvonne Loriod assure la partie de piano. La création française a lieu à Aix en Provence sous la conduite de Roger Désormière, dirigeant l’Orchestre National, le 25 juillet 1950.

Pour l’auteur, il s’agit surtout d’une symphonie concertante. La diversité des pupitres requis, suivant en cela la liberté revendiquée par le commanditaire, comprend, les bois, le quintette des cordes, les cuivres dont une section étoffée de trompettes, mais aussi célesta et vibraphone qui opèrent comme le gamelang hindou de la Sonde. Une onde martenot et aussi la batterie formée de triangle, cymbale turque et chinoise, maracas, tam-tam soulignent combien en orchestrateur universel, Messiaen, syncrétique et visionnaire, aimait collectionner une palette très large de "sons" traditionnels, créant des métissages actifs, facettes de son humanisme planétaire.

Le piano assure par sa partie virtuose, plusieurs grappes d’accords diamantins, inspirés des chants d’oiseaux, qui font de l’ouvrage comme un concerto pour piano et orchestre. "Turangalîlâ" provient du Sanskrit et exprime tout à la fois, vie et mort, énergie et joie, chant, mouvement, rythme... Ce pourrait être l’essence de la condition humaine mais aussi la musique elle-même qui filtre les aspirations et les inquiétudes de l’âme, confrontée au grand dessein cosmique. Dans cette fresque qui unie l’homme et la nature, la conscience et l’éternité, Messiaen organise ce chant colossal en composant quatre thèmes : vieux monuments mexicains à la fois terrifiants, solennels et mystérieux (thème statue), thème de la fleur (douces clarinettes en duo), thème de l’amour (le plus important), thème accords...

Plan de l’oeuvre

1. Introduction

2. Chant d’amour

3. Turangalîlâ 1

4. Chant d’amour 2

5. Joie du sang des étoiles

6. Jardin du sommeil d’amour

7. Turangalîlâ 2

8. Développement de l’amour

9. Turangalîlâ 3

10. Finale


Natasha Khan

le disque Fur and Gold

Folk Bat For Lashes

Par Mathilde Carton

QUOTIDIEN : vendredi 10 août 2007

(EMI)

Quand une Björk féerique fricote avec une Kate Bush un peu trop disposée à l’évasion, le fruit de leurs amours illégitimes donne Bat For Lashes. D’un battement de cils, Natasha Khan et sa troupe distillent un imaginaire qui lorgne du côté des plumes, des clochettes et des peintures sioux, grâce à un arsenal de cordes, ondes Martenot et autres tambours battants. Les mélodies envoûtantes se succèdent, frôlant le fantastique et c’est sur le cheval de Natasha qu’on assiste aux psalmodies cristallines de la prêtresse de ces lieux (Horse and I, The Wizard, l’excellent Prescilla). Entre electronica étourdissante et clavecins élisabéthains, un album en ombre et lumière à l’abri d’une clairière hantée.


Etudiant de Paris - Le portail de la vie étudiante -

Etudiant de Paris - Le portail de la vie étudiante -

Influencé par Radiohead, Portishead, Archive ou encore Pink Floyd, le groupe Nabe mêle sonorités électroniques et acoustiques. Mené par la voix enveloppante de Céline et les ondes Martenot (instrument peu connu) d’Augustin, le groupe crée un univers musical envoûtant et langoureux.

Interview des deux créateurs de Nabe, l’une étudiante en Licence 3 d’Archéologie à l’Université Paris 1 et l’autre élève du Conservatoire de musique de Boulogne.

Etudiantdeparis : Comment Nabe est-il né ?

Céline : On s’est rencontrés au lycée. On faisait de la musique chacun de notre côté avant. On avait tous les deux envie de faire le même style, un peu électronique rock. On a créé le groupe en 2003. On n’était que tous les deux, on faisait tout : batterie, basse, guitare... On ne faisait que de l’enregistrement, c’était pas une musique vivante.

Fin 2005, on s’est dit que ce serait bien qu’on ait d’autres personnes avec nous, pour faire des concerts. On a commencé à recruter un batteur, Aurélien, ma sœur Anne-Catherine à la deuxième voix et à l’hammond, et un bassiste, Scott. En 2006, on a commencé les premiers concerts.

EDP : Vous avez fait beaucoup de concerts ?

Augustin : Une vingtaine. On joue dans des petits bars, en général avec d’autres groupes.

EDP : Comment communiquez-vous sur vos concerts ?

C. : Tout se passe par Internet parce qu’on n’a pas les moyens de faire des flyers. On a une mailing list. Pour l’instant, on a 200 personnes inscrites. A chaque fin de concert, on prend l’adresse mail de tous les gens qui ont aimé et comme ça on se crée un réseau de plus en plus grand. Sinon, on a un autre moyen qui est assez pratique, c’est MySpace. Là, on est à 300 mails.

EDP : Comment qualifieriez-vous votre style ?

A. et C. : Il y a des passages trip hop, des passages rock, d’autres plus psychédéliques. Le style change selon les chansons. C’est plutôt trip hop sur le CD et plus rock en live. Sur le CD, il n’y a pratiquement pas de guitare, c’est très "smooth". En live, c’est plus "punchy". On a toujours peur d’endormir les gens. On essaie de les rattraper avec des riffs, des choses comme ça.

EDP : Vous avez un CD en vente ?

C. : Non, on n’est pas produits. On a fait un CD de démo de 7 titres et on est en train de préparer un CD de 4 titres, qu’on pourra faire on espère en autoproduction.

On essaie d’envoyer les CD à un maximum de labels. On a toujours la même réponse : « vous ne correspondez pas ». En fait on a eu des réponses pas définitives. Il y a des maisons de disques qui nous ont dit : « on veut voir en live ».

EDP : Quels instruments utilisez-vous ?

C. : On a plein d’instruments bizarres !

A. : On utilise les ondes Martenot. C’est un des premiers instruments électroniques. Ça été breveté en 1928. C’est proche du synthétiseur au niveau du fonctionnement. Il y a oscillateur, un clavier et des haut-parleurs intégrés, avec des résonances mécaniques. C’est l’instrumentiste (l’ondiste) qui modèle le son lui-même. On peut choisir la forme d’onde qu’on veut. On fait varier l’intensité du son en direct. Ça a un son très caractéristique, qu’on entend dans les films de Science Fiction. Un son très aérien.

Il y a des groupes qui s’en servent, dont Radiohead et Yann Tiersen. Je l’ai découvert avec Radiohead. Maintenant je l’étudie au Conservatoire. Même si l’instrument n’est pas connu, il y a un répertoire important.

On l’entend plus particulièrement sur Beats, le morceau d’intro du CD, sur lequel on retrouve une voix et 4 ondes Martenot.

C. et A. : On utilise aussi l’hammond (un orgue), le rhodes (un piano électrique) et le theremin. C’est une antenne. Le son change suivant la place du corps par rapport à l’antenne. C’est assez marrant. C’est très difficile d’en jouer parce qu’on n’a aucune marque visuelle. Si quelqu’un marche juste devant, ça fait une interférence.

EDP : Qu’attendez-vous du festival Ici et Demain ?

C. et A. : De voir plein de gens ! Puis ça nous permet de faire un concert avec des bonnes conditions, par rapport aux bars. On espère avoir des contacts et nous produire devant le plus de monde possible.

EDP : D’autres projets ?

C. : On prépare la B.O. du pilote d’une série télé, qui sera présenté à des producteurs. C’est très motivant. En plus c’est du fantastique, donc on s’éclate !

NABE

Sélectionné pour le festival Ici et Demain 2007, catégorie Musique

Concert le 8 mars à 22h, à la Guinguette Pirate (13ème).

Précédé du concert de Pauline Paris (chansons), à 20h.

Plus de détails dans l’agenda du festival >>

FORUM ICI ET DEMAIN : échangez sur le groupe Nabe >>

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[13/02/2007] Orchestre National de Belgique [Bruxelles] Le maître dans son jardin ? par Pierre-Jean Tribot pour la rubrique Concert Musique symphonique de ResMusica.com

[13/02/2007] Orchestre National de Belgique [Bruxelles] Le maître dans son jardin ? par Pierre-Jean Tribot pour la rubrique Concert Musique symphonique de ResMusica.com

Bruxelles. Palais des Beaux-Arts. 9-II-2007. Olivier Messiaen (1908-1992) : Turangalîla-Symphonie. Valérie Hartmann-Claverie, ondes Martenot ; Steven Osborne, piano. Orchestre National de Belgique, direction : Pascal Rophé

Suite à une nouvelle défection de son directeur musical Mikko Franck, officiellement non encore rétabli de ses problèmes de santé, l’Orchestre National de Belgique a eu la bonne idée d’inviter le rigoureux et compétent Pascal Rophé pour diriger l’un des sommets de la littérature orchestrale du XXe siècle : la Turangalîla-Symphonie de Messiaen. Cette partition est l’une des signatures du chef d’orchestre français qui en a assuré de très nombreuses exécutions à travers le monde. Fidèle de l’Orchestre Nationale de Belgique avec lequel il a dirigé de très beaux concerts (lire ici notre chronique), le musicien place sa lecture sous le signe des couleurs et de la lisibilité des phrases et des textures. Pas de machine à décibels, ni de maniérisme dans cette lecture construite avec clarté et logique. Le travail sur les lignes des vents est très beau alors que Rophé est très attentif aux dynamiques, ainsi l’imposant final commence assez modérément pour exploser au fur et à mesure. ...lire la suite... http://www.resmusica.com/aff_articles.php3 ?num_art=3471


ConcertoNet.com - Turangall-Symphonie

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Turangalîla

Bruxelles

Bozar, Salle Henry Le Bœuf

02/09/2007 - et 10 février (Brugge)

Olivier Messiaen : Turangalîla-Symphonie

Steven Osborne (piano), Valérie Hartmann-Claverie (ondes Martenot)

Orchestre National de Belgique, Pascal Rophé (direction)

Pour une formation symphonique, toute exécution de la Turangalîla (1946-1948) de Messiaen demeure un défi et un événement. Remarquable depuis le début de cette saison, l’Orchestre National de Belgique s’en sort haut la main dans ces presque quatre cents trente pages de partition où toute la difficulté consiste à rendre avec clarté, équilibre et un sens poussé de l’architecture et de la mise en place, cette musique aussi dense que foisonnante.

Remplaçant Mikko Franck, toujours souffrant, l’actuel directeur musical de l’Orchestre Philharmonique de Liège, Pascal Rophé, galvanise la phalange nationale qui a offert une prestation haute en couleur. Les différents pupitres, tous admirablement mis en valeur dans cette œuvre particulièrement virtuose, frappent par leurs qualités individuelles (sonorité, précision) et rendent justice à la recherche sur les sonorités (magnifiques percussions !) et sur les rythmes opérée par Messiaen. Ni le sens de la construction ni celui des proportions ne font défaut (Chant d’amour 1, Joie du sang des étoiles) dans cette interprétation dépourvue d’emphase exagérée, mais avec ce qu’il faut de monumental et de contemplatif. Admirablement fondus dans l’orchestre, le piano de Steven Osborne et les ondes Martenot de Valérie Hartmann-Claverie, qui s’est perfectionnée auprès de Jeanne Loriod, apportent avec bonheur leur pierre à l’édifice.

Si techniquement, la prestation des musiciens, saluée comme il se doit par un public venu en nombre, est digne d’éloge, elle s’est également attachée à répondre au sens multiple du titre de l’ouvrage, le mot sanskrit "turangalîla" signifiant tout à la fois chant d’amour, hymne de la joie, temps, mouvement, rythme, vie et mort. C’est ce que nous retrouvons dans l’interprétation de l’orchestre qui concilie rigueur rythmique, tension et énergie, tout en n’oubliant pas ce qu’il y a de poésie, de joie et de drame dans ces pages. La conclusion éclatante et aveuglante du Finale termine une soirée qui restera longtemps gravée dans les mémoires. Avec ce chef d’œuvre du XXème siècle, l’Orchestre National de Belgique signe ce qui restera comme un des moments forts de la saison musicale bruxelloise.

Sébastien Foucart

Copyright ©ConcertoNet.com


Turangalîlâ à Toulouse avec Roger Muraro

Ce mois-ci, le pianiste lyonnais se produira à Paris et à Toulouse pour interpréter Liszt, Chopin et Messiaen.

Deux jours plus tard, le 16 février, Muraro se produira à Toulouse, à la Halle aux Grains, aux côtés d’Ilan Volkov qui dirigera une des œuvres majeures du XXe siècle : Turangalîlâ, symphonie pour piano solo, ondes Martenot et grand orchestre d’Olivier Messiaen.

LIENS UTILES :Le site officiel de Roger Muraro Le site officiel de la Halle aux Grains


 :: FROGGY’S DELIGHT :: On tour en DVD :

 :: FROGGY’S DELIGHT : On tour en DVD Yann Tiersen (Labels) novembre 2006

En plus de nous proposer un magnifique album live, Yann Tiersen satisfait davantage notre plaisir avec une version DVD. Le DVD On Tour n’est pas pas qu’une simple mise en image du disque dans la mesure où il compte 19 titres auxquels s’ajoutent trois titres bonus ainsi qu’un clip électrique et décalé de "La boulange".

Yann Tiersen a une nouvelle fois confié la réalisation à Aurélie du Boys, à qui l’on doit déjà "La traversée", magnifique documentaire sur l’enregistrement de l’album Les retrouvailles. Ce DVD confirme le plaisir pris sur scène par Yann Tiersen épaulé à merveille par son groupe.

Dans un format rock, "le band tour" est composé de musiciens excellents. Notez vous-même : l’incroyable guitariste Marc Sens, Christine Ott aux ondes martenot, l’efficace batteur Ludovic Morillon et le bassiste désarticulé Stéphane Bouvier... La joie d’être ensemble sur scène est largement visible et se poursuit en dehors, comme l’illustre un bon nombre de séquences réalisées backstage, dans le tour-bus (et ses pannes répétitives)...

On comprend dès lors l’épanouissement de Yann Tiersen et l’envie d’explorer davantage les sonorités électriques. Il faut l’admettre, On tour (le DVD comme le CD) est certes l’oeuvre de Yann Tiersen mais le résultat n’aurait vraisemblablement pas été le même sans ses acolytes. Le DVD met à mal l’image d’Epinal qui colle au Brestois, à savoir celle d’un artiste solitaire. On voit ici un musicien/ chanteur épanoui et instinctif.

La réalisation ne satisfera pas tout le monde. Aurélie du Boys a en effet mixé des images provenant de différents concerts, passant ainsi sur un même morceau de Rennes à Benicassim, faisant un détour par Marseille. Ce parti-pris artistique conduit ainsi à l’utilisation d’une seule caméra par concert, conférant aux images un caractère d’urgence et d’électricité. Les adeptes du DVD live "traditionnel" seront déboussolés et il est probable que certains n’accrocheront pas.

La version DVD d’On Tour mérite cependant toute notre attention tant cette tournée fut incroyable sur le plan musical et humain. Le "concert" débute par une réinterprétation électrique de "La Valse d’Amélie", nous conduit jusqu’à "La Rade", titre brûlot en duo avec Katel, nous mène ensuite vers les sonorités hallucinantes de "La Perceuse", pour finalement nous embarquer avec le magnifique ouessantin DD la Fleur sur "A ceux qui sont malades par mer calme", carte postale magique d’un des grands moments des Vieilles Charrues 2006.

On retrouve également la collaboration avec Diam’s et Iso des Têtes Raides enregistrée au Printemps de Bourges, la voix céleste d’Elisabeth Fraser sur "Kala", la présence furtive de Miossec et de Dominique A...

Le DVD On Tour comme le disque conviera de nouvelles oreilles, en laissera certainement quelques-unes derrière, mais les sonorités et les nouvelles interprétations de titres connus de tous sont tout simplement un régal. A mi-chemin entre le live et le documentaire, On Tour version DVD est selon moi une pièce incontournable d’une DVDthèque musicale...

A lire aussi sur Froggy’s Delight :

La chronique de l’album live On tour

La chronique de l’album Les retrouvailles

La chronique de l’EP L’intermittence de Yann Tiersen

La chronique de l’album de Yann Tiersen avec Shannon Wright

Yann Tiersen en concert au Festival de Benicassim 2006

Yann Tiersen en concert au Printemps de Bourges 2006

Yann Tiersen en concert au Festival des Vieilles Charrues 2006

L’interview de Yann Tiersen en juin 2005

Yann Tiersen en concert au Festival Les nuits Secrètes 2005

Yann Tiersen en concert à La Cigale en juin 2005

Yann Tiersen en concert au Festival Art Rock 2005

Yann Tiersen en concert à Brest en juillet 2004

En savoir plus :

Le site officiel de Yann Tiersen


Joe Jackson

Joe Jackson

Joe Jackson (né le 11 août 1954 à Burton-on-Trent, Angleterre) est un musicien anglais. Il a commencé par apprendre le violon mais a vite changé pour le piano. À partir de 16 ans il s’est mis à jouer dans des bars, et a gagné un prix à l’école pour étudier la composition à la Royal Academy of Music de Londres.

Joe Jackson a connu divers stades dans sa composition. Durant les années 1970 jusque 1980, sa musique est franchement rock, fortement influencée par les vagues New wave et Punk. Les rythmes de « Time » et de « I’m the man » illustrent au mieux cela. L’album « Look Sharp » lui donnera son premier tube, « Is she really going out with him (tonight) ? »

En 1981, il voue un hommage aux plus grands compositeurs Noirs de Jazz avec « Jumpin Jive ». La symbolique de cet album, 2 J illustrés par 2 saxophones est un parallèle à ses initiales. Le texte de la jaquette montre que Joe est un musicien avant tout et qu’il souhaite d’abord s’amuser.

En 1982 paraît Night & Day, son premier chef d’œuvre. Influencé par des rythmes latins, la percusionniste Sue Hadjopoulos donne un relief particulièrement chaud et entraînant. C’est sur cet album que l’on trouve un de ses plus grands tubes, « Steppin’ Out ». À noter que si Steppin’ Out dans sa version originale est sur un tempo rapide, Joe Jackson à l’habitude de jouer en concert ce morceau en l’introduisant par des variations du thème au piano à un ryhtme très lent.

L’album « Body & Soul » de 1984 est sans conteste son deuxième chef d’œuvre. Il a été enregistré dans une ancienne loge maçonnique à New York, qui lui confère une chaleur et un rendu des instruments très particulier et très fidèle. À l’instar de Night & Day, Body & Soul est (encore plus) influencé par les ryhtmes latinos, avec adjonction de cuivres. C’est sur cet album que l’on retrouve « You can’t get what you want (till you get what you want) » et « Happy Ending », autres tubes.

Joe Jackson se fâche alors en reprochant aux groupes que de ne faire de la musique commerciale, ininspirée et plagiée. Il décide de sortir de la mouvance pop, et écrit l’album « Big World ». La version vynile comporte 3 faces, avec des chansons relativement pop. Que ce soit pour exprimer des sentiments de nostalgie (Home Town), de la vie courante (50 dollars love affair), historiques (The Wild West), politiques (Right And Wrong), ou encore franchement caricatéturaux (Jet Set), l’album est un voyage non seulement géographiques mais d’états d’humeurs.

Sa véritable rupture est consommée avec Will Power, un album istrumental qui montre à quel point Joe Jackson est un véritable musicien. Très atypique dans le paysage musical de 1987, l’album est accueilli avec beaucoup de modération. Joe embraye avec de la musique de film pour Tucker de Francis Ford Coppola.

"Blaze of Glory" et « Laughter and Lust » paraissent, albums à nouveau pop, mais empreints de la marque JJ.

"Night Music" paraît en 1994, et il s’agit du troisième chef d’œuvre du compositeur. Cet album est inspiré de la nuit, et se déclinent en berceuses, en instrumentaux de nuit, et en chansons douces. Il est remarque musicalement, faisant intervenir des instruments d’il y a plus de 100 ans (Ondes Martenot). Notons en particulier « Ever after » et « The man who wrote Danny Boy », histoire d’un compositeur qui passe un pacter avec le diable pour avoir une seule fois la faculté d’écrire une belle mélodie.

"Heaven & Hell" suit en 1997, qui est une déclinaison des 7 péchés capitaux. Marqué par la guerre en ex-Yougoslavie, il s’agit souvent de mélodies agressives.

"Symphony n°1", pour laquelle Joe a reçu un Grammy Award, paru dans la collection Sony Classical, est la conclusion du compositeur qu’est Joe Jackson.

Joe renoue ensuite avec la musique plus pop et effectue une série de concerts d’anciens albums, dont « Live in New York » paraît en 2000. À noter le renouement à un style plus minimaliste comportant une basse, une batterie, et un clavier, Joe jouant lui-même de plusieurs instruments, dont le piano et le clavier.

"Night & Day II" paraît en 2000, et est à nouveau une belle réussite. Fortement inspiré de Night & Day, aidé par des musiciens comme Allison Cornwell, Graham Maby (qui ne l’a jamais quitté) et Sue Hadjopulos, Night & Day II est un voyage à travers New York. L’introduction de « Hell of a Town », qui introduit d’ailleurs l’album, est une pure merveille.

Il l’avait dit, sa bande originale ne se reconsituerait plus. En 2003, « Volume 4 » paraît, qui est le 4e album avec ses accolytes Graham Maby, Gary Sandford and Dave Houghton. Franchement inspiré des 3 premiers albums, il renoue avec la tradition pop inspirée du New Wave et en partie de la musique Punk.

Joe a écrit un livre « A Cure for Gravity » qui est une auto-biographie jusque 2000.

Pipole.net Plan A propos


TQS - Cinoche.com - Le fantôme de l’opératrice

TQS - Cinoche.com - Le fantôme de l’opératrice - film, description, horaire, critique, bande-annonce

27 mai 2005

En ondes

Cinéma : Ici commence l’enfer

Le fantôme de l’opératrice

Version originale en français Date de sortie au Québec

27 mai 2005

Réalisateur

Caroline Martel

Acteur

Pascale Montpetit

Synopsis

Telle une image fantôme, une voix nous accompagne dans un voyage fait de science et de fiction à travers une centaine de films d’archives qui sont autant de traces de l’histoire des téléphonistes.

Une main-d’œuvre invisible a traversé le XXe siècle - celle des téléphonistes. Cobayes des systèmes de gestion de leur temps, elles ont aussi servi de créatures glamour pour d’avant-gardistes campagnes de relations publiques. Avec leur « Voix qui sourit », elles ont brillé dans les projections industrielles du progrès.

LE FANTÔME DE L’OPÉRATRICE les révèle dans un film de montage absolument unique, créé essentiellement à partir d’une centaine de films produits entre 1903 et 1989 pour des compagnies de téléphone d’Amérique. Ressortant de l’ombre ces films industriels inédits restés en marge de l’histoire du cinéma, LE FANTÔME DE L’OPÉRATRICE nous fait également redécouvrir un énigmatique instrument musical : les ondes martenot. Comme si elle participait de l’atmosphère de l’ensemble, la voix de l’actrice de renom Pascale Montpetit nous guide dans cette fable documentaire onirique.

Archéologie fantastique de notre ère, LE FANTÔME DE L’OPÉRATRICE propose un portrait à la fois troublant et lumineux d’une société humaine à l’âge technocratique.

Bandes annonces

Grand

Site Web

http://www.artifactproductions.ca/fantome/fr/index.htm


Musiqualit.net - Yann Tiersen "On Tour"

Musiqualité.net - Yann Tiersen "On Tour"

Après la sortie de son dernière album studio Les retrouvailles en 2005, Yann Tiersen revient avec un CD et DVD live, On Tour. L’occasion de découvrir le musicien sous un nouveau jour, énergiquement rock.

par Aena Léo | le 17/12/2006 | genre : chanson-rock |

Le grand public l’a connu grâce à la bande originale d’Amélie Poulain. Violon, mélodies tendres et délicates ondes Martenot : on ne savait pas trop où classer Tiersen, sorte d’ovni musical, magicien des mélodies au look d’adolescent rocker. Les Retrouvailles, sorti en 2005 confirmaient la tendance. Mais pas la tournée qui a suivi. Batterie, guitare, basse, Yann s’est entouré de musiciens et a revu ses morceaux à la sauce rock. Une révolution ? « Non, un retour au source », révèle le musicien. Et ceux qui le connaissent depuis ses débuts le confirme : Yann Tiersen a commencé par le rock, et y revient. Et l’épisode Amélie Poulain ? Une autre de ces facettes de ses talents de compositeur...

On Tour, le CD-DVD live qu’il vient de sortir, éclaire sa nouvelle approche des morceaux. On reconnaît, bien sûr, le somptueux des mélodies, le violon est encore présent. Mais Yann, plus souvent, passe derrière la guitare électrique, les ondes Martenot s’énervent, la batterie dynamise le tout.

Sur scène, Tiersen se lâche, pousse ses coups de gueule, Sarkozy en prend plein la figure. Illustration de sa révolte, la rappeuse Diam’s est invitée sur scène pour interpréter avec lui son morceau Ma France. Autre invitée remarquée : Katel, en duo sur un morceau inédit de Yann, La Rade.

Le DVD live, qui illustre la tournée, ne se contente pas d’empiler les morceaux filmés. Entre chacun s’intercalent des instants volés de la tournée, des images des musiciens dans le bus, avant la scène, après. Réalisé par Aurélie du Boys, il apporte un autre éclairage sur Tiersen, pour révéler un Yann en osmose avec ses musiciens. Sans tout à fait lever la part de mystère qui flotte sur le personnage. Et c’est tant mieux.


Arts - Spectacles, Du pianoforte aux capteurs numriques, Et voici le theremin

Arts - Spectacles, Du pianoforte aux capteurs numériques, Et voici le theremin

LE GUIDE DES SPECTACLES

A la Cité de la Musique, on a pu découvrir les instruments les plus récents. A présent, ce sont les claviers anciens qu’on va pouvoir entendre

Depuis le telharmonium de Thaddeus Cahill (1897), gros comme un wagon de chemin de fer, ou le trautonium d’Adolf Trautwein (1930), qui servit à reproduire les cris d’oiseaux du film de Hitchcock, on a inventé des centaines d’instruments au destin plus ou moins bref, mais aux dénominations très étymologiques : le variophone, l’electrochord, l’héliophon, le kaléidophon, le novachord... Parmi ces antiquités sympathiques, le theremin occupe une place à part. Son inventeur, Léon Thermen, était un physicien russe émigré aux Etats-Unis, et qui vivait au milieu des prototypes les plus bizarres, télévisions en couleur et boîtes à rythmes. Enlevé par le KGB, proprement goulagué pour activités antisoviétiques, il est chargé de mettre au point des systèmes d’écoute qui lui vaudront le prix Staline (1re classe). Son theremin se présente comme une boîte munie de deux antennes. L’une détermine le volume du son, l’autre sa hauteur. Le musicien fait bouger ses mains devant ces antennes. Laurent Dailleau, qui en joue à travers le monde avec un répertoire d’oeuvres originales, et qu’on a pu entendre à la Cité de la Musique il y a quelques semaines au cours d’une journée de conférences et de concerts, l’a hybridé avec un ordinateur capable d’interpréter de toutes les manières possibles, grâce au logiciel Max, les données fournies par le theremin. « L’instrument, dit Laurent Dailleau, n’a pas bougé, au contraire des ondes Martenot, qui ont constamment évolué. Il a seulement été transistorisé. Thermen a peu collaboré avec des musiciens de son temps, si ce n’est Varèse, Cowell, Stokowski, mais il jouait un répertoire de transcriptions : « le Cygne » de Saint-Saëns ou « l’Alouette » de Glinka... On a peu écrit pour lui, sauf au cinéma et dans le rock des années 1960, de Zappa à Captain Beefheart, parce qu’il est très difficile d’en jouer : on manque cruellement de repères dans l’espace... »

C’en est donc fait. Le contact physique entre l’instrumentiste et l’instrument est rompu. Cécile Babiole, qui joue des capteurs, précise : « Nous recherchons des interfaces plus souples, et plus dynamiques que des claviers et des souris, et qui nous donnent la sensation physique de jouer. Je joue de l’image en direct, comme d’autres des instruments. » On l’a vue aussi à la Cité : « J’emploie des capteurs à ultrasons, presque des sonars : des petites boîtes qui mesurent constamment la distance entre eux et mes mains et la transforment en images. Dans mon ordinateur, j’ai entré un programme qui génère des formes en 3D, une espèce de grille qui se déforme, et qui est projetée sur un grand écran. Les choses sont écrites, non pas improvisées. Mes gestes sont utiles, et non chorégraphiques, non musicaux. » La numérisation fait tomber toutes les barrières : « Notre logiciel Max vient de l’Ircam. Il peut gérer toutes sortes d’interfaces. En fait on peut entrer n’importe quelle donnée, pourvu qu’elle soit comprise par l’ordinateur, et obtenir en sortie des fréquences sonores, ou des pixels, de la lumière, de la couleur, ce que vous voulez. »

A quoi il faut ajouter la « corde virtuelle » (médaille d’argent au concours Lépine 2003), tablette graphique utilisée par la main droite, associée à un joystick que commande la main gauche ; le gant Midi, muni de capteurs, avec lequel on frappe sur un tambourin électronique et qui pilote un échantillonneur ; Noemi, une sculpture « quiproduit une musique issuede sa collaboration avecles humains » ; et tousles autres « métainstruments » dont la particularité est de piloter les machines par le truchement des gestes.

Mais, à l’autre bout de la chaîne, la Cité a aussi une intense activité muséale. Non contente d’abriter une des plus belles collections d’instruments du monde, elle en fait venir. Comme ces pianos anciens appartenant à Fernanda Giulini, conservés dans les salles d’un des palais Médicis, près de Milan, mais aussi dans les couloirs, sur les paliers, dans les chambres, par paquets de six, témoins de deux siècles d’imagination, de savoirfaire et d’amour. Cette fois, le contact entre le musicien et son clavier est intime. Grâce au talent du luthier qui les entretient, Ferdinando Granziera, ces vieux pianos retrouvent l’élégance de leur ébénisterie et la chaleur de leur timbre. Mais ils sont terriblement autoritaires, sous leur apparence pacifique : le pianiste doit s’adapter à leur toucher, à leurs caprices de grands vieillards, et couler sa vision des oeuvres dans un moule préconçu. Le piano ancien n’est pas un capteur. (Et pourtantil sonne.)

Jacques Drillon

Concerts sur les pianos de la collection Giulini : le 16décembre, Andreas Staier et AlainPlanès ; le 17, Ronald Brautigam ; le 19,Melvin Tan (www.cite-musique.fr).

Jacques Drillon

Le Nouvel Observateur - 2197 - 14/12/2006

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Yann Tiersen, couleur rock aprs l’automne

Yann Tiersen, couleur rock après l’automne

Le chanteur sort « On Tour », nouvel album enregistré en public. Dernier concert parisien de sa tournée ce soir, avant un nouveau tour d’Europe. QUAND il a quitté la pénombre des disques à petits budget et des ­apparitions marginales, quand il est apparu dans le paysage mouvant des espoirs des musiques ­populaires, on ne savait guère où caser Yann Tiersen. L’anneau d’or à l’oreille, la tignasse froissée et la bouteille de bière tenue par le col l’excluaient du cercle subventionné des « nouvelles musiques » ; le violon, la mélancolie, les couleurs automnales de ses chansons semblaient le protéger de la contagion rock. Vers 1998-1999 montait lentement son étoile d’inclassable, de compositeur instinctif, d’architecte en climats nostalgiques. Puis survint Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, au printemps 2001, et tout s’envola : la bande originale du film était composée pour une part de morceaux tirés de ses disques précédents, pour l’autre de titres originaux. Le grand public apprenait le nom de Yann Tiersen, le disque d’Amélie se répandait par millions d’exemplaires partout dans le monde...

Avec son violon de marin débarqué et ses airs de Nino Rota celte, on continuait de le ranger ailleurs, même si le ban et ­­­­­­l’arrière-ban du rock trentenaire français se donnaient rendez-vous dans ses disques et ses concerts, arpentait ses brumes et se décrassait du fracas amplifié habituel. On ignorait que Tiersen se languissait. « Comme j’ai commencé seul, tout était axé sur la déambulation d’un instrument à l’autre, et cela a continué même quand on était à neuf sur ­scène, explique-­t-il. Avant, aller d’un instrument à l’autre variait les plaisirs mais avec le temps c’est devenu un poids. Tout seul, même en passant de l’accordéon au piano, je n’avais plus ni l’envie, ni le courage de triturer ou de déformer les morceaux. J’ai voulu quelque chose de plus stable, privilégier l’énergie... »

Bonne vieille logique

Au printemps 2005, il sort Les Retrouvailles et, pour la tournée qui suit, décide de rompre avec sa manière : il monte un groupe avec batterie, basse et guitare et se convertit à la bonne vieille logique rock, dont témoigne On Tour, son nouvel album et DVD (chez Virgin Labels). L’énergie a changé : certes, il reste sur scène les pianos-jouets et le petit xylophone de La Valse d’Amélie, mais la plupart du temps, Tiersen est à la guitare électrique. Derrière lui, les ondes Martenot de Christine Ott, qui a aussi complètement changé son jeu : « Quand on a commencé à travailler ensemble, elle jouait des parties que j’avais écrites pour elle. Maintenant, c’est elle qui trouve ses parties et nous sommes tous dans cette optique, chacun va au bout de sa musique. Je pars du principe que quand je collabore avec quelqu’un, je lui fais confiance. Je n’ai pas envie de diriger.  » Ce qui fait d’On Tour beaucoup plus que le témoignage live d’une tournée (même si, sur le DVD, le film d’Aurélie du Boys, ­virtuose et inspiré, est un modèle du genre). On y trouve de nouvelles compositions au climat parfois franchement électrique, parentes de Mogwai ou de Tortoise, mais aussi quelques réalités neuves de la musique en France, comme ­cette reprise au dernier Printemps de Bourges de Ma France à moi, de et avec la rappeuse Diam’s. « Ce jour-là, à Bourges, on s’est retrouvés à discuter après le concert, ­Diam’s, Grégoire, des Têtes Raides, Dominique A et moi. Des gens d’horizons musicalement différents avec les mêmes convictions. Peu importe la forme, on fait la même chose. » Il joue ce soir à Paris, au Bataclan, de retour de tournée en Australie, en Indonésie et en Chine. Pour 2007, il prévoit une longue tournée européenne, l’Amérique du Sud et un autre voyage en Asie... « Ce qui est salvateur, c’est qu’il n’y a pas de « bobos » ailleurs qu’en France. Ce qui est très français, c’est le second degré, l’analyse immédiate de tout ce que l’on voit. Ici, on sent que les gens, pendant le concert, sont déjà en train de penser à ce qu’ils vont en dire après. » Puis il devrait interrompre les voyages, sauf pour « peut-être quelques concerts en ­solo ». Un nouvel album ? « Jusqu’ici, j’avais vraiment du mal à me mettre au travail. Je pouvais avoir l’angoisse de la feuille blanche. Du coup, il me fallait un moment de décompression pour retrouver ­l’envie et le besoin de travailler. Je ne me mettais à travailler sur un ­album qu’après de longues périodes à ne rien faire. Avec cette tournée, les choses changent : dès qu’il y a un nouveau morceau, on le répète et on le joue le soir même. » Ainsi des reprises, apprises à l’origine pour des émissions de radio, comme All You Ever Wanted Was Everything, de Bauhaus ou Porcherie, de Bérurier Noir... « Maintenant, on finit le concert sur Porcherie. C’est rigolo. » Il rit. Yann Tiersen, rocker...

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Le chanteur sort « On Tour », nouvel album enregistré en public. Dernier concert parisien de sa tournée ce soir, avant un nouveau tour d’Europe. QUAND il a quitté la pénombre des disques à petits budget et des ­apparitions marginales, quand il est apparu dans le paysage mouvant des espoirs des musiques ­populaires, on ne savait guère où caser Yann Tiersen. L’anneau d’or à l’oreille, la tignasse froissée et la bouteille de bière tenue par le col l’excluaient du cercle subventionné des « nouvelles musiques » ; le violon, la mélancolie, les couleurs automnales de ses chansons semblaient le protéger de la contagion rock. Vers 1998-1999 montait lentement son étoile d’inclassable, de compositeur instinctif, d’architecte en climats nostalgiques. Puis survint Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, au printemps 2001, et tout s’envola : la bande originale du film était composée pour une part de morceaux tirés de ses disques précédents, pour l’autre de titres originaux. Le grand public apprenait le nom de Yann Tiersen, le disque d’Amélie se répandait par millions d’exemplaires partout dans le monde...

Avec son violon de marin débarqué et ses airs de Nino Rota celte, on continuait de le ranger ailleurs, même si le ban et ­­­­­­l’arrière-ban du rock trentenaire français se donnaient rendez-vous dans ses disques et ses concerts, arpentait ses brumes et se décrassait du fracas amplifié habituel. On ignorait que Tiersen se languissait. « Comme j’ai commencé seul, tout était axé sur la déambulation d’un instrument à l’autre, et cela a continué même quand on était à neuf sur ­scène, explique-­t-il. Avant, aller d’un instrument à l’autre variait les plaisirs mais avec le temps c’est devenu un poids. Tout seul, même en passant de l’accordéon au piano, je n’avais plus ni l’envie, ni le courage de triturer ou de déformer les morceaux. J’ai voulu quelque chose de plus stable, privilégier l’énergie... »

Bonne vieille logique

Au printemps 2005, il sort Les Retrouvailles et, pour la tournée qui suit, décide de rompre avec sa manière : il monte un groupe avec batterie, basse et guitare et se convertit à la bonne vieille logique rock, dont témoigne On Tour, son nouvel album et DVD (chez Virgin Labels). L’énergie a changé : certes, il reste sur scène les pianos-jouets et le petit xylophone de La Valse d’Amélie, mais la plupart du temps, Tiersen est à la guitare électrique. Derrière lui, les ondes Martenot de Christine Ott, qui a aussi complètement changé son jeu : « Quand on a commencé à travailler ensemble, elle jouait des parties que j’avais écrites pour elle. Maintenant, c’est elle qui trouve ses parties et nous sommes tous dans cette optique, chacun va au bout de sa musique. Je pars du principe que quand je collabore avec quelqu’un, je lui fais confiance. Je n’ai pas envie de diriger.  » Ce qui fait d’On Tour beaucoup plus que le témoignage live d’une tournée (même si, sur le DVD, le film d’Aurélie du Boys, ­virtuose et inspiré, est un modèle du genre). On y trouve de nouvelles compositions au climat parfois franchement électrique, parentes de Mogwai ou de Tortoise, mais aussi quelques réalités neuves de la musique en France, comme ­cette reprise au dernier Printemps de Bourges de Ma France à moi, de et avec la rappeuse Diam’s. « Ce jour-là, à Bourges, on s’est retrouvés à discuter après le concert, ­Diam’s, Grégoire, des Têtes Raides, Dominique A et moi. Des gens d’horizons musicalement différents avec les mêmes convictions. Peu importe la forme, on fait la même chose. » Il joue ce soir à Paris, au Bataclan, de retour de tournée en Australie, en Indonésie et en Chine. Pour 2007, il prévoit une longue tournée européenne, l’Amérique du Sud et un autre voyage en Asie... « Ce qui est salvateur, c’est qu’il n’y a pas de « bobos » ailleurs qu’en France. Ce qui est très français, c’est le second degré, l’analyse immédiate de tout ce que l’on voit. Ici, on sent que les gens, pendant le concert, sont déjà en train de penser à ce qu’ils vont en dire après. » Puis il devrait interrompre les voyages, sauf pour « peut-être quelques concerts en ­solo ». Un nouvel album ? « Jusqu’ici, j’avais vraiment du mal à me mettre au travail. Je pouvais avoir l’angoisse de la feuille blanche. Du coup, il me fallait un moment de décompression pour retrouver ­l’envie et le besoin de travailler. Je ne me mettais à travailler sur un ­album qu’après de longues périodes à ne rien faire. Avec cette tournée, les choses changent : dès qu’il y a un nouveau morceau, on le répète et on le joue le soir même. » Ainsi des reprises, apprises à l’origine pour des émissions de radio, comme All You Ever Wanted Was Everything, de Bauhaus ou Porcherie, de Bérurier Noir... « Maintenant, on finit le concert sur Porcherie. C’est rigolo. » Il rit. Yann Tiersen, rocker...


Musiqualit.net - Pierre Lapointe la Boule Noire "Du rire, des larmes, du trop"

Nos articles, reportages, reviews, etc. Mercredi 6 Décembre 06 Concert - Pierre Lapointe à la Boule Noire

Du rire, des larmes, du trop

par Aena Léo | le Mardi 05 décembre 2006 |

Il met du lyrique dans sa pop, électrise sa chanson, balance couplet et refrain aux oubliettes pour des textes puissants de poésie. Après avoir conquis le Québec, Pierre Lapointe, est sur la scène de la Boule Noire (Paris) jusqu’au 16 décembre.

Oubliez Boby. Retenez Pierre. Ce nom, il faudra vous habituez. Tout juste débarqué du Canada, Pierre Lapointe ne révolutionne pas la chanson. Il la réinvente. Il est la meilleure chose qui est arrivée au genre depuis... Peu importe. Mieux vaut éviter les comparaisons. On pourrait dire, bien sûr, qu’il y a chez lui du Brigitte Fontaine, avec qui il partage le goût des chansons bancales. C’est d’ailleurs en écoutant La symphonie pastorale de cette dernière, adolescent, qu’il connu l’un de ses plus beaux chocs musical. Symphonie qu’il interprète en clin d’oeil sur la scène de la Boule Noire. On pourrait dire, aussi, qu’il a le même don mélodique que Barbara, le même univers décallé que Björk. Ou encore, qu’il mélange les genres avec l’habileté d’un Beck. Oui, Pierre Lapointe, c’est un peu de tout ça. Mais tellement plus.

En artisan des sons, orfèvre des mélodies, il mêle pop, chanson, électro et classique. Sur son album comme sur scène, il est accompagné de guitare, contrebasse, accordéon, piano, et surtout de violon. Parce que les cordes impriment mieux les mélodies. A la « manipulation sonore », les musiciens qui l’accompagnent installent des ambiances électros, des bruits de jungles, comme lorsqu’à la campagne, on entend les rumeurs de la ville qui s’élèvent au loin. Ou que sur la ville, courent les fantômes de la nuit.

Parfois, une onde martenot imite la plainte tragicomique d’une scie musicale. Tragique, comique, comme le personnage qu’il joue sur scène, tantôt habité par ses morceaux, tantôt sûr de lui, pédant, jouant les dédaigneux avec un public qui court dans son jeu. Lapointe sur scène est l’opposé de Pierre à la ville, timide, calme et discret. Mais, dès que le concert commence, il enfile son costume, jette des sorts aux spectateurs, trop heureux de se laisser ensorcellés par son délicieux accent, ses manières de dandy poupin.

Ses textes baroques, eux, ne lâchent rien. Ils mêlent ironie du désespoir et hédonisme. Sombres, drôles, ils évoquent la mort, souvent, les souvenirs fugitifs de l’enfance, cet ailleurs mieux qu’ici, introuvable, douloureux. Pierre Lapointe, comme sa forêt, est un coeur cassé. Il en tire une force créatrice folle, une inspiration délirante, presque mystique. Peut-être parce que ses blessures font écho aux nôtres, on n’a pas tout à fait envie de l’expliquer.

Le Québec, lui, est conquis. De l’autre côté de l’Atlantique, chez nous, Pierre Lapointe réussira-t-il à s’imposer avec la même évidence ? Il a tout pour y arriver. Sans respecter pour autant les codes de la chanson hexagonale. Ni refrain, ni couplet, il respecte trop la variété pour choisir la facilité. « On peut être touché par l’émotion qui se dégage d’un morceau, même si on ne comprend les textes qu’en partie », raconte le québecois. Le même genre de choc, pur, puissant, il l’a ressenti enfant, devant les tableaux qu’il découvrait sur les livres d’art que sa mère laissait traîner. Passé par le théâtre, il conçoit sa musique à la façon des arts visuels. Faisant appelle à tous les sens. Dominé par l’instinctif, l’émotion au-dela des mots. Au sortir d’un de ses premiers concerts à la Boule Noire, un spectateur, manteau à la main, chemise en bataille a dit : « J’ai coulé des larmes de rire, ri des larmes, pleuré du trop ». C’est l’effet Lapointe. Pierre.

Pierre Lapointe à la Boule Noire, 120 Bd Rochechouart, 75018 Paris, 20h, 20 euros. Réservation : 01 49 25 81 75, M° Anvers/Pigalle.


Annuaire - Yvelines - Resteghini olivier.

Resteghini olivier (yvelines - 78) Adresse : 16 petite rue verte, 78610 Le perray en yvelines plan ( Dernière mise à jour : le 27 octobre 2006 )

Des cours tous niveaux en Dessin, Peinture et aquarelle y ont lieu tous les jours, selon la méthode Martenot.

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des couleurs :

Palette des Maîtres, du figuratif au non figuratif.

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contact : olivier.resteghini@wanadoo.Fr


Un album de Thom Yorke de Radio Head

O Thom Yorke - The Eraser Thom yorke chanteur et leader du groupe radiohead, sort le 10 juillet un nouvel album, en lisant les critiques de padrino je me suis dit que ça pourrait interesser quelqu’un, je fais donc ici une petite critique pour vous donnez une idée de ce que ça donne :

Thom Yorke - the eraser

à l’idée d’un projet solo de thom yorke on pourrait avoir peur. va-t-on avoir droit à un recueuil d’instrumentaux electroniques innacessibles ? ah des pop songs qui sonnent radiohead-mais-sans-le-groupe ? rien de tout ça, un album de thom yorke est ce qu’il est, juste un album de thom yorke, et si la voix du chanteur rappelle immanquablement les grandes heures du groupe, pour ce qui est des univers et des sphères sonores parcourues par l’album, c’est un tout autre challenge. Thom yorke tente, et réussit brillament, le défit de méler à une instrumentation brute et quasi intégralement electronique des mélodies étérées et touchantes, qui n’ont rien à envier aux compos du groupe, ce seront donc des Pop song, mais à la sauce Thom yorke, Nigel Godrich (l’ingé son jusqu’ici 6ième membre du groupe et récemment mis à l’écart) qui s’enchaineront pour le bonheur de nos oreilles.

1 the eraser :

la chanson titre ouvre l’album est annonce la couleur, sur les samples d’un piano jazzy destructuré tom yorke vient poser une mélodie que ne renierait pas bjork. ce qui frappe a première vu, c’est l’aspect brut et electronique de l’instrumentation. car même si les arrangements ont ce gout impeccable caractéristique de radiohead, les sons sonnent entièrement electroniques, mécaniques et batisse des univers comme on batie des chateaux de cartes. En cela l’album se démarque de l’ainé collant auquel tout le monde veut le rattacher, "Kid A" pour retrouver une ambiance plus proche de certaines faces B de l’album amnésiaque. la chanson se clos de manière surprenante, sur une sorte de riff electro sponsorisé aphex twin, agrémenté de ses choeurs aérien dont sait si bien nous gratifier thom york. et il faut bien le dire, après l’écoute de la première chanson, on est déjà soufflé et confiant.

2 analyse :

analyse enfonce le clou : the eraser sera un album hors norme. la chanson entièrement basée sur des boucles de piano fluettes (et extraordinairement mises en sons par nigel godrich) impose des ambiances arabisantes et est construite toute en montée descente, suggérant une tension jamais stoppée une fuite vers l’avant, la mélodie, grimpante descendante, n’en est pas moins immédiate, touchante dès le premier abord. c’est d’ailleurs l’une des chansons les plus accessibles de l’album et sa fin, hantée par des orchestres synthétiques inquiétant et lumineux est l’une des plus belles minutes de l’album.

3 the clock :

première apparition des "guitares electriques" dans le nouveau thom yorke. guitares vraiment ? thom yorke à si bien compacter ces guitares, les a tant transformée, qu’elles sonnent plus comme un sample étrange entre instrument réel et électronique, définissant un son troublant et personnel. ce sont encore une fois des boucles arabisantes que décrivent les instrument, presque indiennes, mais le morceau se repose finalement sur une basse imposante, et se révèle être une hymne aux danses étranges (si si vous savez celles que thom fait en live quand il est en transe sur idioteque). et sur cette base rythmique et corporelle, la voix de thom, douce et aérienne, en opposition totale et pourtant tellement cohérente, langoureuse, sur la tranche, confirme une impression présente depuis le début de l’album : le leader de radiohead n’a jamais aussi bien chanté.

4 Black Swan :

La chanson la plus accessible de l’album, une sorte d’hymne pop electronique. l’instrumentation qui tourne autour du couple "basse synthétique" "guitare tronquée à l’ordinateur" fait des merveilles. la boucle de basse tourne inlassablement tandis que de petits arpèges de guitares agrémentés d’ondes martenot pose une ambiance extraordinaire. le chant de thom yorke complètement appaisé clame en boucle et d’une voix calme "’cause this is fucked up, fucked up..." et la chanson a beau s’appeler black swan elle est le rayon de lumière de l’album, une sorte de douceur aux harmonies rayonnantes et reposantes.

5 Skip Divided :

de toutes les chansons de l’album, il en est une que les fans de Pop auront du mal à avaler, skip divided. c’est pourtant le titre le plus ambitieux de l’album à bien des titres. musicalement d’abord, les harmonies tout droit sortie de l’enfer de la musique electronique, jouant volontairement sur les fausses notes, sur les dissonances, se basant sur le couple original "basse glauque" "chant étrange et décallé", sur des synthétiseurs sombre et crasseux à faire passer joy division pour les jackson five. et surtout, la voix de thom, transformée, transcendée. le chanteur de radiohead est méconnaissable, poussant sa voix dans ses retranchements pour en faire un murmure guturale, infernal, prouvant que le chanteur peut encore innover, se renouveler, qu’il n’est pas "le brailleur de chansons tristes" que ses detracteur voudrait bien le voir devenir.

6 atoms for peaces

extraordinaire enchainement que celui de skip divided et atoms for peaces. l’une est le diamant noir de l’album, un bijoux construit dans la roche la plus sombre, l’autre est le morceau le plus étéré de l’album, le plus libre, aérien, lumineux peu importe comme on l’appel. sur une base des petits "bip" de synthèse et ayant pour unique instrumentation un buzz de vieux 45 tours, la voix de thom chante un chant naïf, suraigue, quasi enfantin, d’une vois qui est inhumaine de clareté et d’évidence. cette instrumentation ne se vera troublé que par un orgue doux et clair, et une guitare reposée, jouant quelques notes comme des gouttes d’eaux clair qui tomberait sur la chanson, sur la boucle répétée du synthétiseur. un moment de grace, tout simplement.

7 and it rained all night

and it rained all night nous rappel à la sueur des pistes de dances, étrange et electro, le chant de thom redevient trouble et paniqué, les basses pressantes et opressantes, morceaux rythmique et affolé, and it rained all night est le pendant londonien et pluvieux du très indien "the clock".

8 harrodown hill

beaucoup on voulu comparer se morceau à radiohead, lui trouver des airs d’I might be wrong, mais harrodown hill est bien plus qu’un I might be wrong solo de thom yorke. il est une sorte de electrock song parfaite. en cela que ce n’est ni de l’electro empruntant au rock ni du rock piquant des instrus electro, c’est une symbiose parfaite entre les deux concepts. la guitare sonne encore une fois comme un riff synthétique fait au séquenceur, et sa rythmique très présente n’empeche pas thom d’offrir à la chanson un chant lent et libérateur. enfin, la fin de la chanson, parfaite représentante de la dualité de l’album, entre pop electro planante et etérée et rock electro rythmique et oppressant, signe probablement l’une des plus belles des 40 minutes de l’album.

9 cymbal rush

enfin c’est sur l’étrange et crépusculaire cymbal rush que l’album se termine. ici plus rien ne semble être lié, plus rien n’a d’importance. le chant de thom libéré d’une contrainte rythmique ou instrumentale vient se poser comme s’il était venu d’ailleurs, d’une autre planète mélodique. l’instrumentation desossée, destructurée mélange nappes electro hypnotiques, piano tournant en boucle, et bip electros étranges et arythmique. la fin de la chanson devient trouble, oppressante, et pourtant lumineuse, révélant se talent évident de thom yorke à mettre en évidence la présence de lumière dans les sentiments les plus douloureux, et, alors que l’instrumentation monte, monte, tout soudain se coupe, ne reste plus que des bips, d’étranges rythmiques inhumaines et implacables, et d’un coup le silence, dans lequel résonne encore les spasmes d’un album important et libéré.

18 commentaires Dimanche 07 Mai 2006 à 22:38 Radiohead nouvelles chansons ! spooks


"Concerts Cursus" de l’IRCAM

Les Concerts Cursus de l’Ircam proposent dix projets de dix jeunes compositeurs d’horizons différents.

Avec les Concerts Cursus, la saison 2006 - 2007 de l’Ircam s’ouvre sur l’horizon de la jeune création. Deux soirées pour découvrir dix projets qui marquent la fin du cursus de dix compositeurs dont les esthétiques et les traditions culturelles diffèrent.

Vendredi 13 octobre, à l’Ircam, à 20h30, seront ainsi présentées les œuvres de Raphaël Cendo (France), Sebastian Rivas (France-Argentine), Lorenzo Pagliei (Italie), José Miguel Fernandez (France-Chili) et Tolga Tüzün (Turquie/États-Unis), avec A. Billard (clarinette), P. Strauch (violoncelle), A. Shin (voix), M. Michalakakos (alto) et N. Crosse (contrebasse).

Le lendemain, même lieu, même heure, pour entendre cette fois les œuvres d’Elvio Cipollone (Italie), Sam Britton (Grande-Bretagne), Basak Dilara Özdemir (Turquie), Takuya Imahori (Japon) et Jung Eun Han (Corée) avec A. Billard (clarinette), P. Pannier (banjo), B. Sluchin (trombone), F. Paderni (ondes Martenot) et F. Lauridon (violoncelle).

Marc Zisman

LIENS UTILES :Le site officiel de l’Ircam http://www.abeilleinfo.com/chronique.php ?id_chro=5354&langue=fr


Mygmusique - Criticks CD -Bertrand & - Coloriez moi !

Mygmusique - Criticks CD -Bertrand & - Coloriez moi !

Bertrand & - Coloriez moi !

Après une « mise en boite » remarquée, Bertrand & nous revient pour ce « Coloriez-moi ! » où l’imaginaire décalé tutoie l’ordinaire avec humour. 14 titres qui devraient égayer cette rentrée ainsi qu’une scène encrée trop souvent dans cette réalité.

Avec ce « coloriez-moi ! », Bertrand & nous offre du rire et de l’émotion en brassées généreuses à travers des mélodies douces et accrocheuses orchestrées par la magie des « ondes de chocs ».

Bertrand & a le sens du récit et le goût des images ciselées avec humour. Un don d’évocation qui lui permet de nous conter cette succession de courts métrages où prennent vie des personnages aussi atypiques que ce savant créateur d’un super héros, ce « voleurs de silences » poète interné en plein doute ou ce « guerrier de béton » désireux de se faire un nom à tous prix.

Pour réaliser cette palette multicolore, Bertrand & s’est adjoint les services d’un quatuor d’ondes Martenot « les Ondes de choc » comme pour souligner cette galerie de portraits et donner plus de relief à cette « valse coquine » ou cette « Annie » qu’on imagine dégustant un thé au café « Les 2 moulins ».

On retrouve aussi son alter ego Alexis HK dans une joute verbale opposant une autruche et un pingouin ; un « grand battle » qui résume bien la douce folie de cet auteur aux textes à la fois drôles et touchants.

De l’ambiance jazzy « des copains » aux rythmes raï du « guerrier du béton » en passant par la Morriconesque « A quoi bon ? » ; « coloriez moi ! » est empreint d’une multitude d’influences où se mêlent souvenirs d’enfance avec le titre éponyme et situations du quotidien comme dans « la fille au jaune impossible ».

« Il parait que tout se joue dans les 30 premières secondes » ; gageons qu’il ne vous en faudra pas plus pour tomber sous le charme de cette fausse légèreté... on file ensuite vers une fin que notre plaisir juge trop rapide.

Djool

Site Web http://bertrand-et.com

Date de sortie 28 avril 2006

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Crescendo Avis aux amateurs(de piano) par Catherine David

Crescendo Avis aux amateurs(de piano) par Catherine David

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Crescendo Avis aux amateurs(de piano) par Catherine David

Crescendo

Avis aux amateurs

Catherine David Si piano bleu est "le site des amateurs de piano", Crescendo est ou devrait être le livre actuel que tout amateur de piano s’arrache. Un livre que l’on peut aussi "écouter", car l’écriture en est très musicale, mais attention il vous prendra plus de temps que vous ne le penser pour en arriver au bout car il y a fort à parier que votre lecture sera régulièrement interrompue par une envie pressante d’aller jouer du piano quelque soit votre niveau car l’important est d’avoir du plaisir et non pas d’atteindre le niveau des professionnels comme le montre ce livre "message". Catherine David donne en effet envie de courrir partager avec elle le plaisir qu’elle évoque avec grand talent. Elle-même a pourtant abandonné quelques temps le piano alors que née dans une famille où l’on pratiquait et jouait de la musique, elle a découvert très jeune cet instrument et ses études musicales primaient sur les études scolaires. Le titre musical aurait pu être plus prosaiquement "Plaisir de progresser" car à travers cette "croissance" c’est d’abord tout le plaisir de progresser et de la découverte que Catherine David conte en relatant son expérience personnelle avec cet instrument.

Les rencontres qu’elles relatent dans ce livre sont autant de prétexte à explorer ce que sa mémoire a conservé dans son apprentissage qui ne cessera jamais. Catherine David glisse nombre de petits conseils précieux au fil des pages en relatant par exemple ses cours à l’école Martenot, sa (re) découverte de la méthode Marie Jaell, ses leçons avec André Boucourechliev etc... mais par dessus-tout elle y montre le plaisir que chacun peut prendre à "grandir" ou plus exactement progresser car selon ses propres mots " Progresser jusqu’à la mort , tel serait le but du jeu. Il y aurait un espoir à la mesure du désastre, un puissant espoir de ne pas diminuer avant de disparaître, continuer à grandir de quelque façon[...] si nous n’avons pas renoncé à notre piano, à notre violon, c’est pour rester fidèles au crescendo perpétuel de l’enfance. La pratique du piano ne comporte pas de limite d’âge et nous voulons croire qu’en musique comme en amour, le temps qui passe n’est pas un inconvénient mais une chance à saisir[...]Dans cette perspective, chaque minuscule progrès, plus qu’une victoire ou une conquête, devient une sorte de renaissance, une matinée de soleil". Journaliste, essayiste et pianiste amateur, Catherine David est l’auteur de romans et d’essais parmi lesquels "La beauté du geste" qui ressort simultanément en collection de poche, et qui était une comparaison entre l’art martial le taï chi chuan et le piano : le premier pouvant être considéré comme une musique du corps et le second comme le taî chi chuan des mains... Pour vous procurer ce livre sans attendre cliquez ici ou sur l’image. Pour vous procurer son livre La beauté du geste...cliquez ici Une émission ("Mordicus") au cours de laquelle Catherine David était invitée le 29/8/2006 par la radio Suisse Romande Première peut actuellement être écoutée sur internet...cliquez ici. Catherine David sera également invitée le 14 septembre 2006 à l’émission Décibels de France Culture...cliquez ici pour en savoir plus

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© pianobleu.com ----- contact : - Agnès Jourdain

Piano bleu : le site des amateurs de piano !


Musique Paris, concerts et artistes Paris avec :: Figaroscope.fr ::

Musique Paris, concerts et artistes à Paris avec :: Figaroscope.fr :: Accueil - Semaine du 26 octobre Les critiques, les concerts et festivals à Paris Le jeune pianiste Cédric Tiberghien interprète avec talent ce concert Messiaen-Hartmann. (Photo E. Manas.) Au TCE

Orchestre national de France : Le meilleur de Messiaen

Par Jacqueline THUILLEUX, mercredi 26 octobre 2005

La formidable Turangalîlâ-Symphonie, d’un mot sanskrit qui signifie « hymne à la joie et à l’amour », fut créée en triomphe à Boston par Bernstein en 1949 puis au Festival d’Aix-en-Provence, l’année suivante. Elle rutile d’une orchestration qui fait jaillir les couleurs en tous sens, comme un tableau de Matthieu, et explose d’une vie cosmique perceptible. C’est la plus chaleureuse de ses oeuvres, selon le compositeur, et si éclatante que Roland Petit en tira un de ses plus beaux ballets. Rarissime, en revanche, est la 6e Symphonie du compositeur munichois Hartmann, émule de Webern, programmée le même soir. Datée de 1953, elle est caractéristique de l’oeuvre de cet expressionniste, par ses montées puissantes et ses violents contrastes.

FAUT-IL Y ALLER ? La « Turangalîlâ-Sympho nie » surtout mérite le déplacement, pour la force vitale qu’elle dégage. Et le chef Ingo Metzmacher a la vigueur requise pour lui donner ses impulsions et y faire briller l’orchestre, servi par ce langage chatoyant. Le concert permet aussi de retrouver deux interprètes de grand talent, Cedric Tiberghien, force tranquille du clavier français, et Valérie Hartmann-Claverie, aux ondes Martenot.

TCE : le 26 oct. à 20 heures. Places : de 7,50 à 55 €. Rés. : 01.56.40.15.16.

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TOUTS LES CONCERTS DE LA SEMAINE L’ANNUAIRE DES SALLES DE CONCERT recherche détaillée recherche détaillée Au TCE L’orchestre de Chambre de Pologne : Ebouriffant Nigel Kennedy

Au violoniste britannique Nigel Kennedy, on peut appliquer le qualificatif d’ébouriffant. Est-ce parce qu’il a baigné jeune dans le jazz et surtout dans l’univers musical de Jimi Hendrix qu’il conserve de cette période le goût pour le non-conformisme vestimentaire et physique ? Aux (...) lire l’article Au Zénith Oasis : Moins glorieux

Oasis fut le groupe le plus arrogant du monde, le « meilleur combo de rock and roll », selon ses deux leaders fondateurs, Noel et Liam Gallagher. C’était l’époque où le succès portait les deux frères au sommet du rock anglais, deux frères qui ne cachaient pas leur fascination pour les Beatles.(...) lire l’article Europa Bach Festival 150 concerts en hommage à Bach

Exhaustif, éclectique. Ainsi se présente le premier festival européen exclusivement dédié à la musique de Jean-Sébastien Bach. Développé par la Neue Bachgesellschaft et bâti sur le modèle des célèbres « Bachfesten » allemandes, l’Europa Bach Festival changera tous les ans de terre d’accueil,(...) lire l’article Accueil - Mentions légales - Contactez-nous - LEFIGARO.fr - CADREMPLOI.fr - explorimmo.com - TVmag.com - lefigaro.fr/etudiant © FIGAROSCOPE


Biblio Ste Julie G. Grenier

Inauguration de la nouvelle bibliothèque de Sainte-Julie

SAINTE-JULIE, le 15 juin /CNW Telbec/ - La mairesse de Sainte-Julie,

Suzanne Roy vous invite à assister à l’inauguration de la nouvelle

bibliothèque municipale. Seront présents le député provincial Pierre Moreau du

comté de Marguerite d’Youville, représentant les ministres Nathalie

Normandeau, ministre des Affaires municipales et des Régions et Line Beauchamp

ministre de la Culture et des Communications ainsi que Monsieur Luc Harvey,

député fédéral de Beauport représentant l’Honorable Jean-Pierre Blackburn,

ministre de l’Agence de développement économique du Canada pour les régions du

Québec.

>

Musique d’ambiance offerte par les étudiants de l’école secondaire du

Grand-Coteau et par madame Geneviève Grenier, instrumentiste des ondes

Martenot.


Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Portrait

Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Portrait

parution du 12/06/2006

n° 179

Michel Piquemal

© dr

Des maîtrisiennes et des maîtrisiens se souviennent (2)

12 Juin 2006

Nombreux sont les anciens maîtrisiens, et surtout les anciennes maîtrisiennes de Radio France, qui ont ensuite mené une belle carrière musicale. Nous avons demandé à trois anciennes et à deux anciens de nous rappeler leurs souvenirs : Isabelle Poulenard continue à interpréter magnifiquement le répertoire baroque ; Laurence Monteyrol chante aujourd’hui au sein du Chœur de Radio France ; Claudie Lebozec fit autrefois partie des Djinns ; Philippe Roturier a choisi la musique instrumentale et les variétés ; Michel Piquemal a fondé un ensemble vocal... et fut le professeur d’Isabelle Poulenard.

suite de notre rubrique : "Des maîtrisiennes et des maîtrisiens se souviennent".

Michel Piquemal :

je dois tout à la Maîtrise

« J’ai toujours souhaité faire de la musique. A l’école primaire je participais à des spectacles, je chantais volontiers, et c’est Françoise Deslogères, qui était professeur à Boulogne et jouait des ondes Martenot, qui a proposé à mes parents de me faire entrer en classe de 6e à la Maîtrise de la RTF. C’était en 1959, et j’ai suivi le mi-temps pédagogique tel qu’il est toujours pratiqué aujourd’hui : études générales le matin, études musicales l’après-midi. J’ai le souvenir d’avoir reçu une excellente formation grâce à des professeurs hors du commun auxquels je dois tout : Mme Kiehl, Elsa Ruhlmann, qui était chanteuse et dont le père est mort au pupitre de l’Opéra alors qu’il dirigeait Wagner ; Roger Calmel, notre professeur d’histoire de la musique et d’écriture ; et Jacques Jouineau, bien sûr, qui était notre chef de chœur et nous faisait travailler la polyphonie.

Comme j’avais une jolie voix, j’ai pu faire également un certain nombre d’enregistrements pour la radio et des concerts en soliste. J’ai eu le bonheur de créer le Ventriloque de Landowski, l’Enfant à l’étoile de Bécaud sous la direction de Georges Prêtre, Amahl et les visiteurs de la nuit de Menotti à Metz, etc.

J’ai subi la mue comme tous les garçons et à quinze ans, la mort dans l’âme, j’ai dû arrêter de chanter, tout en continuant cependant à étudier l’écriture avec Roger Calmel (qui plus tard a composé plusieurs partitions pour moi) et à préparer le professorat. Puis Jacques Jouineau a éprouvé le besoin d’avoir des assistants et c’est ainsi que nous avons été choisis, le regretté Daniel Huzard et moi, pour travailler à ses côtés. Parallèlement, grâce à Denise Duval je me suis remis au chant, tout en commençant à mener une activité de chef de chœur (c’est à cette époque que j’ai fondé le Chœur Vittoria d’Argenteuil). Mais il fallait faire des choix, et je suis resté à la Maîtrise en tant que professeur de chant. J’ai eu de jeunes élèves de talent, dont certaines font une belle carrière : Isabelle Poulenard, Sandrine Piau, Nora Gubish, Norah Amsellem, Sophie Marin-Degor, etc. Puis, en 1987, au moment où j’ai été nommé professeur au Conservatoire de Paris, il m’a fallu quitter mon poste à la Maîtrise, faute de pouvoir tout assumer simultanément.

Aujourd’hui, j’ai conscience d’avoir vécu, en tant qu’élève puis en tant que professeur, une longue et très belle expérience. La Maîtrise est une école exceptionnelle par le sens de la rigueur et de la discipline qu’elle donne aux enfants et par ce privilège que représente le fait de chanter en compagnie des orchestres de Radio France et des plus grands chefs. »

Propos recueillis par Christian Wasselin

Le concert anniversaire de la Maîtrise, qui aura lieu le 20 juin à 20h, salle Olivier Messiaen, sera diffusé le mercredi 28 juin à 20h sur France Musique.

en savoir plus sur le concert-anniversaire du 20 juin


Printemps de Bourges - mercredi 26 avril - 2006 (Yann Tiersen et ses invités, Calexico, Iron and Wine) - Bourges (France) | chronique foutraque.com

Yann Tiersen et ses invités, Calexico, Iron and Wine

Bourges (France)

Yann Tiersen et ses invités :

Autre invité, quasi permanent lors de ce concert, quant à lui, Grégoire Simon des Têtes Raides apporte sa touche personnelle à l’aide de son saxophone baryton et de ses flûtes. Il s’intègre parfaitement au sein du groupe formé pour effectuer la tournée Les retrouvailles : le guitariste Marc Sens (le roi du solo de perceuse, de tournevis et de ballon), le batteur Ludovic Morillon, le bassiste Stéphane Bouvier (très sobres tous les deux) et l’excellente Christine Ott aux ondes Martenot.

Sites Internet : www.yanntiersen.com, www.myspace.com/yanntiersen, www.myspace.com/yannbandtour, www.casadecalexico.com, www.ironandwine.com, www.printemps-bourges.com.

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com chronique publiée le 08/05/2006


Musique de Film - T r a x Z o n e . c o m - M u s i q u e D e F i l m . c o m

Musique de Film - T r a x Z o n e . c o m - M u s i q u e D e F i l m . c o m • News | DVDlean by jarre en dvdDVDMilan propose la réédition du DVD du concert donné par Maurice Jarre au Barbican Center de Londres en hommage à Sir David Lean, début 1992, quelques mois après le décès du grand réalisateur anglais. Ce film avait déjà fait l’objet d’une première édition en 2003, accompagnée d’un CD comprenant le même programme, et qui était passée un peu inaperçue, de manière très regrettable vu l’extrême rareté des concerts de ce genre disponibles en DVD.

Le mal est maintenant réparé et les admirateurs de l’un des derniers monstres sacrés de la musique de film pourront donc le retrouver à la tête du Royal Philharmonic Orchestra, formation que le musicien connaît bien, pour avoir fréquemment enregistré avec elle (MAD MAX III, THE BRIDE, le délirant TOP SECRET...sans oublier des excellentes compilations comme JARRE BY JARRE en 1986 ou MAURICE JARRE AT ABBEY ROAD en 1992).

L’orchestre anglais est donc ici en terrain connu et nous offre une exécution solide et efficace des suites tirées des quatre collaborations entre Lean et Jarre : LAWRENCE OF ARABIA, DOCTOR ZHIVAGO, RYAN’S DAUGHTER et A PASSAGE TO INDIA. En plus des suites mentionnées, le programme comportait deux pièces inédites : "Offering", composé par Jarre à l’occasion du dernier mariage de Sir David, qui cite plusieurs des thèmes célèbres de leurs collaboration, et "Remembrance", composée spécialement pour ce concert. Parmi les moments forts de la soirée, il faut signaler l’interprétation de la justement fameuse pièce "The Temple" tirée de A PASSAGE TO INDIA, jouée en direct devant les images projetées sur écran, exercice délicat qui demande une grande précision de la part du chef et des musiciens.

En bonus, une interview de 35 minutes du compositeur par Christian Lauliac, et le concert commenté par Jarre. Pour le DVD, le réalisateur a choisi d’ajouter au montage des images tirées de chacun des quatre films, ainsi que des séquences de tournage, qui alternent avec les traditionnels plans sur le chef et sur l’orchestre. A noter également l’utilisation pour la réalisation d’une louma, caméra fixée sur un bras articulé qui permet de survoler l’orchestre en pleine exécution.

Et c’est enfin l’occasion pour tous ceux qui se demandent à quoi peuvent bien ressembler les Ondes Martenot de s’en faire une idée plus précise, puisque l’ondiste Cynthia Millar, qui enregistra fréquemment avec Jarre et Elmer Bernstein, s’était jointe à l’orchestre pour A PASSAGE TO INDIA.

Lean by Jarre

DVD zone 2, Edition Milan Music,

Sorti en février 2006.

Prix indicatif : 20 euros.


Un premier CD, une tournée, Un goût d’Anis

ça ressemble à des petites balades, qui donnent envie de sautiller sur les trottoirs. De la poésie qui coule dans des musiques un peu rétro, mais un style reggae-blues quand même, et des souvenirs hip-hop en filigrane. Anis a fait « la Chance... » (Virgin Music), un album patchwork, tout en couleurs, sans rugosité. Une foule d’instruments, des ondes Martenot, du soubassophone, de la clarinette, de l’accordéon, pour charrier ses mélodies chaudes, qui ne font pas de larmes, mettent plutôt les rêves debout et les font tourner dans nos têtes. Anis est comme ça, pas encombrant, il pourrait se raconter, il préfère se cacher. Par égard pour ceux qui l’écoutent, auxquels il veut plutôt offrir des ailes. Il dit : « Je ne fais pas de la chanson française, je fais de la chanson légère. » Et il chante : « Je suis là pour m’évader, pas pour me confesser. » C’est lui qui fabrique ses petites paroles, en forme de paysage, pour se présenter comme ça : « Fleur de bitume pas pissenlit / Les embrouilles un peu dombi / Les petites combines pour tuer l’ennui / Le teuteu en duty free. » Parce qu’Anis est du 9-5, il a grandi à Cergy, « Cergy mon petit paradis / Ma sweet banlieue pourrie », oui, oui. Mais attention, pas de profil-type pour ce gars-là.

Il est né en 1977 d’un père marocain, devenu médecin, et d’une mère russe, un peu libraire, un peu infirmière, et finalement assistante sociale. De ses racines lointaines a poussé une curiosité infinie pour toutes ces différences qui défilaient sous les fenêtres de sa vie, au-dessus de la gare de Cergy. Avant de se faire virer du collège privé, il fréquente les « enfants de la petite bourgeoisie parisienne, Levis 501 et Weston ». Il écoute les Beatles et Tom Waits quand il découvre, en classe de 4e, les NTM et leur « monde de demain ». Quand Anis kiffe le hip-hop, il trompe les apparences : une couronne de cheveux autour d’un crâne rasé, des jeans à ourlets et des pompes de para aux pieds. C’est comme ça qu’il participe aux concours de MC à la maison de quartier Saint-Christophe. Dans la solitude de son enfance, devant un miroir, il se regardait déjà « en train de faire un solo qui tue tout ». La musique, son refuge depuis toujours. Petit, il a des montées de larmes quand sa mère écoute Barbara chanter « Göttingen ». Il vit dès 9 ans avec un Walkman sur les oreilles, ferme ses yeux et se fait des films. Anis est un vagabond, qui frappe à la porte de tous les mondes. Du rap il passe au ska en fondant son groupe K2R. Puis il quitte tout pour le piano, et c’est le chant qui le reprend. Il gagne un peu d’argent en faisant « tous les boulots en « eur », livreur, serveur, déménageur, plongeur », s’achète vinyles, chaîne hi-fi et guitare. Anis va promener le timbre de sa voix à la CharlElie Couture dans les wagons du métro parisien, pendant des mois. Et doucement il trace sa route vers la lumière. Le voilà comme un poisson dans l’eau, maintenant, juste content de compter sur la musique pour taire les doutes existentiels, « parce qu’au fond je suis assez mélancolique ». Le parfait crooner, en somme.

CD : « la Chance » (Virgin).

En concert :le 13mai à Sevran ; le 20 à Saint-Etienne ; le 26 à Beauvais ; le 4juin à Saint-Quentin-en-Yvelines ; le 25 à Cergy.

Anis est né à Cergy en 1977. Ancien membre du groupe de ska et de reggae K2R, il sort « Gadjo décalé », un premier album autoproduit, puis « la Chance » (Virgin) en 2006.

par Elsa Vigoureux

Nouvel Observateur - 04/05/2006


Bourges : consensus et audace

Et le Printemps travaille toujours à susciter l’événement singulier. Ce peut être, en début de festival, la venue de la rappeuse Diam’s dans le concert de Yann Tiersen. Rencontre imparfaite mais prometteuse sur Ma France à moi jeté dans un chaudron d’ondes Martenot, de saxophone baryton et de guitare électrique jouée à l’archet.


 :: FROGGY’S DELIGHT :: Yann Tiersen :: Musique,

 :: FROGGY’S DELIGHT :: Yann Tiersen :: Musique, Yann Tiersen Les retrouvailles (Labels) mai 2005

On avait quitté Yann Tiersen, l’automne dernier, en compagnie de Shannon Wright pour un album écrit et composé à quatre mains. Les Retrouvailles est son premier album solo depuis L’Absente sorti en 2001.

Il est vrai qu’entre temps notre homme n’a pas chômé, nous livrant deux BO (Le fabuleux destin d’Amélie Poulain et Good Bye Lenin), un double live majestueux (C’était ici) et un EP (L’intermittence) au profit de la FIDH.

Les Retrouvailles, son dernier opus sorti le 23 mai dernier, marque un retour à une démarche de création plus solitaire. Tiersen a composé ce bijou en grande partie à Ouessant, retournant en quelque sorte aux sources, sur cette île qui a vu naître un autre joyau, Le Phare sorti en 1998.

L’artiste y joue la quasi-totalité des parties musicales mais n’oublie pas pour autant de convier des personnalités venant enrichir cette oeuvre. La collaboration vocale de grandes voix nationales et internationales fait presque figure de marque de fabrique, et ce à notre plus grand plaisir.

Quelle idée géniale de convier Elisabeth Fraser, voix mythique des Cocteau Twins, pour chanter sur deux titres magiques, "Kala" et "Mary". Stuart Staples, chanteur du groupe anglais Tindersticks, prend d’une voix de maître le relais de Neil Hannon, présent sur L’Absente, pour un morceau penchant davantage du côté des sonorités pop/rock. A noter que Tiersen a participé à l’album solo de l’anglais qui devrait paraître prochainement.

Yann Tiersen, artiste à qui on colle trop facilement l’image de solitaire, sait au contraire magnifiquement s’entourer comme l’illustre ce trio (d)étonnant, "Le jour de l’ouverture" avec ses amis, Dominique A et Christophe Miossec ou "Plus d’hiver" interprété sur le fil par Jane Birkin.

Yann Tiersen nous conduit avec cet album au bout du monde et nous offre paradoxalement sa plus belle bande originale de film, invitant l’auditeur à le suivre tout au long de ces 16 titres.

Il enchaîne les perles musicales comme "Loin des villes" ou "La veillée" et sa mélodie à l’accordéon, "Le matin" et "La plage" et la douceur du piano. Sans tomber dans la facilité ou l’auto-parodie, Tiersen sait également nous prendre à contre-pied offrant des morceaux plus tendus et électriques. Ainsi le titre "La boulange", (bar-boulangerie de Ouessant et siège du Fan club mondial de Miossec), marie à merveille le son rugueux de la guitare électrique, la douceur des violons et du violoncelle aux Ondes Martenot de Christine Ott.

L’album est accompagné dans sa version "digipack", du film d’Aurélie du Boys, La traversée, retraçant la genèse et la composition de l’album. On retrouve ainsi Tiersen navigant entre Paris, Ouessant et Brest. La jeune réalisatrice nous offre de très belles images tout en préservant cette part de mystère.

La conclusion du film au cabaret Vauban de Brest lors de la résidence en février 2005 appelle déjà d’autres retrouvailles, au mois de juin dans ce lieu mythique pour quatre dates qui s’annoncent exceptionnelles.

Autant le dire, des Retrouvailles aussi belles que celles-ci, on aimerait en vivre plus souvent...


RFI Musique - Tiersen tout en électricité

27/04/2006 - Le brestois multi-instrumentiste s’est fait plaisir au Palais d’Auron. Pour l’occasion, il avait invité Diam’s, Dominique A ou encore Grégoire, le saxophoniste des Têtes raides. Le public, un brin surpris, a du affronter le premier orage sonore de la semaine.

"Je ne suis pas venue voir du rock ! " Pauline, moue boudeuse, affiche sa déception. Elle voulait entendre le Yann Tiersen des bandes originales de film, l’auteur des musiques pluvieuses inspirées d’Ouessant. Il y a bien eu déluge, mais de décibels avec des trombes de guitares saturées en prime. Tout avait pourtant bien commencé. Le Breton, sagement agenouillé devant son piano d’enfant, Grégoire de passage avec ses flûtes. Deux morceaux tout en douceur pour démarrer. Quiétude Le public, sagement assis dans les gradins, ne s’attendait certainement pas à des telles déferlantes sonores. Même dans un intermède solo au violon, Yann Tiersen trouve le moyen de s’exciter sur son archet à en casser un nombre de crins. Que ce soit avec une guitare ou un accordéon, le résultat reste le même : du gros son à vous en chavirer les guiboles. Un moment de répit tout de même, la prestation de Diam’s avec son titre Ma France à moi. Une collaboration pas forcément évidente, mais qui restera comme un des passages les plus frissonnants de ce concert.

Batterie en avant, guitariste « géotrouvetout » amateur d’expérimentations, ondes Martenot en guise de clavier, Yann Tiersen et ses musiciens ont offert une soirée décoiffante de rock volontairement bruitiste. Aucun des invités ne dépareille : Dominique A, présent sur une demi-douzaine de morceaux, intègre à merveille son timbre fatigué. La palme de l’engagement revenant à Katel, jeune chanteuse à la voix surpuissante. Histoire de boucler la boucle, le groupe termine sur une belle composition planante. Dans le public, les yeux se ferment, les voyages se forment. A la sortie, chacun devrait avoir trouvé sa part de bonheur.


RFI Musique - Répertoire - Léo Ferré

RFI Musique - Répertoire - Léo Ferré

24/04/2006 - Deux nouveaux volumes de l’intégrale de Léo Férré, réalisée par Mathieu, le fils du chanteur : La Chanson du Mal-Aimé en 1954 et des pépites radiophoniques en 1959... viennent de sortir.

Deux ans après la parution d’un premier volume consacré à l’année 1953, les éditions La Mémoire et la Mer, dirigées par Mathieu Ferré, poursuivent la réalisation d’une intégrale des enregistrements de Léo Ferré avec deux parutions spectaculaires.

D’abord, dans 1954, Le Piano du pauvre, on entend des enregistrements pour les disques Odéon et quelques enregistrements radiophoniques inédits, mais on découvre surtout son oratorio sur La Chanson du Mal-Aimé de Guillaume Apollinaire, enregistré en public lors de son unique représentation, le 29 avril 1954 à l’Opéra de Monaco (en effet, le prince Rainier a invité le compositeur à s’y produire, puisqu’il est citoyen monégasque). Avec en outre La Symphonie interrompue, pièce pour orchestre d’une vingtaine de minutes écrite pour l’occasion, c’est une belle occasion de découvrir l’écriture classique de Léo Ferré, à laquelle il ne reviendra plus avant les années 70.L’album consacré à l’année 1959 est tout entier constitué de passages radio de Léo Ferré, la plupart accompagnés d’une courte interview. C’est l’année où le chanteur a mis en chantier ses adaptations d’Aragon, comme L’Etrangère, Tu n’en reviendras pas, Je chante pour passer le temps... Interprétations savoureuses de fraîcheur et de passion, sans les arrangements d’orchestre que Jean-Michel Defaye y ajoutera en 1961 et qui, pour être parfaitement dans l’oreille des familiers de Ferré, n’en semblent pas moins emphatiques, rétrospectivement. On savourera également Sérénade de Paul Verlaine ou un étonnant Noël de Luc Bérimont (poète... et intervieweur de Ferré à la radio) avec curieux un arrangement pour piano, ondes Martenot et saxophone...Léo Ferré 1954, Le Piano du pauvre (La Mémoire et la Mer-Harmonia Mundi) 2006

Léo Ferré 1959, La Mauvaise Graine (La Mémoire et la Mer-Harmonia Mundi) 2006

Bertrand Dicale


[22/04/2006] RSR Trois indits d’Arthur Honegger par l’OSR, c’est toujours bienvenu ! par Michel Tibbaut pour la rubrique CD [CD] Compositeur de ResMusica.com

[22/04/2006] RSR Trois inédits d’Arthur Honegger par l’OSR, c’est toujours bienvenu ! par Michel Tibbaut pour la rubrique CD [CD] Compositeur de ResMusica.com

http://www.resmusica.com/aff_article.php3 ?art=2340

Arthur Honegger (1892-1955) : Le Cantique des Cantiques ; Jour de Fête suisse ; Radio-Panoramique. Brigitte Balleys, mezzo-soprano ; Christophe Einhorn, ténor ; Marcos Fink, baryton-basse ; Jacques Tchamkerten, ondes Martenot. Chœur Pro Arte de Lausanne, (chef de chœur : Pascal Mayer), Orchestre de la Suisse Romande, direction : Guillaume Tourniaire. 1 CD RSR. Réf. : RSR 6187. DDD. Enregistré au Victoria Hall de Genève du 27 au 30 août 2005. Notices bilingues (français-allemand) excellentes puisque dues à Harry Halbreich avec textes des parties chantées. Durée : 69’52’’.

Pour la plus grande joie des mélomanes, il reste encore bien des partitions à découvrir chez Honegger, notamment parmi ses dix-neuf ballets et ses neuf pages radiophoniques, aussi ce CD RSR de la Radio Suisse Romande vient à son heure, nous révélant en premiers enregistrements mondiaux deux ballets et une œuvre radio.

La pièce de résistance est évidemment le Cantique des Cantiques de 1937, œuvre de près de trois quarts d’heure, dont Marcel Doisy déplorait déjà dans les années 60 l’absence dans la discographie honeggérienne : créé le 2 février 1938 à l’Opéra de Paris, le Cantique des Cantiques fut la deuxième collaboration du compositeur (la première étant Icare, 1935) avec Serge Lifar qui dansa également le Berger auprès de Carina Ari (la Sulamite) et de Paul Goube (Salomon) ; Serge Lifar laissa le compositeur entièrement libre, hormis quelques indications rythmiques et le souhait d’une nombreuse percussion. Il est étonnant que cette œuvre fraîche et spontanée ne soit pas plus souvent exécutée, d’autant que les parties chorales ne sont pas d’une grande difficulté. Peut-être cela est-il du à la forme même de l’ouvrage qui oscille entre le ballet et l’oratorio, très proche, avec ses dix-sept brèves parties, de la structure par « numéros » du Roi David dont l’œuvre n’a jamais atteint la popularité ; ou peut-être tout simplement la rareté de certains instruments - ou la difficulté de se les procurer - constitue la seule réticence : l’orchestre adopte une formation assez particulière : les cors sont remplacés par des saxophones, les nombreuses percussions comprennent des cymbales en fer et un bouteillophone, tandis que notre cher Arthur n’hésite pas à utiliser piano, célesta et ondes Martenot dont il fut friand dès la première heure. L’argument, lui, est très simple : une Sulamite amoureuse d’un Berger est enlevée par le Roi Salomon qui la comble de danses et spectacles fastueux, mais toute cette richesse ne peuvent empêcher la jeune fille de songer au Berger à qui elle est finalement rendue, et la nature tout entière s’unira à leur bonheur.

Aux côtés du Cantique des Cantiques, Jour de Fête suisse et Radio-Panoramique font l’effet de hors-d’œuvre, et l’éditeur les a d’ailleurs judicieusement placés en première partie du CD. Ce qui signifie nullement que ces amuse-bouche soient de piètre qualité musicale, loin de là : nous nous trouvons seulement devant une matière sonore s’apparentant à ce que Honegger faisait de mieux en musique de film notamment, et Jour de Fête suisse n’est pas sans évoquer la Fête au Village de Regain, ou la Foire de Montfermeil des Misérables ; Honegger y a même utilisé des extraits de sa musique pour le film Rapt (1934). En fait Jour de Fête suisse est une suite de concert tirée du ballet l’Appel de la Montagne créé à l’Opéra de Paris en 1945, ballet qui n’eut qu’un succès mitigé dans une France libérée, principalement en raison d’une chorégraphie médiocre et d’un argument relativement « kitsch » consistant en une évocation pourtant savoureuse et ironique de l’Oberland bernois pris d’assaut par les touristes étrangers au début du XIXe siècle. Les huit mouvements de la suite consistent en la musique de fête des vachers, suivie de la scène finale, dénommée Alpeglüe, évocation merveilleuse par son tissu polyphonique raffiné d’un féerique coucher de soleil illuminant les sommets enneigés : une petite flûte espiègle et scintillante entonne une mélodie populaire suisse qui, dans les années 50, sera curieusement rebaptisée Luxembourg Polka (vive l’Union Européenne !) sous la houlette du chanteur « de charme » André Claveau (ah ! souvenirs...) qui en fera un « tube » tout autrement célèbre que la suite d’Arthur Honegger !... Quant au bref Radio-Panoramique, il est le résultat d’une commande de Radio-Genève au compositeur pour fêter en 1935 le dixième anniversaire de la station. Plus encore que dans Jour de Fête suisse, Honegger fait montre d’une ironie joyeuse en proposant un montage-catalogue de diverses musiques (et anti-musiques, comme le souligne Harry Halbreich !) en une sorte de zapping avant la lettre vis-à-vis d’un média encore soumis à l’époque aux aléas techniques d’une transmission précaire...

http://www.resmusica.com/aff_article.php3 ?art=2340


Découvrez les ondes musicales Martenot au Centre Henri-Lemieux

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Découvrez les ondes musicales Martenot au Centre Henri-Lemieux

> Pierre Boulanger

boulangerp@transcontinental.ca

Article mis en ligne le 27 janvier 2006 à 10:00

Découvrez les ondes musicales Martenot au Centre Henri-Lemieux.

Par leur pouvoir d’expression exceptionnel, les ondes musicales Martenot sont sans conteste l’invention du siècle dans le domaine des instruments de musique.

Les ondes musicales Martenot (en l’honneur de leur créateur Maurice Martenot) ont été inventées à la fin de la première guerre mondiale. Elles ont inspiré plus de 400 compositeurs à travers le monde, tant en musique classique qu’en musique populaire et en musique de films.

Aimeriez-vous en savoir plus sur cet instrument fascinant ? Rendez-vous au Centre Henri-Lemieux le jeudi 9 février à 20h pour un récital intitulé Ondes Martenot et piano. Geneviève Grenier, ondiste, et Sylvie Genest, accordéoniste et pianiste, vous feront découvrir le secret de cette magie sonore envoûtante et expressive !

Geneviève Grenier est l’une des rares musiciennes québécoises qui maîtrise les ondes Martenot. Accompagnée par Sylvie Genest au piano et à l’accordéon, elle vous fera découvrir les ondes Martenot à travers les plus beaux airs classiques, de Debussy à Ravel, Fauré et Satie. Vous apprécierez certaines compositions, plus récentes, de Geneviève Grenier, François Dompierre et Michel Cusson pour le film Aurore.

La série Les Délices classiques est présentée par SPINELLI AUTO. Admission : 12$. Centre Henri-Lemieux, 7644 rue Édouard. Informations : 367-5000 ou info@ccchl.ca - www.ccchl.ca

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 :: FROGGY’S DELIGHT :: Les ttes raides :: Musique, Cinema, Theatre, Livres, Expos, Restaurants et bien plus.

 :: FROGGY’S DELIGHT :: Les têtes raides :: Musique, Les têtes raides Fragile (Mon slip) novembre 2005

"Je préfère les gens qui ne me comprennent pas".

Ainsi commence le dernier opus des Têtes Raides, Fragile, douzième galette du combo parisien (en comptant les deux lives et la compil’).

Cette phrase d’introduction pourrait illustrer la volonté (ou non) du groupe de prendre les gens à contre-pied et surtout d’être là où on ne les attend pas.

Fragile marque un tournant ou plutôt un retour aux sources. Certains ne vont pas s’y retrouver, d’autres vont adorer, enfin quelques-uns vont découvrir...Le ton est plus incisif, le son plus brut.

On sentait déjà le coup venir avec la tournée qui suivait le précédent album Qu’est-ce qu’on s’fait chier et la sortie du live 25.05.04. Les Têtes Raides revenaient en quelque sorte à leurs premiers émois (qu’ils n’ont jamais réellement quittés d’ailleurs).

Fragile s’inscrit dans la ligne directe des deux premiers albums du groupe, à savoir Not dead but bien raides et Mange tes morts. Christian Olivier ne chante-t-il pas sur le titre "l’Oraison", "Lâche un peu le bout du toit" ? Il est vrai, ces mots sont sortis du contexte de la chanson mais l’interprétation au premier degré faisant référence à l’album Le bout du toit, prend du sens.

Fragile délaisse l’accordéon (pas une seule note) pour se recentrer sur un schéma plus rock accompagné de cordes ici, de saxo là, de textes inspirés...Les Têtes Raides délaissent un temps la chanson dite néo-réaliste pour repartir sur des sentiers plus rock voire punk.

"Je préfère comprendre les gens qui comprennent que je ne les comprends pas"

Le Têtes Raides ont confié la co-réalisation à Denis Barthe, batteur de Noir Désir. Très bon choix vu le bon cru qui en résulte. D’autres invités de marque viennent ici et là, tout au long des quinze titres. Le titre "Latuvu", ritournelle rock très efficace, voit ainsi défiler, le chanteur de The Ex, Didier Wampas, l’ami Rachid Taha sans oublier Mikaël Laugier et Jasmine Végas, poulains du label Mon Slip.

Romain Humeau, chanteur d’Eiffel et camarade du groupe, associe avec réussite, sur "l’Oraison", un quatuor à cordes à la voix de Christian Olivier et au schéma guitare / basse / batterie. François Pierron, compagnon de route de Loïc Lantoine, amène sa contrebasse sur "Les Animaux", pour un détour plus acoustique. Le raccourci accueille superbement "Les Ondes Martenot" de Christine Ott. Enfin, les Têtes Raides et le groupe The Ex se retrouvent pour "De Kracht", titre d’une intensité rock et d’une efficacité redoutable.

"Je comprends que les gens qui comprennent que je ne les comprends pas je les comprends".

"Je voudrais pas crever" est certainement un des meilleurs titres de l’album, tant la musique du combo parisien arrive à porter les mots de Boris Vian. Cela aurait pu être bancale, ici au contraire c’est un des meilleurs moments de l’album, les deux univers se mariant de manière remarquable.

Fragile met en avant la fibre militante des Têtes Raides, la radicalité de la musique s’associant au regard lucide de Christian Olivier notamment sur "Constipé", chanson s’inscrivant dans la lignée de "l’Identité".

Fragile va en décontenancer plus d’un. L’univers du groupe est ici plus dense et il est sans doute moins aisé d’y rentrer. Cependant, une fois passée la première écoute et l’effet de "surprise" qui peut en résulter, la dernière galette des Têtes Raides est une belle claque et une belle réussite.

C’est tellement bon de voir des artistes sortir des sentiers balisés et prendre les chemins de traverse. Ils ne sont pas beaucoup à oser ce pari, alors quand le résultat est de cette teneur...


CitizenJazz — Olivier Sens

CitizenJazz — Olivier Sens

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Olivier Sens

L’ordinateur ? Un accompagnateur de rêve !

Pour Olivier Sens, l’ordinateur n’est pas un gadget, mais un musicien de jazz. Ce postulat insolite méritait bien les explications de son auteur...

Si l’utilisation de l’informatique en musique n’est pas nouvelle, elle a tendance à devenir monnaie courante. Le recours à cette technologie ne traduit pas toujours un réel projet artistique. Aux côtés de créateurs véritables, comme George Lewis, ou d’inventeurs comme les Italiens Massimiliano Peretti et Simone Merli avec leur projet de biofeedback "Amigdalae", on compte aussi parmi les « informusiciens » quelques opportunistes qui veulent rajeunir leur public.

Et nos compères Olivier Sens et Guillaume Orti, dans tout ça ? Eh bien, ils ne font ni du bruit minimaliste, ni de la musique de « jeunes », ni de l’électro boom boom, ni de l’ECM Wesseltoftisé, ni un feu d’artifice d’effets, ni de la musique retouchée par ordinateur..

Ce qu’ils font : du jazz, pardi, avec un soliste qui improvise sur un instrument acoustique, qui nous réserve des surprises, qui ne fait jamais deux fois le même concert, et un ordinateur qui l’écoute et qui lui répond au quart de tour, en lui renvoyant l’écho étrange de sa propre musique. Citizenjazz, qui a décerné à Reverse son label ELU, a rencontré Olivier Sens pour en savoir plus sur ce tour de force. Et le garçon est passionnant, qu’on en juge : Guillaume Orti/Olivier Sens © H. Collon

Reverse et certains morceaux dans Reverse ne sont pas débutés par le soliste, donc le logiciel ne fait pas que répondre au soliste ?

Non ce sont des sons que je prépare. Du reste je suis un peu embêté... dans les sons électroniques il y a trois groupes de sons, trois familles : la famille des samples, des sons enregistrés et ensuite triturés, réorganisés par la machine (par exemple un sample de batterie), la famille de la synthèse, qui n’est rien d’autre que la musique faite avec un synthétiseur, un ordinateur en somme, avec des capacités phénoménales pour calculer et générer des sons à partir de rien et enfin la famille du multi-effects qui consiste à modifier le son d’un instrument en direct avec des pédales d’effets par exemple. Est-ce un manque de connaissances ou un manque d’idées ? J’ai du mal avec la synthèse et le multi-effects. Ça vient peut-être du fait que le synthétiseur ou les pédales d’effets sont des dispositifs qui ont entre trente et quarante ans et qui n’ont pas tant évolué que ça, ce qui donne à la musique une connotation très années 70-80 qui me gêne beaucoup. Qu’on songe à des effets comme le delay ou la réverbe ! Le premier delay à bande date d’avant la guerre et même si des compositeurs en ont fait un usage extraordinaire, je n’arrive pas pour ma part à les utiliser de manière satisfaisante. Par contre j’utilise pour ma part énormément le sampling et le resampling, c’est-à-dire que j’utilise soit les sons qui viennent directement du sax et que je « pervertis », en les mettant à l’envers, je brouille les pistes, soit je prends des sons qui viennent d’ailleurs.

Ce que je veux c’est que tous les sons que je rentre dans la machine soient avant tout universels, indéfinissables, qu’on ne puisse pas en retrouver la source. Ainsi le son de « batterie » qu’on retrouve dans le premier morceau est en effet, à la base, un vrai son de batterie, mais qui est devenu après traitement un son extrêmement étrange qu’on ne peut pas obtenir autrement qu’en le malaxant d’une certaine façon. D’une manière générale, j’essaie d’obtenir le maximum de lisibilité. Bien que je sois conscient que ma musique n’est pas d’accès facile, je ne veux pas prendre le public en otage, et je m’efforce de créer des sons qui sont beaux et que le tout soit le plus clair possible. Je veux que cette musique soit présentée de façon attractive de manière à ce qu’un maximum de gens aient envie de la comprendre. Je refuse cette rupture qu’il y a parfois dans le jazz contemporain où la musique comporte énormément d’informations voire une ambiance générale agressive. Même s’il peut y avoir des moments d’agressivité, je ne veux pas que l’intensité de la musique s’obtienne au détriment de la beauté du son. Grâce à Gilles Olivesi, l’ingénieur du son de Reverse, qui est également à la spatialisation du son dans nos concerts, on obtient cette beauté sonore. Il faut dire que dans les musiques électroniques, si on n’a pas le son on n’a rien ! Ce n’est pas comme avec un instrument acoustique, où même si le son n’est pas beau on peut quand même se rattraper sur les attaques, le phrasé etc.... Imaginons une nappe sonore électronique où le son serait mauvais, la musique serait absente !

La création de sons, beaux, clairs, singuliers, non reconnaissables est donc la première innovation du type de musique que tu crées. Pour le reste : la forme, c’est-à-dire l’existence de parties contrastées dans un morceau avec, comme dans toute bonne histoire un début, un milieu, une fin, le rôle des instruments, section rythmique, instruments solistes, est-ce que ta musique apporte aussi son lot d’innovations ?

Tout d’abord, je dois dire que, bien que ça fasse maintenant longtemps que je pratique cette musique, dans cette voie, je suis encore en train de chercher...

Pour ce qui est de la structuration de la musique, la première chose à indiquer c’est que l’ordinateur est un instrument de musique, mais un instrument universel qui peut remplacer tous les instruments connus et en créer de nouveaux ! Le danger serait donc de profiter de sa versatilité pour réduire son rôle à la reproduction des instruments traditionnels. Il faut donc trouver un autre rôle pour l’ordinateur et c’est précisément ça qui est difficile et que nous nous efforçons de faire. Dans Reverse, sur la moitié des morceaux au moins l’ordinateur, en dehors de son rôle de création de sons étranges et de contraste avec Guillaume, n’a aucun rôle codifié, aucune référence. L’ordinateur reçoit des milliers de signaux, comme quand Guillaume par exemple joue sur les tampons de son sax dans « impuls-act - résonances tubulaires » ; l’ordinateur accumule ces impulsions pour former à partir de ce matériau une matière sonore extrêmement dense qui petit à petit se délite pour arriver à quelque chose de simple.

Ce genre de pièce n’a aucune référence, ne ressemble à rien de connu. En revanche, sur l’autre moitié des pièces, nous nous livrons à des exercices de style, de manière délibérée, qui consistent à reprendre toute l’idiomatique du jazz mais en les approchant de manière nouvelle afin de prendre en compte les capacités de ce nouvel instrument universel qu’est l’ordinateur. Donc sur des morceaux comme « Miss Ann » d’Eric Dolphy ou « Freedom Jazz Dance » d’Eddie Harris, l’ordinateur va avoir des rôles bien codifiés, comme celui de basse-batterie par exemple, mais grâce à ses puissantes capacités de calcul qui lui donnent une vitesse de réaction exceptionnelle on va pouvoir en faire un « accompagnateur de rêve » qui se place au millième de seconde en fonction de ce que fait le soliste, sans « états d’âme ».

Puisque l’ordinateur peut à la fois reproduire tous les instruments, en créer de nouveaux et être un accompagnateur de rêve, n’as-tu pas la tentation de jouer seul, d’enregistrer seul avec ce nouvel instrument ?

Beaucoup de musiciens en effet n’ont pas résisté à cette tentation, dans le domaine de la musique électro ou dans les soirées DJ. Mais ce n’est pas mon truc pour deux raisons : d’abord, j’aime jouer ma musique en public. J’aime cette mise en danger du concert, avec le retour qu’elle apporte, les critiques parfois. D’autre part, j’aime jouer avec d’autres musiciens.

En fait, si l’ordinateur, l’instrument que je pilote est un instrument bien étrange, aux capacités phénoménales, ça ne m’empêche nullement de vouloir en jouer avec d’autres musiciens. C’est même essentiel pour moi et c’est en ça que je me sens pleinement musicien de jazz. Je me suis toujours senti musicien de jazz et je le serai toujours même si je joue d’un instrument différent. J’ai, avec l’informatique, la même volonté de me placer intelligemment par rapport aux solistes que lorsque je donne un concert en temps que bassiste.

En concert, derrière ton lap top et l’ensemble de tes commandes, on voit bien du reste que tu es très actif, comme un musicien à part entière. Quelle est l’action que tu exerces sur ces commandes, quelle est la part d’improvisation ? Olivier Sens © H. Collon

Pour comprendre cette action, il est nécessaire d’avoir en tête qu’un ordinateur peut avoir trois types de réactions : une réaction ultra déterministe, selon laquelle à chaque donnée en entrée, correspond une donnée en sortie, et une seule, ou bien une réaction totalement aléatoire, imprévisible ou, troisième voie que j’ai choisie, une réaction ni totalement déterministe ni totalement aléatoire, à la limite des deux, en fait, à la limite du bug, un état dans lequel l’ordinateur comprend, mais pas tout. Dans la vie en effet, rien n’est plus ennuyeux que les gens totalement prévisibles et rien n’est plus fatigant que les gens totalement imprévisibles : en musique c’est pareil (rires...). Ca correspond en effet à l’attitude du vrai musicien de jazz, selon moi, quelqu’un qui comprend ce qui se passe, mais dont les réactions sont de temps en temps imprévisibles. Dans la vie aussi, j’apprécie les gens avec qui je peux avoir des relations normales et bien définies, mais qui savent donner des réponses originales ou apporter des solutions inattendues. Donc, une des actions que j’ai sur les commandes c’est d’essayer de maintenir le programme dans cet état limite que je juge musicalement intéressant. Je fais en sorte que l’ordinateur réagisse comme réagirais certainement le musicien que je suis si j’étais un ordinateur ! En ce sens, ce n’est pas l’ordinateur qui joue, mais c’est bien moi...

Peut-on dire donc que ta relation avec l’ordinateur est aussi intime qu’avec un instrument traditionnel, au point d’en faire en quelque sorte ton prolongement ?

Oui et ceci est très agréable. J’essaie, avec les musiciens qui jouent avec moi, d’établir entre eux et l’ordinateur des rapports très semblables à ceux qu’ils ont avec tout autre instrument traditionnel.

Cependant Guillaume Orti peut-il s’appuyer sur l’ordinateur comme il le ferait sur les autres musiciens et notamment la section rythmique au sein d’une formation traditionnelle ?

Non, c’est vrai, pour Guillaume c’est difficile, car dans beaucoup de morceaux en fait, c’est lui qui agit sur l’ordinateur.

En plus du sax, il joue de l’ordinateur et donc, il doit pouvoir s’extraire de la concentration sur son seul jeu de saxophone pour en même temps écouter et réagir à la production de l’ordinateur. Ce n’est du reste pas un hasard si je joue cette musique avec Guillaume Orti, car c’est un musicien qui possède une maîtrise impressionnante de son instrument, et qui en plus, comme qualité ultime, se garde bien de la rendre démonstrative. On peut lui demander en effet de jouer à un niveau très précis à moins d’un décibel près et il y parvient infailliblement.

Le programme que tu as conçu, qui s’appelle Usine, réagit donc au niveau d’émission du soliste. A quels autres éléments réagit-il ?

Le programme analyse la plupart des paramètres de la musique du soliste que ce soit la hauteur des notes, les attaques, le rythme, le tempo etc.... Mais je fais évoluer en permanence ce logiciel et j’ai encore des projets dans ce domaine...

En dehors de la musique retraitée par l’ordinateur, il y a aussi la musique samplée que tu crées et que tu stockes pour la réutiliser au moment des concerts par exemple. Est-ce que sont des sons, ou est-ce que ce sont des notes ?

Parfois l’un, parfois l’autre. Il y a des sons qu’on dit « pitchés », qui ont une hauteur précise et reconnaissable et des sons « non pitchés » qui ont une hauteur un peu plus abstraite. L’inconvénient des sons pitchés, à la hauteur prédéfinie, c’est qu’ils définissent un univers harmonique précis, basés sur des intervalles précis. L’inconvénient des sons non pitchés c’est que, ne définissant rien, il est difficile de bâtir sur eux. Il faut donc trouver un équilibre, jouer avec ces deux types de sons. C’est un des compromis difficiles à trouver ce qui explique qu’en fait nous ayons démarré ce projet il y a maintenant six ans avec Guillaume, et qu’il nous a fallu pendant tout ce temps, d’innombrables heures de répétitions et de mise au point pour parvenir à un résultat probant. Un morceau comme Larsen, par exemple, dans lequel l’ordinateur émet de vrais Larsen, est très délicat à jouer, car la moindre variation de niveau de Guillaume peut faire générer à l’ordinateur des Larsen insupportables !

Reverse est-il donc un album de musique écrite ou de musique improvisée ?

Compte-tenu de l’extrême précision de la mise au point et du travail nécessaire, on peut dire que Reverse, tant au disque qu’au concert n’est pas du tout de la musique improvisée. Mais le principe même de ce projet qui est de faire piloter un ordinateur par le jeu d’un musicien acoustique, laisse à ce dernier des degrés de liberté, si bien qu’on peut parler de troisième voie entre l’écrit et l’improvisé : il s’agit d’une improvisation qui demande une longue mise au point ! Dans le jazz traditionnel, le musicien est libre à condition qu’il respecte la grille et le tempo. Dans notre musique, le musicien est libre mais il a des repères en matière de dynamique, de registre, de rythme : par exemple, à certains moments, Guillaume sait qu’il doit jouer fort, à d’autres qu’il doit jouer dans l’aigu. A d’autres moments, le rythme produit par l’ordinateur va dépendre des sons émis par Guillaume. Celui-ci doit donc être hyper réactif pour adapter son jeu de manière à produire le rythme attendu.

Votre musique n’est pas uniquement le produit de l’interaction entre un musicien et un ordinateur. Il y a aussi des plages « pur électro » ...

Au-delà de la partie technique, du concept, qui concernent le chercheur, il y a des disques et des concerts à faire, un public à faire voyager, qui n’a pas besoin de toutes ces explications techniques, même si pour toute musique vraiment nouvelle, les explications peuvent en effet inciter à la découverte, à l’abandon des préjugés. C’est la raison pour laquelle, on ne peut se limiter à la musique générée par l’interaction entre soliste et informatique. Quand j’ai besoin par exemple d’un groove pour une séquence je n’hésite pas à le produire par programme. L’important est - que la musique soit ou pas produite par l’ordinateur- que le public ressente l’interaction, la complicité qui lie les musiciens. Ce qui me paraît fondamental aussi c’est que les auditeurs comprennent qu’il y a une relation entre ce que fait Guillaume et ce que produit l’ordinateur mais, comme j’aime bien brouiller les cartes, je tiens à ce que cette relation ne soit pas trop visible, pas trop déterministe. Ce serait très ennuyeux en effet qu’à chaque fois que Guillaume fait un son précis l’ordinateur renvoie à chaque fois le même son. Guillaume Orti © H. Collon

Compte tenu de tout ce que tu viens de me dire, j’imagine que chaque plage de « Reverse » a son histoire bien particulière... le disque commence par une plage « circulation - pur électro » où on n’entend pas le sax : pourquoi ce choix ?

Je voulais que, d’emblée, les gens soient placés dans un univers étrange, où ils n’aient pas d’habitudes d’écoute. C’est de toutes les plages, la plus électronique, bien que le sax de Guillaume y soit présent, mais tellement traité qu’il n’en est plus reconnaissable. Je voulais prendre le contre-pied dès le départ, afin que le reste du disque puisse s’écouter davantage comme un disque de jazz plus traditionnel.

Puisque tu parles de jazz traditionnel, on note la présence d’un thème de Dolphy, « Miss Ann » sur votre disque. La troisième plage s’appelle en effet « Miss Ann - fragmentation ». Explications ?

En effet, « Miss Ann » est le morceau le plus jazz du disque puisqu’on peut y entendre une rythmique du style basse-batterie, même si les sons profonds de la basse sont des notes difficiles à distinguer. Au cours de ce morceau, jamais Guillaume ne joue le thème de Miss Ann à l’endroit. C’est l’ordinateur qui le remet à l’endroit, mais en faisant cela, l’ordinateur n’inverse pas seulement l’ordre des notes jouées par Guillaume mais aussi les attaques de chaque note ! Ce qui fait qu’entre le thème joué à l’envers par Guillaume et le thème remis à l’endroit par l’ordinateur, il y a deux saxophonistes sur cette plage, qu’il est presque impossible de distinguer. Par ailleurs, l’ordinateur divise ou multiplie selon les moments le tempo de Guillaume par deux ce qui introduit des variations incessantes de tempo en fonction de son jeu. C’est « l’accompagnateur de rêve » dont nous parlions tout à l’heure qui réagit instantanément et toujours de façon surprenante. Soit dit en passant, ce principe modifie radicalement le rôle du soliste, qui n’est plus de faire admirer sa technique, sa vélocité ou son imagination harmonique. Sur Miss Ann, le rôle de Guillaume est de faire la musique nécessaire pour que l’ordinateur génère sur le champ le rythme le plus approprié. De toute manière, je pense que la conception du jazz comme écrin pour les solos est obsolète. Tout soliste, de toute manière est inévitablement comparé aux géants, comme Coltrane, et il paraît un peu vain de vouloir faire mieux, tout comme il serait vain qu’un peintre actuel se mette au cubisme, puisque Picasso a tout dit en la matière...

Jusqu’à présent dans notre conversation il est beaucoup question de techniques, de forme, de concepts, de tout ce qui peut ressortir en somme à l’esthétique. On reproche souvent à l’ordinateur de produire des musiques froides, désincarnées. Qu’en est-il de l’aspect émotionnel de la musique ?

Ma démarche est en effet avant tout esthétique. Mais je n’ai pas envie de tomber dans « l’esthétisme ». J’espère ne pas sombrer dans ce travers et je pense y parvenir simplement : quelle que soit la valeur intellectuelle d’un concept, il est vain si le résultat, la production sonore, est faible. En ce qui me concerne, si je suis guidé en effet par une démarche de recherche qui me paraît cohérente, mon but avant tout est que la musique produite me plaise, soit conforme à mes goûts, à mes attentes. Si c’est le cas, j’imagine que cette musique pourra aussi susciter des émotions dans le public...

Finalement, peut-on dire que tu as changé d’instrument, que tu es passé de la basse à l’ordinateur ?

Je n’ai pas délaissé la basse. Mais c’est vrai que je travaille l’ordinateur comme un instrument. Pour jouer ma musique il me faut parfois activer des séquences de touches bien précises dans un délai très bref : c’est une forme de virtuosité qu’on est obligé de travailler si on veut y parvenir !

Dans « Reverse » qui est le compositeur et qui est l’interprète ? N’y-a-t-il pas dans votre concept une remise en cause de ces deux rôles traditionnels de la musique ?

Si on prétend essayer de faire du nouveau, il faut bien se livrer à quelques remises en question... Ainsi, sur Reverse on ne peut pas dire qu’il y ait un compositeur, mais deux musiciens qui apportent de manière égale mais différente. J’apporte les idées de relations entre le sax et l’ordinateur et Guillaume agit sur l’ordinateur : c’est une musique sans compositeur...

Oui mais par exemple, lequel de vous deux a choisi le thème de Dolphy, "Miss Ann" ?

Bonne question ! Je serais bien incapable de le dire ! Tant Guillaume que moi, on peut affirmer sans prétention que nous ne connaissons pas trop mal les standards. Il faut dire qu’on les a beaucoup pratiqués. Je dirais que nous avons choisi "Miss Ann" et "Freedom Jazz Dance" ensemble. On souhaitait trouver des thèmes avec certaines caractéristiques bien précises (plutôt modaux, avec une certaine forme rythmique) et donc on a très vite trouvé ces deux là parmi ceux que nous connaissions.

Et l’ordre des plages a été choisi en commun, j’imagine ?

Oui bien sûr. Dans un duo tel que le nôtre, les rôles des deux sont aussi importants, il y a un pied d’égalité. Même si l’idée de départ, le matériau de base qui lance chaque morceau, vient souvent de l’ordinateur. Il y a même une plage, « trio - event process » qui est entièrement composée par ordinateur sans intervention de Guillaume, ni de moi.

Mais l’ordinateur a des données de base à traiter, au moins des données aléatoires ?

J’ai, si j’ose dire, la même position que Xenakis à l’égard de la musique aléatoire : la machine est autonome dans la production aléatoire de musique. Par contre c’est moi qui choisit ce que je retiens de cette production et comment je l’assemble.

De tout ce qu’on vient de voir, il résulte donc les treize plages de Reverse. Quand on innove, on prend des risques, le risque d’avoir des fortunes diverses. Je suppose donc que tu préfères certaines plages que tu considères comme réussies, peux-tu nous dire lesquelles ?

« Miss Ann » ! et aussi les deux « Larsen ». Il faut savoir que, contrairement à la musique électro en général où les solistes et l’électronique sont souvent enregistrés à part puis ensuite mixés, par le principe même de notre musique on a dû pratiquer l’enregistrement en direct sans superpositions par mixage. Sauf un morceau qui est « cycloïde - slicing » qui est un morceau en « trio », recrée par ordinateur et très monté, très assemblé. Sinon le seul travail d’édition qui a été fait a été de raccourcir certaines plages, pour les rendre compatibles avec le format d’un disque d’autant que je voulais faire un disque court. En effet, le disque a une durée classique pour un CD, car la dernière plage, « time print - négatif » très longue, puisque elle approche la demi-heure est en fait une plage fantôme ! mais en dehors de cette plage le disque a une durée de quarante minutes que je recherchais, car c’est la durée en fait que j’apprécie en tant qu’auditeur, au-delà ma concentration retombe !

Qu’est-ce que c’est que cette plage fantôme, quelle est l’idée derrière ?

Je voulais que cette plage soit une devinette, une énigme que les gens ne découvrent pas tout de suite qu’il fallait mettre le son à fond pour entendre, renforçant ainsi le côté étrange de la musique...

Puisque nous sommes dans la question du son et de sa restitution, on note que « Reverse » est en fait un double CD, le deuxième CD étant constitué de la même musique mais au format DTS 5.1...

Quand nous avons découvert ces techniques permettant de spatialiser le son, nous sommes tombés dans un premier temps, dans le piège du gadget. On jouait à placer le son dans tous les endroits de l’espace. Et puis, l’effet gadget passé, nous nous sommes aperçus, avec Gilles Olivesi notre ingénieur du son, que l’on pouvait à l’aide de ces techniques, créer un espace sonore élargi dans lequel les sons soient beaucoup plus clairs, beaucoup mieux définis.

L’idéal pour en profiter est, si l’on est au concert, de se placer plutôt au milieu de la salle, et si l’on est chez soi de lire le CD sur une installation de type home cinéma par exemple. Cette technologie rend beaucoup plus faciles à percevoir tous les détails de la musique. Après avoir écouté le disque en 5.1 , le retour à une stéréo classique est assez frustrant, donne une impression d’aplatissement, de manque d’aération...

Décidément il aura été beaucoup question, pendant cet entretien, de technologie. Et cependant, quand on vous voit en concert, on est beaucoup moins gêné par votre usage des divers dispositifs que pour beaucoup de vos confrères qui se mettent à manipuler toutes sortes de boutons, de potentiomètres et de pédales, ce qui semble nuire gravement à leur participation émotionnelle à la musique. On a l’impression que vous avez tellement intégré l’électronique que vous retrouvez dans votre musique les mêmes relations avec l’instrument et entre musiciens que dans une formation plus traditionnelle ?

J’ai beaucoup réfléchi à cette connexion entre le geste et la musique. Et je compte encore proposer des projets à des salles comme le Triton pour aller encore plus loin dans cette direction. Avec un seul geste imperceptible, grâce à la puissance de l’ordinateur je peux déclencher un véritable cataclysme sonore, alors qu’avec un instrument acoustique, pour obtenir le même résultat, il faut de la sueur et se cracher dans les mains ! (rires...). Avec l’ordinateur donc, la musique perd indéniablement en concert son côté spectaculaire. Il faut travailler encore pour s’attacher à le retrouver...

En vous limitant à un duo, n’avez-vous pas pris le risque de produire une musique un peu trop monochrome ?

Le projet auquel je travaille actuellement - j’étais en répétition juste avant cette interview - consiste justement à intégrer des musiciens supplémentaires dans le concept.

Est-il nécessaire pour ça de faire évoluer ton logiciel ?

Ce logiciel évolue en fait tous les jours, puisque c’est lui ma création musicale ! Mais en effet, je réfléchis actuellement à une évolution majeure qui se reflétera dans le titre probable du prochain projet « Musique non quantisée ». Une des principales limites de la musique assistée par ordinateur tient à la tyrannie de l’horloge de l’ordinateur. Tout est fait avec une régularité et une précision sans faille. Donc ma prochaine version du concept et du programme devront permettre une musique « sans rythme », en tout cas sans carcan rythmique imposé par l’ordinateur...

Tu parles d’ôter le carcan. Ca me fait penser à cette liberté qui est dans le jazz et qui permet parfois des instants de grâce, de transe, qui illuminent un concert et qui en font un instant mémorable : le recours à l’électronique permet-il ce genre de transe ?

Je ne veux pas mentir : pour l’instant, la concentration technique nécessaire à la réussite d’un concert avec notre projet est telle que nous avons encore un peu de mal à nous libérer. Mais c’est la règle du jeu dans ce genre de projet. Même si ça fait plusieurs années que nous l’avons lancé, nous sommes encore au début de l’exploration. Nous faisons des découvertes tous les jours, tant sur les possibilités de l’ordinateur, que sur les pistes artistiques qu’elles permettent.

Et pourtant l’utilisation de l’ordinateur ou plus généralement des moyens électriques et électroniques ne date pas d’hier... je pense aux ondes Martenot, aux machines de Pierre Henry, à l’IRCAM etc....

Le jazzman que je suis est vexé que le jazz qui a été un innovateur constant et renversant, je pense par exemple au free jazz qui, quand il est vraiment free est un concept très fort, presque ultime, semble avoir perdu cet esprit de conquête, de révolution...

Le jazz ainsi est en retard sur la musique contemporaine écrite où l’usage des machines est plus mature peut-être... Toujours est-il que les vieux schémas du jazz avec des solos propulsés par la section piano-basse-batterie commencent à être à mon avis bien usés, et qu’il est largement temps de trouver autre chose : c’est ma position bien que ce soit un vrai sujet de disputes entre musiciens (rires...).

J’ai fait des études d’écriture en musique contemporaine pendant lesquelles j’ai eu l’occasion de rencontrer des grands compositeurs comme Luc Ferrari, Iannis Xenakis. J’ai essayé d’intégrer une toute petite partie de leur enseignement, à la hauteur des mes moyens, mais je veux apporter surtout ce qui parfois manque à la musique contemporaine, et qui est le propre du jazz, l’émotion de l’instant, la surprise...

Voilà une bonne conclusion pour ce long entretien qui montre, qu’on y soit sensible ou non, combien la musique d’Olivier Sens et de Guillaume Orti répond à un projet mûri, de longue haleine. Nul doute que cet effort ne produira d’autres fruits étranges, savoureux et captivants.

Laurent Poiget

Voir aussi

Le site d’Olivier Sens :

Ecoutez des extraits de ce CD !

Voir aussi :

Olivier Sens/Guillaume Orti - Reverse

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Les Flins - lesinrocks.com

Les Félins - lesinrocks.com jeudi 22 décembre VIDEO (537) AUDIO (513) MP3 (61 ) LCD Soundsystem - Tribulations video Arcade Fire (The) - Rebellion (lies) video Clap Your Hands Say Yeah - Over and ove mp3 Gorillaz - Demon Days live @ Manchester video LE MP3 DU JOUR Casiotone for the painfully

Mis à part deux thèmes réorchestrés de façon spectaculaire par Lalo Schifrin pour l’album The Cat de l’organiste Jimmy Smith - paru la même année (1964) chez Verve -, et dont tout le monde crut longtemps qu’ils constituaient la véritable musique du film, Les Félins était resté inédit en vinyle comme en CD. Le film noir de René Clément, avec Alain Delon en chat-beauté, fit un bide aux USA, et la MGM, qui tenait la bourse, ne jugea pas utile de la délier pour un disque promis au pilon.

Pour l’Argentin Lalo Schifrin, qui s’était déjà fait les griffes dans le jazz et l’easy-listening haut de gamme, cette magistrale première incursion au cinéma demeure la matrice de ses best-sellers futurs que sont Bullitt, Mission : impossible ou L’Inspecteur Harry. Avec, dès les premières mesures inflammables du thème principal, ce sens aigu des tensions exacerbé par une combinaison de cordes, cuivres, clavecins et ondes Martenot qui s’abîme dans un vrai chaos sonore. Plus loin, les thèmes jazz possèdent cette dynamique propre à l’écriture toute en ruptures de Schifrin, pour lequel une mélodie n’a d’intérêt que si elle rencontre en chemin des silences vertigineux et des obstacles qui la font trébucher. Remarquable de diversité, alternant tragique et burlesque, harmonie et dissonances, cette partition fait étalage de presque toute la palette disponible en matière de confrontation entre la musique symphonique, la pulsation jazz et les premiers soubresauts de la surf-music. Nombreux sont les compositeurs d’hier et d’aujourd’hui, de Michel Legrand à Danny Elfman, qui puisèrent leur inspiration à cette formidable source.

Christophe Conte 09 févr. 2005

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Musique de Film - T r a x Z o n e . c o m - M u s i q u e D e F i l m . c o m

Musique de Film - T r a x Z o n e . c o m - M u s i q u e D e F i l m . c o m • Entretien | Editionle cercle lerougeEntretien réalisé le 14 novembre 2005

 »La collection Ecoutez le Cinéma !, lancée par Universal Jazz France et conçue par Stéphane Lerouge fête sa cinquième année d’existence avec plus de 50 albums édités. Faisant suite et écho à l’entretien réalisé en novembre 2000, à l’aube de ce projet qui affichait déjà son ambition, et à l’occasion de la sortie le 6 décembre de 5 nouveaux titres (PLEIN SOLEIL de Rota, LE SAMOURAÏ / LES AVENTURIERS de De Roubaix, LE CINEMA D’ERIC DEMARSAN, LE POLAR SELON GEORGES DELERUE et le volume 2 du CINEMA D’ANTOINE DUHAMEL), retour sur un bilan-anniversaire avec le principal intéressé. ........

5 ans, 5 nouveaux cds... Il y a ce côté un peu circulaire, cyclique puisque le premier volume du CINEMA D’ANTOINE DUHAMEL fait écho au 2e volume aujourd’hui, les deux Demarsan auxquels répond la compilation du compositeur... Y avait-il déjà en novembre 2000 cette vision à long terme ou bien la collection s’est-elle développée de manière plus pragmatique ?

Evidemment, il y avait déjà un certain nombre d’évidences qui étaient au programme, dans l’absolu. Ces œuvres figuraient aux catalogues Caravelle ou Sido Music, en l’occurrence les partitions les plus emblématiques de leur compositeur à savoir PIERROT LE FOU pour Duhamel, LE MEPRIS pour Delerue, LE VIEUX FUSIL pour de Roubaix.... Ensuite sont intervenus des événement impossibles à anticiper. Par exemple, c’est un hasard absolu d’être tombé sur les masters de PLEIN SOLEIL. Ou l’année dernière, l’un des albums dont je suis peut-être le plus fier, LES FELINS de Schifrin. Tout est parti d’une leçon de musique et d’un concert-hommage à Cannes que nous avions conçus avec Alejandra Skira du Fonds d’Action Sacem et l’équipe du festival de Cannes : au cours d’un dîner, j’ai commencé à entreprendre Schifrin sur LES FELINS, à lui dire que je trouvais terriblement frustrant que cette partition n’ait jamais été exploitée, alors qu’elle contenait les germes de ses partitions-clé. Là, Schifrin m’a lâché dans un sourire : « Tu sais, je crois que j’ai gardé des bobinots de l’enregistrement au studio Europa-Sonor ! » Et là, tu tombes par terre ! Ce sont autant de Graal auxquels tu accèdes brusquement ! A peine m’avait-il répondu que je visualisais déjà le disque dans la collection. Si l’on nous avait dit en 2000 que ces deux bandes originales intégreraient Ecoutez le cinéma !, cela m’aurait semblé carrément extravagant, sinon utopique.

Ce que l’on n’avait pas soupçonné non plus, c’est qu’il y aurait, à intervalles réguliers, des compositeurs invités en alternance avec les piliers français de la collection. On ne s’attendait pas à avoir Goldsmith, Rota, Schifrin, Jimmy Smith ou même venant de la variété Polnareff, Gainsbourg ou Charles Dumont au milieu de Magne, de Roubaix, Sarde, Delerue et Demarsan. Je ne pensais pas non plus qu’on sortirait un jour CANNABIS de Gainsbourg, une bande originale gelée par un imbroglio juridique compliqué mais que l’on est parvenu à dénouer. En résumé, la ligne éditoriale de la collection doit autant à la préméditation qu’au hasard.

Par rapport aux cinq albums qui sortent le 6 décembre, comment s’établit le choix d’éditer telle partition à tel moment ?

C’est toujours un moment délicat de décider du dosage d’une saison, d’une fournée. C’est une recette dont il faut à chaque fois réinventer les ingrédients. Après avoir mis la main sur les masters de PLEIN SOLEIL, je ne pouvais pas imaginer attendre deux ans avant d’éditer cette musique. Antoine Duhamel fêtant ses 80 ans cette année, on pouvait créer une symétrie entre le volume 1, premier disque de la collection et le volume 2, cinq ans plus tard. En plus, non seulement il y tenait vraiment mais cela faisait un moment qu’il n’avait pas été représenté dans Ecoutez le cinéma !. Cette saison correspondait aussi aux trente ans de la disparition de François de Roubaix et LES AVENTURIERS et LE SAMOURAÏ étaient les deux grandes œuvres de De Roubaix qui manquaient à la collection. Concernant Georges Delerue, j’avais déniché pas mal de choses dans les caves d’une vieille édition dont le fameux LA MORT DE BELLE, totalement inédit, et surtout la musique de CLASSE TOUS RISQUES. Là-dessus, Colette Delerue m’a dit qu’elle possédait pas mal de bandes sur LE CRIME NE PAIE PAS, un film à sketches de Gérard Oury. Elle est venue en studio, on a mis tout ce matériel à plat et l’on est tombé sur des partitions qui nous ont plutôt surpris. Ainsi a pris forme LE POLAR SELON GEORGES DELERUE qui permet de découvrir un autre aspect de Delerue dans lequel il abandonne un peu sa culture de symphoniste au profit du jazz, ou disons d’un certain jazz. Le final du CRIME NE PAIE PAS, "L’homme de l’avenue", est à ce titre, très ellingtonien.

Parfois, on se dit qu’on a épuisé pas mal de cartouches dans cette collection et le hasard fait que l’on découvre des réserves, des munitions inattendues. Pour Duhamel, je n’avais pas de souvenir très précis de sa collaboration avec le cinéaste anglais Tony Richardson sur LE MARIN DE GIBRALTAR et RED ON BLUE. On a sorti les bandes, et l’on a trouvé l’intégralité des chansons qu’il fait chanter à Vanessa Redgrave. Voilà une découverte étonnante qui donne un peu plus d’oxygène à la collection.

De même, il y a 4 jours, j’ai déniché les bandes masters d’une partition que je croyais perdue, L’AMERIQUE INSOLITE, qui est le véritable acte de naissance de Michel Legrand au cinéma. Pour son coffret, on n’avait à disposition que la bande montée du 45t sorti en 1959... La bande originale complète est aujourd’hui localisée et ouvre de nouveaux champs pour la collection.

Donc certains albums compilations de la collection peuvent donner a posteriori des éditions de partitions complètes ?

C’est exactement ce qu’il s’est passé avec le coffret LE CINEMA DE SERGE GAINSBOURG dans lequel figuraient quelques extraits de CANNABIS et CE SACRE GRAND-PERE qui sont ensuite sortis en intégrale, couplés sur un même album. Et c’est bien évidemment ce qui va se passer avec LE CINÉMA DE MICHEL LEGRAND.

Pour la conception de ce coffret, des heures et des heures ont été passées en studio pour derusher des bandes, faire des sauvegardes, de la restauration. Michel Legrand a eu quelques parti-pris, faire des coupes, revoir l’ordre... La charpente de ce coffret a donc beaucoup bougé avant d’arriver au résultat définitif. On avait au départ huit heures de musique dans lesquelles nous avons sélectionné, avec Michel, les cinq heures réparties sur les quatre CDs. Du coup, on se retrouve avec un stock de sauvegardes qui est une véritable mine d’or pour de futurs projets.

Finalement, le succès de cette collection intitulée "Ecoutez le Cinéma" ne viendrait-il pas du fait qu’elle s’adresse d’abord à un public cinéphile ?

Cinéphile dans le sens le plus large du terme. Aujourd’hui, on se rend compte qu’un film comme L’HOMME ORCHESTRE qui était pendant des années sinon inconnu du moins méprisé ou déprécié, est plutôt apprécié par les cinéphiles des nouvelles générations qui aiment autant le cinéma d’auteur que le cinéma bis ou de série. De toute façon, le pari de la collection, c’est de n’être fermé à aucun cinéma, à aucun langage, à aucune esthétique musicale ... Rien ne me fait plus jubiler que d’avoir un album Pierre Jansen à côté de L’HOMME ORCHESTRE ! Ou encore des partitions comme WEEK-END, LA MORT EN DIRECT, LE LOCATAIRE tutoyant ce qui a fait la musique populaire du XXème siècle comme le jazz, le rock ou la pop music. Ces différentes influences sont parfois synthétisées à l’intérieur d’un même album de compositeurs agents doubles ou triples, comme Legrand, Demarsan ou bien évidemment Schifrin. Dans LES FELINS, on retrouve son goût pour le jazz, pour la musique moderne, pour l’électronique à travers l’utilisation des ondes Martenot.

Et puis, la collection est arrivée à un moment charnière où une génération qui avait fait un certain cinéma français commençait à disparaître. En cinq ans, Claude Sautet, Robert Enrico, Henri Verneuil, José Giovanni, Michel Colombier ont disparu... Philippe de Broca aussi. De Broca, c’était une fuite en avant permanente, comme pour nier le temps qui file. Le syndrome du sablier, en quelque sorte. Lorsqu’il a fallu réaliser l’entretien pour le livret des anthologies DE BROCA / DELERUE, je suis allé dans sa maison de campagne, à Vert, où nous nous sommes retrouvés seuls tous les deux. Il était là, assis dans un fauteuil et je lui ai fait écouter des extraits du disque. Au fur et à mesure, l’écoute de ces morceaux a réveillé des souvenirs, des pans de sa vie. A l’écoute de la "Valse de Jeanne" du DIABLE PAR LA QUEUE, de Broca s’est mis à pleurer et m’a dit : "C’est peut-être la plus belle chose que Delerue ait écrite pour moi. Je voudrais que ce soit joué le jour de mon enterrement..." Ce qui a été fait. Mais voir de Broca, ludion joyeux et désinvolte, te dire cela en te fixant, les larmes aux yeux, j’étais très troublé. D’autant que rien ne laissait présager qu’un an et trois mois plus tard, il serait parti. C’est un moment auquel je pense souvent avec une certaine émotion.

Ces albums sont finalement autant de témoignages d’une époque...

Oui, cette collection a permis de recueillir, fédérer, conserver des témoignages de gens qui ne sont plus là. Par exemple, l’éloignement géographique de Michel Colombier l’avait humainement éloigné de Philippe Labro. Or, le témoignage de Labro dans le disque L’HERITIER / L’ALPAGUEUR lui a fait énormément plaisir et ils ont repris contact ensemble par la suite. Tout comme Pierre Jansen et Claude Chabrol... Sans parler des effets de la collection que l’on connaît : Guillaume Nicloux qui va acheter LE CERCLE ROUGE et L’ARMEE DES OMBRES à la FNAC et qui contacte Eric Demarsan sur cette base-là, Bruno Podalydès qui tombe amoureux de la musique du LOCATAIRE et qui va chercher Sarde avec, en cahier des charges, la réutilisation du glass harmonica pour LE MYSTERE DE LA CHAMBRE JAUNE.

C’est formidable quand un travail de réédition amène un nouveau travail de création. Bien sûr, nos camarades compositeurs sont ravis que cette collection exhume et fasse revivre leur passé musical. Mais ce sont avant tout des créateurs et, pour eux, rien ne vaut le travail d’écriture, confronter leur personnalité musicale à celle de nouveaux cinéastes. C’est intéressant de voir la curiosité des metteurs en scène aiguisée grâce et à travers Ecoutez le cinéma !

.........suite http://www.traxzone.com/textes/index.asp ?id=2454


Le Monde.fr : Festival d’automne Paris : le tour de force musical d’Hanspeter Kyburz

Le Monde.fr : Festival d’automne à Paris : le tour de force musical d’Hanspeter Kyburz

Festival d’automne à Paris : le tour de force musical d’Hanspeter Kyburz

LE MONDE | 23.11.05 | 14h39 • Mis à jour le 24.11.05 | 12h46

En découvrant un très grand orchestre sur la scène du Palais Garnier, lundi 21 novembre, on a le sentiment que le Festival d’automne à Paris joue gros ce soir. Un peu comme il l’avait fait, en 2001, en ouvrant sa saison avec La Petite Fille aux allumettes, l’opéra radical d’Helmut Lachenmann. A la durée du concert, plus de deux heures et demie, assez inhabituelle pour un rendez-vous de musique contemporaine, et à la monumentalité des effectifs, il faut ajouter, parmi les risques pris ce soir, celui d’une affiche dont la cohérence musicale ne saute pas aux yeux.

En première partie, Giacinto Scelsi (1905-1988) et Edgar Varèse (1883-1965), qui partagent un goût immodéré pour le rituel ancestral. En seconde partie, l’Allemand Hanspeter Kyburz (né en 1960), un des plus brillants penseurs de la musique d’aujourd’hui dont la production n’est pas connue pour s’inspirer des temps immémoriaux...

Hymnos, pièce pour orgue et deux orchestres composée par Scelsi en 1963, constitue un excellent lever de rideau symphonique par son déploiement à partir d’une seule note. La propagation de l’onde entre les différents instruments semble néanmoins inopérante, sous la direction pourtant énergique de Sylvain Cambreling. Cela s’explique peut-être par le fait que l’acoustique du plateau est plutôt destinée aux voix. Yliam, pour choeur de femmes, va permettre de le vérifier. Bien que situées dans des zones inconfortables de la tessiture, les notes étranglées (aiguës) ou étouffées (graves) qui constituent l’essentiel de cette incantation de Scelsi produisent un bel effet d’envoûtement archaïque.

Une semblable recherche se trouve dans Ecuatorial, d’Edgar Varèse, une oeuvre du début des années 1930 qui associe les sonorités futuristes des ondes Martenot et la vocalité tribale d’un choeur de basses (chantant un extrait du Popol Vuh, texte sacré des Mayas) au sein d’une narration orchestrale de type dyslexique. Même dans l’interprétation, assez sobre, de l’Orchestre symphonique SWR de Baden-Baden et Fribourg, Ecuatorial ressemble à une caricature de musique moderne, où la discontinuité le dispute à l’emphase.

Uaxuctum, de Giacinto Scelsi, a également recours aux ondes Martenot. Plus articulée que les pages du Romain précédemment exécutées, cette épopée est aussi plus anecdotique. Après trois Scelsi d’inégale valeur et un Varèse des mauvais jours, on arrive à l’entracte en restant un peu sur sa faim. Heureusement, un autre concert commence. Le Festival d’automne renouvelle la formule du "2 en 1" avec un orchestre - et un billet - pour deux concerts donnés dans la foulée.

A la décharge de Varèse, pionnier avec Déserts de la relation entre bande enregistrée et sons produits en direct, il a souvent été dit qu’il ne disposait pas des instruments à la hauteur de son imagination visionnaire. Ecuatorial le laisse bien entendre. Hanspeter Kyburz bénéficie, lui, de la haute technologie (notamment informatique) dont son esprit perfectionniste a besoin. Celle-ci, fournie par l’Ircam, lui a permis, le 9 novembre, au Centre Pompidou, d’entamer sa représentation au Festival d’automne avec une magnifique création, Double points : +, pour un danseur (Emio Greco), six musiciens et électronique.

Sa maîtrise de l’interaction entre différents corps, sonores ou non, s’est confirmée à l’écoute des deux oeuvres inscrites au programme du Palais Garnier. A travers (1999), pour clarinette et orchestre, illustre la musique dite de processus qui se pratique dans les cercles avant-gardistes depuis une vingtaine d’années, mais avec une telle variété de gestes et d’éclairages qu’on croit tenir là une merveille de fantaisie concertante. L’écriture de Noesis (2001-2003), pour orchestre, relève également du prodige. Elle a la prestance de la musique de Pierre Boulez et l’audace de celle de Karlheinz Stockhausen, avec un sens du spectacle propre à Hanspeter Kyburz. Ce dernier réussit alors le tour de force de multiplier les convulsions et les ruptures sans jamais paraître chaotique.

Festival d’automne. Giacinto Scelsi : Hymnos  ; Yliam  ; Uaxuctum. Edgar Varèse : Ecuatorial. Hanspeter Kyburz : A travers ; Noesis. Ernesto Molinari (clarinette), Ensemble vocal SWR Stuttgart. Opéra national de Paris, Palais Garnier, le 21 novembre. Prochains concerts : œuvres de Liza Lim et Hanspeter Kyburz, les 29 et 30 novembre, à 20 heures. Cité de la musique, 221, avenue Jean-Jaurès, Paris-19e. M° Porte-de-Pantin. De 8 euros à 17 euros. Tél. : 01-44-84-44-84.

Pierre GervasoniArticle paru dans l’édition du 24.11.05


Le Monde.fr : Musique : sous la direction de Pierre Boulez, un chef-d’œuvre de Jolivet

Le Monde.fr : Musique : sous la direction de Pierre Boulez, un chef-d’œuvre de Jolivet

LE MONDE | 21.11.05 | 14h47 • Mis à jour le 21.11.05 | 14h47

la surprise générale, Pierre Boulez dirigeait, le 19 novembre, les Cinq danses rituelles d’André Jolivet (1905-1974) que, dans son irrévérencieuse jeunesse, il surnommait "Joli Navet" (Le Monde du 19 novembre). Arrivé en avance au concert, organisé par le Conservatoire et la Cité de la musique, à Paris, on a eu envie d’acheter la nouvelle biographie consacrée par Lucie Kayas au compositeur français (Fayard, 620 p., 28 euros), dont le centenaire de la naissance est fêté. La librairie de la Cité de la musique ne l’a pas. "On n’a pas pu le commander", sera la réponse, sibylline, des responsables. On est décidément loin du lieu pluridisciplinaire que Pierre Boulez appelait naguère de ses vœux, "qui prenne en compte le besoin de découverte et d’initiation des amateurs comme des professionnels."

Les Cinq danses rituelles sont plus connues dans leur version pour piano (1939) que dans celle pour orchestre (1940-1941). Elles témoignent que le jeune Jolivet a su éviter de tomber dans le panneau du sous-Stravinsky, du sous-Varèse, du sous-Messiaen, du sous-Schoenberg et du sous-Bartok, ce qui est un talent en soi. Certes, à comparer ses Danses rituelles aux Poèmes pour mi (1936-1937), chef-d’œuvre pour chant et orchestre trop peu donné d’Olivier Messiaen (1908-1992) et chantés superbement ce même soir par Yvonne Naef, pourtant souffrante, ainsi qu’annoncé et constaté, on réalise que Jolivet n’a pas d’univers harmonique et stylistique immédiatement repérable. Pour autant, ses Danses rituelles sont une manière de chef-d’œuvre incontestable.

En comparaison, Ecuatorial (1934, révisé en 1961) d’Edgar Varèse (1883-1965), le professeur de Jolivet, a l’air d’une partition factice et creuse, avec ses effets grandiloquents de parlé-chanté de la part du choeur d’hommes, ses chatteries de science-fiction émises par deux ondes Martenot aux glissandos à donner le mal de mer... Ecuatorial est une bluette faussement barbare comparée au chef-d’œuvre tellurique de Varèse qu’est Arcana (1925-1927), par exemple.

Mais puisqu’il s’agissait d’illustrer la notion de "rituel" et de "primitivisme" en musique, pourquoi ne pas avoir donné le rarissime et génial Chôros n° 10 (1926) de Heitor Villa-Lobos (1887-1959), une partition pour chœur et orchestre à l’intersection étonnante d’une esthétique "primitive" et "mécaniste" ? En apparence moins intimidés par Pierre Boulez que ne l’était récemment l’Orchestre philharmonique de Radio France (Le Monde du 12 novembre), les jeunes instrumentistes de l’Orchestre du Conservatoire de Paris ont joué avec brio. La direction de Pierre Boulez était merveilleuse de souplesse calme. Œuvres de Varèse, Jolivet et Messiaen par Yvonne Naef (mezzo-soprano), Chœur de l’Armée française, Orchestre du Conservatoire, Pierre Boulez (direction).

Cité de la musique, Paris, le 19 novembre. Prochain concert de la série "Les Folklores", mardi 22 novembre, par les solistes de l’ensemble InterContemporain. Œuvres de Janacek, Kodaly, Bartok et Chostakovitch.

Cité de la musique, Amphithéâtre. Tél. : 01-44-84-44-84. 28 euros. Renaud MachartArticle paru dans l’édition du 22.11.05

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Rituels bouleziens

Paris

Cité de la musique

11/19/2005 -

Edgar Varèse : Ecuatorial

André Jolivet : Danses rituelles

Olivier Messiaen : Poèmes pour Mi

Yvonne Naef (mezzo)

Chœur de l’armée française, Pascale Jeandroz (chef de chœur), Orchestre du Conservatoire de Paris, Pierre Boulez (direction)

Affluence des grands soirs à la Cité de la musique : chacun, du plus modeste mélomane, parfois condamné à s’asseoir sur les marches, jusqu’à Henri Dutilleux ou Philippe Fénelon a bravé les premiers frimas pour entendre l’Orchestre du Conservatoire de Paris dirigé par Pierre Boulez dans un programme court, mais d’une parfaite cohérence. Centré sur les Danses rituelles de Jolivet - dont Boulez, au-delà des crêpages de chignon et des querelles de chapelle, n’a jamais dissimulé l’importance qu’elles avaient revêtu pour sa génération (voir ici) - il y associait en effet Varèse, l’un des maîtres de Jolivet, et Messiaen, cofondateur avec Jolivet du groupe « Jeune France ». Trois œuvres apparues dans un intervalle de temps très réduit (1934-1939), trois compositeurs ayant en commun un refus du néoclassicisme et un goût pour le primitivisme, l’incantation et le rituel (païen ou chrétien), sous la direction d’un chef qui a lui-même écrit un Rituel (In memoriam Bruno Maderna), ce concert intelligemment conçu aura en outre tenu toutes ses promesses.

Rarement donné, sans doute en raison de l’effectif inhabituel qu’il requiert (notamment deux ondes Martenot -instrument au demeurant fort prisé de Jolivet comme de Messiaen - et un orgue), Ecuatorial (1934) date de l’époque où Varèse, mettant fin à un séjour parisien au cours duquel il avait eu Jolivet pour élève, regagna les Etats-Unis. Des rugissements de l’orchestre aux protestations véhémentes des barytons et basses du Chœur de l’armée française, Boulez montre tout ce qui sépare cette démarche de celles de Milhaud, Revueltas ou Villa-Lobos.

Il fait ensuite fort logiquement ressortir l’influence de Varèse dans les Danses rituelles (1939) : autonomie du pupitre de percussions et interjections véhémentes se conjuguent toutefois à un raffinement sonore digne aussi bien de Ravel que de Dutilleux. Loin du magma brouillon et bruyant auquel la partition est trop souvent réduite, l’effet n’en est pas moins terrifiant dans la Danse du héros ou dans la Danse du rapt et, sans exagérer la lenteur du tempo dans la Danse funéraire, un envoûtement intoxicant n’en est pas moins créé.

Egalement destinés à l’origine au piano, les Poèmes pour Mi (1936) sont nés l’année de la création de « Jeune France ». Yvonne Naef a préalablement fait savoir qu’elle était souffrante : visiblement gênée - elle s’arrête longuement entre chaque mélodie et aborde avec une grande prudence les attaques piano - la mezzo suisse convainc cependant par sa puissance, sa clarté, sa diction impeccable et son aisance sur tous les registres. Comme Boulez et les jeunes musiciens lui réservent un accompagnement aussi somptueux que luxuriant, le triomphe est total.

Simon Corley

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Libration : Fragile, le dernier coup des Têtes raides

Libération : « Fragile », le dernier coup de Têtes raides

Musique

Chanson. Quinze titres à fleur de peau marquent un retour au rock contestataire, sur disque et en tournée.

« Fragile », le dernier coup des Têtes raides

par Ludovic PERRIN

QUOTIDIEN : lundi 07 novembre 2005

Têtes Raides

Ce soir à Magny le Hongre (77), demain à Ris-Orangis (91), le 9 à Sannois (95), le 10 à Liévin, le 17 à Beauvais, le 21 à Saint-Nazaire, le 22 à La Roche-sur-Yon, le 23 à Alençon, le 24 à Evreux, le 29 à Bourges, le 30 à Limoges, le 1er décembre à Périgueux, le 2 à Chanteix (19), le 5 à Poligny (39), le 6 à Annecy, le 7 à Macon, le 8 à Arles, le 9 à Toulon (83), le 12 à l’Elysée-Montmartre (complet), etc. Et le 6 mars au Zénith à Paris.

CD : « Fragile » (Mon Slip/Warner)

Déjà, le précédent album de Têtes Raides annonçait la couleur avec un Qu’est-ce qu’on s’fait chier aux allures de manifeste. Sur son nouveau CD, le groupe, ancien chef de file du courant néoréaliste, semble définitivement tourner le dos aux guitares acoustiques et pianos à bretelles pour revenir au nihilisme rock de ses débuts. Pourtant, malgré des efforts pour dérider l’assistance (choeurs féminins, reggae, clins d’oeil sixties à la Chuck Berry), ça reste du Têtes Raides tel qu’on le connaît depuis vingt ans : une bande de types qui rigolent quand ils se brûlent, des garçons et des filles en noir aussi secs que prêts à en découdre avec les bourgeois. Dadas, quoi. Et le propos ne risque pas de s’adoucir.

Label indépendant. Après avoir été sous contrat avec la maison de disques Warner, le groupe de Christian Olivier vient de reprendre son indépendance en se repliant sur son label, comme à l’époque où il pressait à 3 000 exemplaires ses premiers enregistrements vendus 50 francs pièce à la sortie des concerts. « Dans les années 80, il était impossible de défendre une liberté de travail comme la nôtre au sein d’une major. On était obligés d’être dans l’alternative. La signature de Mano Negra avec Virgin a fait tomber les barrières. » Ils sont ainsi allés chez Warner, puis dans le label Tôt ou tard, qui rééditait au milieu des années 90 leur catalogue. « Désormais, c’est nous qui nous finançons. Chez nous, l’économie est toujours liée à l’artistique. Mais on n’a pas constamment les yeux rivés là-dessus. Quand on se met à écrire, toutes ces questions volent en éclats. »

Liban, Hongrie. Leur label, Mon slip, est situé à quelques rues de l’atelier des Chats pelés, dans le XIIe arrondissement de Paris, le tandem de Christian Olivier qui décline le graphisme des Têtes Raides. Il accueille également des artistes comme Loïc Lantoine ou Yasmine Vegas. A voir la liste d’invités sur le nouveau Têtes Raides, de la chanteuse Sarah Mandiano à Romain Humeau (Eiffel) arrangeant ici un quatuor à cordes, de Didier Wampas à Rachid Taha via le groupe punk néerlandais The Ex, on se dit que le label continuera à ouvrir son catalogue ­ « quatre à cinq productions par an », annoncent-ils.

Fragile a été produit par Denis Barthe, le batteur de Noir Désir, avec qui le groupe s’était fendu du duo l’Iditenté sur l’album Gratte-Poil. Commencé en fin de tournée Qu’est-ce qu’on s’fait chier, il prolonge à sa façon le « KO social » initié par Têtes Raides à travers le réseau associatif hexagonal. Quinze titres enregistrés sur un temps resserré en suivant les « réactions épidermiques » d’un groupe choqué par son retour au bercail après une tournée au Liban, en Hongrie, en Russie et aux Pays-Bas. « C’est vrai qu’on n’a passé que deux ou trois jours à Beyrouth par exemple, mais, physiquement, il se passe quelque chose, ça brasse. Ici, c’est plus uniforme. Quand tu mets des barbelés et que tu t’assois sur ton tas d’or, tu crées une citadelle. C’est le danger des démocraties. »

Pour traduire sur scène ces émotions à vif, le groupe commence aujourd’hui une tournée en clubs, avant de monter en puissance avec Elysée-Montmartre le 12 décembre et quelques Zénith l’an prochain. Tout en guitares électriques, ondes Martenot et gros saxo, la formation y chante ses comptines lettristes (Latuvu), ses poèmes de Vian (Je voudrais pas crever) ou de Joyce Mansour (Chanson pour pieds), l’amie d’André Breton, la surréaliste d’Alexandrie. Elle avait le verbe cru. Déterminée, caustique, abrasive : une tête bien faite.

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Ttes Raides (Les) - Fragile | critique musique

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Musique > Têtes Raides (Les) - Fragile

Têtes Raides (Les) - Fragile

par Zdenek Chercher sur amazon.fr

Groupe : Les Têtes Raides

Maison de disque : Jamais j’dégueule / Warner Music

Année de parution : 2005

Têtes Raides (Les) - Fragile

Têtes à têtes

Identité qui réside également dans les contributions vocales et textuelles de Christian Olivier. Une voix de stentor (et à l’accent anglais à tronçonner qu’on adore) qui s’épanche d’écrits souvent énigmatiques, toujours poétiques (entre rugosité du parler franc et automatisme des esprits libres), parfois vindicatifs (le frénétique Constipé) mais diaboliquement nécessaires. En prime, la bande offre une mise en sons d’un indispensable Boris Vian (Je voudrais pas crever, à l’appropriation habitée) et d’une moins connue Joyce Mansour, auteure égyptienne tout aussi percutante et débridée (Chanson pour pieds). Question organes vocaux, on remarque aussi cette habitude de la multiplicité déglinguée, à l’image de Latuvu où viennent s’époumoner Rachid Taha, Didier Wampas, Mika Pusse, l’hallucinée Jasmine Vegas et la voix de The Ex. On rencontre d’ailleurs le (cultissime) groupe punk néerlandais sur l’enflammé et rageur De kracht et ses crescendos bruitistes. Et pour en finir avec les invités, on ne manquera pas de souligner les arrangements (d’une belle et funeste mélancolie) opérés par Romain Humeau (Eiffel en solitaire) sur L’Oraison, ou la participation de Christine Ott aux ondes Martenot sur Le Raccourci. En bonus de ce disque qui se suffirait à lui-même, on appréciera le DVD et son documentaire sur l’enregistrement de cette nouvelle galette (des slips, des délires, des collaborations...).

Bien loin du rock bastringue qui fait les grands jours des néo-hippies et autres chanteurs de camping, les Têtes Raides suivent une voie pavée d’exigence et de liberté de ton décalée. En perpétuel renouvellement tout en creusant leurs propres sillons, ils font du plus simple appareil un bouillonnement créatif, et demeurent parmi les indétrônables/impérissables du rock français (car c’est bien de rock qu’il est question). Fragile rejoint sans effort nos favoris, aux côtés des Oiseaux, de Mange tes morts et Chamboultou.

Les Têtes Raides - Fragile

1.Je préfère

2.Fragile

3.Je voudrais pas crever

4.Latuvu

5.L’Oraison

6.Je préfère cpomprendre

7.We gonna love me

8.Lové-moi

9.Constipé

10.Le Raccourci

11.Houba

12.Les Animaux

13.Chanson pour pieds

14.Je comprends

15.De krach

Zdenek

le 07/11/2005

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VOIR.CA - Montreal - Musique - Jean Laurendeau

VOIR.CA - Montreal - Musique - Jean Laurendeau

Plénitude et résonances

28 et 29 oct 2005

Oratoire St-Joseph

27 octobre 2005

Jean Laurendeau

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Macro-ondes

Réjean Beaucage

Jean Laurendeau : "Je demeure vraiment étonné que cet instrument n’ait pas été davantage adopté par les compositeurs." Photo : Réjean Beaucage

L’ondiste Jean Laurendeau participera à la création mondiale de Plénitude et Résonances, une œuvre écrite pour souligner les 100 ans de l’oratoire Saint-Joseph.

Jean Laurendeau est un grand expert en matière d’ondes Martenot, cet étrange instrument de musique électronique inventé à la fin des années 20 par Maurice Martenot, à qui il a par ailleurs consacré une biographie faisant autorité (Maurice Martenot, luthier de l’électronique, Louise Courteau éditrice, 1990). Mais pourquoi se lancer dans l’apprentissage d’un tel instrument, toujours marginal au début des années 60, alors que l’on est déjà un excellent clarinettiste à l’emploi de l’Orchestre symphonique de Québec ? Jean Laurendeau, qui est le fils du journaliste et grand intellectuel André Laurendeau, explique : "Mon père animait à Radio-Canada une émission de télévision qui s’intitulait Pays et Merveilles (1953-1961) et un jour, la "merveille", c’était les ondes Martenot, que Ginette, la sœur de Maurice, était venu présenter. Comme mon père savait que j’étais intéressé par la musique contemporaine, il m’a invité à la rencontrer. J’avais vaguement entendu parlé de l’instrument, mais assez pour être intéressé. Ginette Martenot était tellement convaincante qu’à peine descendu de la voiture avec laquelle nous étions allés la chercher à l’aéroport, j’étais accroché. À partir du moment où je l’ai vue faire une démonstration de l’instrument, avec cette sonorité sublimé par rapport aux sons que l’on connaissait, et ce contrôle qu’en a l’interprète, je suis devenu un défenseur des ondes Martenot. C’était en 1956 et je ne suis allé apprendre l’instrument à Paris qu’en 1962."

C’est le compositeur Gilles Tremblay qui lui a en quelque sorte donné le coup de grâce en lui disant : "Tout musicien qui se respecte devrait avoir fait au moins une fois dans sa vie un son filé aux ondes Martenot." Quelques semaines plus tard, et pour trois ans, Jean Laurendeau apprenait à manier l’instrument auprès de Jeanne Loriod à l’École normale de musique de Paris.

De retour chez nous, Jean Laurendeau partagera ses talents d’interprète entre la clarinette et les ondes Martenot, un instrument pour lequel chacun voudra écrire une pièce, de Gilles Tremblay, lui-même ondiste, à Claude Vivier, en passant par José Evangelista, Walter Boudreau, Michel Gonneville ou Jacques Hétu, pour n’en citer que quelques-uns. Les personnes curieuses d’entendre l’instrument seraient bien avisées de se procurer le tout récent disque de l’électroacousticien Gilles Gobeil, Trilogie d’ondes (chez Empreintes digitales), qui met en vedette une autre ondiste québécoise de premier plan, Suzanne Binet-Audet.

Jean Laurendeau participera à la création d’une œuvre de Pierre Grandmaison, Plénitude et Résonances, un oratorio pour double chœur, orgue, ondes Martenot et orchestre symphonique, qui sera présenté à l’oratoire Saint-Joseph afin d’en souligner le centenaire. Avec l’Orchestre métropolitain des grands soirs (97 musiciens), sous la direction de Julian Wachner, Philippe Bélanger à l’orgue dont il est le titulaire, les chœurs de l’Université McGill, de l’église Saint-Andrew et Saint-Paul ainsi que les Petits Chanteurs du Mont-Royal !

"C’est l’Orchestre métropolitain qui m’a approché, explique l’ondiste, et j’ai par la suite contacté Pierre Grandmaison pour discuter de la partition." Était-il étonné qu’on lui propose une telle création aujourd’hui, alors que les œuvres qui intègrent les ondes Martenot semblent se faire de plus en plus rares ? "C’est plutôt le contraire qui m’étonne ! Qu’il n’y en ait pas plus souvent. Je demeure vraiment étonné que cet instrument n’ait pas été davantage adopté par les compositeurs. En ce qui concerne l’œuvre de Pierre Grandmaison, le grand héros, ce sera le chœur, mais les ondes Martenot y font des interventions très significatives." Une création de grande envergure...

Les 28 et 29 octobre

À la basilique de l’oratoire Saint-Joseph

En ondes depuis 1928 ! votez pour ce commentaire

C’est fou comme le temps peut filer et, malgré tout, des trucs trouvent le moyen de passer inaperçus, ces curieuses "ondes Martenot", par exemple. Vous en aviez déjà entendu parler avant maintenant, vous ? Et, plus encore, entendu le son ? Tout de même... et dire que ça résonne depuis 1928, depuis qu’un ingénieur français du nom de Maurice Martenot (né au 19e siècle) a inventé son instrument de musique électronique.


Le Monde.fr : Curiosités et raretés du patrimoine musical au Carrousel du Louvre

Le Monde.fr : Curiosités et raretés du patrimoine musical au Carrousel du Louvre

Il ne faut pas se tromper : si l’on manque la salle d’exposition principale du Salon du patrimoine 2005, plus particulièrement consacré, cet automne, à la musique, on se retrouve dans un espace qui pourrait tout à fait être le lieu d’exposition pour carreleurs et maçons, où rien ne nous est caché de l’art du mastic traditionnel, du ravalement des murs à la chaux, des tentures chamarrées et des serrures à l’ancienne. Mais c’est cela aussi, le charme du Salon du patrimoine, qui se tient dans les sous-sols du Carrousel du Louvre, à Paris, du jeudi 3 au dimanche 6 novembre. Et ce n’est pas parce que la facture d’instruments rares et anciens occupe le centre des espaces d’exposition, que les métiers fondamentaux de lavie patrimoniale française sont oubliés.

La direction du Salon l’a rappelé dans la présentation de cette onzième édition : la vie des institutions et des métiers français liés au patrimoine est représentée par plus de 200 exposants ­ - restaurateurs, artisans d’art et entreprises, collectivités territoriales, groupements professionnels, associations, secteurs de l’édition et de la presse, écoles et musées.

UN STEINWAY DU DÉBARQUEMENT Le Salon, dont la thématique s’énonce en trois points, "Restauration", "Conservation", "Mise en valeur", ratisse large dans le champs des applications pratiques : de l’immatériel, ou presque (de l’édition de manuscrits médiévaux jusqu’à la coédition, avec les éditions Fayard, du nouveau livre de l’historien Jean-Michel Nectoux, éditeur de la correspondance de Fauré, ou de la biographie de Lucie Kayas consacrée à André Jolivet, soutenues par la Fondation Francis et Mica Salabert) au très matériel, représenté par une myriade d’instruments, restaurés ou copiés d’après des originaux, notamment des instruments à clavier.

Les clavecins et pianofortes sont légion, mais aussi des instruments plus récents, comme l’un des 4 000 pianos Steinway droits vert kaki, commandés par l’armée américaine pour les troupes qui avaient débarqué en Normandie le 6 juin 1944, restauré après 500 heures de travail pour le Mémorial de la Paix de Caen. En revanche, la vedette du Salon 2005 devrait sans doute être ce qui est sur le point d’être authentifié comme le piano de voyage de Mozart, exhumé lors d’une vente à Chartres, en 1993, et remis en état depuis par le restaurateur d’instruments anciens Johannes Carda.

Le promeneur s’intéressera certainement à des maquettes de salles non construites (un projet resté lettre morte de Viollet-le-Duc pour une grande salle de concert ­ - une tradition obstinément entretenue à Paris) ou sur le point d’ouvrir (le nouveau Théâtre Marinsky de Saint-Pétersbourg, imaginé par l’architecte français Dominique Perrault ; l’Opéra Garnier restauré de Monte-Carlo).

Des présentations, tables rondes et concerts alternent curiosités et raretés, érudition et pédagogie. Ainsi, le vendredi 4, trois ateliers concerneront tour à tour les ondes Martenot (présentées par Nadia Ratsimandresy, l’université Pierre-et-Marie-Curie et le Laboratoire d’acoustique musicale), la collection d’instruments à cordes du violiste José Vázquez et la "nyckelharpa", une vièle à archet scandinave (par Jean-Claude Condi et Eléonore Billy).

Arrivé un peu avant la foule des invités de la soirée de vernissage, le mercredi 2 vers 18 h 30, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la culture et de la communication, a inauguré le Salon. Dès le jeudi 3 novembre, les lieux auront été ouverts au grand public qui devrait s’y presser jusqu’à la fin de la semaine. On attend cette année, comme pour chaque édition du Salon, plus de 20 000 visiteurs.

Salon du patrimoine culturel : restauration-conservation-mise en valeur. Carrousel du Louvre, 99, rue de Rivoli, Paris-1er. Accès direct par le 99, rue de Rivoli, par le Musée du Louvre et par le jardin des Tuileries. Du 3 au 6 novembre. Jeudi, vendredi et samedi de 10 heures à 19 heures, dimanche de 10 heures à 18 heures. Métro : lignes 1 et 7, station Palais-Royal - Musée-du-Louvre. De 5 € à 11 € ; gratuit pour les moins de 12 ans. L’entrée donne libre accès, dans la limite des places disponibles, aux conférences, ateliers, expositions... Tél. : 01-49-53-27-00. Sur Internet : www.patrimoineculturel.com/france/index.htm. Renaud MachartArticle paru dans l’édition du 04.11.05

Salon du patrimoine culturel 2005 11e édition au Carrousel du Louvre à Paris, du 3 au 6 novembre


Philippe B

Philippe Bélanger et Pierre Grandmaison Cent ans à l’oratoire Saint-Joseph Accueil Sommaire Article La Scena Musicale Recherche La Scena Musicale - Vol. 11, No. 2 octobre 2005

Philippe Bélanger et Pierre Grandmaison Cent ans à l’oratoire Saint-JosephPar Réjean Beaucage / 18 octobre 2005

Une création musicale de grande envergure soulignera la clôture des célébrations du centenaire de l’oratoire Saint-Joseph. Avec plus de 400 interprètes, l’oratorio de Pierre Grandmaison Plénitude et Résonances sera sans aucun doute la création la plus importante de l’année à Montréal.

Lorsqu’il a été nommé titulaire des grandes orgues Beckerath de l’oratoire Saint-Joseph, en 2002, Philippe Bélanger a dû commencer à penser assez rapidement à la façon dont il entendait marquer le centenaire de l’institution sise sur le flanc nord-ouest du mont Royal. « En effet, explique-t-il, dès mon arrivée, on était en plein dedans et ça m’a plongé rapidement dans l’histoire et la réalité de ce lieu, parce que ça débutait dès octobre 2004, alors ça venait rapidement. On me demandait de soumettre mes idées et celle d’une création était visiblement la bienvenue. Je n’avais certainement pas le temps de composer quelque chose moi-même, mais je savais que Pierre Grandmaison avait déjà composé une Messe solennelle pour les célébrations du 350e anniversaire de Montréal (1992), entre autres œuvres, et je connaissais aussi, pour l’avoir souvent entendu improviser, son côté créatif s’exprimant en dehors du strict cadre liturgique. Je lui ai donc proposé l’idée d’écrire un oratorio et nous avons beaucoup discuté des formes que ça pourrait prendre. Pierre étant un grand liturgiste, il avait de bonnes idées sur la direction que pourrait prendre une telle œuvre et puis un jour nous avons soumis le projet qui, finalement, a été accepté. L’idée est de mettre en valeur la réalité acoustique et historique de l’oratoire à travers une expérience musicale et sensorielle. »

On connaît surtout Pierre Grandmaison comme titulaire des grandes orgues Casavant de Notre-Dame à Montréal, depuis 1973. Son catalogue compte, outre la Messe solennelle précitée, une Messe «  Notre-Dame de Montréal » pour le 150e anniversaire du diocèse de Montréal (1986) et une messe en l’honneur de Marguerite d’Youville (1991). «  J’ai aussi composé des motets, précise-t-il, de même qu’une symphonie, qui est toujours dans l’ordinateur... La Symphonie Theos pour choeur, orgue et grand orchestre (1988) est dédiée à Jean-Paul II, à qui j’ai d’ailleurs remis la partition. Je suis très attiré par la musique sacrée, probablement par déformation professionnelle, étant plongé dans la liturgie près de 365 jours par année. Cela étant dit, je ne détesterais pas relever le défi de faire de la musique de film, comme j’en ai déjà fait pour Walt Disney ou pour la télévision. »

In situ

La basilique de l’oratoire, inaugurée en 1955, est un lieu impressionnant qui peut accueillir 3 500 personnes assises et son dôme est le plus grand au monde après celui de Saint-Pierre de Rome, des caractéristiques qui ont évidemment un impact sur la musique que l’on y interprète. « Je fréquente l’oratoire depuis ma plus tendre enfance, explique Pierre Grandmaison, alors que j’allais y écouter le prédécesseur de Philippe [Raymond Daveluy a été titulaire de l’instrument dès son inauguration en 1960, et jusqu’en 2002]. J’ai donc appris à connaître l’oratoire et son acoustique, et toute la mystique interne de ce lieu qui est assez unique. Ce qui m’a toujours impressionné, c’est bien l’acoustique, et je peux dire que j’aimerais avoir l’équivalent à Notre-Dame ! Plénitude et Résonances a bien sûr été pensée en fonction des caratéristiques particulières de l’endroit. »

L’effectif rassemblé pour interpréter l’œuvre est à lui seul impressionnant : on compte l’Orchestre Métropolitain du Grand Montréal gonflé à 97 musiciens et accompagné des chœurs de l’université McGill, de l’église Saint Andrew et Saint Paul et du chœur des Petits Chanteurs du Mont-Royal (ce dernier sous la direction de Gilbert Patenaude), avec Jean Laurendeau aux ondes Martenot et Philippe Bélanger à l’orgue. Le choix du chef attitré de Opera McGill, Julian Wachner (lui-même compositeur et organiste), pour diriger l’ensemble n’est pas gratuit, comme l’explique Philippe Bélanger : « Les organistes sont habitués à devoir gérer l’acoustique, manipuler la réalité de réverbération d’un lieu ; quelquefois, ça pourra nous empêcher de faire certaines choses, mais ça en permettra d’autres. Les organistes qui donnent souvent des concerts dans des lieux différents doivent s’adapter à l’acoustique et cela devient un art en soi. Pierre est un organiste/compositeur qui a tenu compte de ces paramètres particuliers dans son travail et le fait que ce soit dirigé par un autre organiste/compositeur est important parce que ce dernier comprendra clairement l’intention du compositeur. On entend quand même rarement des orchestres dans des lieux qui ont plus de 9 secondes de résonance. Je pense que l’on passerait complètement à côté en jouant cette œuvre dans une salle de concert à l’acoustique sèche. »

Le compositeur créé même des effets en plaçant des cuivres et des chœurs dans le dôme ! « C’est une œuvre très spatialisée, confirme-t-il ; par exemple, j’ai deux groupes de timbales, à gauche et à droite, avec lesquels je fais des effets stéréophoniques. » Et l’utilisation des ondes Martenot arrive un peu comme une surprise pour une œuvre de ce genre. Pierre Grandmaison précise : « sans copier personne, j’ai beaucoup étudié les partitions de Honegger et Messiaen, que je considère comme des maîtres de l’écriture pour cet instrument. De plus, comme j’ai une immense orchestration (15 bois, 7 cuivres, 5 percussionnistes, les claviers, et les 5 811 tuyaux de l’orgue !), j’ai consulté quelques grandes partitions. Deux des partitions qui ont été très utiles sont celle du War Requiem, de Britten, et celle du Sacre, de Stravinksi, une véritable leçon d’orchestration ! L’écriture de ma pièce est atonale, puis très tonale ; les deux se côtoient. » Philippe Bélanger ajoute : « On peut reconnaître à l’oratoire des essences d’il y a 100 ans, puis d’autres d’il y a 50 ans ; certaines sont tout à fait contemporaines, tandis que des plans se font pour l’avenir. Il y a tout ça dans cette musique. On ne célèbre pas le jour du 100e anniversaire, mais bien un siècle d’histoire. »

Le texte est basé sur ceux de l’office divin, des textes des Pères de l’Église et certains textes de l’Apocalypse. Le compositeur précise : « C’est une œuvre religieuse, mais concertante ; elle n’est pas liturgique. Elle est en cinq mouvements qui sont autant d’états, et construite en forme d’arche, le troisième mouvement, Hymne d’actions de grâce, étant passablement actif ; on monte vers un sommet de luminosité pour redescendre vers une luminosité intérieure. »

Un événement monumental qui réserve sans doute de grandes surprises et de grandes émotions. Un événement, il faut aussi le souligner, pour lequel on ne prévoit pour le moment que deux représentations. À ne pas manquer.

Plénitude et Résonances, oratorio pour double chœur, orgue, ondes Martenot et orchestre symphonique, présenté en première mondiale le vendredi 28 et le samedi 29 octobre 2005 à l’oratoire Saint-Jospeh - 3800, chemin Queen-Mary, Montréal. (514) 733-8211 (c) La Scena Musicale 2002


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Nature urbaine

Paris

Maison de Radio France

10/15/2005 -

Henri Tomasi : Le Colibri

Arthur Honegger : Pastorale d’été, H. 31

Ottorino Respighi : Gli Uccelli

Zoltan Kodaly : Soir d’été

Maîtrise de Radio France, Toni Ramon (chef de chœur), Orchestre philharmonique de Radio France, Jakob Hrusa (direction)

La suite du week-end de spectacles gratuits (« Porte ouverte ») de Radio France rendait pleinement justice à la thématique « Musique et nature » retenue pour ces trois journées, même si, entre oiseaux et pastorales, il s’agissait ici d’une vision plutôt naïve ou idéalisée de la nature, celle de citadins s’évadant de l’agitation urbaine, ainsi que l’analyse fort justement François-Gildas Tual, dans les toujours riches notes de programme généreusement mises à disposition du public : Le rat des villes et le rat des champs, Poète et paysan et La ferme célébrités... et si l’on avait construit les villes à la campagne ?

Parmi l’abondant répertoire suscité de tout temps par les oiseaux , Le Colibri (1961), « féerie radiophonique » de Tomasi sur un livret, quasi allégorique et écologiste avant la lettre, de Francis Didelot, met en scène un jeune garçon qui, après avoir mis en cage ledit colibri, subit les justes récriminations d’une nature incarnée par un chœur d’enfants et prend alors conscience de son forfait. Difficile de ne pas penser à Ravel, voire à Messiaen : l’action et la musique rappellent, jusqu’au sifflet à coulisse, L’Enfant et les sortilèges, mais les pépiements des xylophones, la présence d’un choeur d’enfants et, il faut bien le dire, le texte ampoulé suggèrent également le compositeur des Trois petites liturgies de la présence divine.

Tomasi a composé une partition de vingt-cinq minutes, spontanée et efficace, destinée à un ensemble sui generis qu’il fait habilement sonner : trois flûtes, quatre saxophones, cor, trois trompettes, ondes Martenot, deux pianos, célesta, percussions et neuf cordes. Préparée par son directeur musical, Toni Ramon, la Maîtrise de Radio France se montre digne héritière de la Maîtrise de la Radiodiffusion française pour laquelle cet opéra de chambre avait été écrit, avec, dans les rôles de l’enfant et du colibri, deux excellentes solistes.

Décidément placé sous le signe de la nouvelle génération - jusqu’à des enfants presque livrés à eux-mêmes au balcon, importunant parfois même les musiciens par leur agitation incessante - ce concert permettait également de faire plus ample connaissance avec Jakub Hrusa, le nouveau « jeune chef associé » de l’Orchestre philharmonique de Radio France (voir ici). Davantage que dans Pastorale d’été (1920), parenthèse radieuse au sein de la production d’Honegger, le Tchèque aura surtout convaincu dans Soir d’été (1906/1930), oeuvre d’un Kodaly alors âgé, comme lui, de vingt-quatre ans, et s’apprêtant à venir en France pour compléter sa formation : malgré un effectif réduit, cette idylle se déploie avec une sonorité généreusement postromantique.

Entre temps, passant du registre de l’évocation à celui de l’imitation, Les Oiseaux (1927) de Respighi - qui s’était déjà intéressé au sujet en incluant un enregistrement de chants d’oiseaux dans ses Pins de Rome - avaient bénéficié de belles couleurs orchestrales et, bien sûr, du merveilleux hautbois d’Hélène Devilleneuve.

Simon Corley

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Fiac ou Fiac ? Portraits de quelques artistes - AgoraVox - le journal citoyen

Fiac ou Fiac ? Portraits de quelques artistes - AgoraVox - le journal citoyen

Culture et Loisirs

Fiac ou Fiac ? Portraits de quelques artistes mardi 11 octobre 2005. Ecouter cet article (mp3)

Technologie Readspeaker L’art est toujours une question de performance. C’est ce qui explique que l’art est un médium incroyablement puissant et profondément citoyen. Le Festival d’Art Contemporain de Wavignies, organisé entre le 15 et le 23 octobre 2005 par l’association Art & Go, en est la parfaite illustration, se plaçant en contrepoint idéal de la Fiac de Paris. Alors, si vous avez du flair, n’hésitez pas à venir au vernissage de ce premier festival d’art contemporain, le 15 octobre 2005 à 18h30 à l’Agora de Wavignies.

Michaël Relave nous propose une version particulière de la peinture, conçue comme art singulier ancré dans un vécu émotionnel et fantasmatique. Ce peintre utilise des techniques et des moyens souvent originaux. Il ne cherche pas à répondre à une demande conventionnelle, ni à s’adapter aux canons esthétiques de tel ou tel médium, style ou norme sociale. Au contraire, il répond à l’élan expressif qui l’anime. Le travail de l’artiste a déjà contribué à sa reconnaissance par le biais de :

-  Parution au guide Drouot des cotations d’artistes 2005

-  Art Majeur Silver Award 2004

Emilie Teillaud, tournée vers un jeu de reflets irisés, autour de la position onirique du corps, des sentiments d’une tendresse, d’une douceur et d’une énergie toutes contenues dans de fines toiles. Chacun peut y ressentir ce dont il a envie. L’originalité de son travail se situe dans la spontanéité expressive de ces corps en libération, alliant souplesse, rigidité, désir, maternité, humilité, et élan de maturité.

-  Parution au Guide Drouot cotation, LAROUSSE 2005, Galerie virtuelle Drouot

-  Art Majeur Silver Award 2005

Pascale Louis est, quant à elle, de formation classique, dans le sens où son cheminement est académique. Formée très tôt à l’école Martenot, elle puise son inspiration, façonne son jugement, dans des voyages initiatiques qui l’entraînent de l’Espagne aux Indes. A l’instar des anciens maîtres, elle maîtrise l’ensemble des techniques de son art (dessin, aquarelle, huile, collage...).

Corinne Lemoine, par son regard, interroge les visages, les corps, et en fin de compte, l’autre. Son objectif : rendre compte de l’isolement de l’être humain, de sa fragmentation, de l’interaction entre sa propre vision et le reflet que lui renvoie le monde. Le clair-obscur l’a toujours fascinée, le mystère opaque de l’ombre et l’infinie possibilité des noirs, de cette lumière qui soudain éclaire plus que tout ; il en découle un éclat interne et sacré. Le noir s’éclipse, et pose une interrogation sur le blanc, tandis que les couleurs, en tant que toniques, viennent donner leurs vibrations.

Jean-Marc Bouvier, par ses voyages, essaie de s’imprégner de cette sagesse millénaire dont l’Asie est certainement le berceau. Par la peinture et l’écriture, cet artiste extériorise son univers intérieur. Par la figuration libre, il retranscrit des visions ou des scènes imaginaires ; par ses peintures à l’encre, il tente d’exprimer des instantanés mentaux, dans une technique inspirée du Zen.

Silvia Postel, peintre et graveur, née à Buenos Aires (Argentine) en 1959, obtient le diplôme des Beaux-Arts de Buenos Aires en 1980. Ensuite, elle vient en France, où elle étudie à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, de 1982 à 1986. Actuellement, elle se consacre à la gravure, sur le thème des villes. Les gravures de Silvia sont suffisamment expressives pour être comprises, et leur message est suffisamment discret pour laisser se multiplier les interprétations. Les techniques s’enchevêtrent sans cloisonnement entre le peintre et le graveur.

Artiste peintre, Isabelle Iste peint "la gueule de ses contemporains" dans la série ’face à face". L’humain est au centre de ses préoccupations. Plus tard, avec la série "mes contemporains", ses corps énigmatiques témoignent de la difficile condition humaine, avec leurs cicatrices, leurs disgrâces aussi, sans recherche d’une esthétique actuelle, peints sans compromission, mais toujours avec compassion.

Agnès Benettot explore l’épaisseur du corps féminin, visible et invisible. Du montrer au cacher, de l’extérieur vers l’intérieur, de la parure vers l’apparence, de la peau vers la chair, du sentiment vers l’énergie, Agnès procède à un déshabillage méticuleux. Les oeuvres sont élaborées sur des supports variés, souvent légers, faits de carton, de papier, de grillage ou de mousse ; l’artiste mélange à des matériaux élaborés des matériaux naturels, tels des coquillages, des graines, des écorces, des plumes, ou encore des perles.

Mirta Tabares, artiste peintre, utilisant la technique de l’huile sur toile, impressionne par la force et la chaleur de ses couleurs, tant dans la représentation de natures mortes, que dans la peinture d’intérieurs, de paysages ou de fleurs. La série des poupées intrigue par cette présence de la seule représentation humaine, des poupées emmaillotées au regard raffiné fixant le spectateur. Qui regarde qui ?

Laurence Retamero, portraitiste, utilise quant à elle la technique figurative. Ses œuvres sont empreintes d’exotisme et incitent le spectateur au voyage.

Alors pour ceux qui souhaiteraient venir nous rejoindre lors du vernissage de ce premier Festival d’art contemporain de Wavignies le 15 octobre prochain, il suffit de consulter une carte entre Creil et Amiens, ensuite c’est fléché ...

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Musique Radio - Anis "La Chance...", premier opus surprenant dot

Musique Radio - Anis "La Chance...", premier opus surprenant doté de quinze titres.

Mercredi 12 Octobre 2005

Anis "La Chance...", premier opus surprenant doté de quinze titres.

Anis publie un premier album surprenant doté de quinze titres de très grande qualité, intitulé « La Chance... », disponible depuis peu sur Virgin France. En mai dernier, Anis est entré au studio « Gang » à Paris, studio mythique où les murs sont décorés des disques d’or de Michel Berger, Véronique Sanson, Teri Moïse, ou encore de Tété. Pour enregistrer « La Chance... », Anis s’est entouré de Mitch Olivier qui a dirigé les séances en studio, Mitch Olivier ayant déjà travaillé avec Alain Bashung et Rita Mitsouko, mais également dans le hip-hop.

« Entre nous c’était comme chat et chat ! J’ai voulu conserver le côté minimaliste pour qu’on retrouve Anis, et lorsque j’écoute l’album, je vois sa tête ! », a évoqué Mitch Olivier. Ce dernier s’est chargé du casting en contactant les musiciens, on retrouve André Villéger à la clarinette, Jean-Claude Ghrenassia à la contrebasse, Le Baron à la guitare, Roland Romanelli à l’accordéon, Monique Pierrot à l’onde Martenot et une section rythmique solide. Anis raconte son histoire en quinze chansons, « La Chance... » étant chaloupé, dansant et mélancolique.

Tout l’univers d’Anis est dans ce premier album : clarinette et piano-bastringue pour la nostalgie, harmonica frénétique et guitares nerveuses pour souligner ses formules lapidaires, et des choeurs gospels pour flatter son côté crooner, car Anis pratique aussi bien l’autodérision que l’autobiographie, avec des clins d’oeil permanents au blues. « Il n’y a pas de blues pur et dur dans mon album, mais mon rêve est de m’en approcher. Je ressens le blues dans mon âme. Quand je vois à la TV des reportages sur les femmes algériennes, je pleure, et je pense à l’histoire de nos parents », a expliqué Anis.

« Même si je n’écris pas directement sur ces sujets. Le blues, c’est l’histoire des noirs aux Etats-unis, et c’est aussi un peu la nôtre, l’histoire des émigrés et des enfants d’émigrés. C’est une musique de lutte pour l’existence. Par mes origines, je suis né avec le spleen que mes parents m’ont transmis ». Par ailleurs, dans le cadre de la présentation et de la promotion de « La Chance... », en concert depuis le 1er octobre dernier, Anis continue de se produire notamment en France jusqu’à la fin de l’année 2005, le 22 décembre.

Voici les dates restantes de la tournée d’Anis :

* 14/10 : « Espace Chambon » - Cusset (03)

* 15/10 : Langogne (48)

* 21/10 : Sannois (95)

* 22/10 : Rootsland (16)

* 28/10 : « Live Café » Gap (05)

* 04/11 : Québec - Canada

* 05/11 : Montréal - Canada

* 11/11 : « Ninkasi Kao » - Lyon (69)

* 12/11 : « Usine A Chapeau » - Rambouillet (78)

* 13/11 : « ABCD » - Orléans (45)

* 17/11 : Limoges

* 18/11 : Nantes

* 19/11 : « MJC » - Tregunc (29)

* 22/11 : Lille

* 28/11 : « l’Européen » - Paris (75)

* 29/11 : « l’Européen » - Paris (75)

* 02/12 : « Cargo De Nuit » - Arles

* 03/12 : « Taktik Collectif » - Toulouse (31)

* 08/12 : « CAT » - Bordeaux (33)

* 09/12 : « Théâtre » - Pau (64)

* 10/12 : « Association Entracte » - Mugron (40)

* 13/12 : « Centre Culturel » - Fontenay-Sous-Bois (94)

* 16/12 : « Observatoire » - Cergy-Pontoise (95)

* 17/12 : « Service Culturel » - Clamart (94)

* 22/12 : « Laiterie » - Strasbourg (67)

Réservez vos places de concerts !

Voici le tracklisting du premier album « La Chance... » d’Anis :

* 01 - « Avec Le Vent »

* 02 - « Bistro »

* 03 - « Mon Métro »

* 04 - « Cergy »

* 05 - « Intégration »

* 06 - « J’aurais Voulu Etre Un MC »

* 07 - « Peut-être Bien »

* 08 - « Pensées Amères » (Intro)

* 09 - « Pensées Amères »

* 10 - « Louise Et Thelma »

* 11 - « Oisif »

* 12 - « La Preuve Par 1000 (Mahlich Boy) »

* 13 - « Le Sommeil »

* 14 - « Nobody Knows You »

* 15 - « Reggablues »

Télécharger le premier album « La Chance... » d’Anis !

Commander le premier album « La Chance... » d’Anis !

Ecoutez le « Carte Blanche » sur Musique-radio.com !

Site Officiel d’Anis


Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Histoire d’une oeuvre

Radio France > Orchestres, choeurs et concerts > Fantastique > Histoire d’une oeuvre

parution du 03/10/2005

n° 143

Henri Tomasi

© dr

Tomasi : le Colibri

Le Colibri ? Un opéra de chambre en un acte composé par Henri Tomasi sur un texte de Francis Didelot. Destiné à un soprano léger, un mezzo soprano, un chœur à deux voix égales et un orchestre, ce conte radiophonique fut créé le 20 juin 1961 par la Maîtrise de la Radiodiffusion française. Il nous revient le 15 octobre à 17h, sous la direction de Jakub Hrusa, en compagnie de la Maîtrise et de l’Orchestre Philharmonique de Radio France.

Dédié à la Maîtrise de la Radiodiffusion française, le Colibri révèle toute l’admiration que portait Henri Tomasi à cette formation vocale exceptionnelle, particulièrement attachée à création et à la défense de la musique française. L’œuvre rappelle aussi combien la Maîtrise, en retour, appréciait elle aussi ce compositeur, au point de créer plusieurs de ses œuvres, parmi lesquelles la Messe de la nativité, sur de vieux noëls provençaux, à Saint-Michel de Frigolet en 1960, les Douze Noëls de Saboly en 1961, la Chèvre de Monsieur Seguin, conte lyrique donné en 1964 en compagnie de Jacqueline Maréchal et d’André Vessières, ainsi qu’une ballade sur un texte d’Alphonse Daudet, Monsieur le sous-préfet, interprétée en 1966 sous la direction de Jacques Jouineau.

Mais le Colibri, c’est surtout, pour les plus jeunes comme pour les plus vieux, un merveilleux regard sur l’enfance, dont on serait tenté, de comparer le livret avec celui, si célèbre, de l’Enfant et les Sortilèges, de Colette pour Ravel. Un enfant espiègle, insolent et têtu, dont les aventures réelles ou imaginaires sont parmi les étapes nécessaires à son initiation et à son cheminement vers l’âge adulte. Malgré toutes les tentatives de la forêt et de ses habitants pour l’en empêcher, l’enfant attrape un colibri et l’enferme dans une cage. Oiseau et animaux se taisent, tandis que les fleurs se referment. Déçu, l’enfant s’endort et, dans un terrible cauchemar, se retrouve face à son prisonnier, devenu diable noir. A son réveil, il relâche le colibri, et rend vie à toute la forêt.

Un opéra pour tous les sens

Sonores, olfactives ou visuelles, toutes les images utiles sont là : sifflements de serpents, coassements de grenouilles, grondements des chats-tigres et, bien sûr, chants d’oiseau. Cette forêt aurait pu aussi être celle, animée par les appels du coucou, de Hänsel et de Gretel. Mais n’est pas Colette ou Adelheid Wette qui veut. L’accumulation de figures apporte ici plus de lourdeur que d’efficacité à la rhétorique littéraire : « Fleurs hallucinantes, feuilles palpitantes, lianes étouffantes, enveloppantes, ardentes, grisantes, suffocantes... »

On imagine facilement ce qu’un tel texte donnerait traduit mot à mot par la musique. Henri Tomasi ne s’inquiète guère de ces détails et, sans abandonner l’ancienne pratique du figuralisme (la terrible chute de l’enfant), se souvient que le théâtre craint les longueurs. Avec le même écrivain, il a déjà conçu un opéra bouffe, Princesse Pauline, qui sera créé en 1962 par l’Orchestre Radio-lyrique de l’ORTF. Une fois encore, il parvient à tirer profit de ces mots simples et clairs, trouve un juste équilibre entre la concision indispensable à la tension dramatique et le développement nécessaire aux objets musicaux. Jamais la ligne mélodique n’insiste sur les formules répétitives du livret qui, en retour, lui offre un plus vaste espace pour s’exprimer. Jamais le chant n’a besoin de s’imposer pour lui-même, et le rôle de l’enfant privilégie la simplicité et le naturel. Les mots, finalement, s’effacent derrière les rimes et les allitérations, sans rien perdre de leur sens.

Défendant un « théâtre pour le grand public », Henri Tomasi explique avoir gardé de ses origines méditerranéennes et de ses souvenirs corses et provençaux le goût pour la pleine lumière et les ombres profondes. Aux demi-teintes, il préfère « ce qui est construit, ce qui est net, ce qui est sain. On donne trop dans le morbide, à l’heure actuelle. Rien ne vaut la nature et le soleil ». Une clarté que son esthétique ne remet pas en cause, se cherchant une voie personnelle à travers un paysage musical en pleine mutation, sans vraiment regarder du côté de l’avant-garde et en oubliant les références trop ressassées au leitmotiv wagnérien et à la récitation debussyste. Dans son article, publié dans la Revue musicale en 1956, « Pour un théâtre lyrique qui ne soit pas déraciné », le compositeur rappelle que le genre a ses lois, et que celles-ci ne peuvent être négligées :

« Ce qui est certain, c’est qu’il faut faire chanter les chanteurs, et danser les danseurs, vérité première qu’on se voit obligé, hélas, de rappeler aujourd’hui. Laissons donc la comédie aux comédiens, les chanteurs ne sont pas faits pour déclamer, il ne faut pas l’oublier. Il est toujours dangereux de mélanger les genres dans l’opéra. Les précédents de Wagner et de Debussy sont exceptionnels et il n’est pas recommandé de les suivre dans cette voie. Les oppositions sont indispensables. Il faut donc une grande variété et des contrastes dans les scènes. Les modulations sont d’une importance capitale. Tous les langages harmoniques sont valables pourvu qu’ils soient employés à bon escient, selon la nécessité (...) Tout en n’ayant pas craint d’employer souvent les moyens d’expression les plus modernes, je suis resté un "mélodiste", car je persiste à croire que la mélodie est une des bases fondamentales de la musique. Quant au procédé du leitmotiv employé par Wagner, je n’en suis pas partisan. J’estime même que c’est une erreur. Il est, à mon sens invraisemblable et trop simpliste d’habiller toujours un personnage avec le même thème, qui devient alors un carcan. Un personnage peut avoir des sentiments divers, voire contradictoires. Les états d’âme varient et mes thèmes changent avec eux. Si je les reprends, c’est sans insistance. Il ne fait pas de doute que ce système primaire du leitmotiv a fait faillite, de même que le récitatif debussyste. »

Les vocalises du volatile

Bien sûr, les vocalises du volatile sont ici comme un refrain, et l’orchestre, avec ses vents, ses ondes Martenot et ses percussions, a là tout ce qu’il lui faut de situations différentes, heureuses ou tristes, effrayantes ou apaisantes, pour varier ses effets. Faut-il alors voir dans le Colibri un simple divertissement destiné au jeune public ? Si le chœur ajoute à l’onirisme de la scène, il raccourcit également les distances entre le rêve et la réalité dans la mesure où l’absence de représentation empêche de savoir si tout cela n’est pas que le seul fruit d’une imagination débordante. Préservée par la version radiophonique, cette ambiguïté rendrait même la mise en scène inutile. Mais parce que du conte se dégagent, parfois trahis par l’indiscrétion psychanalytique (celle de Bruno Bettelheim par exemple, dans sa Psychanalyse des contes de fées), des pensées et des rêves que nul enfant ne sauraient décrypter, parce que se cachent, derrière son apparente innocence, un regard sur la réalité que ne pourraient remettre en question toutes les considérations sur le soi-disant réalisme de l’histoire, il convient de se laisser transformer par la fable comme l’enfant lui-même a été transformé.

« Comprendra-t-il la leçon des phantasmes ? », s’interroge Henri Tomasi. « Oui, quand l’aube se lève et qu’il s’éveille, l’enfant ouvre la porte au prisonnier ailé. Et le colibri pique vers le ciel bleu, vole, vole toujours plus haut, dans la griserie de sa voix retrouvée avec la liberté. » Bien que l’on n’aille pas à l’opéra pour y être encore cerné par sa vie quotidienne, et bien que l’on y préfère même tenter de l’oublier (« Pour un théâtre lyrique »), il se dégage du Colibri une morale très simple sur les libertés volées et les atteintes de l’homme à la nature. Sujet encore d’actualité, et d’autant plus indémodable que, au contraire de l’enfant dont l’amélioration passe nécessairement par l’erreur et la faute, l’adulte tarde à s’assagir et à faire bouger les choses.

François-Gildas Tual

Ce concert sera diffusé le mercredi 26 octobre à 15h sur France Musique.

en savoir plus sur le concert du 15 octobre à 17h

voir le site de l’Association Henri Tomasi

Tomasi : le Colibri

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Pour fêter les 50 ans d’enseignement MARTENOT en Suisse et l’ouverture d’un atelier à Meyrin EXPOSITION du 18 au 3 juillet 2005 (du mercredi au dimanche de 14 h 30 à 18 h 30) Vernissage : Vendredi 17 juin dès 17 h 00 Conférence : dimanche 26 juin à 17 h 00 " Perspectives sur l’enseignement des Arts Plastiques" par Jeannine Falk-Vairant et Clairemonde Nicolet Verrée de clôture : dimanche 3 juillet dès 17 h 00 VILLA DU JARDIN ALPIN Chemin du Jardin Alpin 7 1217 MEYRIN Tel : 022 782 32 87 (...)

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Libération

Libération : Jean-Luc Lagarce pris aux mots Théâtre. Aux Déchargeurs, une interprétation juste de l’effrayant « Juste la fin du monde ».

Jean-Luc Lagarce pris aux mots

Par Jean-Pierre THIBAUDAT

mardi 27 septembre 2005 (Liberation - 06:00)

Juste la fin du monde, de Jean-Luc Lagarce, m.s. Jean-Charles Mouveaux, théâtre des Déchargeurs,

3, rue des Déchargeurs, Paris Ier.

Jusqu’au 19 novembre. Mar-sam 20 h 15. Rens. : 01 42 36 00 02.

l y a quelque chose d’étrange et d’attendrissant à voir de jeunes acteurs dire leur amour pour Jean-Luc Lagarce sur la petite scène du théâtre des Déchargeurs fondé par Vicky Messica. Ce dernier était la vedette de l’émission de Jean-Pierre Rosnay, le Club des poètes (et de son rituel nul et entêtant : « Bonsoir, amis de la poésie, bonsoir. ») Avec son écharpe blanche enserrant sa glotte torturée, il se lançait dans du Cendrars, accompagné par un type qui lutinait des ondes Martenot. Jean-Luc Lagarce a sans doute vu un soir ou l’autre cette émission qui condensait tout ce qu’en art il détestait : l’emphase, le trémolo, le tripal. Vicky Messica est mort, drapé dans son linceul immaculé d’acteur maudit, Jean-Luc Lagarce a disparu sans avoir vu sa pièce Juste la fin du monde, montée sur une scène ou même éditée : elle faisait peur. Aujourd’hui, dans la salle Vicky-Messica, l’Equipe de nuit (c’est le nom de la jeune compagnie) la propose et elle fait rire. Ironies conjuguées de la postérité.

Le canevas est simple : Louis (Hugo Dillon), 34 ans, revient en province dans sa famille pour dire qu’il va mourir. Il y a là sa soeur Suzanne, son frère Antoine, Catherine l’épouse d’Antoine, et la mère. Il y a longtemps qu’il n’est pas venu (il n’était pas là au mariage de son frère, n’a pas vu pousser ses neveux), il est attendu. Tous parlent, tous vident leur sac de paroles longtemps retenues : la parole est le nid de leur malaise, de leur difficulté à dire, de leur gêne face au silence de Louis qui repartira sans avoir rien dit ­ il mourra l’année suivante.

Parade. Les professeurs qui enseignent Lagarce ­ il est désormais au programme des écoles ­ soulignent l’unité de temps, de lieu et d’action de la pièce, condensée comme une tragédie. Sur l’étroite scène des Déchargeurs, cette condensation confine à l’étouffement : les acteurs manquent d’air pour déployer leurs mots et leur corps. Le metteur en scène Jean-Charles Mouveaux (chef de l’Equipe de nuit), qui est tombé dans les oeuvres complètes de Lagarce voici cinq ans (il veut monter ses Trois Récits et Retour à la citadelle), a trouvé la parade. Inscrite au coeur de la pièce dans le grand monologue (chacun le sien) de la mère (Renée Gincel, parfaite), qui, dans un décalage propre aux personnages lagarciens (mi-acteur, mi-spectateur), raconte au futur ce à quoi on vient d’assister : « Ils voudront t’expliquer et il est probable qu’ils le feront/(...) ils auront peur du peu de temps et ils s’y prendront maladroitement et cela sera mal dit ou dit trop vite, d’une manière trop abrupte. »

C’est ainsi que le metteur en scène dirige ses acteurs, les excellentes Jeanne Arènes (Catherine) et Mélissa Drigeard (Suzanne), dans un phrasé à haut débit, provoquant, si l’on peut dire, un comique de précipitation, face visible d’un mal à dire dont une chanson d’Aznavour (Je t’attends), ajoutée mais tombant juste, montrera le pendant corporel.

Sourde révolte. Jean-Charles Mouveaux interprète aussi (impeccablement) le rôle d’Antoine, l’un des plus beaux personnages de l’auteur. C’est lui, écrasé par l’aîné et son aura, qui dressera à la fin devant son frère, un impitoyable miroir, sourde révolte en forme d’aveu qui s’achève dans une précaire et bouleversante complicité. On est passé du rire aux larmes. L’épilogue de la pièce n’a plus qu’à jouer les équilibristes.


La rentrée à Montréal

La rentrée à Montréal Accueil Sommaire Article La Scena Musicale Recherche La Scena Musicale - Vol. 11, No. 1 septembre 2005

La rentrée à MontréalPar Réjean Beaucage / 22 septembre 2005

Grands ensembles

Orchestre Métropolitain du Grand Montréal (OMGM)

Création à l’Oratoire

L’OMGM participera aussi à la création d’une œuvre de Pierre Grandmaison composée pour célébrer le centenaire de l’Oratoire Saint-Jospeh. Plénitude et Résonances, un oratorio pour orgue, double chœur, ondes Martenot et orchestre symphonique. L’OMGM sera augmenté pour l’occasion des chœurs de l’Université McGill et de l’église Saint-Andrew et Saint-Paul, sous la direction de Julian Wachner et du chœur des Petits Chanteurs du Mont-Royal, dirigé par Gilbert Patenaude. Le soliste principal sera Philippe Bélanger, titulaire des grandes orgues Beckerath (1959) de l’Oratoire. Les 28 et 29 octobre, 19h30. http://www.saint-joseph.org

http://www.scena.org/lsm/sm11-1/rentree-montreal.htm


Le Guide.be - Alors l

Le Guide.be - Alors là, bravo Zazie ! Un satellite du Soir en Ligne

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Alors là, bravo Zazie !

Sur la grande scène bruxelloise, Zazie a conjugué une fois de plus talent et tempérament. Photo Dominique Duchesnes.

La chanteuse française a rempli Forest-National vendredi et samedi.

CRITIQUE

THIERRY COLJON

Pour avoir découvert en juin, à Lille, ce nouveau spectacle de Zazie, on savait qu’on allait passer un bon moment vendredi. Le succès de la chanteuse française est tel aujourd’hui qu’une seconde soirée dut être ajoutée le lendemain, également comble. Une bonne raison pour choisir Bruxelles pour l’enregistrement de son CD et DVD « live », comme ce fut le cas en 1999 aux Halles de Schaerbeek pour l’album « Made in live ».

Pour cette tournée, Zazie ne voulut pas une, mais deux premières parties. Ainsi Vincent Baguian (avec qui, lors de la dernière tournée, elle chantait son « Je ne t’aime pas », écrit par Vincent) et Clarika font-ils partie du voyage. Tous les deux ont cet air décalé, avec un petit air de cabaret, qui plaît à Zazie. Vincent et Clarika termineront d’ailleurs ensemble leur set respectif par la reprise de « Je ne t’aime pas ».

Au tour de Zazie de non pas monter sur scène, mais y venir en descendant des cintres, comme sur la pochette de son dernier album, « Rodéo ». Nous avions détaillé le menu de ce spectacle dans nos éditions du 11 juin. En comparaison avec ce que nous avons vu vendredi, on peut dire qu’il est aujourd’hui bien rodé, que Zazie y a fait très peu de modifications. Elle a gardé toutes ces bonnes idées qui sont de faire siffler le public sur un inédit, de reprendre le « Maniac » du film « Flashdance », de bien mettre en valeur son groupe (dont le grand bassiste bruxellois Nicolas Fizsman), et surtout, de posséder cette ample scène comme nulle autre.

Zazie, toujours pieds nus, a une présence incroyable, un mélange de sensualité, de force, de culot et de science naturelle. Elle peut tout faire avec son corps, ça passe très bien. L’humour parachève le tout - comme quand elle demande au public, plutôt que d’applaudir ses musiciens, de leur lancer à tour de rôle un « Alors là, bravo... » suivi de leurs prénoms respectifs. En un mot, elle est craquante.

On sera pour une fois moins enthousiaste sur le son, qui ne nous a pas paru toujours bien mixé, vendredi. Etonnant, surtout pour un enregistrement. Par contre, on ne peut que louer, une fois de plus, le travail du metteur en scène anglais Andy Watson, qui a réussi à placer Zazie dans une cathédrale de lumières, sur une scène dépouillée aux écrans savamment utilisés, sans rien altérer de l’émotion.

Qu’elle frôle les ondes Martenot ou qu’elle fasse un « Larsen », les ondes de Zazie sont bonnes. S’il y a un léger fléchissement de la tension (et de l’attention) en milieu de concert, c’est pour mieux emporter le morceau ensuite, avec « Rue de la paix » et « Adam et Yves ». Avant de terminer par un « Zen » a cappella entourée de toute son équipe, de la scène aux coulisses et en bottes de caoutchouc jaune, rappelant que la chanteuse n’oublie pas que tout cela ne doit jamais être trop sérieux. Message reçu, Zazie... 12 septembre 2005

LES ARTICLES Elbow, l’autre Manchester united L’âme corse des Muvrini Moins de show, autant d’amour Alors là, bravo Zazie ! La fête à trois fois rien du KlaraFestival dEUS est bien vivant, il n’a pas changé ! Louise Attaque, nos retrouvailles Sur le Net et sur les ondes, c’est la salsa des démos Du bon Stones de jadis Au pays de CocoRosie Ouvrez la cage aux oiseaux folks Black Rebel Motorcycle Club au son de la liberté Villers-la-Ville à gorges déployées Goldfrapp, tous les goûts sont dans la nature Déambulez, écoutez, dansez à Euritmix Les Stones repartent pour un tour C’est juste du rock’n’roll « A bigger bang », comme jadis Bad boy et jet-setteur Le Pukkelpop offre un sacre populaire à Franz Ferdinand Le jazz à Anvers, c’est Dizzy et maintenant Le Pukkel a les coudées Franz The National : l’« Alligator » nous guette Pas de miracle pour Prodigy Maxïmo Park, l’espace vert dans la grisaille du Nord Dick Annegarn, un plouc no-landais de retour à Bruxelles, sa belle infidèle Objectif : dix jours, ouverts à tous les arts

LIENS SPONSORISES

Le magazine de la culture, des loisirs et de la vie pratique © Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2004 Courriel : Leguide@lesoir.be

http://www.leguide.be/Guide/musiques/page_5377_365655.shtml


VOIR.CA - Montreal - Musique - Rentr

VOIR.CA - Montreal - Musique - Rentrée Musique classique [

Revoilà l’automne et son déluge de concerts et récitals. Laissons sur la glace la programmation de l’OSM, en espérant un déblocage rapide. En attendant, il y a bien d’autres choses à surveiller...

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OPÉRA

En octobre, le compositeur et chef principal d’Opera McGill, Julian Wachner, dirigera l’Ensemble de musique contemporaine de McGill pour la création de son œuvre Evangeline Revisited, qui aborde la déportation des Acadiens à travers la légende d’Évangéline revisitée par Alexis Nouss. Les 19, 20, 21 et 22 octobre, 20 h, à la Salle Pollack. À noter que le même Julian Wachner dirigera l’Orchestre Métropolitain pour la création de Plénitude et Résonances, un oratorio pour double chœur, orgue, ondes Martenot et orchestre symphonique, composé par Pierre Grandmaison pour souligner le centenaire de l’oratoire Saint-Joseph. C’est là qu’on pourra y assister, les 28 et 29 octobre, à 19 h 30.

http://www.voir.ca/musique/musique.aspx ?iIDArticle=37759


Route du Rock 2005 : Chronique du dimanche

Route du Rock 2005 : Chronique du dimanche

depuis http://www.cosmosonic.com

La programmation annonçait ensuite la venue d’une chorale, c’était déjà suspect. L’oreille ouverte, curieuse, préparée à tout, on attendait ça avec circonspection, mais sans a priori. Seulement, ce n’étaient pas nos oreilles, mais nos yeux qui n’étaient pas préparés à voir débarquer les Polyphonic Spree : 25 gamins en toge, bras levés au ciel, genre : « attention, ce soir, la secte des enfants de T-Rex va mettre en scène son grand sacrifice collectif, dans une grande communion d’amour et de glam ». On ne connaît pas les raisons de cette utilisation plus que douteuse de l’imagerie sectaire, mais il est difficile d’en faire abstraction pour ne profiter que du reste : le feu d’artifice sonore auquel s’est livré cette chorale texane, accompagnée par un orchestre aussi improbable que le reste, où s’accordent sans choc des cultures guitares, basse, batterie, mais aussi harpe, piano, tuba, ondes Martenot, flûte travesrsière... Bref : le grand décorum sonore, l’habillage de luxe, pour la grande envolée lyrique de ce dimanche soir. Qu’on imagine un peu la splendeur déclamatoire et le goût de la démesure du mouvement Glam (Bowie, T-Rex) sur la quelle viendrait se greffer tout le talent d’orfèvrerie et la finesse des meilleurs songwriters pop, pour se donner une idée du foisonnement qui peut régner lors d’un concert de Polyphonic Spree : la B.0. de la comédie romantique de l’année. Évidemment, il faut aimer la guimauve, les longues montées de tuba et de flûte, les Opéras Rock (« Tommy » des Who ), le marivaudage, les paillettes qui tombent en pluie, les morceaux de 10 minutes, et les sentiments purs et honnêtes (le dernier opus de la chorale s’intitule « Together We’re Heavy » : un beau message de solidarité et d’amour !). Si la douce folie des Polyphonic Spree nous aura un peu agacé parfois , nous aura difficilement fait patienter, nous, amateurs de bruit et de tatapoum venus pour Sonic Youth et Metric, elle a néanmoins fait souffler une délicieuse bolée d’insouciance naïve 70’s, un courant d’air frais : ceux qui ont fait semblant de ne pas aimer sont des grognons grincheux !


Chronic’art : Musique - Rock

été 2005

depuis http://www.chronicart.com/music/mus...

Chronic’art : Musique - Rock

Considéré par beaucoup d’activistes de la musique contemporaine comme un concept qui veut que la musique populaire ne soit rien que mythe, The Residents est une entité à géométrie transitoire. Les Residents se sont fait connaître en 1974, lors de la sortie de Meet the Residents, un album réputé et boursouflé de pastiches qui déforment avec talent le Meet the Beatles du quatuor de Liverpool. Leur musique est impossible à résumer, à cataloguer, à ranger... Elle est faite de bruits, d’humeurs intemporelles, de mélodies lointaines et proches à la fois, foison de cerveaux embrumés. Elle désarme souvent l’auditoire, à coup de mouvements surréalistes et de sautillements jubilatoires. En témoignent leurs albums Eskimo, The Third reich’n roll ou encore The Commercial album, autant d’opus qui résonnent encore aujourd’hui comme de superbes virées extatiques.

Narcophony est un projet ambitieux, culotté, entrepris par deux laborantins qu’on pourrait qualifier d’artistes nano-exploreurs, d’instrumentistes déviants. Narcophony tente de cartographier l’univers entortillé de The Residents, palpant çà et là des fractures sonores vivantes... D’un côté du ring, Eric Aldéa continue son parcours intemporel, après avoir traversé les années 90 dans l’activisme de deux formations déroutantes : Deity Guns et Bästard. Ce mutant a survécu aux imbroglios du milieu underground français avec vivacité, passant notamment des déflagrations post-rock à l’implosion électronique, un peu à la manière de Sister Iodine devenu Discom, à quelques détails prés... Quant à Ivan Chiossone, il s’est dernièrement fait remarquer via les effluves de son groupe Les Membres, un partage mélodieux de musiques electro-acoustiques et de jazz sabré. Avec son compère Pierre Citron, ces membres amis ont déjà livré plusieurs lives sagaces, notamment lors d’un certain Festival titré Art & Terrorisme.

La rencontre Aldea / Chiossone accouche d’un disque qui respire et aspire le monument de la pop curieuse et hypnotique que sont les Residents. Sur une galette de 13 titres, le duo souffle des grilles musicales spectrales, explorant les instruments avec minutie et confusion organisée (In between dreams où comment redonner envie de se (re)plonger dans le Commercial album des quatre bonhommes-yeux ...). Ce qui fascine dans cet opus à ondulations décomplexées, ce sont les saveurs electro-acoustiques déversées avec fougue et minutie, les petites ballades terrifiantes qui ramènent parfois le tympan au début du siècle dernier, aux fameuses Ondes Martenot (utilisées ici sur plusieurs plages), aux oeuvres d’Edgar Varèse et de Pierre Schaeffer (saupoudrées de MDMA...). Accompagné d’une troupe de musiciens altruistes (Pierre Citron, Christine Ott, Hasming Fau, Francois Cuilleron...), Narcophony résonne comme un orchestre délassé et anxieux à la fois (la sublime ballade de Whatever happens to vileness fats...), béat et palpitant (The Act of being polite et ses étranges sursauts d’ondes et de souffles dadaïstes). Et même si quelques passages de Plays the Residents se rapprochent un peu trop de l’oeuvre originelle des quatre yeux (les puristes n’auront aucun mal à reconnaître les ambiances du Commercial album), le projet Narcophony réussit à franchir le pas du clonage, pour hisser la barre vers des cieux musicaux assez écartelés pour séduire. En témoigne l’hommage à Hank Williams planté au beau milieu de l’album (Jambalaya - On the Bayou), qui confère a cet album sa cerise sucrée-salée, comme autant de nuages décolorés dans un ciel cramoisi. S’il existe un truc au monde dont il faut sacrément se méfier, c’est le mouvement perpétuel. Il faut toujours s’occuper avec méfiance du mouvement perpétuel. Et rien qu’avec le titre Jambalaya, le combo Narcophony réussit à plonger l’esprit dans le voyage, le détournement, l’extase... Un superbe hommage.

Hamou


Le Guide.be - Quand Yann Tiersen fait du rock

Le Guide.be - Quand Yann Tiersen fait du rock

Un satellite du Soir en Ligne

depuis http://www.leguide.be/Guide/musiques/page_5377_343568.shtml

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Yann Tiersen a donc décidé de remonter tout de suite sur scène dans la foulée de la sortie de son nouvel album, « Les retrouvailles ». Dans une formule qui se veut aux antipodes de la dernière tournée « post-Amélie Poulain » en compagnie des cordes du Synaxis Orchestra.

CRITIQUE

THIERRY COLJON,

envoyé spécial à Lille

Yann revient, entouré de quatre musiciens seulement, à ses premières amours : le rock. Ce qui est parfait pour tous les festivals qu’il va assurer cet été (à Barcelone, Dublin, Budapest...).

Mais au préalable, le musicien breton a tenu à faire quelques petites salles comme la Cigale à Paris, jeudi, ou l’Aéronef à Lille, mercredi. Un Aéronef bien rempli mais surtout intenable tellement la température s’assimilait à celle d’un sauna.

En première partie, Yann avait convié son vieux complice l’Orléanais basé à Montréal (après des études de cinéma à Bruxelles) : Jérôme Minière. Avec son orchestre enfermé dans un minicassette, le chanteur n’a pas manqué de reprendre « La certitude » qu’il avait offerte à son amie Françoiz Breut pour le dernier album de la Bruxelloise d’adoption.

Tiersen arrive donc sur scène avec son « petit » groupe (guitare, basse, batterie et Christine Ott aux claviers et ondes Martenot). Ce qui ne l’empêche pas d’ouvrir à l’accordéon son concert avant de passer la parole à Dominique A. L’autre Breton reprend son rôle dans l’album « Le phare » en chantant « Monochrome » et « Les bras de mer ». Il reviendra pour « Bagatelle » tirée de « L’absente ». Ses apparitions sont comme des respirations entre les titres instrumentaux livrés de façon très destroy. Que ce soit à la guitare électrique ou au violon, Yann se défonce totalement, se prenant pour le sideman d’un groupe de hard.

Il n’en oublie pas pour autant son public féminin avec les valses à l’accordéon dont il a le secret et qui lui ont valu la notoriété.

Généreux, il voudra livrer encore une autre surprise au public lillois déshydraté : « Le jour de l’ouverture » avec le trio breton réuni : Dominique A et Miossec, les deux exilés bruxellois, rééditent ce qu’ils ont fait en studio pour « Les retrouvailles ». Les trois voix se marient à la perfection et de voir ces trois grands bonshommes sur la même scène est toujours très émouvant.

En reprenant Elliott Smith, feu son frère spirituel, Yann perpétue son esprit, réussissant à convaincre tout en restant soi : un enfant du rock célébrant ses retrouvailles avec lui-même.

Yann Tiersen sera le 8 août au Rivierenhof, à Anvers. Réservations sur les sites www.arenbergschouwburg.be et www.ticketantwerpen.be.

24 juin 2005


Chemins vers la nouvelle musique

Chemins vers la nouvelle musique Accueil Sommaire Article La Scena Musicale Recherche La Scena Musicale - Vol. 10, No. 7 avril 2005

Chemins vers la nouvelle musiquePar Réjean Beaucage / 9 avril 2005

Louis-Philippe Pelletier

La « nouvelle musique » ne se laisse pas souvent approcher sans efforts préalables de la part de l’auditeur. Certaines œuvres, bien sûr, peuvent satisfaire l’amateur dès la première écoute, simplement par leurs qualités intrinsèques, mais les compositeurs qui les ont imaginées s’inscrivent à la suite de bien d’autres dans l’histoire de la musique, un art qui a connu comme les autres un développement exponentiel au 20e siècle. Aussi peut-il être très utile de «  réviser ses classiques » pour mieux goûter l’art actuel (un conseil que l’on pourrait servir aussi à certains compositeurs !).

C’est dans cette optique que le grand pianiste Louis-Philippe Pelletier a mis sur pied la série de concerts « Chemins vers la nouvelle musique », afin de retourner aux sources de la modernité pour y mettre à jour les déclencheurs des musiques d’aujourd’hui. Ce faisant, l’interprète nous présente des œuvres qu’il connaît bien et l’on ne peut que lui savoir gré de nous permettre de réentendre en récital ce répertoire trop peu fréquenté.

Choisir la nouvelle musique

La Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) est fondée en 1966, alors que Louis-Philippe Pelletier étudie au Conservatoire de musique de Montréal (dont il sortira en 1968 avec un premier prix). Le compositeur Gilles Tremblay, qui dirige fréquemment l’ensemble de la SMCQ dès 1967, est son professeur d’analyse. « Je faisais toutes sortes de choses à cette époque-là, explique le pianiste : des arrangements, un peu de composition, mais surtout, je vivais, comme tous, au milieu d’une atmosphère culturelle en pleine transformation, et, sans avoir de questionnement précis, je fonçais. Gilles Tremblay a été très important pour la suite des choses ; il nous a ouvert au monde en nous parlant des musiques d’ailleurs, en nous transférant une partie de l’héritage de Messiaen. » Pelletier ira bientôt lui-même voir ailleurs, à Paris durant trois ans, pour étudier le piano avec Claude Helffer et... la relaxation (ou kinésophie) avec Maurice Martenot et Christine Saïto. « J’ai fait du taï-chi aussi ; je vois par exemple un rapport évident entre le dernier mouvement des Variations de Webern et les séquences de taï-chi, mais cela m’a surtout aidé à acquérir une souplesse dans la versatilité de la vitesse. »

Faisant partie de cette mouvance pour un renouvellement des formes musicales et du bouillonnement qui frappe à partir des années 1950 autant l’Europe (avec Boulez, Stockhausen, etc.) que les États-Unis (où l’influence de John Cage est florissante), le pianiste se taille une place parmi les interprètes à surveiller dans ce domaine en participant à des concerts de la SMCQ où il donne en création nord-américaine des œuvres d’André Boucourechliev (Archipel III, en 1972) ou Luc Ferrari (Société II, en 1975). En 1976 et 1977, ses interprétations du répertoire pour piano solo de Schoenberg, Berg et Webern sont saluées comme de grandes réussites. « J’ai été désigné spécialiste de la Seconde école de Vienne, parce que c’est un peu inévitablement ce qui arrive quand on s’attaque à un répertoire peu fréquenté. Mais l’on n’est jamais vraiment spécialiste... Je vois aujourd’hui ces mêmes œuvres sous un tout autre jour, et elles me posent d’autres problèmes... » La musique mûrit au même rythme que l’interprète, même si pas une note ne change. « Elles sont différentes... parce que je les ai déjà jouées ! Je ne compte plus les fois pour certaines d’entre-elles. La difficulté est une notion très relative. Certaines choses, par exemple, me paraissaient très difficiles à mémoriser (je pense à la gigue de l’opus 25 [Suite für Klavier, de Schoenberg]), mais ça ne me pose plus de problème. Parce que je les ai déjà mastiquées.  »

La compréhension du contexte de production de l’œuvre est une donnée que Louis-Philippe Pelletier place au premier rang des devoirs de l’interprète. « Je me suis plongé ces dernières années dans la lecture des philosophes allemands et écrivains viennois des 18e et 19e siècles pour essayer de sentir ce qui est à la base, ce qui a fait germer ce type de compositeur, issu, bien sûr, d’une très forte lignée de compositeurs formalistes. Schoenberg arrive à un moment déterminant de l’histoire ; il y a un éclatement social et culturel, auquel il participe en voulant renouveler la musique. Il cherche à s’affranchir du carcan de l’histoire en créant son propre système. Bref, le musicien que je suis cherche à comprendre quel est le sens de tout cela. »

Faire des liens

Louis-Philippe Pelletier a joué ou consacré des enregistrements à Boulez, Messiaen, Stockhausen, Xenakis, Schoenberg, Berg, Webern, Vivier, Papineau-Couture, Garant et Boudreau, mais aussi à Bach, Beethoven, Schumann, Brahms et Debussy. On a pu dire de ses interprétations de Beethoven (enregistrement des opus 109, 110 et 111 sous étiquette Port-Royal - PR2203-2) qu’elles dépoussiéraient ce répertoire. « C’est une grande difficulté supplémentaire que pose le poids du passé, explique-t-il. Ou plutôt, celui qui se dépose à la longue... Quant on a 30 ou 40 interprétations d’une œuvres, chacune étant influencée par la précédente, on commence à s’éloigner du texte, il y a une perte de sens. L’important, ça reste la compréhension de l’œuvre et son interprétation personnelle. »

La série de trois récitals à laquelle le pianiste nous convie présentera des œuvres de Schoenberg, Berg et Webern, Debussy, puis Charles Ives. « J’ai ajouté un "s" dans le titre Chemin[s] vers la nouvelle musique, emprunté à Webern, parce que ce qui m’intéresse, c’est de faire des liens. On peut faire des liens entre une œuvre et son contexte de production, mais on peut aussi faire des liens entre différents compositeurs apparemment bien différents : trois Autrichiens, un Français et un Américain. L’usage de la citation, par exemple, est récurrent chez Schoenberg, Debussy et Ives, mais avec différents traitements. Nous vivons dans un univers où tout est accessible, mais séparément, et l’on n’a pas souvent l’occasion de prendre le temps de mettre les choses en perspective. » Un rendez-vous incontournable avec un grand interprète qui nous offre de partager sa vision.

La SMCQ présente

Chemins vers la nouvelle musique

Lundi 4 avril, 20 h

Alban Berg, Sonate, opus 1 (1907)

Arnold Schoenberg, Sechs kleine Klavierstücke, opus 19 (1911), Klavierstück, opus 33b (1932), Klavierstück, opus 33a (1929), Suite für Klavier, opus 25 (1924), Drei Klavierstücke, opus 11 (1908), Fünf Klavierstücke, opus 23 (1923)

Anton Webern, Satz für Klavier (1906), Sonatensatz (Rondo) (1906), Kinderstück (1924), Klavierstück, opus posthume (1925), Variationen, opus 27 (1936)

Samedi 9 avril, 17 h

Claude Debussy, Douze études

Lundi 11 avril 2005, 20 h

Charles Ives, Les trois sonates pour piano

Salle Pierre-Mercure, Centre Pierre-Péladeau, Montréal 514 987-6919 (c) La Scena Musicale 2002


Yann Tiersen ou le go

Yann Tiersen ou le goût des limites

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MUSIQUE Il vient de commencer sa tournée alors que sort l’album « Les Retrouvailles »

Yann Tiersen ou le goût des limites

Bertrand Dicale

[31 mai 2005]

« Je ne suis pas technicien virtuose, affirme Yann Tiersen, mais j’aime bien les limites parce que ça permet de faire des choses différentes. »

(Photo AFP)

Il y a quatre ans, c’était L’Absente. Maintenant, ce sont Les Retrouvailles. Un aveu, de l’autobiographie, un symbole ? Yann Tiersen rassure : cela ne veut rien dire d’accoler les titres du disque qui vient de sortir à celui de son précédent album en studio, paru en 2001. « Quand je faisais L’Absente, je savais déjà que le prochain album s’appellerait Les Retrouvailles. J’ai souvent le titre avant de commencer à travailler, ça me motive. Mais je ne pense pas au titre quand je prépare l’album. »

Après les succès de ses bandes originales pour Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain et Good-bye Lenin, le climat de ces Retrouvailles n’est pas très éloigné de celui de L’Absente, entre méditation diurne et inquiétude perlée. Des pièces instrumentales et quelques chansons avec, comme c’est l’habitude chez lui, des invités dont la seule liste dessine une culture musicale, des intentions, un univers : Jane Birkin, Elizabeth Fraser des Cocteau Twins (« pour moi, c’est la chanteuse la plus inventive au monde »), Stuart Staples des Tindersticks (« j’ai aussi fait un piano sur son album solo, qui va bientôt sortir »), et puis Dominique A et Christophe Miossec pour un trio écrit et chanté avec Yann Tiersen, Le Jour de l’ouverture. « J’avais fait la musique, et j’ai écrit un texte. Dominique, de son côté avait fait un texte dont on a pris deux phrases. On a tout retravaillé à trois, le matin, au bistrot. C’est la première fois que nous travaillons tous les trois ensemble et on peut bien retrouver ce qui vient de chacun : j’avais écrit « le jour de l’ouverture », Christophe a rajouté « de notre grande surface ». Il a une écriture assez concrète, assez ancrée dans la réalité, elle est plutôt abstraite chez moi et Dominique est un peu entre nous deux. » Leur trio sonne comme la rencontre de trois des univers les plus singuliers et influents de l’époque : le lyrisme à brides tenues de Dominique A, l’âpreté contemporaine de Mios sec, la mi-saison éternelle de Tiersen...

A propos de saison, Birkin interprète une chanson singulièrement politique, Plus d’hiver, reflet d’un temps de cataclysmes soft et d’économie reine : « Alors voilà, il n’y aura plus d’hiver/Et pourquoi ? c’est plus rentable, on pense/Dans les villes (...) Des vagabonds se pressent/Et investissent, toujours/Dans la laine dévaluée. » Rien de très explicite, d’ouvertement militant, mais le malaise devant un temps cruel et tiède à la fois, devant le mélange de confort et de méchanceté de notre société.

Mais c’est de peu de mots que s’exprime surtout Yann Tiersen - au disque comme à la ville. L’essentiel roule dans des pièces tantôt étales, tantôt généreusement tumultueuses, qu’il enregistre presque seul, jouant de presque tout - violon, guitares, clavecin, scies musicales, vibraphone, violoncelle, mélodica, accordéon, marimba... « Je me sers de ce dont j’ai sous la main », dit-il. De nouveaux instruments dans ce disque ? Une flûte double qu’on lui a donnée après un concert dans les Balkans, et qu’il appelle « canard roumain » - c’est le fluier gemanat, préciseront les érudits. Et puis la guitare portugaise au son grêle, et puis la batterie. « Jamais je n’aurais imaginé que je pourrais faire presque toutes les batteries de mon album. Je suis très mauvais mais ça ne s’entend pas : j’aime bien les limites parce que ça permet de faire des choses différentes. Par exemple, je n’arrive pas à faire sonner convenablement une caisse claire : pas grave, je mets un banjo à la place ; je n’arrive pas à jouer de la grosse caisse alors j’ai enregistré la partie de batterie puis la partie de grosse caisse - ça sonne un peu différemment. » Yann Tiersen sait combien fonctionnent les notes un peu tremblées, les accords fragiles, l’humilité du vibrato, au point que la technique ne l’arrête jamais : « Je ne suis pas technicien virtuose et ça ne me gêne pas du tout de jouer d’un instrument dont je ne sais faire que deux notes. »

Pour Les Retrouvailles, il est retourné dans l’île d’Ouessant, où il avait enregistré Le Phare, qui l’avait révélé en 1997 - « j’ai reloué la même maison pour commencer l’album ». On voudrait bien établir des parallèles, débusquer des métaphores sous l’isolement îlien d’un musicien volontiers autarcique. Il récuse : « A Paris, je ne sors jamais, alors qu’à Ouessant, où les gens sont gais et accueillants, j’ai une vie beaucoup moins solitaire. »

Il a commencé les concerts le week-end dernier, dans une formule à la fois plus resserrée (autour de lui, guitare, basse, batterie, ondes Martenot) : « J’avais envie d’une formule un peu plus rock, où tout le monde ne change pas d’instrument tout le temps. » Il reste un peu gêné par les salles où le public écoute sagement assis - « ma culture est plutôt rock, avec des salles debout ». Ce sera à l’été 2006 qu’il sera dans nos grands festivals rock : dans l’immédiat, après une première tournée en France, ce sera le Japon, l’Espagne, l’Irlande, la Belgique. Et la tournée durera jusqu’à l’automne 2006. Retrouvailles, donc.

Jusqu’au 3 juin à Brest, le 5 à Saint-Brieuc, le 14 à Clermont-Ferrand, le 15 à Lyon, le 22 à Lille, le 23 à Paris (La Cigale), les 9 et 10 juillet à Rennes...


Musique de Film - T r a x Z o n e . c o m - M u s i q u e D e F i l m . c o m

Musique de Film - T r a x Z o n e . c o m - M u s i q u e D e F i l m . c o m • Article | Dossier pédagogiquepetite histoire du grand orchestre PUBLICITE imprimer l’articleenvoyer l’articleDOSSIER PÉDAGOGIQUEQu’est ce qu’un orchestre ? S’il n’existe pas de critère absolu permettant de décider quand un ensemble instrumental devient un orchestre, on s’accorde généralement à considérer qu’un nombre minimum de musiciens et le caractère fixe de sa composition sont à prendre en compte. L’existence d’un répertoire spécifique est également déterminante pour la notion d’orchestre.

L’orchestre symphonique que nous connaissons est le fruit d’une évolution qui s’étale sur plusieurs siècles. Le principe consistant à assembler différentes familles d’instruments, en particulier des cordes et des vents, est ancien et se rencontre déjà à la fin du XVIème et au début du XVIIème siècle dans certaines œuvres de Gabrielli ou Monteverdi.

Il faut remarquer que dès son origine l’orchestre, jusque dans son étymologie (l’orchestra est dans l’antiquité grecque l’espace entre la scène et les spectateur où évolue le chœur) est associé au drame, à l’opéra, à la représentation scénique.

Ce n’est que progressivement que la nature de ces instruments et leur nombre vont se fixer et se rationaliser pour aboutir au XVIIIème siècle à l’orchestre classique, aussi appelé orchestre de chambre ou orchestre Mozart.

Constitué en général de trente à cinquante musiciens, centré sur les cordes, avec les bois par deux et des timbales, c’est l’orchestre de symphonies de Mozart ou de Haydn, et des premières symphonies de Beethoven. Les cuivres se réduisent dans la formation la plus fréquente à une paire de trompettes et de cors.

Cette formation constitue musicalement parlant un point d’équilibre entre les familles instrumentales, en même temps qu’une référence de qualité incarnée à l’époque par les célèbres orchestres de Mannheim en Allemagne et des Concerts Spirituels à Paris. Avec cet orchestre les compositeurs disposent d’un outil alliant la clarté des textures à la variété des alliances sonores possibles.

S’il est encore loin en terme d’effectif, de puissance et de richesse de couleurs du grand orchestre symphonique post-romantique, sa physionomie globale et sa logique structurelle en sont très proches.

L’orchestre classique allait rapidement évoluer dans la première moitié du XIXème siècle grâce aux innovations et aux audaces de quelques compositeurs de génie, comme Beethoven, Berlioz et Wagner. Cette évolution peut se résumer schématiquement par un accroissement de l’importance des vents et de la percussion au détriment des cordes. Accroissement numérique qui correspond bien sûr à une présence et une indépendance grandissante au sein de l’orchestre.

Berlioz avec son fameux Traité d’instrumentation et d’orchestration de 1844 va poser les bases d’un nouvelle manière de composer dans et par la couleur, dont Wagner sera l’héritier direct.

Des innovations techniques d’importance dans la facture instrumentale sont également à signaler : l’apparition des pistons sur les cors (vers 1830) et les trompettes qui rendent ces instrument chromatiques, plus souples, capables d’exécution d’une grande délicatesse, et ainsi à même de rivaliser avec les cordes. D’autre part, l’invention d’un système complexe de clés sur les bois allait contribuer de la même manière à émanciper cette famille. D’un rôle d’accompagnement ou de ponctuation, subordonnés aux des cordes, ces instruments passent à un rôle d’acteur de premier plan.

Pupitres renforcés (bois par trois au lieu de deux), apparition de nouveaux instruments par élargissement de certains groupes : piccolo, clarinette basse, contrebasson, création de nouveaux instruments comme le tuba vers 1835, le célesta en 1886, ou d’une famille complète, comme celle des saxophones (inventés par Adolphe Sax au début des années 1840), adjonction d’instruments jusque là inutilisés à l’orchestre comme la harpe ou certaines percussions (cloches, tam-tam, castagnettes...), les ressources orchestrales augmentent en proportion de l’intérêt des compositeurs pour la couleur et la recherche de puissance.

La IXème symphonie de Beethoven, la Symphonie Fantastique de Berlioz, les opéras de Wagner sont les principaux jalons de cette progression qui aboutit à une sorte de standard, le grand orchestre symphonique romantique, avoisinant souvent la centaine d’instrumentistes, celui pour lequel tous les grands compositeurs de la seconde moitié du XIXème composeront : Brahms, Tchaïkovsky, Bruckner, Bizet, Dvorak...

Un point culminant était atteint dès 1837 avec le colossal Requiem de Berlioz, composé pour le vaste espace des Invalides à Paris, qui réclamait au moins 150 instrumentistes et de gigantesques masses chorales.

Selon les œuvres, la composition de l’orchestre symphonique peut évidemment varier dans le détail, tel compositeur ayant recours à un instrument rare ou renforçant tel pupitre pour un effet particulier, mais il forme comme l’orchestre classique une référence culturelle, un ensemble cohérent où les masse sonores et les forces dynamiques trouvent un point d’équilibre.

Des musiciens comme Strauss et Mahler dans une esthétique post-romantique, Debussy et Ravel dans une esthétique qualifiée d’impressionniste, vont à la fin du XIXème et au tout début du XXème siècle porter à un extrême degré de raffinement l’exploitation de ces ressources quasi-illimitées et imposer un nouvel art de l’orchestration.

Après une telle croissance et un tel élargissement de la palette sonore, il était difficile d’aller beaucoup plus loin, et les œuvres réclamant un effectif plus imposant sont assez rares. Parmi celles-ci, on peut citer la Symphonie des Mille de Mahler, les Gurre-Lieder d’Arnold Schoenberg, le Sacre du printemps de Stravinsky, Amériques et Arcana de Varèse, qui exigent de 110 à 150 musiciens.

Le XXème siècle allait être marqué par un retour à des effectifs souvent plus réduits, ou à une fragmentation très libre répondant aux mouvements esthétiques contemporains : orchestre d’harmonie (vents et percussions), orchestre à cordes parfois augmenté de quelques autres instruments (le Divertimento et la Musique pour cordes, percussions et célesta de Bartok), percussions seules (Les Noces de Stravinsky), ensembles inspirés du jazz (La Création du Monde de Milhaud), et toutes les combinaisons possibles entre bois, cordes et percussion...

Toutefois, s’il n’est plus la référence unique en matière d’écriture pour ensemble, l’orchestre romantique est toujours la base utilisée tout au long du XXème siècle par de grands symphonistes tels que Roussel, Prokofiev, Honegger, Martinu, Chostakovitch et aujourd’hui Penderecki.

Messiaen, Koechlin continueront également à explorer de manière très personnelle les sonorités d’un grand orchestre souvent enrichi en percussion (influence des musiques d’Asie) et par la voix électronique des Ondes Martenot.

Sans oublier les compositeurs de cinéma, en particulier hollywoodiens, qui recourent de manière privilégiée, et souvent avec grande virtuosité, à l’orchestre romantique (Bernard Herrmann, Jerry Goldsmith, John Williams...).

La disposition des musiciens pour le concert a également évolué et varié selon les pays pour se fixer après la seconde guerre mondiale sous l’influence du chef Leopold Stokowski. Cette disposition "américaine" est aujourd’hui adoptée de manière à peu près uniforme, sauf quand le compositeur a donné des indications particulières pour l’exécution de son œuvre.

Les cordes sont au premier plan et forment un arc de cercle autour du chef, avec les premiers violons à gauche, les seconds violons derrières les premiers, les altos au centre, les violoncelles à droites avec les contrebasses derrière eux.

Les bois forment une rangée derrière les cordes, avec derrière eux les cuivres. Les cors sont en général à l’extrême gauche, les trombones et tubas à l’extrême droite.

La percussion, qui comprend toujours les timbales et parfois de nombreux autres instruments, est au dernier rang, en raison de son caractère très sonore.

Les percussions à clavier comme le célesta, le glockenspiel ou le vibraphone se placent le plus souvent, étant donné leur taille et leur sonorité délicate sur le côté de l’orchestre (en général à gauche).

En fonction de la salle et pour des raisons pratiques, cette disposition est parfois modifiée dans le détail.

Stéphane Abdallah • documents et remarques annexesPour en savoir plus :

L’orchestre, Alain Louvier, PUF, collection Que sais-je ? n° 495

L’orchestre nu, François Dupin, Hachette 1981 (l’auteur a été longtemps percussionniste à l’Orchestre de Paris)

L’orchestre - des rites et des dieux, revue Autrement - Série mutations n° 99, 1988

L’orchestre, Musical, revue du Théâtre du Châtelet, n° 7 1987

Les métiers de l’orchestre, Cahiers du CENAM n° 67, 1992

L’orchestre dans tous ses éclats - sociologie de la profession de musicien, Bernard Lehmann, Ed. La Découverte, 1995Ce texte a été mis en ligne le 23 mai 2005 à 10:52:01 et a été consulté la dernière fois le 24 mai 2005 à 14:35:53 (71)auteur :

Stéphane Abdallahpublié le :

23 mai 2005 - 10h52textes connexes • [Article] L’enseignement musical spécialisé en France (1ère partie)publications précédentes • L’enseignement musical spécialisé en France (1ère partie) • Le grand blanc avec un costume noir • FANTASTIC’ARTS, GERARDMER 2005 : morceaux de choix • Quand le cartoon cartonne !!! • Mort aux trophées • Pierre Bachelet, un homme trop tranquille (1944-2005) • Le bilan 2004 des rédacteurs de TraxZone • Le son et l’image : Cinésymphonie à Paristextes les plus consultés • [Critique] Tragédie grecque • [Entretien] Gabriel Yared : la guerre de TROY a eu lieu... en coulisses (première partie) • [Critique] Le Revell de l’espace • [Edito] 2004 : le meilleur des lecteurs (2) • [News] La collection Universal, automne 2004© 1997-2005 MusiquedeFilm.Communications / TraxZone Editions, tous droits réservés.

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Le Journal LE MAGUE- Interview : Yann Tiersen

Le Journal LE MAGUE- Interview : Yann Tiersen voir l’article

Interview : Yann Tiersen

samedi 23 avril 2005, par Pierre Derensy

Le nouvel opus de Yann Tiersen devrait ravir les puristes. Les amateurs de « L’absente » ou du « Phare ». L’insulaire retourne donc sur son île pour retrouver l’inspiration primaire qui l’avait tant aidé à faire découvrir à la face de l’hexagone son talent et son univers si particulier fait de mélodies léchées, de sons et de mélanges de voix dissonantes blottis dans des disques toujours tip-top.

Je voulais savoir si hier soir lors de son débat sur TF1 notre cher Jacques Chirac t’avait convaincu de voter « oui » à la constitution Européenne ?

Yann Tiersen : « J’ai pas la télé (rire). De toute façon c’est pas lui qui peut réussir à me convaincre de quoi que ce soit. J’ai acheté le texte de la constitution, je suis en train de le lire mais je ne sais pas encore ce que je vais faire. »

Pour débuter la conversation sur ton album j’aurais aimé connaître la signification de ce titre « Les retrouvailles », ce titre peut il être pris comme quelque chose que tu aurais perdu et retrouvé ?

Yann Tiersen : « Pas à ce point là. Ce n’est qu’un titre. Depuis « L’absente » je m’étais dit que le prochain album s’intitulerait ainsi. J’ai voulu retravaillé complètement tout seul pour ce qui est musique et le fait de jouer presque tous les instruments. Je suis retourné au même endroit où j’avais enregistré « Le Phare » donc c’était bien venu de l’intituler de cette manière. »

Cette île de Ouessant où tu t’es ressourcé, qu’est-ce qu’elle t’apporte ?

Yann Tiersen : « Pour moi c’est plus un lieu de vie, un lieu où j’aime bien être. J’adore les gens qui y habitent, je me sens bien là bas, c’est tout le contraire de l’isolement ; là bas je vais plus au café, je sors vachement plus que lorsque je suis à Paris. Cela me permet d’analyser mon travail de façon plus légère. J’ai commencé l’album de manière plus sereine car je ne me mettais pas de pression. Si je ne trouvais pas d’idée j’allais me balader ou boire un coup, c’est tout ce dont j’ai besoin pour composer. »

Dans ton album on ressent une grande bouffée d’air pur, un besoin de sentir le vent et la nature ?

Yann Tiersen : « C’est un album qui s’est crée dans un certain contexte... disons que je ne vais pas faire mon écolo à deux balles mais je pense que si tu me mets dans un milieu urbain je me perd et je me prend la tête pour des trucs pas très intéressants. Etre plus proche de la nature cela me permet de relativiser pas mal de chose. »

Tu as d’une certaine manière peur des villes ?

Yann Tiersen : « Je n’aime pas le côté individualiste que tu ressens dès que tu mets les pieds dans une cité urbaine. C’est aussi tous les appels à la consommation qui me gonflent. C’est vraiment pesant. Cette normalité de voir des pubs partout. A Ouessant c’est soft, tu n’as pas de moyen de consommer beaucoup... à part à l’apéro (rire). »

D’où cette chanson avec Jane Birkin qui chante sur « Plus d’Hiver » un texte politique ? Yann Tiersen : « J’ai l’impression qu’on assiste à une mort du politique et que l’on devient une sorte de voiture balais de l’ultra-libéralisme. Je ne dis pas ça pour l’Europe mais au niveau français. On semble être plus gouverné par les entreprises et l’économie que par des hommes avec des sentiments humains. Le problème c’est que je ne sais pas comment réagir face à ça. On est tellement dedans jusqu’au cou. C’est pour ça aussi que je ne suis pas entièrement partisan du Non car je pense qu’il faut réussir à se battre avec les armes de l’ennemi. »

Cela doit être encore plus compliqué pour un artiste qui se retrouve au cœur d’une société de consommation ?

Yann Tiersen : « Effectivement mais pour moi le livre, le disque ou le cinéma ne devraient pas entrer dans ce processus. C’est quand même autre chose qu’un objet de consommation à la base. On l’achète ça coûte de l’argent certes mais maintenant cela devient rapidement l’histoire d’une major qui fusionne avec des multinationales pour que notre travail ne soit plus qu’un produit parmi une marque de yaourt et trois couches culottes. »

Est-ce que « Western » le premier titre de l’album c’est un moyen d’aller recomposer la BO d’« Il était une Fois en Amérique » ?

Yann Tiersen : « Le morceau on l’avait appelé comme ça à la base avec Fabrice mon ingénieur du son car il y a une guitare un peu western dedans. Après j’ai gardé le titre car quand tu es sur une île au large de la Bretagne tu ne peux pas être plus à l’Ouest ou alors tu dois traverser l’Atlantique. »

Qui est cette chanteuse qui vient sublimer « Kala » ?

Yann Tiersen : « C’est Liz Frazer la chanteuse des Cocteau Twins. J’étais fan quand j’étais ado, j’adore ce groupe. C’est quelqu’un de super inventif à la voix, c’est quelqu’un qui chante avec une liberté énorme. »

Depuis « L’absente » tu fais de plus en plus appel à des chanteurs pour venir porter tes morceaux ?

Yann Tiersen : « J’ai besoin des deux vraiment. Je n’ai pas envie de me limiter à ma voix qui est assez grave. »

Sur ce disque, la voix de Stuart Staples ressemble beaucoup à celle de Neil Hannon, y a t’il une intonation particulière que tu affectionnes pour chanter sur tes compos ?

Yann Tiersen : « Ce n’est pas conscient. Je n’ai pas d’à priori. Ce n’est pas seulement la voix j’aime aussi ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Par exemple je kiffe à mort sur Thindersticks c’est donc vraiment un plaisir de l’inviter pour qu’il habite de son univers ma chanson. »

Il y a un grand moment sur l’album c’est « Le Jour de L’Ouverture » avec Dominique A et Miossec, comment fait on pour faire cohabiter 3 fortes personnalités comme les votre ?

Yann Tiersen : « En fin de compte tu réalises qu’il y a beaucoup de duos, alors faire un trio de mecs c’était marrant à entreprendre. On se connaît bien, on se croise souvent et j’avais vraiment envie qu’on essaye de faire quelque chose ensemble. J’ai donc écrit la musique, on a écrit et chanter le texte à trois. »

Tous tes disques mais celui là particulièrement sont très courts ?

Yann Tiersen : « Je suis resté au format vinyl c’est à dire 20 minutes par face. Dans l’histoire du disque l’album c’est ça comme format. Pour moi cela ne doit pas être plus long, si cela s’éternise on s’emmerde un peu. Là j’avais plein d’autres titres que je n’ai pas souhaité enregistrer. Ces chansons, je ne les laisse pas tomber, je sortirais peut être bientôt un truc encore assez vague... »

Tu es plutôt du style à prendre ton temps en studio ou alors tu fonctionnes dans l’urgence ?

Yann Tiersen : « J’ai travaillé de façon assez sereine sur cet album mais je n’arrive pas à préparer en amont. Je ne sais pas préparer un nouveau morceau ou des bases pour un disque en avance. Quand je publie un album je ne fais plus rien pendant pas mal de temps... après je repars à zéro. »

Tu as voulu aussi témoigner visuellement de ces « Retrouvailles » ?

Yann Tiersen : « Avec Aurélie qui a réalisé le film on voulait suivre l’album du début jusqu’à la fin. Il y a donc un témoignage de ça, faire quelque chose de simple sans explication. L’idée c’était de mettre en chantier juste après le mix. On a terminé l’enregistrement le 24 janvier et le 29 nous étions à Brest pour jouer les morceaux en live et filmé en conséquence. »

Comptes-tu faire d’une manière différente un autre album live ?

Yann Tiersen : « Là les concerts qui vont arriver vont changer pas mal de choses car les musiciens sont différents. Il y aura une batterie, une guitare et une basse plus des ondes Martenot , alors après pourquoi pas laisser une trace de ces concerts mais je ne sais pas encore... »

Pourquoi à un certain moment, alors que tout te destinait à faire du classique tu t’es autorisé à aller voir ailleurs ?

Yann Tiersen : « J’étais destiné à rien du tout ! C’est juste que lorsque j’étais petit je faisais du classique mais j’ai arrêté très tôt vers 13 ans car à ce moment là j’ai écouté du rock et presque aussitôt faire un groupe avec des copains : c’était plus mon univers, je ne me suis jamais reconnu trop dans la musique classique. »

As-tu des projets avec le théâtre comme à tes débuts ?

Yann Tiersen : « Non ! Pour l’instant je veux faire des disques, des tournées, des concerts, après le reste pourquoi pas... Je n’y pense pas. »

En ce qui concerne les BO : c’est toi qui va aux BO ou les BO qui viennent à toi ?

Yann Tiersen : « Oh là là moi je n’y vais pas ! j’ai horreur de ça. J’adore le cinéma mais je trouve l’exercice de faire une bande son pour un film extrêmement difficile . Quand tu fais un album tu es libre de tes mouvements, tu peux le faire dans le plaisir et au cas où cela ne te plait pas tu peux le jeter. L’emmerdant dans une BO c’est que tu as une obligation de résultat. Je ne peux pas faire un truc merdique, non seulement parce que je n’en ai pas envie (rire) mais surtout parce que cela vampiriserait le travail de quelqu’un d’autre. »

Comment travailles tu sur une BO, tu composes d’abord ou il t’es indispensable d’avoir les images pour travailler ?

Yann Tiersen : « En général il faut que le sujet du film fasse écho à quelque chose de personnel. Les seuls contraintes ensuite se résument au minutage où je dois calculer quelle séquence irait à un moment ou à un autre. »

Tu as été un des acteurs principal au « Non à Le Pen » n’as-tu pas l’impression après coup d’avoir été manipulé comme certains le disent maintenant ?

Yann Tiersen : « Ho non manipulé pas du tout. Par contre point de vue Chirac maintenant je me dis que c’était peut être une belle connerie. Dans le gouvernement qu’on a qui est tellement démago et fasciste j’ai l’impression d’être sous Pétain. A chaque fois qu’ils s’attaquent à un problème ils prétendent le résoudre. Dans le contexte de 2002, la mobilisation était super, on s’imaginait que les gens prenaient conscience de quelque chose mais après quand tu vois les résultats des législatives qui ont suivi tu te rends compte qu’on a oublié quelque chose en route. »

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Pierre Derensy

Pierre Derensy n’a pas encore trente ans, mais comme pour tout un chacun, cela ne saurait tarder. A la vitesse où il brûle sa vie, ses chroniques et ses interviews, il n’en a plus pour longtemps.

Nombre de ses détracteurs en seront ravis, quelques femmes lascives seront tristes et pleureront celui qui eu un jour la révélation de sa profession de journaliste en ouvrant une porte d’armoire à balais. Il y rencontra, imbibé de lumière : le fantôme d’Elvis. Depuis il n’a de cesse de propager la parole fétide des justiciers du ciel. C’est donc avec acharnement qu’il colmate les brèches entre le King et les autres. Sorte de Zorro émouvant du « tout musique », il lustre sa fine moustache sous les sun-lights artistiques mais ne crache pas sur une passe d’arme avec le monde politique et social. Affûtant sa plume sur les faiseurs de poses, son ennemi héréditaire David Douillet, sa Milady : Bernie Chirac et les trois milles personnalités sans styles tombés sous ses coups ne jurent que de le voir occire par une lame plus aiguisée que la sienne.

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RSR - Espace 2 - Les

RSR - Espace 2 - Les émissions - Midi dièse

RSR > Espace 2 > Les émissions > Midi dièse

Des musiques pour faire plaisir apprêtées par Daniel Rausis

le dimanche de 12h03 à 13h30

Si le reste de la semaine, Espace 2 est un trolleybus musical qui trimballe ses auditeurs d’un coin à l’autre du répertoire classique, Midi Dièse en sera la remorque un peu volage : tous les dimanches à midi, jour du Seigneur ou pas, elle ne craint pas de mordre le trottoir et de rouler sur les bas-côtés de la musique classique, là où poussent les pastiches, les musiques plus légères et les plaisanteries des musiciens qui, on ne le sait pas assez, sont parfois très drôles.

Emissions précédentes

Dimanche DIMANCHE 17 AVRIL Habemus Babar

Pour savoir comment Babar a été élu souverain des éléphants rien de tel que de se rapporter aux divers récits de Jean de Brunhoff et aux musiques qu’ils ont inspirées.

Pierre Vellones le premier dès 1936 a écrit pour la scène et pour des ondes Martenot Une aventure de Babar . Francis Poulenc a suivi en 1940 en improvisant pour ses onze neveux et nièces L’histoire de Babar qu’on retrouve aujourd’hui dans de nombreuses versions.

Nous écoutons ici des extraits de la version pour piano avec la voix de Jean-Claude Brialy, de la version pour orchestre avec celle de Sophie Marceau et

une délicate intervention en Suisse-Alémanique de Kurt Aeschbacher.

Encore un croissant... Babar est un quatuor pour cuivres avec flûte surnuméraire signé Daniel Perrin.

Dans les marginalia de ce dossier on pourra tout savoir sur les éléphants en musique avec Igor Stravinsky, Peter Planyavsky, Camille Saint-Saëns, Franz Waxman et Carl Davis...


Exposition : 100 ans d’André Jolivet à la BNF

La Bibliothèque nationale de France (BNF) fête le centenaire de la naissance, le 8 août 1905, du compositeur André Jolivet (1905 - 1974). Du 19 avril au 22 mai, une exposition, intitulée "André Jolivet, un univers musical", fait traverser plus de deux cents partitions du Français qui a exploré tous les genres.

Directeur de la musique à la Comédie-Française de 1945 à 1959, André Jolivet devient professeur de composition au Conservatoire national de Paris en 1966. Son oeuvre s’inscrit dans le mouvement de renouveau de la musique française incarné, dans les années 1930, par le groupe Jeune France avec Olivier Messiaen, Daniel-Lesur et Yves Baudrie.

L’exposition évoque non seulement l’oeuvre, mais aussi la vie d’André Jolivet, à travers des documents, des manuscrits de travail et de la discothèque du compositeur. Grâce à des photographies, des lettres autographes et des manuscrits originaux, on découvre un artiste multiple, qui aimait musique, peinture et théâtre.

L’exposition recompose l’élaboration de certaines de ses oeuvres majeures dont "Mana" pour piano inspirée par des objets offerts à Jolivet par Varèse, son 1er concerto de violoncelle, sa 2ème symphonie, son concerto pour ondes Martenot, ses "Cinq danses rituelles" et ses "Cinq incantations pour flûte".

On découvre également l’instituteur passionné de théâtre. Une section de l’exposition traite, grâce à des manuscrits musicaux et des maquettes de décors et costumes, de son rapport à la scène qui s’exprima lors de son passage à la Comédie-Française, de 1945 à 1959, comme directeur de la musique et par la composition de musiques pour le ballet.

André Jolivet, un univers musical

Du 19 avril au 22 mai

Site Richelieu - Crypte

58 rue de Richelieu

75002 Paris

Tél : 33(0)1 53 79 59 59 (serveur vocal)

Ouvert tous les jours sauf le dimanche

Entrée libre

S.G.

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Les ondes Martenot
La Scena Musicale - Vol. 10, No. 6 mars 2005
Par Réjean Beaucage & Isabelle Picard / 16 mars 2005

Durant la guerre de 1914-1918, un radio-télégraphiste à l’âme davantage musicienne que guerrière, Maurice Martenot (1898-1980), est fasciné par les sons très purs émis par les nouveaux postes à lampes à triodes. Dès lors, le rêve d’en faire un instrument de musique électronique germe, rêve qu’il s’affairera à concrétiser une fois la guerre terminée. Dès 1928, une première version de l’instrument, d’abord baptisé « ondes musicales », voit le jour, et une incessante succession d’améliorations mènera aux ondes Martenot telles que nous les connaissons encore aujourd’hui. Le but poursuivi ? Produire un instrument propre à exprimer la sensibilité humaine.

Possibilités de l’instrument

De tous les instruments électroniques inventés au début du 20e siècle, les ondes Martenot sont parmi les rares à être toujours utilisés et à encore inspirer les compositeurs. Les capacités quasi-illimitées de l’instrument y sont sans doute pour quelque chose. Instrument monodique, le Martenot est muni d’un clavier dont la mobilité latérale permet un vibrato contrôlé par l’interprète, et il est doté d’un ruban à bague avec lequel on peut produire des effets de glissandos. Avec une tessiture s’étendant sur 7 octaves, des possibilités de dynamiques côtoyant les limites de l’oreille humaine, et la capacité de produire toute la variété des attaques et articulations imaginables, l’instrument a de quoi stimuler la création. Il faut ajouter à cela une grande variété de timbres et la possibilité d’obtenir des micro-intervalles. Plusieurs compositeurs ont écrit pour les ondes, parmi lesquels Milhaud, Honegger, Jolivet, Tomasi, Murail et Messiaen. Chez les compositeurs canadiens, mentionnons Gilles Tremblay, Claude Champagne, Denis Gougeon, Jacques Hétu et Claude Vivier.

Premiers interprètes

Après le triomphe de son premier concert, à l’Opéra de Paris, en 1928, Maurice Martenot présente lui-même son instrument un peu partout dans le monde. C’est cependant sa soeur Ginette qui sera la première grande interprète des ondes musicales, jouant en concert avec plusieurs grands orchestres, au théâtre, au cinéma et à la radio. Un grand nombre d’oeuvres lui sont dédiées, comme le Concerto d’André Jolivet. En 1947, les ondes Martenot font leur entrée au Conservatoire National de Paris. Parmi les premiers gradués de cette classe se trouve Jeanne Loriod, dont la carrière comme ondiste sera longue et prestigieuse. Elle prendra la relève de Ginette Martenot comme soliste de renommée internationale, et succédera à Maurice comme professeur au Conservatoire (1972).

Au Québec, les pionniers des ondes Martenot sont principalement Gilles Tremblay, Jean Laurendeau et Suzanne Binet-Audet. En 1970, la première classe d’ondes d’Amérique du Nord est créée au Conservatoire de musique de Montréal (le titulaire en est Jean Laurendeau),et en 1976, l’Ensemble d’ondes de Montréal est fondé. Il réunit Jean Laurendeau, Suzanne Binet-Audet, Marie Bernard, Lucie Filteau et Johanne Goyette.

Pour en savoir plus : Jean Laurendeau, « L’invention des ondes musicales Martenot », dans La Scena Musicale, vol. 4 nº 2, novembre 1998. Jean Laurendeau, Maurice Martenot, luthier de l’électronique, éd. Louise Courteau, Montréal / Dervy-Livres, Croissy-Beaubourg, 1990. IP

En concert

Deux possibilités d’entendre en concert des membres de l’Ensemble d’Ondes de Montréal s’offriront à nous durant le festival international Montréal/Nouvelles Musiques. Le 2 mars, 21 h 15, à la salle Pierre-Mercure, dans un concert présenté par la société Réseaux, Suzanne Binet-Audet interprétera trois œuvres de l’électroacousticien Gilles Gobeil pour ondes Martenot et bande. Le 9 mars à 19 h, au même endroit, l’ondiste Geneviève Grenier se glissera parmi les musiciens de l’ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec pour amplifier l’exotisme du gamelan du Evergreen Club dans l’œuvre de Walter Boudreau Le matin des magiciens. www.festivalmnm.ca RB

Au disque

Ensemble d’Ondes de Montréal

Jean Laurendeau, Estelle Lemire, Suzanne Binet-Audet, Geneviève Grenier, Marie Bernard ; avec Lise Daoût (flûte) et Serge Provost (piano) Œuvres de Jean Lesage, Olivier Messiaen, Tristan Murail, Serge Provost, Daniel Toussaint et Claude Vivier.

SNE (SNE-574-CD), 1992 (62 min 45 s)

Seul témoin discographique de l’existence de cet ensemble montréalais, cet enregistrement offre les seuls enregistrements des œuvres Onde, de Toussaint, Les mystères de la clarté, de Lesage et Les jardins suspendus, de Provost (commande de l’ensemble). On y trouve aussi une très belle version de Pulau Dewata, de Claude Viver, pour quintette d’ondes et de rares interprétations d’Oraison (1937) de Messiean et de Mach 2,5 de Murail. RB

Music for Ondes Martenot

Thomas Bloch (ondes Martenot), avec divers ensembles et collaborateurs

Œuvres de Bloch, Lindsay Cooper, Bohuslav Martinu, Messiaen, Michel Redolfi, Etienne Rolin, Olivier Touchard et Bernard Wisson.

Naxos (8.555779), 2004 (73 min 47 s)

Un autre disque qui comprend de nombreux premiers enregistrements de grande qualité à tous points de vues. On rêve d’entendre Kyriades (2001), de Wisson (interprétée ici avec le Paderewski Philharmonic Orchestra sous la direction de Fernand Quattrocchi et le compositeur au piano), dans une salle près de chez nous ; succès garanti ! Le soliste, virtuose de l’instrument, qu’il enseigne au Conservatoire de Strasbourg, mais aussi de l’harmonica de verre et de l’étrange cristal Baschet, offre une époustouflante démonstration des vastes possibilités des ondes Martenot. RB

Le cousin Russe

Souvent associé aux ondes Martenot à cause de la parenté sonore qui existe entre les deux instruments et parce qu’ils sont tous deux des ancêtres, encore en usage, de nos synthétiseurs modernes, le thérémin est le seul instrument de musique dont on joue... sans le toucher ! Inventé en 1917 par l’ingénieur (et violoncelliste) Lev Sergeivitch Termen (francisé en Léon Thérémin), l’instrument (aussi appelé à l’époque les « ondes éthérées ») est contrôlé en approchant ou en éloignant les mains de deux antennes qui émettent un champ électromagnétique commandant la hauteur des sons et leur intensité. L’instrument parvient à imiter la voix humaine d’une manière qui peut être assez convaincante. Son fonctionnement rendant les attaques presque impossibles, les mélodies qu’il produit sont faites de sons soutenus, comme dans un souffle.

Le jeudi 31 mars, 20 h, Peter Pringle, ex-chanteur de charme devenu spécialiste du thérémin, offrira une démonstration des possibilités de l’instrument lors d’un concert de l’Orchestre de chambre de Montréal. Le programme comprendra des extraits d’opéras célèbres. À la salle Pollack de l’Université McGill, à Montréal (entrée libre). www.mco-ocm.qc.ca / 514 871.1224 RB (c) La Scena Musicale 2002





Rencontres Trimestrielles avec SPIRALE

L’Association Spirale qui assure la pérennité de la Relaxation Active Martenot

propose aux adhérents de l’UEM qui le désireraient de se joindre

à leurs rencontres trimestrielles à partir de 11 heures 30

à l’Ecole Sainte Jeanne Elisabeth 49 rue Duquesne - 75007 PARIS

(pour entrer appuyer sur la touche Danse de l’interphone).

les Dimanches,

3 Février 2008

et 6 Avril 2008.

Il sera préférable de prévenir auparavant au 01 30 54 43 51.





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